APPLE RECORDS · FRANCE · DISCOGRAPHIE DES 45 TOURS
Les 45 tours Apple Records en France : Odéon, APF et Pathé-Marconi, de 1968 à 1971
Un même disque, plusieurs identités nationales. Les premiers 45 tours Apple français portent successivement des références Odéon, APF et 2C. Cette série de notices étudie les titres, les faces B, les calendriers et les indices de fabrication, sans assimiler automatiquement une édition française au single britannique.
1968 : Odéon, APF et la première vague de disques Apple
En France, les Beatles disposent depuis plusieurs années d’un réseau de diffusion par Odéon et Pathé-Marconi. La naissance d’Apple Records ne fait pas disparaître du jour au lendemain ces usages. Le single « Hey Jude » / « Revolution » appartient ainsi à la série FO 127, alors que les nouveaux artistes de la maison reçoivent une numérotation APF. Ce chevauchement, étonnant au premier regard, permet précisément d’observer les conditions matérielles du lancement d’Apple dans un marché déjà structuré.
La série APF associe notamment Jackie Lomax à « Sour Milk Sea », Mary Hopkin à « Those Were the Days » et à sa version française « Le Temps des fleurs », les Iveys à « Maybe Tomorrow » et James Taylor à « Knocking ‘Round the Zoo ». Il serait trompeur de confondre une référence APF avec le numéro APPLE utilisé au Royaume-Uni ou le numéro 1800 de Capitol aux États-Unis. Les trois systèmes désignent des objets commerciaux distincts, pas trois compositions différentes.
1969–1971 : comprendre les numéros 2C 006
Les éditions françaises postérieures utilisent régulièrement des suites telles que 2C 006-04.084 M pour « Get Back », 2C 006-04.108 M pour « The Ballad of John and Yoko » et 2C 006-04.266 M pour « Something ». Une autre branche de numéros, souvent en 90.xxx ou 92.xxx, accompagne les artistes Apple hors Beatles. Le code français doit toujours être reproduit intégralement, avec ses préfixes et sa ponctuation lorsqu’ils apparaissent sur l’objet.
Entre 1969 et 1971, les choix du marché français deviennent parfois plus révélateurs que le seul numéro : « The Long and Winding Road » et « All Together Now » ont des parcours discographiques qui ne calquent pas la succession des singles britanniques. Chez Mary Hopkin, « Prince en Avignon » possède une édition française, bien que le projet APPLE 9 ne soit pas commercialisé normalement au Royaume-Uni. L’existence d’un pressage national est donc un fait à documenter par lui-même.
Lire une pochette et une étiquette sans les confondre
La pochette illustrée constitue l’un des attraits majeurs des 45 tours Apple français. Son intérêt historique ne dispense pas d’observer le disque qu’elle contient. Au cours d’un demi-siècle de circulation, une enveloppe peut avoir été échangée, remplacée ou associée à une réédition. Une même photographie a parfois connu plusieurs impressions. La légende d’une « première édition » ne repose pas sur une image trouvée sur Internet, mais sur la confrontation de plusieurs indices cohérents.
Les collectionneurs relèveront au minimum le titre exact des deux faces, la référence imprimée au centre, les mentions Odéon ou Pathé-Marconi, le crédit de l’éditeur, la forme du centre, les inscriptions gravées dans la zone non enregistrée et les particularités de la pochette. Un numéro apparenté ne prouve pas un mixage distinct ; une matrice nouvelle ne suffit pas davantage à dater la première mise en vente d’une chanson.
Une discographie française, pas une traduction du catalogue anglais
Le rapprochement des éditions doit partir du disque physique, puis rejoindre les catalogues du Royaume-Uni et des États-Unis. Ainsi, « Hey Jude » présente une histoire de référencement singulière, « Get Back » conserve le rôle affiché de Billy Preston, et la face B française de « No Matter What » de Badfinger ne doit pas être déduite d’une édition américaine. L’analyse des faces B est indispensable pour éviter de présenter deux objets distincts comme interchangeables.
Ce chapitre a pour vocation de relier chaque single français à son contexte artistique, à la discographie internationale et aux critères d’authentification des pressages. Il complète les notices générales sans les répéter, en privilégiant les éléments tangibles : catalogue, couplage, territoire, contexte de publication et limites de l’identification.
Les 48 notices françaises de 1968 à 1971
Les fiches ci-dessous distinguent le lancement du label, les singles des Beatles, puis les artistes Apple et leurs particularités françaises. Elles permettent de circuler d’un numéro à l’autre sans quitter le dossier.
1968 — 6 notices
1969 — 16 notices
1970 — 14 notices
1971 — 12 notices
Questions fréquentes sur les 45 tours Apple français
Pourquoi « Hey Jude » n’a-t-il pas simplement le même numéro en France et au Royaume-Uni ?
Le réseau français conserve les références Odéon, dont FO 127, tandis que le Royaume-Uni publie le single sous R 5722. La marque Apple sur l’étiquette ne rend pas ces séries identiques.
Que désigne APF sur un 45 tours de 1968 ?
Il s’agit d’une série de numérotation française employée pour plusieurs des premiers singles du label, notamment ceux de Jackie Lomax, Mary Hopkin, des Iveys et de James Taylor.
Le numéro 2C 006 suffit-il à dater un disque ?
Non. Il faut relever la référence complète, le programme des deux faces, l’impression de l’étiquette et les éléments de fabrication. Des rééditions peuvent conserver des codes historiques.
Une édition française peut-elle exister sans sortie britannique ?
Oui. « Prince en Avignon » de Mary Hopkin en 1969 en fournit un exemple : la référence française correspond à une véritable publication, distincte du projet APPLE 9 non commercialisé normalement au Royaume-Uni.












