APPLE RECORDS · DISCOGRAPHIE INTERNATIONALE · 1968–1970
Albums Apple Records : concordance Royaume-Uni–États-Unis (1968–1970)
Pourquoi un même album Apple possède-t-il les numéros SAPCOR au Royaume-Uni et ST ou SKAO aux États-Unis ? Quinze enquêtes comparent les références, les programmes, les éditions réellement parues et les projets abandonnés.
Deux catalogues pour un même label
Apple Records fait circuler les mêmes œuvres dans plusieurs pays, mais ne leur attribue pas nécessairement les mêmes numéros. Au Royaume-Uni, les albums d’artistes portent des références APCOR et SAPCOR ; aux États-Unis, la distribution s’appuie notamment sur les séries de Capitol. C’est pourquoi un album peut être identique par son titre, sa pochette et ses interprètes tout en appartenant à deux lignées discographiques différentes.
Cette concordance concerne les disques originaux de 1968 à 1970. Elle n’assimile pas un exemplaire fabriqué aux États-Unis à un tirage britannique, et ne transforme pas une référence annoncée mais abandonnée en sortie commerciale. Chaque étude distingue les informations imprimées sur le disque, la date du marché et, lorsque le programme change, les chansons réellement gravées.
1968 : Wonderwall Music ouvre la série
Wonderwall Music de George Harrison inaugure le catalogue britannique avec SAPCOR 1 pour le disque stéréo, tandis que les éditions mono sont identifiées par APCOR 1. Aux États-Unis, l’album paraît sous ST-3350. Le changement de numéro reflète le système industriel local ; il ne faut pas en conclure à l’existence de deux bandes originales différentes sans examiner l’audio.
La comparaison doit porter sur la pochette, les indications de fabricant et les matrices gravées dans la zone vierge du vinyle. Les inserts et pochettes intérieures sont importants, mais leur absence sur un exemplaire d’occasion ne permet pas de dater automatiquement le disque.
James Taylor : SAPCOR 3 et SKAO-3352
Le premier album de James Taylor est édité au Royaume-Uni en décembre 1968 sous SAPCOR 3, après une préparation londonienne conduite autour de Peter Asher. Le marché américain le découvre en février 1969 sous SKAO-3352. Les deux références constituent une excellente introduction aux particularités de l’exportation des premiers albums Apple.
Pour le collectionneur, la prudence s’impose devant les couvertures dépliantes et les exemplaires qui portent à la fois une référence britannique dans les crédits et un numéro américain de distribution. La présence du nom Apple sur les deux disques ne rend pas leurs pressages interchangeables.
1969 : Post Card et le vrai changement de programme
L’album Post Card de Mary Hopkin illustre un écart qui ne se limite pas aux caractères imprimés sur une étiquette. Le Royaume-Uni utilise APCOR 5 en mono et SAPCOR 5 en stéréo. Le disque américain ST-3351 remplace Someone to Watch Over Me par Those Were the Days, énorme succès de la chanteuse.
Il s’agit donc de deux programmes de quatorze chansons qui ne sont pas strictement identiques. Un catalogue sérieux doit signaler ce remplacement plutôt que prétendre que le pressage américain est une simple copie du britannique. Il doit aussi éviter de confondre le 45 tours du succès avec l’album sur lequel le marché américain l’a ajouté.
The Iveys : le piège du numéro ST-3355
Maybe Tomorrow des Iveys, futurs Badfinger, occupe une place singulière. Le numéro SAPCOR 8 apparaît dans les répertoires du label ; l’album connaît une diffusion effective notamment en Allemagne, en Italie et au Japon, mais pas de vente britannique ordinaire à sa sortie. Une référence américaine ST-3355 existe pour un projet de commercialisation qui n’a pas abouti.
Cette distinction entre programme prévu et disque publié est essentielle. Un visuel d’épreuve, une maquette de pochette ou une fiche de catalogue ne doivent pas être décrits comme la preuve de centaines ou de milliers d’albums écoulés dans les magasins américains.
1970 : No Dice, un jalon de Badfinger
No Dice de Badfinger est disponible au Royaume-Uni sous SAPCOR 16 et aux États-Unis sous SKAO-3367. Ces deux numéros désignent le même album original de douze titres, comprenant No Matter What et Without You. Ils permettent de rapprocher les catalogues sans confondre le single, l’album et les rééditions augmentées de pistes bonus.
Les versions CD des années 1990 et 2010 ne sont pas de nouveaux pressages de 1970. Les pistes additionnelles, les changements de mastering et l’habillage moderne sont à documenter séparément.
Identifier un pressage sans se fier à une seule photo
Le titre de l’album donne une première piste, jamais une preuve suffisante. La référence de catalogue se vérifie sur l’étiquette centrale, la tranche de la pochette et, selon les éditions, au verso. La matrice et les marquages de pressage peuvent ensuite préciser l’usine ou la découpe, sous réserve d’une interprétation documentée.
Une pochette britannique peut avoir été réunie à un vinyle américain après sa sortie ; un carton d’origine peut aussi contenir un disque de remplacement. L’authenticité d’un ensemble dépend de la concordance des éléments, pas de la seule beauté de l’étiquette à la pomme.
Lire ce dossier dans le bon sens
Pour commencer, choisissez un album puis comparez les numéros et les contenus des deux pays. Revenez ensuite à la monographie de l’œuvre pour l’histoire des sessions et à la rubrique des pressages pour les questions de matrices, d’étiquettes et de fabrication. Les concordances complètent les pages déjà publiées, sans leur substituer une autre biographie de l’artiste.
Cette méthode explique aussi pourquoi le catalogue n’attribue pas mécaniquement une édition américaine ou française à chaque référence britannique. Une absence de publication constitue parfois le résultat historique le plus important.
Explorer les quinze études de cas
Les autres albums Apple : dix nouvelles concordances
Le Modern Jazz Quartet, Jackie Lomax, Billy Preston, Lennon et Yoko Ono, Badfinger, Doris Troy et John Tavener possèdent des références commerciales distinctes selon le territoire. Les notices ci-dessous suivent les originaux de 1968 à 1970 et distinguent les objets réédités ultérieurement.
Questions fréquentes sur les albums Apple
Un numéro SAPCOR signifie-t-il que le disque est britannique ?
Il identifie d’abord une référence du catalogue Apple britannique. Un autre pays peut reproduire cette référence, la compléter ou en utiliser une nouvelle : la fabrication doit être vérifiée sur l’exemplaire.
ST et SKAO désignent-ils des labels différents ?
Ce sont des préfixes de catalogue rencontrés dans la distribution américaine. Ils ne suffisent pas, à eux seuls, à déterminer une différence de mixage ou de contenu.
Maybe Tomorrow est-il sorti aux États-Unis en 1969 ?
Non comme album commercial ordinaire : ST-3355 est associé à un projet américain non publié. Les éditions étrangères réellement diffusées doivent être étudiées séparément.
Les albums Apple après 1970 : la suite du catalogue
Les références SAPCOR 18 à 27 présentent une histoire tout aussi contrastée : pressages américains publiés avant les LP britanniques, réédition de Phil Spector et disque de John Tavener sans véritable équivalent commercial américain. Un chapitre complémentaire détaille les dix derniers numéros.
1968–1970 : prolonger la recherche sur les numéros américains
Des premiers pressages SAPCOR aux bandes originales et doubles LP de 1971–1973, le catalogue américain Apple emploie plusieurs préfixes et comprend des publications sans équivalent britannique direct.
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