APPLE RECORDS · GEORGE HARRISON · 1971

My Sweet Lord / What Is Life : le premier grand single solo de George Harrison sur Apple

En janvier 1971, George Harrison devient l’un des grands symboles de la réussite solo des Beatles. Avec le single Apple R 5884, les acheteurs britanniques découvrent deux chansons issues de son triple album All Things Must Pass. Le couplage n’est toutefois pas identique à celui du 45 tours américain commercialisé dès novembre 1970, où « Isn’t It a Pity » accompagne « My Sweet Lord ».

Fiche du 45 tours Apple

Artiste : George Harrison

Référence britannique : R 5884

Sortie britannique : 15 janvier 1971

Face A : My Sweet Lord

Face B : What Is Life

Label : Apple Records

Du second plan des Beatles à la liberté de All Things Must Pass

Pendant les dernières années du groupe, George Harrison dispose d’un répertoire de compositions de plus en plus fourni. Le cadre des albums des Beatles ne peut cependant accueillir toutes ses chansons. La disparition progressive de la formation lui ouvre un espace inédit : entouré d’une grande équipe de musiciens, il prépare All Things Must Pass, publié chez Apple en novembre 1970.

« My Sweet Lord » devient la pièce maîtresse de cette entreprise. L’enregistrement associe les guitares acoustiques, les glissandos de la slide guitar, une section rythmique souple et des harmonies vocales qui construisent progressivement un climat presque liturgique. Harrison y rapproche des invocations issues de traditions spirituelles différentes, tout en conservant la lisibilité d’un grand refrain pop.

Une production Harrison et Phil Spector

La chanson avait d’abord été enregistrée par Billy Preston, autre artiste important du catalogue Apple. Ce passage est révélateur du fonctionnement du label : une composition pouvait circuler entre les artistes soutenus par les anciens Beatles avant de devenir un succès sous la voix de son auteur. L’enregistrement de Harrison, produit avec Phil Spector, prend une ampleur instrumentale différente et affirme la personnalité sonore qui domine son album.

Dans les sessions d’All Things Must Pass, Harrison s’entoure notamment de musiciens issus des cercles de Delaney & Bonnie, de Badfinger et des collaborations des Beatles : Eric Clapton, Ringo Starr, Klaus Voormann, Billy Preston et d’autres participent à différents titres. Ces crédits ne doivent pas être attribués mécaniquement à toutes les chansons : ils témoignent surtout d’un réseau musical au cœur de l’aventure Apple.

What Is Life : une seconde chanson majeure en face B

Sur le single britannique R 5884, la face opposée est « What Is Life », composition énergique de Harrison, également présente sur All Things Must Pass. Son riff de guitare et son arrangement orchestré en font bien davantage qu’un simple remplissage. Les acheteurs britanniques disposent donc de deux chansons fortes du même album sur un 45 tours.

Le couplage américain est différent : le single Apple 2995 publié aux États-Unis associe « My Sweet Lord » à « Isn’t It a Pity ». Cette variation explique pourquoi deux collectionneurs possédant un disque original de 1970 ou 1971 peuvent citer des faces B différentes sans qu’aucun ne se trompe : leurs exemplaires appartiennent à des marchés distincts.

15 janvier 1971 : la publication britannique R 5884

La sortie britannique du 15 janvier 1971 arrive après le succès rencontré par le single sur le marché américain. Le disque atteint la première place au Royaume-Uni et s’y maintient cinq semaines. Pour Harrison, ce classement donne une mesure publique de son autonomie, alors qu’il avait longtemps été considéré, au sein des Beatles, comme le troisième compositeur derrière Lennon et McCartney.

Le numéro R 5884 reprend la série britannique utilisée pour les singles des Beatles et de leurs anciens membres. La pomme d’Apple Records figure sur l’étiquette, mais cela ne signifie pas que le disque appartient à la série APPLE 2–49 réservée majoritairement aux autres artistes du label. Les deux logiques de catalogage doivent être distinguées dans toute base discographique.

Premiers pressages et rééditions à ne pas confondre

Les exemplaires britanniques d’époque existent avec des variantes de centres et d’impression. La mention d’un numéro R 5884 ne garantit pas une édition de janvier 1971 : une réédition britannique de 1976 se reconnaît notamment à sa pochette illustrée et à des mentions d’étiquette différentes. Certains exemplaires ultérieurs furent même commercialisés sous Parlophone, tout en conservant la référence R 5884.

Il faut donc rapprocher les éléments matériels : centre du disque, matrices, graphisme, pays et informations légales. Les pochettes illustrées étrangères constituent des éditions à part entière et ne doivent pas être mélangées avec les tirages britanniques.

Un jalon pour l’histoire d’Apple Records

« My Sweet Lord » montre qu’Apple Records pouvait servir de cadre à la liberté d’un ancien Beatle, tout en reliant son parcours à d’autres artistes du catalogue. La chanson connaîtra ensuite un débat juridique célèbre autour de sa ressemblance avec « He’s So Fine », dont l’histoire ne change pas la réalité du succès du single de 1971.

Pour suivre les échanges entre artistes Apple, consulter la version de Billy Preston, le guide des numérotations et les éditions internationales.

Questions fréquentes

Quelle est la référence britannique de My Sweet Lord ?

R 5884, sur Apple Records.

Quelle est sa face B au Royaume-Uni ?

« What Is Life ».

La face B est-elle la même aux États-Unis ?

Non. Le 45 tours américain Apple 2995 présente « Isn’t It a Pity ».

Quand le single paraît-il au Royaume-Uni ?

Le 15 janvier 1971.

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