APPLE RECORDS · ÉDITIONS INTERNATIONALES
Apple Records dans le monde : éditions françaises, américaines, japonaises et pressages internationaux
Les disques Apple Records ne portent pas tous le même numéro selon leur pays de publication. La pomme verte est une identité commune, mais les Beatles continuent de dépendre de réseaux de fabrication et de distribution nationaux. La France conserve certains numéros Odéon et utilise ensuite des références APF ; les États-Unis emploient des numéros Capitol et Apple américains ; le Japon et d’autres pays développent leurs propres séries.
Cette partie de l’encyclopédie explique ces différences, compare les premiers 45 tours publiés à partir d’août 1968 et montre comment les collectionneurs peuvent identifier les exemplaires sans confondre pressage, première édition, réédition, version linguistique et disque promotionnel.
Apple Records : éditions par pays
Choisissez une étude pour comparer les éditions et mieux identifier les exemplaires Apple Records.
Comprendre un disque Apple : enregistrement, édition et pressage
Trois niveaux doivent être distingués pour comprendre une discographie internationale. D’abord, l’enregistrement : une performance enregistrée à un moment donné, qui peut faire l’objet de plusieurs mixages. Ensuite, l’édition commerciale : un programme de faces ou de titres, publié à une certaine date avec une référence déterminée. Enfin, le pressage : un exemplaire physique fabriqué dans une usine et identifiable par son étiquette, ses matrices et les mentions qui l’accompagnent.
Les Beatles ne créent pas une usine de fabrication mondiale en inaugurant Apple Records. Dans de nombreux territoires, les partenaires existants continuent à produire et à commercialiser les disques. Une différence de numéro ne prouve donc pas une différence de bande originale ou de mixage ; il faut vérifier les matrices et le contenu réel. À l’inverse, le même numéro peut être associé à plusieurs tirages successifs et à des textes périphériques différents.
Les disques de Mary Hopkin offrent un cas plus subtil : Those Were the Days connaît des interprétations dans plusieurs langues. Une traduction chantée dans une autre langue correspond bien à une autre performance, même lorsque la mélodie, l’accompagnement et le logo commercial rapprochent les publications.
Dix-huit éditions pour comparer les numéros Apple Records
Ces dix-huit exemples sont choisis parce qu’ils montrent des différences réelles entre marchés, non parce qu’ils représenteraient toutes les éditions d’une année. Une date indiquée à l’année ne doit pas être confondue avec une date exacte de première mise en vente. Les graphies imprimées sur les disques peuvent différer légèrement des libellés de ce tableau.
| Pays | Artiste | Disque (faces A / B) | Numéro | Période |
|---|---|---|---|---|
| Royaume-Uni | The Beatles | Hey Jude / Revolution | R 5722 | 30 août 1968 |
| États-Unis | The Beatles | Hey Jude / Revolution | 2276 | 26 août 1968 |
| Australie | The Beatles | Hey Jude / Revolution | A-8493 | septembre 1968 |
| France | The Beatles | Hey Jude / Revolution | FO 127 (Odéon) | 1968 |
| Royaume-Uni | Mary Hopkin | Those Were the Days / Turn! Turn! Turn! | APPLE 2 | 30 août 1968 |
| États-Unis | Mary Hopkin | Those Were the Days / Turn, Turn, Turn | 1801 | 26 août 1968 |
| France | Mary Hopkin | Those Were the Days / Turn, Turn, Turn | APF 502 | 1968 |
| France | Mary Hopkin | Le Temps des fleurs / Turn, Turn, Turn | APF 503 | 1968 |
| États-Unis | Jackie Lomax | Sour Milk Sea / The Eagle Laughs at You | 1802 | 26 août 1968 |
| France | Jackie Lomax | Sour Milk Sea / The Eagle Laughs at You | APF 501 | 1968 |
| États-Unis | Black Dyke Mills Band | Thingumybob / Yellow Submarine | 1800 | 26 août 1968 |
| France | The Iveys | Maybe Tomorrow / And Her Daddy’s a Millionaire | APF 505 | 1968 |
| France | James Taylor | Knocking Round the Zoo / Something’s Wrong | APF 506 | 1968 |
| Royaume-Uni | Badfinger | Come and Get It / Rock of All Ages | APPLE 20 | décembre 1969 |
| États-Unis | Badfinger | Come and Get It / Rock of All Ages | 1815 | 1970 |
| États-Unis | Badfinger | Baby Blue / Flying | 1844 | 1972 |
| France | Mary Hopkin | Prince en Avignon / The Game | 2C 006-90.070 | 1969 |
| Canada (Québec) | Mary Hopkin | Le Temps des fleurs / Turn, Turn, Turn | APPLE 2 | 1968 |
La France : Odéon, Pathé-Marconi et la série APF
La France constitue un cas particulièrement instructif pour comprendre la naissance d’Apple. Hey Jude / Revolution est d’abord identifié dans la continuité des références Odéon sous FO 127, plutôt que sous R 5722 comme au Royaume-Uni ou 2276 comme aux États-Unis. Ce détail rappelle que l’identité Apple ne supprime pas immédiatement l’organisation de ses partenaires français.
Une série pionnière : APF 501 à APF 506
Dans les premiers mois du label, Jackie Lomax figure avec Sour Milk Sea sous APF 501 ; Mary Hopkin avec Those Were the Days sous APF 502, puis avec Le Temps des fleurs sous APF 503. Les Iveys paraissent sous APF 505 pour Maybe Tomorrow, et James Taylor sous APF 506 pour Knocking Round the Zoo. Cette série française dessine un panorama remarquable de la première politique artistique d’Apple.
Une particularité doit retenir l’attention : Mary Hopkin a également été distribuée en France sous Odéon pour Those Were the Days. Il faut donc comparer la date, le type de pochette et les détails de fabrication avant d’affirmer qu’une référence APF est nécessairement la toute première commercialisation française du titre.
Le cas Prince en Avignon
Prince en Avignon de Mary Hopkin, avec The Game en face B, paraît en France sous 2C 006-90.070 en 1969. Ce disque est essentiel pour comprendre les limites du classement britannique : le fait qu’une référence APPLE 9 ait été associée à ce projet n’en fait pas une publication britannique ordinaire. En revanche, la version commercialisée en France est bien une réalité discographique à part entière.
Les particularités françaises ne se limitent ni à un titre traduit ni à une pochette différente. Certaines sorties portent une légende de distributeur propre au pays, des références particulières ou des informations d’édition qu’il faut prendre en compte pour éviter des fausses identifications.
États-Unis et Canada : deux histoires distinctes
Le lancement américain du 26 août 1968
Le 26 août 1968, quatre singles inaugurent Apple Records aux États-Unis. Les Beatles ouvrent la marche avec Hey Jude / Revolution sous la référence 2276. Les autres disques reçoivent une série Apple américaine autonome : 1800 pour Thingumybob du Black Dyke Mills Band, 1801 pour Those Were the Days de Mary Hopkin et 1802 pour Sour Milk Sea de Jackie Lomax.
Ces numéros ne reproduisent ni la série R des Beatles ni la suite britannique APPLE 2, 3 et 4. Une liste classée par ordre numérique américain peut donc afficher le Black Dyke Mills Band avant Mary Hopkin et Jackie Lomax, alors qu’une liste britannique commencera par Mary Hopkin.
Badfinger et le décalage transatlantique
La situation se retrouve avec Come and Get It de Badfinger. Ce disque porte APPLE 20 au Royaume-Uni, où il paraît en décembre 1969 ; il est distribué sous 1815 aux États-Unis en 1970. Dans une discographie internationale, attribuer simplement « 1969 » ou « 1970 » au disque sans indiquer de territoire donnerait une information incomplète.
Baby Blue / Flying de Badfinger illustre une autre difficulté : le 45 tours américain porte la référence 1844 en 1972, alors que son projet britannique APPLE 42 n’a pas connu la même commercialisation. La présence de l’édition américaine n’autorise pas à déclarer « publiée » l’édition britannique projetée.
Le Québec et la version française de Mary Hopkin
Au Canada, une édition anglophone de Those Were the Days circule sous la référence 1801, dans le sillage du système américain. Mais il existe également un pressage destiné au marché québécois de Le Temps des fleurs / Turn, Turn, Turn, portant APPLE 2. Ce pressage en français n’est pas automatiquement une fabrication française : les inscriptions de l’étiquette, le type de centre et les caractéristiques de fabrication permettent de le reconnaître.
Cette double réalité — des références nord-américaines communes et une édition linguistique locale — rappelle que la langue imprimée ou chantée sur le disque ne suffit pas à établir son pays de fabrication.
Japon, Allemagne et Australie : des séries locales à explorer
Le Japon : numéros AR et pochettes particulières
Au Japon, les disques du catalogue Apple circulent notamment sous des références de la série AR, dans un réseau de distribution local. Les éditions japonaises peuvent être accompagnées de pochettes propres au marché et de textes explicatifs en japonais. Des exemplaires recherchés aujourd’hui conservent des éléments d’origine qui ont parfois disparu : feuillets, languettes et autres documents destinés aux acheteurs.
Une identification sérieuse doit toutefois commencer par le numéro complet, l’année, l’artiste et les faces du disque. Le fait qu’une pochette japonaise ressemble à une édition britannique n’implique ni une matrice identique ni une chronologie de publication commune.
L’Allemagne : titres allemands et pressages Apple
L’Allemagne ne se limite pas à la fabrication de variantes graphiques. Mary Hopkin enregistre An jenem Tag, interprétation allemande de la chanson connue en anglais sous le titre Those Were the Days. Une adaptation chantée ne doit pas être inventoriée comme une simple réimpression d’un disque britannique : elle représente une version enregistrée distincte.
Les références de série et les mentions imprimées sur les étiquettes permettent d’identifier les différentes publications. L’étude détaillée des disques Apple allemands mérite donc sa propre annexe discographique.
L’Australie : Apple et les références nationales
Le 45 tours Hey Jude / Revolution possède une édition australienne sous A-8493, différente du R 5722 britannique. Cette différence illustre à nouveau la coexistence d’une même étiquette visuelle et de numérotations nationales. D’autres publications Apple sont diffusées avec des références locales et méritent une étude comparative par format.
Explorer les discographies nationales déjà présentes sur Yellow-Sub.net
Yellow-Sub.net possède déjà des dossiers de discographie Apple consacrés à plusieurs marchés. Plutôt que d’en reproduire les tableaux dans de nouvelles pages, nous les relions à ce guide afin de conserver leur valeur historique et de faciliter les recherches par pays. Ces archives peuvent ensuite être progressivement harmonisées sur le gabarit Flatsome du dossier Apple Records.
Comment identifier un pressage Apple étranger ?
Il faut relever d’abord les données réellement imprimées sur l’exemplaire. Le pays et le distributeur permettent de commencer ; le numéro de catalogue et les deux faces déterminent la publication. Les matrices, le centre du disque, la pochette et les crédits peuvent ensuite différencier plusieurs tirages. Une illustration identique à celle d’un autre pays ne suffit jamais à prouver que la bande ou le pressage est le même.
Il faut aussi distinguer la date de l’enregistrement, celle de la première publication mondiale et celle de l’édition locale. Dans le cas de Hey Jude, les premières dates américaine et britannique diffèrent de quatre jours : 26 et 30 août 1968. De telles nuances sont décisives lorsqu’une chronologie de pressage se veut encyclopédique.
Les éditions promotionnelles, les exportations, les reprises de catalogues et les publications destinées à des marchés linguistiques spécifiques doivent être signalées séparément. Une référence attribuée mais jamais commercialisée dans un pays ne doit pas être placée sur le même plan qu’un disque réellement vendu.
Questions fréquentes sur les éditions internationales Apple Records
Les disques Apple Records possèdent-ils tous le même numéro ?
Non. Un même 45 tours peut porter une référence différente selon le pays et son distributeur. Hey Jude en est l’exemple le plus simple : R 5722 au Royaume-Uni, 2276 aux États-Unis et A-8493 en Australie.
Un disque de Mary Hopkin chanté en français a-t-il forcément été pressé en France ?
Non. Une édition de Le Temps des fleurs a également été diffusée au Québec. La langue de l’enregistrement n’établit donc pas le territoire de pressage.
Peut-on confondre un disque annulé au Royaume-Uni et un disque paru aux États-Unis ?
Oui, si l’on oublie de préciser le pays. Baby Blue de Badfinger existe sur le marché américain sous Apple 1844, alors que son projet britannique APPLE 42 ne constitue pas une sortie commerciale britannique ordinaire.
Le premier 45 tours Apple était-il identique partout ?
Le lancement de la marque Apple est commun, mais les numéros, inscriptions et dates varient. Les quatre premiers singles de la campagne américaine ont des références différentes de celles de la campagne britannique.
Quelle différence entre une édition étrangère et un pressage d’exportation ?
Une édition étrangère peut avoir été conçue pour un marché précis avec sa référence et ses crédits nationaux ; un pressage d’exportation peut, lui, provenir d’un autre pays et être vendu hors de son marché de fabrication. Il faut étudier les données matérielles et commerciales avant de conclure.
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