APPLE RECORDS · ARTISTES · 1968–1973

Yoko Ono chez Apple Records : avant-garde, albums et 45 tours

Yoko Ono est une artiste majeure du catalogue Apple Records. Ses enregistrements, de 1968 à 1973, traversent l’expérimentation sonore, le rock et les chansons féministes. Ils constituent une œuvre propre, bien au-delà de ses collaborations avec John Lennon.

Une artiste à part entière avant sa rencontre avec Lennon

Avant de rejoindre le catalogue Apple, Yoko Ono a déjà développé une œuvre dans les milieux de l’art expérimental. Performances, instructions, actions sonores et gestes vocaux forment un langage qui ne dépend pas du format de la chanson pop. Elle n’arrive donc pas chez Apple comme une débutante créée par la notoriété de John Lennon : elle apporte une démarche et une expérience qui précèdent leur collaboration.

Le label des Beatles lui offre un circuit de publication international. Cette rencontre est rare : une entreprise associée à la musique populaire commercialise des recherches fondées sur l’improvisation, les bandes sonores, le cri et la performance. La réception, parfois hostile, ne doit pas faire oublier ce projet esthétique.

1968–1969 : les albums partagés avec John Lennon

Unfinished Music No. 1: Two Virgins est le premier album publié par le couple en 1968. La polémique entourant sa pochette a longtemps éclipsé sa matière sonore, faite de fragments, de voix et d’expérimentations domestiques. L’œuvre doit être replacée dans l’histoire des pratiques de l’avant-garde, plutôt que jugée à l’aune d’un album rock conventionnel.

En 1969, Life with the Lions puis Wedding Album prolongent cette démarche. Le premier prend parfois la forme d’un document sonore intime et d’une performance ; le second est conçu comme un objet éditorial autant que comme un album. En matière de discographie, il faut toujours distinguer l’œuvre enregistrée, le conditionnement d’origine et les rééditions postérieures.

1970 : Yoko Ono/Plastic Ono Band

En 1970, John Lennon et Yoko Ono publient chacun un album portant le nom Plastic Ono Band. Les deux disques partagent un contexte humain et musical mais constituent des œuvres distinctes. Celui de Yoko met en avant une voix utilisée comme instrument d’expression brute, l’improvisation et des échanges parfois abrasifs entre guitare, basse et batterie.

Sa notice d’album Apple permet de comparer les crédits et les références. Ce disque montre combien la dénomination « Plastic Ono Band » désigne une constellation de musiciens et de projets, non un groupe fixe dont chaque publication aurait le même répertoire.

1971 : Fly et la diversité des formes

Fly, double album de 1971, élargit encore le spectre : chansons électriques, répétitions, expérimentations de durée et improvisations y coexistent. On y perçoit des points de contact avec le rock, mais l’artiste conserve un travail personnel sur les timbres et la voix. Le projet ne doit pas être rangé automatiquement sous le sous-label Zapple sous prétexte qu’il est expérimental.

Cette période confirme l’importance de raisonner disque par disque. Le numéro de catalogue anglais, celui d’une édition américaine et la date de réédition numérique peuvent différer sans que l’enregistrement soit nouveau. Ce sont trois questions à traiter séparément.

1973 : Approximately Infinite Universe et Feeling the Space

Avec Approximately Infinite Universe, publié en 1973, Yoko Ono explore plus directement la forme de la chanson et la dimension politique de l’écriture. Ses textes abordent notamment les rapports sociaux, l’expérience féminine et les contradictions du monde contemporain. Le double album relie un langage rock accessible à des préoccupations qui traversaient déjà ses pratiques artistiques.

Feeling the Space, paru la même année, développe une perspective féministe encore plus explicite. Cette évolution ne signifie pas l’abandon de l’expérimentation : elle révèle la variété des moyens employés par Ono pour porter sa parole. Ses albums méritent une écoute indépendante de l’image médiatique du couple Lennon–Ono.

APPLE 41, APPLE 47, APPLE 48 : les derniers singles

Mind Train / Listen, the Snow Is Falling (APPLE 41) met en regard une pièce répétitive et une chanson d’une grande délicatesse. Death of Samantha / Yang Yang (APPLE 47) accompagne les explorations rock de 1973. Run Run Run (APPLE 48) figure parmi les dernières références de la série APPLE britannique.

Ces numéros appartiennent à la série du label destinée principalement aux artistes extérieurs aux quatre Beatles. Ils ne doivent pas être confondus avec les numéros R du catalogue britannique EMI utilisés pour de nombreux singles du groupe et des carrières solo. Les dates et les couplages peuvent également changer selon les pays de fabrication.

Un pan essentiel de l’histoire d’Apple Records

Yoko Ono rend particulièrement visible l’ambition d’Apple : accueillir des productions très éloignées du modèle commercial dominant. Ses disques prouvent que le label fut, durant sa première période, un lieu de circulation entre art contemporain, rock, improvisation et engagement social.

Pour en comprendre l’histoire, il faut rapprocher les albums, les 45 tours et leurs éditions nationales sans réduire cette discographie aux seules collaborations avec Lennon. C’est aussi une façon d’aborder la période Apple par le travail et les choix d’une artiste, plutôt que par les seuls événements de la séparation des Beatles.

Questions fréquentes

Quels albums de Yoko Ono sont parus sur Apple Records ?

Les albums Yoko Ono/Plastic Ono Band, Fly, Approximately Infinite Universe et Feeling the Space font partie de son catalogue Apple, sans compter plusieurs œuvres réalisées avec John Lennon.

Yoko Ono enregistrait-elle uniquement avec John Lennon ?

Non. Ses albums sous son propre nom témoignent d’une démarche autonome, même lorsque des musiciens et collaborateurs communs participent aux sessions.

APPLE 41, 47 et 48 sont-ils des numéros d’albums ?

Non. Ces références sont celles de 45 tours britanniques publiés sous le label Apple.

Les labels américains de Yoko Ono : blanc, vert et promotion

Plusieurs singles de Yoko Ono sur Apple illustrent l’évolution des présentations américaines. « Mrs. Lennon » / « Midsummer New York » porte Apple 1839 en 1971 avec une étiquette blanche personnalisée, qui ne signifie pas nécessairement une copie radio. « Now or Never » / « Move on Fast » paraît sous 1853 en 1972, avec une édition promotionnelle proposant un montage de « Now or Never » indiqué à 3 min 59.

En 1973, « Death of Samantha » / « Yang Yang » porte Apple 1859 aux États-Unis, parallèlement à APPLE 47 en Grande-Bretagne. Ces différences imposent de relever les faces, les durées, les mentions « MFD. BY APPLE » et les matrices ; la couleur de l’étiquette ne suffit pas à attribuer un statut promotionnel.

Les pressages rares des artistes Apple Records : des études sur les faces B alternatives, les pressages nationaux, les matrices et les disques promotionnels.

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