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Apple Records au Mexique : singles 6365–7032 et EP EPEM des Beatles

Apple Records possède au Mexique un catalogue particulièrement riche, mêlant les singles des Beatles, des publications de Mary Hopkin, Jackie Lomax ou Badfinger, et des EP dont les couplages n’ont pas d’équivalent britannique direct. Les numéros nationaux constituent la meilleure porte d’entrée dans cet univers.

Le lancement mexicain de 1968 : quatre disques, quatre numéros

Le démarrage d’Apple au Mexique présente une particularité essentielle : les premiers singles du label sont recensés sous une suite de numéros commerciaux locaux. « Hey Jude » / « Revolution » des Beatles apparaît sous Apple 6365. Le Black Dyke Mills Band est représenté par « Yellow Submarine » / « Thingumybob », 6391 ; Mary Hopkin par « Those Were the Days » / « Turn Turn Turn », 6392 ; et Jackie Lomax par « Sour Milk Sea » / « The Eagle Laughs at You », 6393.

Ces disques renvoient au même lancement artistique qu’au Royaume-Uni, mais leurs références sont entièrement distinctes des R 5722, APPLE 2, APPLE 3 et APPLE 4 britanniques. Les étiquettes mexicaines comportent souvent des traductions espagnoles des titres : elles servent à identifier les copies sans prouver pour autant qu’une chanson est chantée en espagnol.

Mary Hopkin : une version espagnole et un autre numéro

Un second disque de Mary Hopkin apparaît en 1968 sous Apple 6411 : « Esos Fueron los Días (Those Were the Days) » / « Todo a Su Tiempo (Turn Turn Turn) ». Il est expressément répertorié comme une interprétation chantée en espagnol. Il faut donc le distinguer du 6392, qui contient le single habituel accompagné de traductions de présentation.

Cette distinction est fondamentale pour la discographie. La traduction d’un titre sur la rondelle n’est pas la preuve d’une réinterprétation ; ici, la notice de l’édition 6411 porte précisément la mention d’une performance en espagnol. Un collectionneur doit examiner les étiquettes et, dans la mesure du possible, écouter l’enregistrement pour confirmer une variante linguistique.

1969 : les Beatles et les artistes extérieurs sur Apple

Les références 6467, 6483, 6535 et 6538 jalonnent la diffusion de 1969 : « Goodbye » / « Sparrow » de Mary Hopkin (6467), « Get Back » / « Don’t Let Me Down » des Beatles avec Billy Preston (6483), « That’s the Way God Planned It » / « What About You? » de Preston (6535), puis « Give Peace a Chance » / « Remember Love » du Plastic Ono Band (6538). Le Radha Krishna Temple apparaît avec « Hare Krishna Mantra » / « Prayer to the Spiritual Masters », 6564.

L’année comprend encore « Something » / « Come Together » des Beatles sous 6565 et « Cold Turkey » / « Don’t Worry Kyoko » sous 6599. Les numéros montrent l’implantation de l’ensemble du label : ses figures solo, ses collaborations et des artistes qui ne sont pas les Beatles. Le Mexique fournit ainsi une véritable histoire nationale du catalogue Apple.

1970 : de Badfinger à Let It Be

Le 45 tours « Come and Get It » / « Rock of All Ages » de Badfinger porte Apple 6617 au Mexique. Mary Hopkin retrouve le catalogue sous 6634 pour « Temma Harbour » / « Lontano dagli Occhi ». Les Beatles disposent de « Let It Be » / « You Know My Name (Look Up the Number) » sous 6645, puis de « The Long and Winding Road » / « For You Blue » sous 6680.

Les singles des anciens Beatles gagnent également en importance : « My Sweet Lord » / « Isn’t It a Pity » de George Harrison est recensé sous 6798 et « Beaucoups of Blues » / « Coochy-Coochy » de Ringo sous 6799. Ces références ne doivent pas être confondues avec les numéros américains de Capitol ni les séries britanniques R et APPLE.

Les EP EPEM : un pan différent de la discographie Apple

Le Mexique a continué à commercialiser des disques de quatre titres, dont certains constituent des assemblages nationaux. Mary Hopkin est représentée par « Esos Fueron los Días » EPEM-10313 et « Goodbye–Adiós » EPEM-10327. On retrouve également des EP consacrés aux Beatles qui associent sur deux faces des enregistrements de différentes étapes du groupe. L’EP EPEM-10457 réunit notamment « A Day in the Life », « I Am the Walrus », « Strawberry Fields Forever » et « Come Together ».

L’EP EPEM-10458 présente « I Want You (She’s So Heavy) », « Don’t Let Me Down », « Revolution » et « Yer Blues ». D’autres EP thématiques sont associés au répertoire de Ringo ou de George Harrison, comme EPEM-10505 pour plusieurs chansons interprétées par Ringo et EPEM-10537 pour des compositions de George. Il ne faut pas les décrire comme des EP originaux britanniques simplement parce que les chansons avaient déjà été publiées par les Beatles.

Badfinger et la vie autonome des catalogues

La présence de Badfinger ne se réduit pas au single 6617. Le groupe est également représenté par l’EP EPEM-10496, construit autour de « No Matter What » avec « It Had to Be », « Love Me Do » et « I Can’t Take It ». En 1971, le single « Day After Day » / « Money » apparaît sous Apple 7032. Ce couplage est distinct de la configuration britannique, qui associe « Day After Day » à « Sweet Tuesday Morning ».

La comparaison rappelle qu’un titre connu ne suffit pas à identifier un objet discographique. Les faces complémentaires, la traduction de présentation et le format déterminent le statut d’une édition. Le cas des EP mexicains est particulièrement riche pour les lecteurs qui cherchent les chansons de Badfinger au-delà des albums du groupe.

Comment lire une étiquette Apple mexicaine

Une étiquette peut juxtaposer le titre original anglais et une traduction espagnole. Il faut transcrire ces deux éléments, noter le numéro exact et vérifier la présence éventuelle d’une version vocale alternative. Les mentions d’édition, l’emplacement du logo Apple, les crédits et la matrice offrent ensuite des indices de fabrication.

Le numéro ne renseigne pas à lui seul sur la couleur du vinyle, l’année réelle de chaque copie, la première mise en vente de la pochette ou un mixage différent. Une photo de couverture peut avoir été appariée à un autre disque. La méthode la plus fiable réunit photographie de chaque face, relevé de la cire morte, format et liste intégrale des plages.

Questions fréquentes

Quel est le numéro mexicain de Hey Jude en 1968 ? Apple 6365 pour le single « Hey Jude » / « Revolution ».

Mary Hopkin a-t-elle chanté Those Were the Days en espagnol ? Oui, une édition 6411 de 1968 est répertoriée comme interprétée en espagnol ; elle doit être distinguée du 6392.

Les EP mexicains sont-ils les mêmes que les EP anglais ? Non. Plusieurs EPEM réunissent des chansons selon des couplages propres au marché mexicain.

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Mexique : les EP EPEM ne sont pas des 45 tours britanniques classiques

Le Mexique adopte dès le lancement de 1968 ses propres références commerciales Apple pour les premières nouveautés du label. Plusieurs singles Beatles et artistes Apple y sont identifiables par des numéros de la famille 6365–7032 ; ces chiffres ne se convertissent pas mécaniquement en références britanniques APPLE. La présence de titres comme « Yellow Submarine » par le Black Dyke Mills Band doit être associée à l’interprète réellement indiqué.

Les EP de la série EPEM ajoutent une difficulté : certains regroupent quatre chansons des Beatles dans des programmes spécifiquement mexicains. Le format EP ne doit pas être traité comme une simple version d’un single anglais à deux titres. Il faut conserver le nombre de plages, la vitesse, le numéro et l’étiquette nationale, puis rapprocher chaque enregistrement de sa publication d’origine.

Les maxi-singles et éditions mexicaines ne sont pas des promos américains

Le catalogue Apple du Mexique comprend des singles et des EP dont le programme ne se réduit pas à une reprise de la numérotation américaine. Les supports professionnels PRO 4671 ou PRO 4675 sont, eux, des objets de promotion des radios américaines, et leur existence n’implique pas une distribution équivalente au Mexique. Pour une notice mexicaine, le format, le nombre de plages, le numéro local, la langue des titres et la pochette doivent être comparés avant d’établir une concordance avec le disque d’origine.

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Mexique et Espagne : même langue, objets commerciaux différents

Les titres adaptés en espagnol, comme certaines interprétations de Mary Hopkin, ne doivent pas conduire à fusionner les discographies mexicaine et espagnole. Les circuits de fabrication et les références sont indépendants ; au Mexique, les séries 6365–7032 et les EP EPEM invitent à contrôler le nombre de plages avant même de comparer les pochettes. Un EP de quatre chansons ne constitue pas une nouvelle édition du 45 tours britannique à deux faces.

La référence d’un disque étranger est une information sur sa commercialisation, pas une traduction du numéro APPLE anglais. Les intitulés imprimés en espagnol peuvent également servir à présenter un enregistrement en anglais sans qu’il y ait eu nouvelle prise. Il faut toujours confirmer la langue chantée et la répartition des titres sur le support.

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