APPLE RECORDS · 45 TOURS · DÉCEMBRE 1969

Come and Get It de Badfinger : Paul McCartney, APPLE 20 et la naissance d’un succès

Le 5 décembre 1969, Badfinger publie « Come and Get It » / « Rock of All Ages » sur Apple Records au Royaume-Uni. Le single, référence APPLE 20, inaugure une nouvelle étape pour l’ancien groupe The Iveys : Paul McCartney fournit une composition, supervise sa réalisation et lui offre une place dans l’univers du film The Magic Christian. La réussite du disque masque parfois l’identité du groupe et la richesse de sa face B.

Des Iveys à Badfinger : un groupe déjà présent chez Apple

Avant le single « Come and Get It », les Iveys ont enregistré pour Apple et publié notamment « Maybe Tomorrow » en 1968. Le groupe dispose d’une activité et de compositeurs propres. Il ne naît donc pas par la seule intervention de Paul McCartney en 1969.

Lorsque le projet du film The Magic Christian réclame des chansons, McCartney envisage de confier un de ses titres au groupe. Le changement de nom en Badfinger intervient dans cette période de réorganisation. L’idée vient d’un titre de travail lié aux Beatles, mais le nom définitif appartient désormais à une formation indépendante.

La composition de McCartney fonctionne comme un tremplin commercial. Elle ne saurait effacer les chansons que Pete Ham, Tom Evans et leurs partenaires ont déjà écrites, ni celles qu’ils développeront ensuite pour No Dice et Straight Up.

24 juillet 1969 : la démonstration solitaire de McCartney

Paul McCartney enregistre une démonstration de « Come and Get It » le 24 juillet 1969, pendant la période des séances d’Abbey Road. Il chante et joue lui-même plusieurs instruments pour fixer l’arrangement qu’il souhaite transmettre. Cette méthode est cohérente avec sa manière de travailler : une maquette aboutie peut servir de guide très précis à d’autres interprètes.

Cette bande ne devient pas le 45 tours de Badfinger. L’enregistrement commercial est réalisé par le groupe, avec la production de McCartney. La ressemblance entre les deux versions reflète la volonté de conserver l’équilibre de la composition, et non un simple transfert de la voix de Paul sur le disque Apple.

Pour les historiens, il est utile de distinguer la date de la démonstration, les séances de Badfinger et la publication ultérieure de la démo dans une anthologie des Beatles. Trois étapes distinctes expliquent la circulation d’une même chanson.

The Magic Christian : le contexte cinématographique

Le film The Magic Christian, avec Peter Sellers et Ringo Starr, fournit un cadre inattendu au lancement de Badfinger. McCartney est sollicité pour contribuer à sa musique, puis associe le groupe à plusieurs morceaux du projet.

« Come and Get It » reçoit ainsi un rôle de chanson immédiatement identifiable, susceptible d’intéresser un public bien plus large que celui des collectionneurs Apple. D’autres morceaux du groupe, dont « Carry On Till Tomorrow » et « Rock of All Ages », accompagnent également l’univers musical du film.

Il faut pourtant éviter de traiter le 45 tours comme un disque des Beatles pour le cinéma. Les interprètes sont les membres de Badfinger. Ringo figure dans la distribution du film, pas parmi les musiciens principaux de cette publication commerciale.

APPLE 20 en décembre 1969, Apple 1815 aux États-Unis

Le disque paraît au Royaume-Uni le 5 décembre 1969 sous la référence APPLE 20. La publication américaine est datée du 12 janvier 1970 et porte la référence 1815. Les dates de publication diffèrent donc d’une année civile entre les deux marchés, bien que les enregistrements restent les mêmes.

« Come and Get It » est la face A, « Rock of All Ages » la face B. Le single atteint la quatrième place des classements britanniques et la septième place du Billboard Hot 100 américain. Cette réussite confirme la capacité de Badfinger à s’imposer auprès du grand public, même si le rôle de McCartney demeure très visible dans la promotion.

Dans les discographies, le nom de l’artiste doit être donné comme Badfinger et non « The Iveys » pour cette sortie, même si plusieurs des musiciens ont enregistré sous ce nom quelques mois auparavant.

Rock of All Ages : une face B collective trop souvent oubliée

« Rock of All Ages » est une chanson des membres du groupe, notamment Pete Ham, Tom Evans et Mike Gibbins. Sa présence sur la face B montre que Badfinger ne dépend pas exclusivement de compositions extérieures, même au moment de son premier grand succès.

La chanson privilégie une énergie plus directe et plus rock que la mélodie extrêmement contrôlée de « Come and Get It ». Écouter les deux faces permet d’entendre le contraste entre la chanson offerte par McCartney et les capacités d’écriture collectives du groupe.

Une fiche Apple sérieuse doit relever les deux titres, leurs crédits respectifs et le producteur, sans ne conserver que la chanson devenue célèbre. La face B fait partie intégrante du disque commercial de décembre 1969.

Une première victoire avant No Dice et Straight Up

Le succès de « Come and Get It » donne à Badfinger une visibilité internationale. Il annonce une suite de singles et d’albums dans lesquels le groupe impose davantage ses propres compositions : « No Matter What », « Day After Day » et « Baby Blue » témoignent de cette évolution.

La proximité artistique avec les anciens Beatles demeure importante, notamment avec George Harrison. Elle n’empêche pas l’affirmation d’un répertoire personnel ni les difficultés contractuelles qui marqueront le destin du groupe dans les années 1970.

Les dossiers Badfinger chez Apple et Maybe Tomorrow des Iveys permettent de suivre cette transition avant et après la publication d’APPLE 20.

Questions fréquentes

Quand sort Come and Get It chez Apple ?

Le 5 décembre 1969 au Royaume-Uni et le 12 janvier 1970 aux États-Unis.

Quel est le numéro britannique ?

APPLE 20, avec « Rock of All Ages » en face B.

Qui a écrit Come and Get It ?

Paul McCartney, qui en produit aussi la version de Badfinger.

McCartney chante-t-il sur le single commercial ?

Le disque est interprété par Badfinger. La démonstration solo de McCartney constitue un enregistrement distinct.

Pourquoi la chanson est-elle liée à Ringo Starr ?

Elle accompagne le film The Magic Christian, dans lequel Ringo tient un rôle aux côtés de Peter Sellers.

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