APPLE RECORDS · DISCOGRAPHIE DES ALBUMS

Albums Apple Records : catalogue APCOR et SAPCOR de 1968 à 1974

La discographie des albums Apple Records ne peut pas se résumer à un simple alignement de pochettes frappées de la pomme verte. Dès 1968, la société des Beatles publie un catalogue de rock, de folk, de gospel, de jazz, de musique expérimentale et de musique contemporaine. Elle s’inscrit pourtant dans un réseau de distribution où les références, les dates et même les présentations diffèrent d’un pays à l’autre.

Ce dossier recense la série britannique associée aux références APCOR et SAPCOR, tout en expliquant ses limites. Il complète la chronologie des 45 tours APPLE et distingue les albums des artistes recrutés, les œuvres des Beatles en groupe ou en solo, le sous-label Zapple et les rééditions.

Onze albums Apple : éditions, raretés et numéros historiques

Explorez la série SAPCOR sous un autre angle : albums des anciens Beatles, disques enregistrés par leurs partenaires et références retirées ou rééditées. Les onze fiches sont classées par période, avec un accès direct depuis la discographie.

Les 27 premières références d’albums Apple : APCOR / SAPCOR

Cette matrice suit la numérotation et non un classement strict par dates. Les préfixes APCOR et SAPCOR sont présentés ensemble lorsqu’ils permettent d’identifier des configurations initiales mono ou stéréo. Chaque numéro désigne un projet discographique ; les mentions « annulé » ou « sans sortie britannique d’époque » doivent être conservées et ne signifient pas qu’aucune édition étrangère n’a jamais existé.

Référence Artiste et album Année Situation britannique
APCOR 1 / SAPCOR 1 George Harrison — Wonderwall Music 1968 Publié au Royaume-Uni, mono / stéréo
APCOR 2 / SAPCOR 2 (Track 613012) John Lennon et Yoko Ono — Unfinished Music No. 1: Two Virgins 1968 Publié au Royaume-Uni ; éditions et présentation particulières
APCOR 3 / SAPCOR 3 James Taylor — James Taylor 1968 Publié, mono / stéréo
APCOR 4 / SAPCOR 4 Modern Jazz Quartet — Under the Jasmin Tree 1968 Publié
APCOR 5 / SAPCOR 5 Mary Hopkin — Post Card 1969 Publié, mono / stéréo
APCOR 6 / SAPCOR 6 Jackie Lomax — Is This What You Want? 1969 Publié, mono / stéréo
SAPCOR 7 Delaney & Bonnie — The Original Delaney & Bonnie 1969 Projet Apple annulé ; paru chez Elektra
SAPCOR 8 The Iveys — Maybe Tomorrow 1969 Pas de sortie britannique d’époque ; éditions étrangères
SAPCOR 9 Billy Preston — That’s the Way God Planned It 1969 Publié
SAPCOR 10 Modern Jazz Quartet — Space 1969 Publié
SAPCOR 11 John Lennon et Yoko Ono — Wedding Album 1969 Publié ; présentation originale en coffret
SAPCOR 12 Badfinger — Magic Christian Music 1970 Publié
SAPCOR 13 Doris Troy — Doris Troy 1970 Publié
SAPCOR 14 Billy Preston — Encouraging Words 1970 Publié
SAPCOR 15 John Tavener / London Sinfonietta — The Whale 1970 Publié
SAPCOR 16 Badfinger — No Dice 1970 Publié
SAPCOR 17 Yoko Ono / Plastic Ono Band — Yoko Ono / Plastic Ono Band 1970 Publié
SAPCOR 18 Radha Krishna Temple — The Radha Krsna Temple 1971 Publié
SAPCOR 19 Badfinger — Straight Up 1972 (UK) Publié ; États-Unis fin 1971
SAPCOR 20 John Tavener / London Sinfonietta — Celtic Requiem 1971 Publié
SAPCOR 21 Mary Hopkin — Earth Song/Ocean Song 1971 Publié
SAPCOR 22 Elephant’s Memory — Elephant’s Memory — Biographie 1972 Publié
SAPCOR 23 Mary Hopkin — Those Were the Days 1972 Publié ; compilation
APCOR 24 Phil Spector (divers artistes) — Phil Spector’s Christmas Album 1972 Réédition d’un album antérieur
SAPCOR 25 Lon & Derrek Van Eaton — Brother — Biographie 1973 (UK) Publié ; États-Unis fin 1972
SAPCOR 26 Yoko Ono — Feeling the Space 1973 Publié
SAPCOR 27 Badfinger — Ass 1974 (UK) Publié ; États-Unis fin 1973

Les premières publications de 1968 : Apple ne se limite déjà plus aux Beatles

Wonderwall Music de George Harrison ouvre la série des albums Apple au Royaume-Uni le 1er novembre 1968. Une musique de film, et non un album pop destiné à fournir des singles : ce choix résume l’ambition artistique des fondateurs. L’album existe dans des configurations mono et stéréo identifiables par les préfixes APCOR et SAPCOR. Il faut bien distinguer la sortie originale de ses rééditions, notamment celles publiées sous d’autres formes des années plus tard.

Unfinished Music No. 1: Two Virgins de John Lennon et Yoko Ono poursuit la démarche expérimentale. Le pressage mono relève de la référence APCOR 2 ; la version stéréo porte la référence SAPCOR 2, également associée au numéro Track 613012. La distribution britannique et la présentation de la pochette expliquent cette coexistence de références. Il ne serait pas rigoureux de traiter les variantes de tirage comme des albums distincts.

Les débuts de James Taylor et du Modern Jazz Quartet sur Apple prolongent ce contraste. James Taylor (APCOR/SAPCOR 3) annonce un songwriter dont la célébrité viendra principalement après son passage chez Apple. Under the Jasmin Tree (APCOR/SAPCOR 4) rappelle, à l’opposé, que le label accueille aussi une formation de jazz déjà reconnue. Les mêmes numéros peuvent donc raconter des parcours très différents.

1969 : le label veut devenir une maison de disques à part entière

Post Card de Mary Hopkin et Is This What You Want? de Jackie Lomax montrent l’implication des Beatles dans les carrières d’autrui. Paul McCartney joue un rôle décisif dans la production du premier, tandis que George Harrison est étroitement associé au second. Ce parrainage n’entraîne toutefois pas une identité sonore unique : le répertoire des deux artistes, leurs parcours antérieurs et leurs ambitions divergent.

Les références SAPCOR 7 et SAPCOR 8 obligent à interrompre le récit habituel d’une succession parfaite. The Original Delaney & Bonnie était envisagé chez Apple mais sa sortie s’est finalement faite sur un autre label. Maybe Tomorrow des Iveys ne connaît pas une sortie britannique d’époque sous SAPCOR 8, bien qu’il existe des éditions étrangères. Leur présence dans la numérotation ne doit donc pas être assimilée à une commercialisation normale au Royaume-Uni.

Billy Preston reçoit avec That’s the Way God Planned It (SAPCOR 9) un cadre de production dans lequel les influences gospel, soul et rock se rencontrent. Le Modern Jazz Quartet poursuit quant à lui son aventure Apple avec Space (SAPCOR 10). Enfin, le Wedding Album de Lennon et Ono (SAPCOR 11) introduit une œuvre dont le coffret et les éléments imprimés sont inséparables de l’histoire discographique. Décrire ce dernier sans tenir compte de son conditionnement conduirait à effacer une part essentielle de sa conception.

1970 : Badfinger, Doris Troy, Billy Preston et John Tavener

Avec Magic Christian Music (SAPCOR 12), Badfinger entre dans une nouvelle phase : le groupe issu des Iveys s’affirme progressivement sous son nouveau nom. Les collections anciennes doivent distinguer cette identité de celle utilisée pour leurs premiers disques. No Dice (SAPCOR 16), publié plus tard dans l’année, marque la progression d’un groupe capable de proposer ses propres compositions au-delà des titres offerts ou soutenus par les Beatles.

Doris Troy (SAPCOR 13) occupe une place singulière dans le catalogue. Le disque témoigne de l’ouverture d’Apple à la soul et aux collaborations de studio. La présence d’artistes prestigieux autour de l’enregistrement ne doit cependant pas conduire à leur attribuer indistinctement chaque titre : les crédits doivent être vérifiés pour chaque piste.

Le second album Apple de Billy Preston, Encouraging Words (SAPCOR 14), développe son univers à la croisée de la foi, du rhythm and blues et des arrangements pop. La même année, la publication de The Whale (SAPCOR 15) de John Tavener, enregistré avec la London Sinfonietta, confirme qu’Apple accueille de la musique contemporaine conçue pour une écoute très différente de celle des singles de radio. Enfin, Yoko Ono / Plastic Ono Band (SAPCOR 17) prolonge le versant expérimental du catalogue. Ces œuvres ne se ressemblent guère : c’est précisément ce qui caractérise Apple dans sa première période.

1971–1972 : la maturité et les limites du catalogue

The Radha Krsna Temple (SAPCOR 18) fait entrer dans la discographie Apple un ensemble de chants dévotionnels étroitement associé à George Harrison. Les transcriptions du nom de l’ensemble et de l’album varient selon les éditions ; une notice discographique doit respecter les titres imprimés sur le support concerné.

Straight Up de Badfinger (SAPCOR 19) mérite une attention particulière pour sa chronologie : paru aux États-Unis à la fin de 1971, il ne sort au Royaume-Uni qu’au début de 1972. Une date unique présentée sans pays induirait le lecteur en erreur. Celtic Requiem de John Tavener (SAPCOR 20) est associé à 1971, malgré son numéro supérieur à celui de Straight Up. L’ordre des références ne reflète donc pas parfaitement l’ordre réel des commercialisations.

Earth Song/Ocean Song de Mary Hopkin (SAPCOR 21) illustre une évolution artistique qui ne se confond plus avec les débuts de la chanteuse et l’immense succès de Those Were the Days. Avec Elephant’s Memory (SAPCOR 22), Apple accueille un autre groupe lié à l’entourage de John Lennon. La compilation Those Were the Days de Mary Hopkin (SAPCOR 23) rappelle enfin qu’un même catalogue comprend aussi bien des albums originaux que des anthologies. Les inclure côte à côte ne dispense pas d’en préciser la nature.

1972–1974 : rééditions, signatures tardives et fin de cycle

La référence APCOR 24 correspond à la reprise sous une présentation Apple d’un album de Noël produit par Phil Spector. C’est un cas particulièrement utile pour distinguer date d’enregistrement, première édition de l’œuvre et date du pressage Apple. Un LP publié par Apple en 1972 n’est pas nécessairement composé de séances réalisées par les Beatles ou pour Apple.

Brother de Lon et Derrek Van Eaton (SAPCOR 25) possède également une chronologie transatlantique à ne pas aplatir : la diffusion américaine précède la britannique. Feeling the Space de Yoko Ono (SAPCOR 26) et Ass de Badfinger (SAPCOR 27) apparaissent parmi les dernières grandes références originales de cette série. Pour ce dernier disque, les dates de publication américaine et britannique ne coïncident pas : l’édition américaine intervient en 1973 et la publication britannique en 1974.

Le parcours d’Apple ne s’arrête évidemment pas à SAPCOR 27. Les Beatles restent présents à travers leurs publications personnelles, tandis que le catalogue connaît par la suite de nombreuses rééditions. Mais la série des albums consacrés aux artistes Apple permet d’étudier l’évolution du projet collectif sans noyer l’histoire du label dans la totalité des productions de chacun de ses quatre fondateurs.

Les autres séries d’albums Apple : pourquoi le catalogue ne s’arrête pas à SAPCOR

Les références SAPCOR ne sont qu’un sous-ensemble de l’activité discographique. Les Beatles conservent les systèmes de numérotation hérités de Parlophone et d’EMI pour plusieurs albums, et leurs projets solo utilisent eux aussi des séries distinctes. Les exemples suivants illustrent cette réalité sans prétendre constituer une liste exhaustive des éditions nationales.

Référence britannique Disque Année
PMC / PCS 7067–7068 The Beatles — The Beatles (Album blanc) 1968
PMC / PCS 7070 The Beatles — Yellow Submarine 1969
PCS 7088 The Beatles — Abbey Road 1969
CORE 2001 Plastic Ono Band — Live Peace in Toronto 1969 1969
PCS 7102 Paul McCartney — McCartney 1970
PXS 1 / PCS 7096 The Beatles — Let It Be, selon présentation 1970
STCH 639 George Harrison — All Things Must Pass 1970
PAS 10003 Paul et Linda McCartney — Ram 1971
PCS 7142 Wings — Wild Life 1971
PCTC 251 Paul McCartney & Wings — Red Rose Speedway 1973
PAS 10007 Paul McCartney & Wings — Band on the Run 1973

Cette diversité explique pourquoi la seule présence du mot Apple sur une étiquette ne suffit pas à reconstituer le catalogue. Une discographie doit toujours préciser sa période, son territoire et son périmètre : les LP des artistes associés, les disques des Beatles ou l’ensemble des publications portant la pomme.

Zapple Records : les deux albums expérimentaux de 1969

Zapple représente le volet le plus expérimental du projet Apple. Deux albums y paraissent en 1969 : Unfinished Music No. 2: Life with the Lions de John Lennon et Yoko Ono (ZAPPLE 01) et Electronic Sound de George Harrison (ZAPPLE 02). Ils ne relèvent pas de la série SAPCOR malgré leur lien avec les mêmes fondateurs. Les distinguer permet de comprendre pourquoi Apple imaginait initialement plusieurs circuits artistiques sous une marque commune.

ZAPPLE 01

John Lennon et Yoko Ono
Unfinished Music No. 2: Life with the Lions
Publication : 1969.

ZAPPLE 02

George Harrison
Electronic Sound
Publication : 1969.

Comment identifier un album original Apple Records ?

Commencez par relever la référence précise et le pays. Vérifiez ensuite si la référence est bien celle de l’édition commerciale en main, et pas seulement celle attribuée à l’œuvre dans une liste de catalogue. Pour les premiers albums, la distinction APCOR / SAPCOR peut renvoyer à des versions mono ou stéréo : elle ne saurait être supprimée d’une notice sans risque d’erreur. La pochette, les crédits d’impression, les matrices de chaque face et les éventuels encarts d’origine doivent être documentés séparément.

Lorsqu’un album a été publié à des dates différentes au Royaume-Uni et aux États-Unis, les deux dates sont exactes dans leur contexte. Il faut aussi distinguer un disque commercialisé uniquement à l’étranger d’un projet abandonné partout, une réédition d’une première édition et une compilation d’un album inédit. Dans un catalogue de collection, ces nuances ont des conséquences concrètes.

Rééditions : le risque des fausses premières éditions

Le catalogue Apple connaît plusieurs vagues de rééditions après sa période fondatrice. Les premiers CD des années 1990 remettent notamment en circulation des albums jusque-là difficiles à trouver. Une opération importante de restauration et de réédition suit en 2010, avec des titres de James Taylor, Mary Hopkin, Jackie Lomax, Billy Preston, Doris Troy, Badfinger, du Modern Jazz Quartet, du Radha Krishna Temple et d’autres artistes.

Les éditions récentes peuvent intégrer des chansons supplémentaires, des prises alternatives ou des démos. Il serait donc erroné de présenter leur liste des titres comme celle du premier vinyle de 1968 ou de 1969. Une notice discographique doit présenter d’abord le programme original, puis les contenus propres aux remasterisations.

Questions fréquentes sur les albums Apple Records

Quel est le premier album Apple Records au Royaume-Uni ?

Wonderwall Music de George Harrison inaugure la série des albums Apple en novembre 1968, avec notamment des références APCOR 1 et SAPCOR 1 pour les éditions britanniques mono et stéréo.

Que signifie SAPCOR sur une pochette Apple ?

Il s’agit d’un préfixe utilisé pour des albums britanniques Apple. Il doit être distingué d’APCOR, d’autres séries du label et des numéros de catalogue employés à l’étranger.

Pourquoi l’album Maybe Tomorrow des Iveys figure-t-il dans les catalogues sans être une sortie britannique d’époque ?

Il a reçu la référence SAPCOR 8 et a connu des éditions étrangères, mais sa publication britannique initialement prévue n’a pas eu lieu comme une sortie commerciale ordinaire. Les rééditions ultérieures ne doivent pas être confondues avec cette première période.

Les albums des Beatles et de Wings portent-ils des numéros SAPCOR ?

Pas systématiquement, et beaucoup conservent d’autres références héritées des circuits EMI. Il faut donc consulter plusieurs séries si l’on souhaite inventorier tous les disques portant le label Apple.

Quels sont les deux albums Zapple Records ?

Unfinished Music No. 2: Life with the Lions de John Lennon et Yoko Ono et Electronic Sound de George Harrison, tous deux publiés en 1969.

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