Ringo Starr et le All-Starr Band : histoire du groupe

En bref

  • Ringo Starr and His All-Starr Band est le groupe de scène fondé par Ringo Starr en 1989 : autour de lui, des musiciens qui ont tous eu leurs propres tubes, et qui les jouent chacun leur tour.
  • Premier concert le 23 juillet 1989 au Park Central Amphitheatre de Dallas, avec Joe Walsh, Nils Lofgren, Dr. John, Billy Preston, Rick Danko, Levon Helm, Clarence Clemons et Jim Keltner.
  • Seize formations successives selon le décompte le plus courant, des dizaines de musiciens, des tournées sur quatre continents et une formule restée presque intacte depuis trente-sept ans.
  • La formation actuelle réunit Steve Lukather, Colin Hay, Hamish Stuart, Warren Ham, Buck Johnson et Gregg Bissonette.
  • En 2026, le groupe a donné douze concerts au printemps, de Temecula au Greek Theatre de Los Angeles, puis dix concerts à l’automne, du 24 septembre au 7 octobre, d’Easton à Albany.
  • Huit albums live, plusieurs films de concert et une seule chanson originale : Island in the Sun, en 2015.

Il y a, dans l’histoire du rock, peu d’idées aussi simples et aussi durables que celle-ci : un batteur célèbre s’entoure d’amis célèbres, et chacun joue ses chansons pendant que les autres l’accompagnent. Le principe tient en une phrase, que Ringo Starr répète depuis 1989 : sur cette scène, tout le monde est une star. C’est le sens du jeu de mots qui donne son nom au groupe, le All-Starr Band, avec deux R, comme dans Starr.

Derrière la formule, il y a une histoire beaucoup plus riche qu’on ne le croit. Celle d’un homme qui, à quarante-huit ans, sortait d’une cure de désintoxication, n’avait plus de maison de disques et n’avait jamais mené une tournée sous son propre nom. Celle d’un producteur de concerts américain qui lui a écrit une lettre. Celle de dizaines de musiciens, des membres de The Band aux pionniers de la soul, des héros du rock progressif aux vedettes de la pop des années 1980, qui ont accepté de partager l’affiche avec un Beatle. Celle, enfin, d’un spectacle qui a traversé quatre décennies, survécu à la disparition de nombre de ses membres et à une pandémie, et qui remplissait encore, à l’automne 2026, des salles de plusieurs milliers de places autour d’un batteur de quatre-vingt-six ans.

Cette biographie du All-Starr Band raconte cette histoire dans l’ordre : la genèse, chaque formation et ses membres, les concerts mémorables, les disques et les films, la mécanique du spectacle, la réception critique, et ce que cette aventure dit de Ringo Starr lui-même. Elle complète notre biographie de Ringo Starr et notre dossier d’actualité Le All-Starr Band de Ringo Starr : formations, tournées et albums.

Le All-Starr Band en un coup d’œil

Nom officiel Ringo Starr and His All-Starr Band (souvent écrit All Starr Band, sans trait d’union, sur les supports officiels récents)
Fondation 1989, à l’initiative du producteur de tournées David Fishof
Premier concert 23 juillet 1989, Park Central Amphitheatre, Dallas (Texas)
Chef de groupe Ringo Starr, chant et batterie
Principe Chaque musicien chante ses propres succès, accompagné par tous les autres ; Ringo alterne entre le micro et la batterie
Nombre de formations Seize selon le décompte le plus courant (la numérotation varie selon les sources)
Membre le plus fidèle après Ringo Gregg Bissonette, batteur, sans interruption depuis 2008
Formation 2026 Steve Lukather, Colin Hay, Hamish Stuart, Warren Ham, Buck Johnson, Gregg Bissonette
Salle fétiche Le Greek Theatre de Los Angeles, où le groupe a joué dès 1989 et où il a clos sa tournée de printemps le 14 juin 2026
Chanson de clôture With a Little Help from My Friends, enchaînée avec Give Peace a Chance
Seule chanson originale Island in the Sun (2015), parue sur l’album Postcards from Paradise

Pourquoi le All-Starr Band compte dans l’histoire des Beatles

Le plus long projet d’un ex-Beatle

On mesure rarement à quel point le All-Starr Band occupe une place à part dans l’histoire des quatre Beatles. Les Beatles eux-mêmes ont existé, sous ce nom, de 1960 à 1970. Wings, le groupe de Paul McCartney, a vécu dix ans, de 1971 à 1981. Le Plastic Ono Band de John Lennon a été une nébuleuse de quelques années. Les Traveling Wilburys de George Harrison ont enregistré deux albums. Le All-Starr Band, lui, existe depuis trente-sept ans. C’est, de très loin, la formation la plus durable qu’ait jamais dirigée un ancien Beatle.

Le lieu de la renaissance de Ringo

C’est aussi le projet qui a sauvé la carrière, et peut-être la vie, de Ringo Starr. À la fin des années 1980, il était le plus fragile des quatre : sans contrat, sans tournée, sans disque à succès depuis plus de dix ans, et prisonnier de l’alcool. Le All-Starr Band lui a rendu un métier, un public, une routine et une famille musicale. Tout ce qui a suivi, des albums des années 1990 à l’anoblissement de 2018, s’est construit sur ce socle.

Un musée vivant du rock

Enfin, le All-Starr Band est devenu, sans l’avoir cherché, une sorte de musée vivant du rock anglo-saxon. On y a entendu, le même soir, des chansons des Beatles, de The Band, du E Street Band, des Eagles, de Cream, de Procol Harum, de Supertramp, de Toto, de Men at Work, de Santana et de 10cc. Aucune autre scène au monde n’a offert un tel panorama, et aucun autre musicien que Ringo n’aurait pu réunir tant de monde autour de lui.

Genèse : du creux des années 1980 à l’idée de 1989

Un Beatle sans maison de disques

Pour comprendre la naissance du All-Starr Band, il faut partir du point bas. En 1983, Ringo Starr publie Old Wave, un album produit par Joe Walsh, le guitariste des Eagles. Le disque ne trouve preneur ni au Royaume-Uni ni aux États-Unis : il ne sort qu’au Canada et en Allemagne. C’est un signal brutal. L’homme qui, au milieu des années 1970, avait aligné les numéros un américains avec Photograph et You’re Sixteen, et qui avait été pendant deux ans le plus vendeur des quatre ex-Beatles en solo, n’intéresse plus l’industrie.

Les années qui suivent sont celles de la dérive. Ringo fait l’acteur, prête sa voix au narrateur de la série pour enfants Thomas the Tank Engine, participe à quelques enregistrements, mais l’essentiel de son énergie est absorbé par l’alcool. Il l’a raconté sans fard, des années plus tard : il ne savait plus jouer sobre, mais il ne savait plus jouer non plus en étant ivre. Sa femme, l’actrice Barbara Bach, partage la même dépendance. Notre biographie de Barbara Bach revient en détail sur cette période.

Octobre 1988 : la cure

En octobre 1988, Ringo et Barbara entrent ensemble dans une clinique de désintoxication en Arizona. Ils en sortent sobres, et le resteront. C’est le véritable point de départ du All-Starr Band : sans cette cure, aucune tournée n’aurait été possible. L’ordre des événements a son importance, parce qu’il est souvent inversé dans les récits de rédemption, qui font de la tournée le remède à l’alcool. C’est l’inverse : la sobriété a été la condition de la tournée.

Correctif factuel — Le All-Starr Band a-t-il “sauvé Ringo de l’alcool” ?

La formule est séduisante, et elle a été reprise jusque dans certains titres de presse. Elle inverse pourtant la chronologie. Ringo Starr et Barbara Bach entrent en cure en octobre 1988 ; le projet de tournée prend forme dans les mois qui suivent, et le premier concert a lieu en juillet 1989. Ce que Ringo a dit lui-même, c’est que la tournée lui a appris à jouer sobre, et qu’il avait peur au début. La tournée a consolidé sa sobriété ; elle ne l’a pas provoquée.

La lettre de David Fishof

L’idée ne vient pas de Ringo. Elle vient de David Fishof, un producteur de tournées américain, ancien agent sportif, qui s’est fait une spécialité des tournées collectives : réunir sur une même affiche des artistes qui ne rempliraient plus seuls de grandes salles, mais dont l’addition attire les foules. Il a notamment monté la tournée Happy Together, qui réunissait des groupes pop des années 1960, et une tournée dérivée du film Dirty Dancing.

Fishof a raconté au Jerusalem Post, en 2018, comment tout a commencé : “J’ai écrit une lettre, et quelques mois plus tard j’ai reçu un appel pour aller en Angleterre rencontrer Ringo.” La rencontre a lieu au moment exact où Ringo, sorti de cure, cherche à se remettre au travail. Fishof lui propose une tournée américaine, entouré de musiciens de premier plan.

Le choix des musiciens

Ringo pose immédiatement deux noms. Toujours selon Fishof : “Ringo a dit qu’il voulait Joe Walsh et Levon Helm.” Le premier est un ami de longue date, le producteur d’Old Wave et un compagnon de beuverie des années difficiles ; le second, le batteur et chanteur de The Band, est l’un des musiciens que Ringo admire le plus. Fishof suggère ensuite Nils Lofgren et Clarence Clemons, deux piliers du E Street Band de Bruce Springsteen, et contacte Billy Preston, l’homme qui avait joué du piano électrique sur Get Back et sur le toit d’Apple en janvier 1969.

La réponse de Preston est restée célèbre. Il a confié au Los Angeles Times en 1989 : “J’ai dit oui tout de suite.” Viennent s’ajouter Rick Danko, le bassiste de The Band, le pianiste Dr. John, figure tutélaire de La Nouvelle-Orléans, et Jim Keltner, le batteur de studio le plus demandé de Los Angeles, qui avait joué sur des disques solos de John Lennon, de George Harrison et de Ringo lui-même.

Ringo a résumé son intention à une radio américaine, WKSG, en 1989 : “Je savais que je voulais une bande de grands musiciens.” Il ne cherchait pas des accompagnateurs anonymes, mais des égaux, capables de tenir le devant de la scène quand il retournait à sa batterie.

Le principe fondateur : “Tout le monde sur scène est une star”

Le concept est fixé dès le départ, et il n’a jamais changé : chaque musicien est une vedette à part entière, “a star in their own right”, selon la formule officielle. Concrètement, le spectacle alterne les chansons de Ringo, celles des Beatles qu’il chantait, et les succès de chacun des invités. Pendant que l’un chante, les autres l’accompagnent. Ringo passe ainsi du micro central à la batterie, et de la batterie au micro.

La formule résout d’un coup trois problèmes. Celui de Ringo, d’abord, qui ne possède pas assez de chansons connues pour tenir seul deux heures de concert, et dont la voix ne supporterait pas une soirée entière en première ligne. Celui des invités, ensuite, qui retrouvent de grandes salles et un public qu’ils ne toucheraient plus seuls. Celui du public, enfin, qui entend un tube toutes les quatre minutes. Gregg Bissonette, le batteur du groupe depuis 2008, l’a résumé avec humour au magazine Rolling Stone : quiconque vient à un concert du All-Starr Band entend sept groupes différents en une soirée.

Correctif factuel — Le All-Starr Band est-il un “supergroupe” ?

On le présente souvent ainsi. Au sens strict, c’est inexact. Un supergroupe, comme Cream, Blind Faith ou les Traveling Wilburys, réunit des musiciens célèbres pour créer une œuvre commune. Le All-Starr Band est une formation de tournée, dont le personnel change d’une édition à l’autre, et qui interprète des répertoires préexistants. En trente-sept ans, il n’a produit qu’une seule chanson originale. C’est une revue de luxe, au meilleur sens du terme, plutôt qu’un supergroupe.

La peur du premier soir

Il reste un dernier obstacle, et il est intime. Ringo n’a jamais mené de tournée sous son propre nom. Il a tourné avec les Beatles jusqu’au 29 août 1966, au Candlestick Park de San Francisco. Il a joué au Concert for Bangladesh de George Harrison en 1971, et participé à quelques apparitions ponctuelles. Mais il n’a jamais porté seul une affiche. Il l’a avoué à Rolling Stone en 2019 : “J’avais peur au début.” Et, dans le même article, à propos de ses entrées en scène : “J’étais très nerveux. J’ai couru sur scène. Je cours toujours !”

Les répétitions le rassurent vite. Il a raconté en 1989 que les trois premiers jours de répétition avaient été “vraiment amusants et fabuleux”. Selon une anecdote rapportée par Fishof, les musiciens auraient même monté une fausse dispute pour faire peur à leur producteur, inquiet de voir tant de fortes personnalités cohabiter. La plaisanterie dit l’essentiel : le groupe s’est entendu tout de suite.

1989 : la première formation, la plus légendaire

Huit musiciens, trois batteurs

Aucune des formations suivantes n’atteindra la densité de la première. Autour de Ringo, elle réunit huit musiciens dont chacun aurait pu être tête d’affiche :

  • Joe Walsh : guitare, piano, chant. Guitariste des Eagles et de la James Gang, auteur de Rocky Mountain Way et de Life’s Been Good. Il deviendra, en 2008, le beau-frère de Ringo en épousant Marjorie Bach, la sœur de Barbara.
  • Nils Lofgren : guitare, accordéon, chant. Guitariste du E Street Band de Bruce Springsteen, ancien de Grin et collaborateur de Neil Young.
  • Dr. John : piano, chant. Mac Rebennack, prince du rhythm and blues de La Nouvelle-Orléans, auteur de Right Place, Wrong Time et de Such a Night.
  • Billy Preston : claviers, mélodica, chant. Le seul musicien crédité aux côtés des Beatles sur un single, Get Back en 1969, et l’auteur de Will It Go Round in Circles et de Nothing from Nothing.
  • Rick Danko : basse, chant. Bassiste et chanteur de The Band, voix de The Shape I’m In.
  • Levon Helm : batterie, mandoline, harmonica, chant. Le batteur-chanteur de The Band, voix de The Weight et d’Up on Cripple Creek.
  • Clarence Clemons : saxophone, chant. Le “Big Man” du E Street Band.
  • Jim Keltner : batterie. Le batteur de studio de la côte Ouest, vieil ami de Ringo et de George Harrison.

Le détail le plus frappant est la présence de trois batteurs : Ringo, Levon Helm et Jim Keltner. Cette configuration n’a de sens que dans ce format précis, où le chef quitte régulièrement son tabouret pour chanter au centre et doit être remplacé sans interruption. Elle donne aussi aux concerts de 1989 une puissance rythmique que les spectateurs n’ont jamais oubliée.

Dallas, 23 juillet 1989

Le premier concert a lieu le dimanche 23 juillet 1989 au Park Central Amphitheatre de Dallas, au Texas. La liste des chansons, conservée par les archivistes des Beatles, compte vingt-neuf titres. Ringo ouvre avec It Don’t Come Easy, enchaîne avec No No Song et Yellow Submarine, puis cède la place : Dr. John chante Such a Night, Levon Helm The Weight, Nils Lofgren Shine Silently, Billy Preston Will It Go Round in Circles, Clarence Clemons You’re a Friend of Mine, Rick Danko The Shape I’m In, Joe Walsh Life in the Fast Lane et Desperado.

Ringo revient pour Act Naturally, Honey Don’t, You’re Sixteen et Boys, la chanson des Shirelles qu’il chantait déjà au Cavern. Le concert s’achève sur Photograph, Back Off Boogaloo et, déjà, With a Little Help from My Friends, la chanson écrite pour lui par John Lennon et Paul McCartney en 1967. Trente-sept ans plus tard, elle conclut toujours les concerts.

Trente-sept concerts en quatre mois

La tournée nord-américaine compte trente dates, du 23 juillet au 4 septembre 1989, des amphithéâtres du Texas au Garden State Arts Center du New Jersey, en passant par la région de Detroit, Saratoga Springs et Costa Mesa. Elle se prolonge par sept concerts au Japon, du 30 octobre au 8 novembre. Au total, trente-sept soirées. Pour un homme qui n’avait jamais dirigé de tournée, c’est un baptême par immersion complète.

Les spectateurs découvrent un Ringo qu’ils ne connaissaient pas : debout, plaisantant avec la salle, faisant le signe de la paix, sautillant d’un bout à l’autre de la scène. Le batteur taciturne des tournées Beatles, qui ne s’entendait pas jouer derrière les cris du public, devient un homme de spectacle.

Le Greek Theatre et le premier disque live

Les concerts des 3 et 4 septembre 1989 au Greek Theatre de Los Angeles, un amphithéâtre de plein air niché dans Griffith Park, sont filmés par une équipe professionnelle et enregistrés. Ils donnent naissance au premier album live de toute la carrière de Ringo, Ringo Starr and His All-Starr Band, publié en octobre 1990 chez EMI au Royaume-Uni et chez Rykodisc aux États-Unis. L’organiste de The Band, Garth Hudson, et le fils aîné de Ringo, Zak Starkey, y apparaissent en invités.

Voici The Weight, la chanson de The Band, chantée par Levon Helm avec Rick Danko et Dr. John, lors de cette tournée de 1989 : trois batteries sur scène, et une joie communicative.

Le concert filmé de 1989 est disponible en vidéo sous le titre Ringo Starr and His All-Starr Band, Live on Stage (1989), avec It Don’t Come Easy, Iko Iko, The Weight, Up on Cripple Creek, Rocky Mountain Way et Photograph.

Correctif factuel — Ringo n’était-il “jamais remonté sur scène depuis 1966” ?

La phrase circule dans de nombreuses présentations de la tournée de 1989. Elle confond deux choses. Ringo n’avait plus fait de tournée depuis la dernière des Beatles, en août 1966, et il n’en avait jamais dirigé une sous son nom : c’est exact. Mais il était remonté sur scène à plusieurs reprises, notamment au Concert for Bangladesh organisé par George Harrison au Madison Square Garden le 1er août 1971, et lors de diverses apparitions ponctuelles. La nouveauté de 1989 n’est pas de jouer en public : c’est de porter une affiche.

Correctif factuel — Le premier album a-t-il été un succès commercial ?

On présente parfois le disque de 1990 comme celui de la résurrection commerciale de Ringo. Les chiffres disent autre chose : l’album n’a pas marqué les classements, et il a fini par disparaître du catalogue. La renaissance de Ringo a été scénique, pas discographique. C’est une constante de toute l’aventure : les albums du All-Starr Band sont des souvenirs de concert, destinés au public des concerts.

Ce que la première tournée a changé

Le succès de 1989 dépasse toutes les attentes. Le public suit, la presse salue la bonne humeur et la qualité musicale, et Ringo y trouve ce qui lui manquait depuis des années : une raison de se lever le matin. La tournée lui redonne aussi une crédibilité auprès de l’industrie. En 1992, il signe chez Private Music et publie Time Takes Time, son premier album studio publié aux États-Unis depuis Stop and Smell the Roses, en 1981, produit notamment par Don Was et Jeff Lynne. Le disque ne se vend pas beaucoup, mais il est salué par la critique, et il ouvre la voie à une deuxième tournée.

1992 : l’Europe, Montreux et le dernier concert de Harry Nilsson

La deuxième formation

Après deux ans de pause, Ringo remonte une formation en 1992, cette fois pour une tournée beaucoup plus ambitieuse : soixante-deux concerts de juin à septembre, en Amérique du Nord et en Europe. C’est sa première tournée européenne depuis la séparation des Beatles. Le personnel change presque entièrement :

  • Joe Walsh et Nils Lofgren, les deux seuls rescapés de 1989.
  • Todd Rundgren : guitare, claviers, batterie, chant. Le génie touche-à-tout de Hello It’s Me, I Saw the Light et Bang the Drum All Day, producteur de renom. Il reviendra souvent.
  • Dave Edmunds : guitare, chant. Le vétéran gallois du rock and roll, ancien de Rockpile, voix d’I Hear You Knocking.
  • Burton Cummings : claviers, guitare, harmonica, flûte, chant. La voix de The Guess Who, donc d’American Woman et de These Eyes.
  • Timothy B. Schmit : basse, chant. Bassiste des Eagles et ancien de Poco, voix d’I Can’t Tell You Why.
  • Timmy Cappello : saxophone, claviers, percussions.
  • Zak Starkey : batterie.

Le fils derrière les fûts

L’arrivée de Zak Starkey, vingt-six ans, est le grand événement de cette édition. Le fils aîné de Ringo, que son père avait tenté de dissuader de devenir batteur, est devenu un professionnel recherché, formé à l’école de son parrain Keith Moon. Sur scène, le père et le fils se partagent la batterie : quand Ringo chante devant, Zak tient le rythme ; quand la chanson le demande, ils jouent ensemble. Les spectateurs de 1992 et de 1995 ont vu ce que peu de groupes peuvent offrir : deux générations de batteurs de la même famille sur la même scène. Toute l’histoire de Zak est racontée dans notre biographie des enfants de Ringo Starr et dans notre article sur Zak Starkey et les fils de Beatles.

Montreux, 13 juillet 1992

La tournée européenne, du 2 au 23 juillet 1992, traverse neuf pays : la Suède, le Royaume-Uni, la France, l’Allemagne, la Suisse, la Finlande, le Danemark, la Belgique et l’Italie. Le 6 juillet, Ringo joue à l’Empire Theatre de Liverpool, dans sa ville natale. Le 13 juillet, le groupe fait étape au festival de jazz de Montreux, en Suisse. Le concert est enregistré et filmé. Il paraît en 1993 chez Rykodisc sous le titre Ringo Starr and His All Starr Band Volume 2: Live from Montreux. C’est l’un des documents les plus vivants de l’histoire du groupe : Ringo y est en pleine forme, la salle de Montreux, plus intime que les amphithéâtres américains, offre un son remarquable, et chacun des invités y donne le meilleur de lui-même.

Las Vegas, 4 septembre 1992 : l’adieu de Harry Nilsson

La tournée de 1992 accueille plusieurs invités de passage, mais l’un d’eux donne à cette édition une valeur historique particulière. Le 4 septembre 1992, au Circus Maximus Showroom du Caesars Palace de Las Vegas, Harry Nilsson monte sur scène pour chanter Without You, son grand succès de 1972. Nilsson est l’un des plus vieux amis de Ringo : ils ont partagé les années de folie de Los Angeles au milieu des années 1970, Ringo a joué sur plusieurs de ses disques, et Nilsson avait été le témoin de bien des excès de son ami. Ce soir-là, Joe Walsh est absent, retenu par un engagement antérieur.

Ce sera la dernière apparition de Harry Nilsson en concert. Il meurt d’une crise cardiaque le 15 janvier 1994, à cinquante-deux ans. Le All-Starr Band deviendra, au fil des décennies, un lieu de dernières fois de ce genre.

Correctif factuel — Harry Nilsson était-il membre du All-Starr Band ?

Non. On le cite parfois dans les listes de membres, ce qui est inexact. Harry Nilsson n’a jamais fait partie d’une formation : il est apparu en invité, pour une chanson, lors du concert du 4 septembre 1992 à Las Vegas. Ce passage est d’autant plus précieux qu’il s’agit de sa dernière apparition publique sur une scène de concert.

Liverpool et Paris

Deux soirées de la tournée européenne de 1992 ont une saveur particulière. Le 6 juillet, à l’Empire Theatre de Liverpool, Ringo joue pour la première fois dans sa ville natale à la tête de son propre groupe. L’Empire est une salle chargée de souvenirs : les Beatles y avaient joué à plusieurs reprises dans les années 1960. Pour le garçon du Dingle, le quartier pauvre où il avait grandi entre deux séjours à l’hôpital, c’est un retour symbolique. Son enfance est racontée dans Ringo Starr, l’enfant d’hôpital.

Deux jours plus tard, le 8 juillet 1992, le All-Starr Band joue au Zénith de Paris. C’est la première fois que le public français découvre la formule : un Ringo souriant, sobre, debout au micro pour Yellow Submarine et Boys, puis assis à la batterie pour accompagner Todd Rundgren, Burton Cummings ou Dave Edmunds. La réaction du public européen convainc Ringo de revenir régulièrement sur le continent dans les décennies suivantes.

Le disque de Montreux

L’album Live from Montreux reçoit un accueil partagé : la critique spécialisée salue l’énergie du concert, mais certains guides discographiques anglo-saxons se montrent sévères avec le principe même d’un album de reprises. Il disparaît lui aussi des catalogues à la fin des années 1990. On en retrouve des extraits dans le coffret rétrospectif The Anthology… So Far, qui rassemble des enregistrements des premières formations.

1995 : Billy Preston, John Entwistle et le Japon

La troisième formation

En 1995, Ringo repart avec une troisième formation, tournée vers les géants du rock américain des années 1960 et 1970. Cinquante concerts, de juin à août, au Japon puis en Amérique du Nord. La tournée débute le 14 juin 1995 à Morioka, au Japon, passe par le Nippon Budokan de Tokyo, la salle où les Beatles avaient joué en 1966, et s’achève le 23 août à Seattle. Le personnel :

  • Randy Bachman : guitare, chant. The Guess Who, puis Bachman-Turner Overdrive, voix de Takin’ Care of Business et de You Ain’t Seen Nothing Yet.
  • Mark Farner : guitare, harmonica, chant. Le leader de Grand Funk Railroad.
  • Billy Preston : claviers, chant. De retour, six ans après la première édition.
  • Felix Cavaliere : orgue, claviers, chant. La voix des Rascals, celle de Groovin’ et de Good Lovin’.
  • John Entwistle : basse, chant. Le bassiste des Who.
  • Mark Rivera : saxophone et multi-instruments, saxophoniste de Billy Joel, futur directeur musical de plusieurs éditions.
  • Zak Starkey : batterie.

Entwistle et Zak, une section rythmique prophétique

Le recrutement de John Entwistle est le plus spectaculaire de cette édition. Le bassiste des Who, l’un des instrumentistes les plus influents de l’histoire du rock, accepte de jouer les accompagnateurs dans une revue de tubes, et chante sa propre Boris the Spider. Il forme avec Zak Starkey une section rythmique explosive. L’année suivante, en 1996, Zak devient le batteur des Who, aux côtés d’Entwistle, sur le tabouret qu’avait occupé Keith Moon. La rencontre de 1995 dans le groupe de Ringo n’y est sans doute pas étrangère.

Correctif factuel — De quand date l’album du “troisième All-Starr Band” ?

L’album Ringo Starr and His Third All-Starr Band, Volume 1 est paru en 1997. Beaucoup de discographies en déduisent qu’il documente la tournée de 1997. C’est faux : il a été enregistré lors de la tournée de 1995, celle de Bachman, Farner, Preston, Cavaliere, Entwistle, Rivera et Zak Starkey. Le décalage entre l’enregistrement et la publication, au moment où une quatrième formation tournait déjà, a semé une confusion durable.

L’album, publié en août 1997 par l’enseigne américaine Blockbuster en édition limitée, a été enregistré le 27 juin 1995 au Nippon Budokan de Tokyo. On y entend notamment Don’t Go Where the Road Don’t Go, The Loco-Motion par Mark Farner, Nothing from Nothing par Billy Preston, Boris the Spider par John Entwistle et You Ain’t Seen Nothing Yet par Randy Bachman. Il se trouve encore en import : Ringo Starr and His Third All-Starr Band, Volume 1.

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1997 : la formation britannique

La quatrième formation, en 1997, est la plus britannique de toute l’histoire du groupe. Elle réunit :

  • Peter Frampton : guitare, talk-box, chant. L’ancien de Humble Pie, auteur de l’album live le plus vendu des années 1970, Frampton Comes Alive!, voix de Show Me the Way et de Baby, I Love Your Way.
  • Jack Bruce : basse, claviers, chant. Le bassiste et chanteur de Cream, voix de Sunshine of Your Love et de White Room.
  • Gary Brooker : claviers, orgue, chant. Le chanteur et pianiste de Procol Harum, voix de A Whiter Shade of Pale.
  • Simon Kirke : batterie, chant. Le batteur de Free et de Bad Company.
  • Mark Rivera : saxophone et multi-instruments.

Le guitariste Dave Mason, ancien de Traffic, devait faire partie de l’aventure ; il est écarté quelques jours avant le départ et n’est pas remplacé. La tournée compte une trentaine de concerts aux États-Unis, du 28 avril 1997 à Seattle au 7 juin à Jones Beach, près de New York. Entendre Jack Bruce chanter Sunshine of Your Love avec Ringo Starr à la batterie, c’était voir se rejoindre deux branches majeures du rock britannique des années 1960.

1998 : Moscou, Saint-Pétersbourg et Monte-Carlo

La même formation repart en 1998, cette fois pour une grande tournée européenne en août et septembre : Helsinki, Stuttgart, Chemnitz, Bonn, et surtout deux étapes inédites. Le 25 août 1998, le All-Starr Band joue à la salle de concert Rossiya, à Moscou ; le lendemain, 26 août, à la salle Oktiabrski de Saint-Pétersbourg. Les fans des Beatles d’Union soviétique avaient grandi en écoutant leurs disques sous le manteau, sans jamais pouvoir les voir sur scène. Ringo est le premier des quatre à venir jouer pour eux, cinq ans avant le célèbre concert de Paul McCartney sur la place Rouge, en mai 2003.

Le groupe enchaîne avec trois soirées à la Salle des Étoiles du Sporting de Monte-Carlo, du 28 au 30 août 1998. Pour Ringo, qui avait fait de Monaco l’une de ses résidences dans les années 1970, c’est un retour en terrain connu. Le public francophone de la Riviera découvre à son tour la formule.

Correctif factuel — Ringo a-t-il été “le premier Beatle à jouer en Russie” ?

L’affirmation se lit partout, souvent sans date ni lieu. Elle est confirmée par les archives des tournées : le All-Starr Band joue à Moscou le 25 août 1998 et à Saint-Pétersbourg le 26 août. Paul McCartney n’y donnera son premier concert qu’en mai 2003, John Lennon et George Harrison n’y ont jamais joué. La précision compte : il s’agit de la Fédération de Russie, sept ans après la fin de l’URSS, et non d’un concert en Union soviétique, comme on le lit parfois.

1999 : le retour de Todd Rundgren

La cinquième formation, en 1999, conserve le noyau britannique, Jack Bruce, Gary Brooker et Simon Kirke, et y ajoute le retour de Todd Rundgren et du saxophoniste Timmy Cappello. La tournée compte trente concerts aux États-Unis, du 12 février au 28 mars 1999. Joe Walsh, qui devait en être, se retire en janvier, mais vient jouer deux chansons en invité à Universal City, le 18 mars.

À la même époque, Ringo a retrouvé le chemin des studios. Son album de 1998, Vertical Man, coproduit avec Mark Hudson, accueille une foule d’amis, dont Paul McCartney, George Harrison, Joe Walsh, Alanis Morissette, Ozzy Osbourne, Steven Tyler et Tom Petty. L’esprit du All-Starr Band, celui d’un batteur entouré d’amis, déborde désormais sur ses disques studio.

2000 : Eric Carmen et l’Argentine

La sixième formation, en 2000, associe Jack Bruce, Simon Kirke et Mark Rivera au retour de Dave Edmunds et à l’arrivée d’Eric Carmen, l’ancien chanteur des Raspberries, auteur de All by Myself et de Hungry Eyes. Billy Preston devait tenir les claviers ; il ne participe finalement pas à la tournée. Une quarantaine de dates sont programmées du 12 mai au 5 juillet 2000, d’Atlantic City à Buenos Aires : c’est le premier passage attesté du groupe en Amérique du Sud.

2001 : Supertramp, King Crimson et Sheila E.

La septième formation, en 2001, opère un virage générationnel. Après les héros des années 1960, Ringo va chercher ceux des années 1970 et 1980 :

  • Ian Hunter : guitare, claviers, chant. Le chanteur de Mott the Hoople, voix d’All the Young Dudes, la chanson offerte par David Bowie.
  • Roger Hodgson : guitare, claviers, chant. La voix de Supertramp, celle de The Logical Song, Give a Little Bit et Breakfast in America.
  • Greg Lake : basse, guitare, chant. King Crimson, puis Emerson, Lake & Palmer, voix de Lucky Man.
  • Howard Jones : claviers, chant. Vedette de la pop synthétique britannique des années 1980, voix de What Is Love? et de No One Is to Blame.
  • Mark Rivera : saxophone et multi-instruments.
  • Sheila E. : batterie, percussions, chant. Percussionniste de génie révélée aux côtés de Prince, voix de The Glamorous Life.

Sheila E. est la première femme du All-Starr Band. Elle résout élégamment la question du second batteur, tout en apportant une couleur latine et funk absente des formations précédentes. Elle reviendra en 2003 et en 2006. La tournée de 2001 compte vingt-huit concerts, du 26 juillet au 2 septembre, aux États-Unis et au Canada. Des invités de prestige montent sur scène pour With a Little Help from My Friends : Max Weinberg, le batteur du E Street Band, Liberty DeVitto, celui de Billy Joel, Brian Johnson, le chanteur d’AC/DC, et Rick Derringer, futur membre du groupe.

La tournée de 2001 est enregistrée pour la série radiophonique américaine King Biscuit Flower Hour, et publiée en 2002 sur disque et en vidéo. Le DVD se trouve encore sous le titre Ringo Starr and His New All-Starr Band.

Le coffret The Anthology… So Far (2001)

En 2001, un coffret de trois CD, The Anthology… So Far, rassemble pour la première fois des enregistrements des formations des années 1990. C’est la meilleure porte d’entrée dans l’histoire ancienne du groupe : on y entend Levon Helm, Dr. John, Billy Preston, Todd Rundgren, Jack Bruce, Peter Frampton, Gary Brooker et John Entwistle, chacun dans ses grands succès, et Ringo dans les siens. Il est disponible en import : Ringo Starr and His All-Starr Band, The Anthology… So Far.

2003-2011 : la formule trouve son équilibre

2003 : la formation des chanteurs

La huitième formation, en 2003, est l’une des plus cohérentes musicalement, parce qu’elle réunit des chanteurs plutôt que des virtuoses :

  • Colin Hay : guitare, chant. Le chanteur de Men at Work, voix de Down Under et de Who Can It Be Now?. Il deviendra, quinze ans plus tard, l’un des piliers du groupe.
  • Paul Carrack : claviers, guitare, chant. L’une des plus belles voix soul britanniques, passé par Ace, Squeeze et Mike + The Mechanics, voix de How Long et de The Living Years.
  • John Waite : basse, guitare, chant. Le chanteur des Babys et de Bad English, voix de Missing You.
  • Sheila E. : batterie, percussions, chant.
  • Mark Rivera : saxophone et multi-instruments.

La tournée compte trente-six concerts aux États-Unis et au Canada, du 24 juillet au 7 septembre 2003. Les invités se pressent pour le final : Steven Van Zandt et Simon Kirke à New York, Nils Lofgren dans le Mississippi, Alice Cooper à Phoenix, Tommy Shaw de Styx à Los Angeles, et même Pete Escovedo, le père de Sheila E., à Las Vegas. La tournée donne l’album Tour 2003, publié en 2004, et une captation vidéo.

2006 : Hamish Stuart et Edgar Winter entrent en scène

La neuvième formation, en 2006, accueille deux musiciens qui vont durer :

  • Billy Squier : guitare, chant. Le rockeur de Boston, voix de The Stroke et d’Everybody Wants You.
  • Richard Marx : guitare, claviers, chant. Le roi de la ballade de la fin des années 1980, voix de Right Here Waiting.
  • Rod Argent : claviers, chant. Le fondateur des Zombies et d’Argent, auteur de She’s Not There, Time of the Season et Hold Your Head Up.
  • Hamish Stuart : basse, chant. Le chanteur et bassiste de l’Average White Band, voix de Pick Up the Pieces et de Work to Do.
  • Edgar Winter : claviers, saxophone, chant. L’auteur de l’instrumental Frankenstein et de Free Ride.
  • Sheila E. : batterie, percussions, chant.

Le recrutement de Hamish Stuart a une saveur particulière pour les amateurs des Beatles : de 1989 à 1993, il avait été le bassiste et guitariste du groupe de Paul McCartney, jouant Let It Be et Hey Jude derrière l’auteur. Il rejoint ensuite le groupe du batteur des mêmes chansons. Il remplace au pied levé Mark Hudson, le coproducteur des albums de Ringo, initialement prévu. La tournée compte vingt-six concerts, du 14 juin au 20 juillet 2006. Le 1er juillet, à Las Vegas, le final réunit Pete Townshend, Jeff Lynne, Peter Asher et Dave Stewart. Elle donne l’album Ringo Starr & His All Starr Band Live 2006, publié en 2008.

2008 : l’arrivée de Gregg Bissonette

La dixième formation, en 2008, réunit Billy Squier, Colin Hay, Hamish Stuart, Edgar Winter, Gary Wright, l’auteur de Dream Weaver et ancien claviériste de George Harrison sur All Things Must Pass, et surtout un nouveau batteur : Gregg Bissonette.

Bissonette est le recrutement le plus structurant de l’histoire du groupe depuis 1989. Batteur de studio et de scène au parcours éclectique, de David Lee Roth à Joe Satriani en passant par le big band de Maynard Ferguson, il rêvait depuis l’enfance de jouer avec Ringo. Il a raconté à Rolling Stone la conversation qui l’a fait entrer dans le groupe. Ringo lui aurait dit : “J’adorerais t’avoir dans le All Starr Band, mais il faudrait que tu aies quelques tubes que tu as chantés.” Bissonette n’en avait pas : il est devenu, à la place, le pilier rythmique de la formation. Sa réaction : “J’ai halluciné. C’était en 2008.”

Depuis, il n’a plus quitté le groupe. Il tient la batterie chaque fois que Ringo vient chanter devant, et joue à l’unisson avec lui le reste du temps. Il a décrit sa méthode avec une humilité rare : “Je regarde sa caisse claire et je la fixe quand elle frappe le contretemps.” Et encore : “Si je vois qu’il part sur un roulement, je garde simplement le groove et je ne joue pas de roulement.”

La tournée de 2008 compte trente concerts du 19 juin au 2 août, aux États-Unis et au Canada. Le final du Greek Theatre de Los Angeles, le 2 août, réunit Levon Helm, Jim Keltner et Jason Starkey, le deuxième fils de Ringo. Ces concerts du Greek Theatre sont filmés et publiés en 2010 sous le titre Live at the Greek Theatre 2008. C’est, selon les relevés de classements, le seul disque du groupe à être entré dans le classement américain des albums, et la vidéo a été largement diffusée. En voici un extrait : Boys, la chanson des Shirelles que Ringo chantait déjà au Cavern, et qu’il chante aux concerts du All-Starr Band depuis le premier soir.

Le 7 juillet, peace and love

C’est aussi en 2008 que Ringo institue un rituel devenu planétaire. Chaque 7 juillet, jour de son anniversaire, il invite le monde entier à dire ou à penser “peace and love” à midi, heure locale. L’événement est souvent accroché à un concert du All-Starr Band, ou organisé à Los Angeles en présence des musiciens du groupe. Le rituel fait du All-Starr Band le véhicule d’un message personnel : celui d’un homme qui, depuis 1988, a choisi la paix avec lui-même.

2010 : soixante-dix ans à Radio City

Le 7 juillet 2010, Ringo fête ses soixante-dix ans au Radio City Music Hall de New York avec la onzième formation du All-Starr Band. La soirée est restée dans les mémoires : Paul McCartney monte sur scène, prend la basse et chante Birthday, la chanson de l’Album blanc, avec Joe Walsh à la guitare. Pour le final, With a Little Help from My Friends, une vingtaine d’invités rejoignent le groupe, dont Yoko Ono, Steven Van Zandt et Jeff Lynne, et Jason Starkey s’installe à la batterie. Les deux Beatles survivants réunis pour l’anniversaire de l’un d’eux : l’image fait le tour du monde.

2010-2011 : la tournée mondiale des vétérans

Les onzième et douzième formations partagent le même personnel :

  • Rick Derringer : guitare, chant. Le guitariste des McCoys, voix de Hang On Sloopy et de Rock and Roll, Hoochie Koo.
  • Wally Palmar : guitare, harmonica, chant. Le chanteur des Romantics, voix de What I Like About You.
  • Richard Page : basse, chant. La voix de Mr. Mister, celle de Broken Wings et de Kyrie.
  • Gary Wright : claviers, chant.
  • Edgar Winter : claviers, saxophone, chant.
  • Gregg Bissonette : batterie.
  • Mark Rivera : saxophone et direction musicale.

C’est la plus grande tournée de l’histoire du groupe : soixante-dix concerts dans vingt-deux pays, en trois volets. L’Amérique du Nord en juin-août 2010 ; l’Europe en juin-juillet 2011, de Kiev à Riga, d’Oslo à Prague, de Manchester à Francfort ; l’Amérique latine en novembre 2011, du Mexique au Brésil. Pour la première fois, le groupe joue en Ukraine, en Lettonie, en Pologne, en Hongrie et en République tchèque. Le public français le retrouve au Palais des Sports de Paris le 26 juin 2011, puis à l’Amphithéâtre de Lyon le 2 juillet.

C’est à cette période que le groupe trouve son format définitif : six musiciens autour de Ringo, tous polyvalents, capables de couvrir un répertoire allant des années 1960 aux années 1980 sans multiplier les instrumentistes.

2012-2019 : Toto, Santana et la plus longue stabilité

2012 : la treizième formation

En février 2012, Ringo présente une nouvelle formation, annoncée par son communiqué comme le treizième All-Starr Band. Elle va durer six ans, record absolu de stabilité dans l’histoire du groupe :

  • Steve Lukather : guitare, chant. Le guitariste de Toto, l’un des musiciens de studio les plus enregistrés de l’histoire, qui chante en concert Rosanna, Africa et Hold the Line.
  • Gregg Rolie : claviers, chant. Le chanteur et organiste fondateur de Santana, puis de Journey, voix de Black Magic Woman, d’Evil Ways et d’Oye Como Va.
  • Todd Rundgren : guitare, chant. Troisième passage dans le groupe.
  • Richard Page : basse, chant.
  • Mark Rivera : saxophone et multi-instruments, remplacé à partir de 2014 par Warren Ham, saxophoniste, flûtiste, harmoniciste et chanteur, passé par Kansas et par les tournées de Toto.
  • Gregg Bissonette : batterie.

Avec Lukather, Toto entre dans la famille. Le guitariste n’est pas seulement un virtuose : c’est un ami de cœur de Ringo, et l’un des musiciens qui vont le plus compter dans ses disques des années 2010 et 2020. L’autre grande figure de Toto, le batteur Jeff Porcaro, mort en 1992, a sa place dans notre galerie des amis des Beatles : voir notre portrait de Jeff Porcaro.

Ringo at the Ryman

La tournée de 2012 passe par le Ryman Auditorium de Nashville, l’ancienne salle du Grand Ole Opry, temple de la musique country. Pour Ringo, grand amateur de country depuis l’enfance, l’homme qui chantait Act Naturally de Buck Owens avec les Beatles et qui avait enregistré à Nashville l’album Beaucoups of Blues en 1970, c’est une consécration. Le concert est filmé et publié en vidéo en 2013 sous le titre Ringo at the Ryman. Douze ans plus tard, en janvier 2025, Ringo reviendra au Ryman pour deux concerts country avec Emmylou Harris, Sheryl Crow et Jack White.

2013 : le Pacifique

En février et mars 2013, la formation part pour une grande tournée du Pacifique : Auckland en Nouvelle-Zélande, Brisbane, Sydney, Melbourne et Adelaide en Australie, puis Tokyo, Nagoya et Osaka au Japon. Ringo retrouve le Japon, où les Beatles avaient joué au Budokan en 1966, et l’Australie, où ils avaient été accueillis par des foules immenses en 1964, lors de la tournée pour laquelle Ringo, malade, avait été provisoirement remplacé par Jimmie Nicol.

Island in the Sun : la seule chanson du groupe

Lors d’une tournée de 2014, au fil des balances, les musiciens commencent à improviser un air aux couleurs des Caraïbes. La chanson prend forme à Biloxi, dans le Mississippi. De retour à Los Angeles, chacun vient enregistrer sa partie dans le petit studio que Ringo a aménagé dans sa maison d’amis. Il l’a raconté au magazine Billboard en avril 2015 : “Nous sommes rentrés à Los Angeles après la tournée et chacun a enregistré ses parties dans mon petit studio, dans ma maison d’amis.”

Island in the Sun est créditée à Richard Starkey, Todd Rundgren, Richard Page, Steve Lukather, Gregg Rolie, Warren Ham et Gregg Bissonette. C’est le premier enregistrement studio de toute l’histoire du All-Starr Band, et, à ce jour, sa seule chanson originale. Elle paraît le 31 mars 2015 sur l’album Postcards from Paradise.

Correctif factuel — Island in the Sun est-elle une reprise ?

Le titre prête à confusion : il existe une célèbre chanson de Harry Belafonte, Island in the Sun (1957), et une autre du groupe Weezer (2001). La chanson de Ringo n’a rien à voir avec elles. C’est une composition originale, écrite collectivement par Ringo et six membres du All-Starr Band de l’époque, et publiée sur un album solo de Ringo, Postcards from Paradise, et non sur un disque du groupe.

18 avril 2015 : le Rock and Roll Hall of Fame

Quelques semaines plus tard, le 18 avril 2015, à Cleveland, Ringo est intronisé au Rock and Roll Hall of Fame en tant qu’artiste solo, une reconnaissance que ses fans réclamaient depuis des années. C’est Paul McCartney qui prononce le discours d’intronisation, avant de rejoindre son ami sur scène. Une consécration qui doit beaucoup aux vingt-cinq années de tournées du All-Starr Band : c’est sur scène, plus que sur disque, que Ringo a reconstruit sa légitimité d’artiste.

2016-2017 : la routine heureuse

Les tournées s’enchaînent selon un rythme désormais régulier : une série de concerts au printemps ou en été, parfois une autre à l’automne, presque toujours conclue au Greek Theatre de Los Angeles. Le spectacle a trouvé sa forme : Ringo ouvre debout, chante ses classiques et ceux des Beatles, cède la place à Lukather pour Rosanna et Africa, à Rolie pour le répertoire de Santana, à Rundgren pour Bang the Drum All Day, à Page pour Kyrie et Broken Wings. Le public, de plus en plus multigénérationnel, connaît la soirée par cœur et vient précisément pour cela.

En 2017, Ringo publie Give More Love, dont plusieurs chansons sont enregistrées avec des membres passés et présents du groupe. L’esprit du All-Starr Band irrigue désormais toute sa production.

2018 : le retour de Colin Hay et l’arrivée de Graham Gouldman

En 2018, la formation se renouvelle partiellement. Colin Hay revient, quinze ans après son premier passage. Graham Gouldman, bassiste, chanteur et principal auteur de 10cc, rejoint le groupe. Sa présence ajoute un lien direct avec les années 1960 : avant 10cc, Gouldman avait écrit pour les Yardbirds (For Your Love), les Hollies (Bus Stop) et Herman’s Hermits. Avec lui, le public entend I’m Not in Love et Dreadlock Holiday.

La tournée de 2018 passe par l’Europe en juin et juillet : l’Olympia de Paris le 6 juin, Vienne, Tel-Aviv, Barcelone, Madrid, Rome. Cette même année, le 20 mars 2018, Ringo a été fait chevalier par le prince William au palais de Buckingham : c’est donc Sir Richard Starkey qui monte sur la scène de l’Olympia.

2019 : le Greek Theatre filmé

En 2019, Hamish Stuart remplace Graham Gouldman à la basse. La formation compte alors Steve Lukather, Colin Hay, Gregg Rolie, Hamish Stuart, Warren Ham et Gregg Bissonette. La tournée s’achève le 2 septembre 2019 au Greek Theatre de Los Angeles, où le concert est filmé. Pour le final, d’anciens All-Starrs rejoignent le groupe : Joe Walsh, Edgar Winter, Jim Keltner, Nils Lofgren, Eric Carmen, Wally Palmar et Richard Page.

Le film et l’album paraissent le 25 novembre 2022 sous le titre Ringo Starr and His All Starr Band Live at the Greek Theater 2019, en CD, DVD et Blu-ray. Ringo l’avait annoncé en qualifiant son groupe de “meilleur groupe 1-800 du pays”, un clin d’œil aux numéros de téléphone gratuits américains. Le premier extrait vidéo est Matchbox, la chanson de Carl Perkins que Ringo chantait avec les Beatles :

L’album se trouve en CD : Ringo Starr and His All Starr Band, Live at the Greek Theater 2019. Il contient vingt-quatre titres, de Matchbox à With a Little Help from My Friends, en passant par What Goes On, Don’t Pass Me By, Evil Ways, Rosanna, Down Under, Africa et Oye Como Va.

2020-2026 : la pandémie, la reprise et la formation actuelle

2020-2021 : le silence forcé

La tournée prévue pour 2020 est annulée à cause de la pandémie de Covid-19, puis celle de 2021. C’est la plus longue interruption de l’histoire du groupe. Le 7 juillet 2020, Ringo fête ses quatre-vingts ans par un concert virtuel diffusé en ligne, avec les messages et les contributions de nombreux amis, dont Paul McCartney. Beaucoup pensent alors que l’aventure du All-Starr Band est terminée : un homme de quatre-vingts ans peut-il reprendre la route après deux ans d’arrêt ?

2022 : la reprise, et le virus

La réponse arrive le 27 mai 2022, au Casino Rama, dans l’Ontario. La quinzième formation reprend la route avec Steve Lukather, Colin Hay, Hamish Stuart, Edgar Winter, Warren Ham et Gregg Bissonette. Mais le virus rattrape le groupe. En juin, Edgar Winter puis Steve Lukather sont testés positifs : la tournée s’interrompt et les dates de juin et juillet sont reportées à l’automne. Une vingtaine de concerts ont lieu en septembre et octobre, de Pittsburgh à Seattle. Puis, le 13 octobre 2022, c’est Ringo lui-même qui est testé positif. Les dernières dates, dont celles de Mexico, sont annulées.

Malgré ces déboires, la critique salue le retour. Le Boston Globe décrit un spectacle conçu pour offrir “une familiarité aimablement réconfortante”. C’est exactement ce que le public vient chercher.

2023 : deux tournées par an

En 2023, le groupe donne deux séries de concerts, au printemps puis à l’automne, en Amérique du Nord. Ringo, qui fête ses quatre-vingt-trois ans, adopte un rythme qui ne ralentira plus : deux tournées par an, d’une douzaine à une vingtaine de dates chacune, avec des étapes dans des salles de taille moyenne, casinos, théâtres et amphithéâtres, plutôt que dans des stades.

2024 : Buck Johnson et Mexico

En 2024, Edgar Winter quitte la formation. Il est remplacé par Buck Johnson, claviériste et chanteur, membre depuis des années de la formation de scène d’Aerosmith. C’est la naissance de la seizième formation, celle qui tourne encore en 2026. En juin 2024, le groupe joue enfin à Mexico, à l’Auditorio Nacional, rattrapant les dates annulées en 2022. Le 8 septembre 2024, il retrouve le Greek Theatre de Los Angeles.

Colin Hay racontait la même année au Newcastle Herald ce que représente, pour lui, cette aventure : “La nouveauté ne s’use jamais, d’entendre Ringo jouer Overkill ou Down Under ou Who Can It Be Now?. C’est bizarre, en fait. C’est comme un rêve surréaliste où vous jouez vos chansons.” Et, à propos de son patron : “Il a presque quatre-vingt-quatre ans et il fait encore des sauts à la fin du spectacle. Il est vif comme l’éclair, il est en grande forme et il prend soin de lui. C’est remarquable.”

2025 : la country, Radio City et Las Vegas

L’année 2025 est celle de la country. En janvier, Ringo publie Look Up, produit par T Bone Burnett, son premier album country depuis Beaucoups of Blues en 1970. Les 14 et 15 janvier, il donne deux concerts au Ryman Auditorium de Nashville avec Emmylou Harris, Sheryl Crow, Brenda Lee, Jack White et Billy Strings. Ces soirées country ne sont pas des concerts du All-Starr Band, mais elles prolongent son esprit : Ringo entouré d’amis, chacun apportant sa voix.

Le All-Starr Band reprend la route en juin 2025 sur la côte Est : Bridgeport, le Radio City Music Hall de New York le 13 juin, Philadelphie, Wolf Trap près de Washington, puis la Floride et l’Alabama. En septembre, après Chicago, Milwaukee et le festival Bourbon & Beyond de Louisville, le groupe s’installe pour une série de six soirées au théâtre du Venetian, à Las Vegas. Une véritable résidence, formule rare dans l’histoire du groupe.

Interrogé par le Times de Londres en janvier 2025 sur les raisons pour lesquelles il ne tourne jamais en solo, Ringo a donné la meilleure définition possible du All-Starr Band : “Je veux seulement être dans un groupe. Je ne veux pas être seul.” Avant d’ajouter, avec son humour coutumier : “Il n’y a aucun moyen d’aller là-bas et de faire Yesterday rien qu’à la batterie.”

Steve Lukather, son guitariste depuis 2012, résumait en juin 2025 à un journal de Floride la relation qui l’unit à Ringo : “C’est l’un de mes amis les plus proches. Ces treize dernières années, nous sommes devenus vraiment proches. Il est vraiment le grand frère que je n’ai jamais eu. C’est une belle âme.” Et sur le sens de l’aventure : “Il n’a pas besoin de faire tout ça. Il adore simplement être dans le groupe. J’adore cette équipe ; c’est comme mon boulot de vacances.”

2026 : Long Long Road et deux tournées

Le 24 avril 2026, Ringo publie Long Long Road, son vingt-deuxième album solo, le deuxième produit par T Bone Burnett, enregistré entre Nashville et Los Angeles avec Billy Strings, Sheryl Crow, Sarah Jarosz, Molly Tuttle et St. Vincent. Il a expliqué le titre en une phrase : “parce que j’ai été sur une longue, longue route”. Le disque est disponible ici : Long Long Road de Ringo Starr.

Dans la foulée, la seizième formation part pour une tournée de printemps de douze concerts dans l’Ouest américain : Temecula le 28 mai, San Diego, Prescott, Salt Lake City, Tucson, Lincoln, Paso Robles, Albuquerque, Denver, San Jose, Tempe, près de Phoenix, et le Greek Theatre de Los Angeles le 14 juin. Ce soir-là, pour With a Little Help from My Friends, Jim Keltner, le batteur de la première formation de 1989, rejoint le groupe, avec Mike Campbell, le guitariste de Tom Petty, et David Paich, le claviériste de Toto. Trente-sept ans après Dallas, la boucle est bouclée.

La liste des chansons du 14 juin 2026 donne une idée exacte du spectacle actuel : Matchbox, It Don’t Come Easy, Rosanna (Lukather), Pick Up the Pieces (Stuart), Down Under (Hay), Boys, I’m the Greatest, Yellow Submarine, Cut the Cake (Stuart), Octopus’s Garden, No No Song, Choose Love, Overkill (Hay), Africa (Lukather), Work to Do (Stuart), I Wanna Be Your Man, Who Can It Be Now? (Hay), Hold the Line (Lukather), Photograph, Act Naturally, With a Little Help from My Friends et Give Peace a Chance.

Automne 2026 : Boston, Forest Hills et Albany

Le 6 juillet 2026, à la veille de ses quatre-vingt-six ans, Ringo annonce dix concerts d’automne sur la côte Est, du 24 septembre au 7 octobre : le State Theatre d’Easton, Bethel Woods, le PNC Bank Arts Center de Holmdel, The Anthem à Washington, le MGM Music Hall at Fenway à Boston, le Forest Hills Stadium dans le Queens, la Cross Insurance Arena de Portland, le Toyota Oakdale Theatre de Wallingford, l’American Music Theatre de Lancaster et le Palace Theatre d’Albany.

Deux étapes ont une résonance particulière. Le 30 septembre, à Boston, Ringo reçoit un document officiel instituant chaque 30 septembre un “Ringo Starr Day” dans la ville : voir notre article La ville de Boston a réservé une belle surprise à Ringo Starr. Le 1er octobre, le groupe joue au Forest Hills Stadium, dans le Queens, une enceinte où Ringo n’était pas revenu depuis les deux concerts des Beatles des 28 et 29 août 1964. Soixante-deux ans plus tard, le batteur des Beatles retrouve la même scène, à la tête de son propre groupe. La tournée s’achève le 7 octobre 2026 au Palace Theatre d’Albany.

Correctif factuel — Ringo a-t-il annoncé sa “tournée d’adieu” ?

Le bruit court régulièrement, et chaque annonce de dates relance la rumeur. À ce jour, aucune tournée d’adieu du All-Starr Band n’a été annoncée. Ringo plaisante volontiers sur sa retraite, au point que ses enfants, dit-il, sont lassés de l’entendre en parler, mais il continue de programmer deux séries de concerts par an. Toute affirmation contraire relève, en l’état, de la spéculation.

Les All-Starrs : portraits des musiciens qui ont fait le groupe

Des dizaines de musiciens sont passés par le All-Starr Band. Certains n’y ont fait qu’une saison, d’autres y sont restés plus de dix ans. Voici les portraits de ceux qui ont le plus marqué son histoire, classés par instrument.

Les guitaristes

Joe Walsh est le premier ami du All-Starr Band, au sens le plus littéral. Producteur d’Old Wave en 1983, compagnon des années d’alcool, il est le premier nom que Ringo cite à David Fishof en 1989. Il participe aux deux premières formations, revient régulièrement en invité, et devient le beau-frère de Ringo en épousant en 2008 Marjorie Bach, la sœur de Barbara. Sur scène, il apporte Rocky Mountain Way, Life in the Fast Lane et un humour pince-sans-rire qui fait merveille avec celui de Ringo.

Nils Lofgren, guitariste du E Street Band, est l’autre rescapé de 1989 en 1992. Virtuose capable de faire des saltos sur un trampoline en jouant de la guitare, il apporte au groupe une énergie scénique hors normes. Il reviendra en invité à plusieurs finales, jusqu’au Greek Theatre de 2019.

Todd Rundgren est l’un des All-Starrs les plus fidèles : 1992, 1999, puis de 2012 à 2017. Producteur de Badfinger, de Meat Loaf et des New York Dolls, auteur de tubes pop comme I Saw the Light et Hello It’s Me, il est le plus imprévisible des membres du groupe, capable de passer de la guitare à la batterie, et l’un des coauteurs d’Island in the Sun.

Peter Frampton ne fait qu’une saison, en 1997-1998, mais il apporte au groupe son talk-box, l’effet qui fait “parler” la guitare dans Show Me the Way, et le prestige du plus grand album live des années 1970.

Steve Lukather est, depuis 2012, le guitariste soliste du groupe, et sans doute le plus grand instrumentiste de son histoire. Membre fondateur de Toto, il a joué en studio sur des centaines de disques, dont Thriller de Michael Jackson. Avec Ringo, il est devenu bien plus qu’un musicien engagé : un ami intime et un collaborateur régulier. Il a notamment coécrit avec Joseph Williams Let’s Change the World, enregistré par Ringo en 2021.

Colin Hay, le chanteur de Men at Work, a fait trois passages dans le groupe : 2003, 2008, puis sans interruption depuis 2018. Écossais émigré en Australie, établi à Los Angeles, il chante Down Under, Who Can It Be Now? et Overkill, et partage avec Ringo un humour britannique à froid. En 2022, Ringo a participé à l’une de ses chansons, Now and the Evermore.

Les claviers

Billy Preston est le lien le plus direct entre le All-Starr Band et les Beatles. L’organiste de Get Back, de Let It Be et du concert sur le toit d’Apple, membre des formations de 1989 et de 1995, il apporte au groupe le gospel de That’s the Way God Planned It et le funk de Nothing from Nothing. Il meurt en 2006, à cinquante-neuf ans.

Dr. John, de son vrai nom Mac Rebennack, apporte en 1989 la magie de La Nouvelle-Orléans : le piano boogie, les colliers vaudous, Such a Night et Right Place, Wrong Time. Il meurt en 2019.

Gary Brooker, la voix de Procol Harum, fait trois saisons de 1997 à 1999. Entendre A Whiter Shade of Pale avec Ringo à la batterie et Jack Bruce à la basse reste l’un des grands souvenirs des fans. Il meurt en 2022.

Edgar Winter est l’un des membres les plus fidèles : 2006, 2008, 2010-2011, puis 2022-2023. Multi-instrumentiste, il joue des claviers, du saxophone et des percussions, et son instrumental Frankenstein, joué au synthétiseur porté en bandoulière, est l’un des moments les plus spectaculaires des concerts.

Gary Wright, l’auteur de Dream Weaver, est un vieux compagnon de route : il jouait des claviers sur All Things Must Pass de George Harrison en 1970. Il est membre des formations de 2008 à 2011. Il meurt en 2023.

Gregg Rolie, chanteur et organiste fondateur de Santana puis de Journey, tient les claviers de 2012 à 2019. C’est lui qui fait entrer dans le spectacle la fièvre latine de Black Magic Woman, d’Evil Ways et d’Oye Como Va.

Buck Johnson, claviériste et choriste, membre de longue date de la formation de scène d’Aerosmith, est le dernier arrivé, en 2024. Il n’apporte pas de tubes personnels, mais une polyvalence précieuse au service des autres.

Les bassistes

Rick Danko, bassiste et chanteur de The Band, apporte en 1989 sa voix fragile et bouleversante sur The Shape I’m In. Il meurt en 1999.

John Entwistle, le bassiste des Who, apporte en 1995 son jeu de basse virtuose et son humour noir avec Boris the Spider. Il meurt en 2002, à la veille d’une tournée américaine des Who, avec Zak Starkey à la batterie.

Jack Bruce, la voix et la basse de Cream, fait quatre saisons de 1997 à 2000. Avec lui, Ringo joue Sunshine of Your Love et White Room. Il meurt en 2014.

Greg Lake, de King Crimson puis d’Emerson, Lake & Palmer, ne fait qu’une saison, en 2001, avec Lucky Man. Il meurt en 2016.

Richard Page, la voix de Mr. Mister, tient la basse de 2010 à 2017 et chante Kyrie et Broken Wings. Il est l’un des coauteurs d’Island in the Sun.

Hamish Stuart, chanteur et bassiste de l’Average White Band, ancien membre du groupe de Paul McCartney de 1989 à 1993, est membre de 2006 à 2008 puis depuis 2019. Il chante Pick Up the Pieces, Cut the Cake et Work to Do. Voici Work to Do, enregistré au Greek Theatre en 2019 :

Les batteurs

Levon Helm, le batteur et chanteur de The Band, est l’un des héros de Ringo. En 1989, il chante The Weight et Up on Cripple Creek en jouant de la batterie, exactement comme Ringo le fait. Il meurt en 2012.

Jim Keltner, le batteur de studio de Lennon, Harrison, Dylan et de Ringo lui-même, est un ami de cinquante ans. Membre de la formation de 1989, il revient régulièrement en invité, jusqu’au Greek Theatre du 14 juin 2026.

Zak Starkey, le fils aîné de Ringo, tient la batterie en 1992 et 1995. Il deviendra le batteur des Who en 1996.

Simon Kirke, batteur de Free et de Bad Company, membre de 1997 à 2000, apporte le rock britannique des années 1970 et le répertoire de Free et de Bad Company.

Sheila E., première femme du All-Starr Band, percussionniste de génie révélée aux côtés de Prince, membre en 2001, 2003 et 2006, apporte une couleur funk et latine inédite.

Gregg Bissonette, membre sans interruption depuis 2008, est le plus fidèle des All-Starrs. Il joue aussi de la trompette sur certains morceaux et participe aux chœurs.

Les souffleurs

Clarence Clemons, le “Big Man” du E Street Band, apporte en 1989 son saxophone ténor et sa présence de géant. Il meurt en 2011.

Mark Rivera, le saxophoniste de Billy Joel, est le pilier de l’ombre des années 1995-2014. Multi-instrumentiste, il est aussi longtemps le directeur musical du groupe, chargé de faire répéter chaque nouvelle formation.

Timmy Cappello, le saxophoniste musclé du film Génération perdue, fait partie des formations de 1992 et 1999.

Warren Ham, membre depuis 2014, joue du saxophone, de la flûte, de l’harmonica et des claviers, et chante. C’est l’un des coauteurs d’Island in the Sun.

Anatomie d’un concert du All-Starr Band

Une architecture fixée dès 1989

Ce qui frappe, quand on compare la liste des chansons de Dallas en 1989 à celle du Greek Theatre en 2026, c’est que l’architecture du spectacle n’a presque pas bougé. Elle se décompose ainsi :

  • Ringo ouvre lui-même, debout, micro en main, sur un rock’n’roll rapide : It Don’t Come Easy dans les premières années, Matchbox depuis 2019.
  • Il enchaîne une ou deux de ses chansons, puis présente ses musiciens.
  • Chaque All-Starr prend le devant de la scène pour un ou deux titres, ses succès et non ses raretés. Pendant ce temps, Ringo retourne à la batterie et accompagne.
  • Ringo revient régulièrement au micro, pour ponctuer la soirée de ses propres chansons et de celles des Beatles.
  • Le concert se clôt sur With a Little Help from My Friends, enchaînée avec Give Peace a Chance, la chanson de John Lennon.

Le dosage est le véritable secret du format : une dizaine de chansons pour Ringo, deux ou trois par invité, et un tube toutes les quatre minutes. Aucun spectateur ne reste plus d’un quart d’heure sans entendre une chanson qu’il connaît, et la voix de Ringo n’est jamais exposée au-delà de ce qu’elle peut donner.

Le répertoire de Ringo sur scène

Ringo puise dans trois réservoirs. Les chansons des Beatles qu’il chantait lui-même : Boys, I Wanna Be Your Man, Act Naturally, Yellow Submarine, What Goes On, Don’t Pass Me By, Octopus’s Garden et With a Little Help from My Friends. Les reprises de rock’n’roll qu’il chantait au Cavern et à Hambourg : Matchbox et Honey Don’t de Carl Perkins. Ses propres succès solo : It Don’t Come Easy, Photograph, You’re Sixteen, No No Song, I’m the Greatest, Back Off Boogaloo, et plus récemment Anthem ou Choose Love. Les chansons qu’il chantait avec les Beatles sont racontées dans Ringo Starr chanteur des Beatles : les onze chansons où il a pris le micro.

Voici Don’t Pass Me By, la première chanson écrite par Ringo seul à paraître sur un disque des Beatles, en 1968 sur l’Album blanc, telle qu’il la joue avec le All-Starr Band au Greek Theatre en 2019 :

Le problème du batteur qui chante

Il y a, au cœur du projet, une difficulté technique qui explique la présence constante d’un second batteur depuis 1989. Ringo est un batteur ; sa légitimité tient à cela. Mais un batteur assis derrière ses fûts, au fond du plateau, n’est pas une tête d’affiche : il est loin du public, et sa voix porte mal. À l’inverse, un Ringo uniquement chanteur serait privé de ce qui fait sa singularité.

La solution est l’alternance, et elle exige un double. Quelqu’un doit tenir la batterie pendant que Ringo est devant, et le passage de l’un à l’autre doit être invisible. D’où la lignée des seconds batteurs : Jim Keltner et Levon Helm en 1989, Zak Starkey en 1992 et 1995, Simon Kirke de 1997 à 2000, Sheila E. en 2001, 2003 et 2006, et Gregg Bissonette depuis 2008. D’où aussi les moments où les deux batteurs jouent ensemble, à l’unisson, qui sont parmi les plus appréciés du public. Bissonette l’a expliqué : “Nous jouons souvent les mêmes parties.”

Cette contrainte a eu une conséquence inattendue. Elle a obligé Ringo, à près de cinquante ans, à devenir un homme de scène : gestuelle, plaisanteries avec la salle, signe de la paix, sauts sur place. Le batteur des tournées Beatles, qui ne s’entendait pas jouer et calait son tempo sur les mouvements de ses camarades, a appris à tenir une salle debout et seul devant un micro.

La bonne humeur comme règle

Les musiciens qui ont joué avec lui le répètent tous : l’ambiance est la clé de la longévité du groupe. Jeff Chonis, le technicien batterie de Ringo, l’a résumé à Rolling Stone en 2019 : “Il ne tolère pas le drame. Il donne le ton, et ce ton, c’est d’être respectueux.” Ringo, dans le même article : “On est ensemble depuis longtemps. J’ai vraiment l’impression que c’est une famille. Tout le monde sur scène aime ce qu’il fait. Ça aide.” Et encore : “Nous nous soutenons tous les uns les autres.”

Le final

Chaque concert se termine de la même façon. Ringo revient au centre de la scène, entonne With a Little Help from My Friends, la chanson que Lennon et McCartney ont écrite pour lui en 1967 pour l’album Sgt. Pepper, et le public la chante avec lui. Les soirs de fête, les invités montent sur scène : Paul McCartney à Radio City en 2010, Pete Townshend à Las Vegas en 2006, Joe Walsh, Jim Keltner, Nils Lofgren ou Edgar Winter au Greek Theatre. Puis, sans transition, le groupe enchaîne sur Give Peace a Chance, la chanson de John Lennon, et Ringo quitte la scène en lançant au public ses deux mots fétiches : “Peace and love.”

Le choix de cette chanson n’a rien d’un hasard. With a Little Help from My Friends pose, dès son premier couplet, la question de ce que le public penserait s’il chantait faux. Trente-sept ans de All-Starr Band sont, à bien y regarder, une réponse développée à cette question : Ringo ne chante jamais seul. Il chante avec ses amis.

Le All-Starr Band face à la critique

Les reproches

La critique rock n’a pas toujours été tendre avec le All-Starr Band, et ses reproches se rangent en trois catégories. Le premier est celui de la nostalgie : le groupe ne joue que du passé et ne crée rien. C’est le plus difficile à réfuter, puisque le projet le revendique. Le deuxième est celui du juke-box : un enchaînement de tubes sans cohérence, où l’on passe de Yellow Submarine à Africa puis à Down Under. Le troisième, rarement formulé à voix haute, est celui du prestige emprunté : la présence d’un Beatle suffirait à remplir les salles, quelle que soit la qualité du spectacle.

La défense

Trois arguments tiennent, et méritent d’être posés avec la même netteté. Le premier est musical : les All-Starrs ne sont pas des figurants. Jack Bruce, John Entwistle, Steve Lukather, Sheila E., Jim Keltner, Levon Helm ou Nils Lofgren sont, chacun dans son domaine, des instrumentistes de tout premier rang, et le niveau d’exécution est objectivement élevé. Le deuxième est structurel : le format a résolu un vrai problème de l’industrie, celui des artistes dont les chansons sont aimées mais dont le nom ne remplit plus les salles. Le troisième est celui de la durée : trente-sept ans de tournées, sans autre interruption longue que celle de la pandémie. Une formule qui ne fonctionnerait pas ne tiendrait pas ce rythme. Le public vote, et il vote depuis 1989.

Une seule chanson en trente-sept ans

Il reste une objection sérieuse, d’ordre artistique. En trente-sept ans et des centaines de concerts, le groupe n’a produit qu’une seule composition originale, Island in the Sun. On peut regretter qu’un batteur de ce calibre, entouré pendant des décennies de musiciens de ce niveau, n’ait presque jamais utilisé cette configuration pour écrire. Les rencontres qui auraient pu produire quelque chose, Ringo et Levon Helm, Ringo et Jack Bruce, Ringo et Dr. John, n’ont produit que des reprises. Le All-Starr Band est une réussite d’un genre précis : celle d’une formule de spectacle vivant, et non celle d’un projet de création.

Ce que le All-Starr Band dit de Ringo Starr

Un musicien d’accompagnement de génie

La clé du personnage est là, et elle est cohérente sur soixante-quatre ans. Ringo Starr n’a jamais été un auteur prolifique ni un grand chanteur. Il a été, dès 1962, le meilleur accompagnateur possible pour trois auteurs exceptionnels : un batteur qui ne jouait jamais trop, toujours la chose juste au bon moment, et que Paul McCartney a souvent décrit comme le ciment du groupe. Le All-Starr Band est la traduction scénique de cette disposition. Là où McCartney a passé plus de cinquante ans à diriger des groupes qui jouent sa musique, Ringo a monté un groupe qui porte son nom et joue la musique des autres. Ce n’est pas une position inférieure : c’est une position différente, et elle s’est révélée remarquablement durable.

Une machine à conjurer la solitude

Il y a une lecture plus intime. Ringo a raconté à Rolling Stone, en 2019, la peur qui était la sienne en 1989, et le fait qu’il ne savait plus jouer sobre. Un homme qui sort de cette épreuve et qui monte, aussitôt, un dispositif dont le principe est de ne jamais être seul sur une scène, ne fait pas seulement un choix commercial. Sa phrase de 2025, “Je veux seulement être dans un groupe. Je ne veux pas être seul”, dit tout. Fils unique, élevé par sa mère et ses grands-parents, passé par des années d’hôpital, Ringo a toujours cherché la chaleur d’une bande. Il l’a trouvée chez Rory Storm and the Hurricanes, puis chez les Beatles, puis, après des années de dérive, dans le All-Starr Band.

Le lien avec les autres Beatles

Le All-Starr Band a aussi été, au fil des années, un lieu de retrouvailles avec la famille des Beatles. Billy Preston, le pianiste de Get Back, en a été membre deux fois. Hamish Stuart, Jim Keltner et Gary Wright avaient joué avec Paul McCartney, John Lennon ou George Harrison. Paul McCartney est monté sur scène à Radio City en 2010 pour les soixante-dix ans de son ami. Et chaque soir, Ringo conclut avec Give Peace a Chance, la chanson de John Lennon, comme pour faire entrer l’absent dans la salle. Le rapport de Ringo à ses anciens camarades est le sujet de son livre Postcards from the Boys, recueil des cartes postales que lui ont envoyées John, Paul et George.

Le confort, assumé

Ringo ne cache pas que, à son âge, il ne tourne plus que dans des conditions confortables : salles de taille moyenne, déplacements soignés, calendrier raisonnable. Ses détracteurs y voient un aveu, ses défenseurs une honnêteté. C’est surtout la réponse à une question que personne ne pose : pourquoi un homme de quatre-vingt-six ans continue-t-il de donner une vingtaine de concerts par an ? Parce que c’est joyeux, parce que c’est sa famille, et parce que, comme le dit Steve Lukather, il n’a pas besoin de le faire : il aime simplement être dans le groupe.

Un registre du rock : les All-Starrs disparus

Il y a une dimension du All-Starr Band dont on parle peu et qui devient, avec le temps, la plus émouvante : le groupe est devenu, malgré lui, un registre de la génération du rock classique. Sur les huit musiciens qui accompagnaient Ringo à Dallas le 23 juillet 1989, cinq sont morts. Seuls Joe Walsh, Nils Lofgren et Jim Keltner sont encore en vie en 2026. Le tableau ci-dessous recense les membres et invités réguliers disparus.

Musicien Groupe d’origine Années All-Starr Mort
Harry Nilsson (invité) Carrière solo 1992 1994
Rick Danko The Band 1989 1999
John Entwistle The Who 1995 2002
Billy Preston Carrière solo, Beatles (Get Back) 1989, 1995 2006
Clarence Clemons E Street Band 1989 2011
Levon Helm The Band 1989 2012
Jack Bruce Cream 1997-2000 2014
Greg Lake King Crimson, Emerson, Lake & Palmer 2001 2016
Dr. John Carrière solo 1989 2019
Gary Brooker Procol Harum 1997-1999 2022
Gary Wright Spooky Tooth, carrière solo 2008-2011 2023
Eric Carmen The Raspberries 2000 2024
Garth Hudson (invité) The Band 1989 2025
Rick Derringer The McCoys 2010-2011 2025

Ce tableau explique, mieux qu’un long développement, pourquoi la formation s’est stabilisée après 2012 autour d’un noyau plus jeune : Lukather, Hay, Stuart, Ham, Bissonette, Johnson. Le vivier de la génération fondatrice s’est épuisé. Il reste Ringo, à l’affiche, qui a survécu à presque tous.

Correctif factuel — Combien y a-t-il eu de formations du All-Starr Band ?

C’est le piège principal de tout article sur le sujet. Les sources ne s’accordent pas sur la numérotation. Le communiqué de février 2012 annonçait le “treizième” All-Starr Band ; l’encyclopédie en ligne la plus consultée compte aujourd’hui seize formations, en regroupant par exemple 2012-2017 en une seule et 2019-2021 en une autre. D’autres relevés aboutissent à dix-sept. La raison est simple : il n’existe aucune règle pour dire si le changement d’un seul musicien, ou la reprise d’une tournée l’année suivante avec le même personnel, fonde une nouvelle édition. La seule méthode fiable consiste à raisonner par années et par personnels, comme dans le tableau des formations ci-dessous.

Correctif factuel — Les All-Starrs sont-ils “membres du groupe de Ringo” ?

On lit souvent que tel musicien est “membre du groupe de Ringo Starr”. La formule est trompeuse : les All-Starrs sont engagés tournée par tournée, et la plupart mènent en parallèle leur propre carrière, Steve Lukather avec Toto, Colin Hay en solo, Gregg Bissonette en studio. L’appartenance au groupe est un statut renouvelable, et personne n’a jamais signé pour la durée. Cela n’empêche pas une vraie fidélité : Gregg Bissonette est là depuis 2008, Steve Lukather depuis 2012, Warren Ham depuis 2014.

Toutes les formations du All-Starr Band, de 1989 à 2026

Le tableau ci-dessous recense les formations par années et par personnels, hors Ringo Starr, présent dans toutes.

Années Musiciens Fait marquant
1989 Joe Walsh, Nils Lofgren, Dr. John, Billy Preston, Rick Danko, Levon Helm, Clarence Clemons, Jim Keltner Fondation ; 37 concerts ; trois batteurs
1992 Joe Walsh, Nils Lofgren, Todd Rundgren, Dave Edmunds, Burton Cummings, Timothy B. Schmit, Timmy Cappello, Zak Starkey 62 concerts ; Europe ; Montreux ; dernier concert de Harry Nilsson
1995 Randy Bachman, Mark Farner, Billy Preston, Felix Cavaliere, John Entwistle, Mark Rivera, Zak Starkey 50 concerts ; Japon ; album publié en 1997
1997-1998 Peter Frampton, Jack Bruce, Gary Brooker, Simon Kirke, Mark Rivera Formation britannique ; Moscou et Saint-Pétersbourg en 1998
1999 Todd Rundgren, Jack Bruce, Gary Brooker, Simon Kirke, Timmy Cappello 30 concerts aux États-Unis
2000 Eric Carmen, Dave Edmunds, Jack Bruce, Simon Kirke, Mark Rivera Premier passage en Amérique du Sud
2001 Ian Hunter, Roger Hodgson, Howard Jones, Greg Lake, Mark Rivera, Sheila E. Première femme du groupe ; captation King Biscuit
2003 Colin Hay, Paul Carrack, John Waite, Mark Rivera, Sheila E. Formation de chanteurs ; album Tour 2003
2006 Billy Squier, Richard Marx, Rod Argent, Hamish Stuart, Edgar Winter, Sheila E. Arrivée de Hamish Stuart et d’Edgar Winter
2008 Billy Squier, Colin Hay, Hamish Stuart, Gary Wright, Edgar Winter, Gregg Bissonette, Mark Rivera Arrivée de Gregg Bissonette ; premier rendez-vous “peace and love”
2010-2011 Rick Derringer, Wally Palmar, Richard Page, Gary Wright, Edgar Winter, Gregg Bissonette, Mark Rivera 70 concerts dans 22 pays ; McCartney à Radio City
2012-2017 Steve Lukather, Gregg Rolie, Todd Rundgren, Richard Page, Mark Rivera puis Warren Ham, Gregg Bissonette Plus longue stabilité ; Island in the Sun
2018 Steve Lukather, Colin Hay, Gregg Rolie, Graham Gouldman, Warren Ham, Gregg Bissonette Retour de Colin Hay ; Olympia de Paris
2019 Steve Lukather, Colin Hay, Gregg Rolie, Hamish Stuart, Warren Ham, Gregg Bissonette Greek Theatre filmé
2020-2021 — Tournées annulées (pandémie)
2022-2023 Steve Lukather, Colin Hay, Hamish Stuart, Edgar Winter, Warren Ham, Gregg Bissonette Reprise ; dates annulées par le Covid
2024-2026 Steve Lukather, Colin Hay, Hamish Stuart, Warren Ham, Buck Johnson, Gregg Bissonette Buck Johnson remplace Edgar Winter ; Las Vegas 2025 ; Forest Hills 2026

Discographie et vidéographie du All-Starr Band

Les albums live

Titre Parution Enregistrement
Ringo Starr and His All-Starr Band Octobre 1990 Greek Theatre, Los Angeles, 3-4 septembre 1989
Volume 2: Live from Montreux 1993 Montreux Jazz Festival, 13 juillet 1992
Ringo Starr and His Third All-Starr Band, Volume 1 Août 1997 Nippon Budokan, Tokyo, 27 juin 1995
King Biscuit Flower Hour Presents Ringo & His New All-Starr Band 2002 Tournée de 2001
Tour 2003 2004 Tournée de 2003
Ringo Starr & His All Starr Band Live 2006 2008 Tournée de 2006
Live at the Greek Theatre 2008 2010 Greek Theatre, Los Angeles, 2008
Live at the Greek Theater 2019 25 novembre 2022 Greek Theatre, Los Angeles, 2 septembre 2019

Compilations et vidéos

  • The Anthology… So Far (2001), coffret de trois CD : voir sur Amazon.
  • Live on Stage, le concert filmé de 1989 : voir sur Amazon.
  • Ringo Starr and His New All-Starr Band, la tournée de 2001 en DVD : voir sur Amazon.
  • Ringo at the Ryman (2013), le concert de Nashville de 2012.
  • Live at the Greek Theater 2019 (2022), en CD, DVD et Blu-ray : voir sur Amazon.

Correctif factuel — Les albums du All-Starr Band sont-ils des albums de Ringo Starr ?

Certains catalogues intègrent les albums live du All-Starr Band à la discographie solo de Ringo Starr, ce qui produit des décomptes fantaisistes. Il faut distinguer trois catégories : les albums studio de Ringo, sous son seul nom, dont Long Long Road est le vingt-deuxième ; les albums live du All-Starr Band, crédités au groupe ; et les compilations. Island in the Sun, seule création du groupe, figure sur un album studio de Ringo, et non sur un disque du All-Starr Band.

Les albums studio de Ringo qui prolongent l’esprit du groupe

Depuis les années 2010, les musiciens du All-Starr Band sont de plus en plus présents sur les disques studio de Ringo. Ringo 2012 contient Anthem, devenue un classique des concerts. Postcards from Paradise (2015) contient Island in the Sun. Les EP des années 2020 accueillent Steve Lukather, qui y signe plusieurs chansons. Et les albums country de 2025 et 2026, Look Up et Long Long Road, prolongent le principe d’un Ringo entouré d’amis, cette fois venus de Nashville.

Chronologie du All-Starr Band

Date Événement
1983 Old Wave, produit par Joe Walsh, ne trouve pas de distributeur au Royaume-Uni ni aux États-Unis.
Octobre 1988 Ringo Starr et Barbara Bach entrent en cure de désintoxication en Arizona.
1988-1989 Après une lettre de David Fishof, rencontre en Angleterre et projet de tournée.
23 juillet 1989 Premier concert, Park Central Amphitheatre, Dallas.
3-4 septembre 1989 Concerts filmés et enregistrés au Greek Theatre de Los Angeles.
30 octobre – 8 novembre 1989 Sept concerts au Japon.
Octobre 1990 Premier album live officiel de Ringo.
6 et 8 juillet 1992 Concerts à l’Empire de Liverpool et au Zénith de Paris.
13 juillet 1992 Concert enregistré au festival de jazz de Montreux.
4 septembre 1992 Harry Nilsson chante Without You à Las Vegas : sa dernière apparition en concert.
14 juin 1995 Début de la tournée de la troisième formation à Morioka, au Japon.
1996 Zak Starkey devient le batteur des Who.
28 avril 1997 Début de la tournée de la formation britannique à Seattle.
25-26 août 1998 Concerts à Moscou et à Saint-Pétersbourg, puis à Monte-Carlo du 28 au 30 août.
Juillet 2000 Premier concert attesté en Amérique du Sud, à Buenos Aires.
2001 Sheila E., première femme du groupe ; coffret The Anthology… So Far.
2003 Première participation de Colin Hay.
2006 Arrivée de Hamish Stuart et d’Edgar Winter ; mort de Billy Preston.
2008 Arrivée de Gregg Bissonette ; premier rendez-vous “peace and love” du 7 juillet.
7 juillet 2010 Soixante-dix ans de Ringo au Radio City Music Hall ; Paul McCartney chante Birthday.
Juin-juillet 2011 Tournée européenne, dont le Palais des Sports de Paris et Lyon.
Février 2012 Annonce de la formation avec Steve Lukather et Gregg Rolie.
Février-mars 2013 Tournée en Nouvelle-Zélande, en Australie et au Japon.
31 mars 2015 Island in the Sun, seule chanson originale du groupe, paraît sur Postcards from Paradise.
18 avril 2015 Ringo intronisé au Rock and Roll Hall of Fame par Paul McCartney.
20 mars 2018 Ringo fait chevalier.
6 juin 2018 Concert à l’Olympia de Paris.
2 septembre 2019 Concert filmé au Greek Theatre de Los Angeles.
2020-2021 Tournées annulées pour cause de pandémie.
27 mai 2022 Reprise au Casino Rama, dans l’Ontario.
13 octobre 2022 Ringo testé positif au Covid ; fin de la tournée.
25 novembre 2022 Parution de Live at the Greek Theater 2019.
2024 Buck Johnson remplace Edgar Winter ; concerts à Mexico.
Septembre 2025 Six soirées au Venetian de Las Vegas.
24 avril 2026 Parution de Long Long Road.
28 mai – 14 juin 2026 Tournée de printemps, conclue au Greek Theatre avec Jim Keltner, Mike Campbell et David Paich.
30 septembre 2026 Boston institue un “Ringo Starr Day”.
1er octobre 2026 Concert au Forest Hills Stadium, où les Beatles avaient joué en août 1964.
7 octobre 2026 Fin de la tournée d’automne au Palace Theatre d’Albany.

Ils ont parlé du All-Starr Band : citations

Les citations ci-dessous sont traduites par la rédaction ; l’original anglais et la source sont indiqués.

Ringo Starr, sur ses débuts (2019)

“J’avais peur au début.”

— Ringo Starr, Rolling Stone, 2019, cité par Ultimate Classic Rock. Original : “I was afraid at the beginning.”

“Je ne pouvais pas jouer sobre, mais je ne pouvais pas non plus jouer ivre.”

— Ringo Starr, Rolling Stone, 2019. Original : “I couldn’t play sober, but I also couldn’t play as a drunk.”

Ringo Starr, en 1989

“Je savais que je voulais une bande de grands musiciens.”

— Ringo Starr, à la radio WKSG, 1989. Original : “I knew I wanted a bunch of great musicians.”

David Fishof, producteur de la tournée (2018)

“J’ai écrit une lettre, et quelques mois plus tard j’ai reçu un appel pour aller en Angleterre rencontrer Ringo. […] Ringo a dit qu’il voulait Joe Walsh et Levon Helm.”

— David Fishof, The Jerusalem Post, 2018. Original : “I wrote a letter, and a few months later I got a call to go over to England and meet with Ringo. […] Ringo said that he wanted Joe Walsh and Levon Helm.”

Billy Preston (1989)

“J’ai dit oui tout de suite.”

— Billy Preston, Los Angeles Times, 1989. Original : “I said yes right away.”

Ringo Starr, sur l’esprit du groupe (2019)

“On est ensemble depuis longtemps. J’ai vraiment l’impression que c’est une famille. […] Tout le monde sur scène aime ce qu’il fait. Ça aide.”

— Ringo Starr, Rolling Stone, 2019. Original : “We’ve been together a long time. I do feel it’s like a family. […] Everybody on stage loves what they’re doing. That helps.”

Jeff Chonis, technicien batterie de Ringo (2019)

“Il ne tolère pas le drame. Il donne le ton, et ce ton, c’est d’être respectueux.”

— Jeff Chonis, Rolling Stone, 2019. Original : “He doesn’t allow drama. He sets the tone, and it’s be respectful.”

Gregg Bissonette, batteur du groupe depuis 2008

“Quiconque vient à un concert du All Starr Band entend sept groupes différents en une soirée.”

— Gregg Bissonette, Rolling Stone. Original : “Anyone that comes to an All Starr Band show is hearing seven different bands in one night.”

Colin Hay (2024)

“La nouveauté ne s’use jamais, d’entendre Ringo jouer Overkill ou Down Under ou Who Can It Be Now?”

— Colin Hay, Newcastle Herald, 14 juin 2024. Original : “The novelty never wears off of having Ringo play Overkill or Down Under or Who Can It Be Now?”

Ringo Starr, sur le fait de jouer en groupe (2025)

“Je veux seulement être dans un groupe. Je ne veux pas être seul. […] Il n’y a aucun moyen d’aller là-bas et de faire Yesterday rien qu’à la batterie.”

— Ringo Starr, The Times, janvier 2025, cité par ABC Audio. Original : “I only want to be in a band. I don’t want to be out on my own. […] There’s no way you can go out there and do ‘Yesterday’ just on drums.”

Steve Lukather (2025)

“Il est vraiment le grand frère que je n’ai jamais eu. C’est une belle âme. […] Il n’a pas besoin de faire tout ça : il adore simplement être dans le groupe.”

— Steve Lukather, St. Pete Catalyst, 19 juin 2025. Original : “He’s very much the big brother I never had. He’s a beautiful soul. […] He doesn’t have to do any of this – he just loves to be in the band.”

Ringo Starr, sur Island in the Sun (2015)

“Nous sommes rentrés à Los Angeles après la tournée et chacun a enregistré ses parties dans mon petit studio, dans ma maison d’amis.”

— Ringo Starr, Billboard, avril 2015. Original : “We came back to LA after the tour and everybody put their parts down at my little studio in my guesthouse.”

Questions fréquentes sur le All-Starr Band

Qu’est-ce que le All-Starr Band de Ringo Starr ?

C’est le groupe de scène fondé par Ringo Starr en 1989. Il réunit autour de lui des musiciens qui ont tous eu leurs propres succès. Pendant le concert, chacun chante ses tubes, accompagné par les autres, tandis que Ringo alterne entre le chant et la batterie.

Pourquoi “All-Starr” avec deux R ?

C’est un jeu de mots sur le nom de scène de Ringo Starr. Chaque musicien est une “all-star”, une vedette, et le groupe est celui de Starr. Le principe officiel est que tout le monde sur scène est une star à part entière.

Qui a eu l’idée du All-Starr Band ?

Le producteur de tournées américain David Fishof, spécialiste des tournées collectives. Il a écrit à Ringo, l’a rencontré en Angleterre et lui a proposé le projet. Ringo a choisi les premiers noms, à commencer par Joe Walsh et Levon Helm.

Quand a eu lieu le premier concert ?

Le 23 juillet 1989, au Park Central Amphitheatre de Dallas, au Texas. La première tournée a compté trente-sept concerts, dont trente en Amérique du Nord et sept au Japon.

Qui faisait partie de la première formation ?

Joe Walsh, Nils Lofgren, Dr. John, Billy Preston, Rick Danko, Levon Helm, Clarence Clemons et Jim Keltner, autour de Ringo Starr.

Qui fait partie du All-Starr Band en 2026 ?

Steve Lukather (Toto), Colin Hay (Men at Work), Hamish Stuart (Average White Band), Warren Ham, Buck Johnson et Gregg Bissonette, autour de Ringo Starr.

Combien y a-t-il eu de formations ?

Seize selon le décompte le plus courant, dix-sept selon d’autres. Il n’existe pas de règle officielle pour définir une nouvelle édition : le plus sûr est de raisonner par années et par personnels.

Quel est le membre le plus fidèle après Ringo ?

Le batteur Gregg Bissonette, membre sans interruption depuis 2008. Viennent ensuite Steve Lukather, depuis 2012, et Warren Ham, depuis 2014.

Pourquoi y a-t-il deux batteurs sur scène ?

Parce que Ringo quitte régulièrement sa batterie pour chanter au centre de la scène. Un second batteur doit alors tenir le rythme. Le poste a été occupé par Jim Keltner et Levon Helm, Zak Starkey, Simon Kirke, Sheila E. et, depuis 2008, Gregg Bissonette.

Le fils de Ringo a-t-il joué dans le groupe ?

Oui. Zak Starkey a tenu la batterie dans les formations de 1992 et 1995, avant de devenir le batteur des Who en 1996. Son frère Jason est monté sur scène en invité à plusieurs reprises, notamment pour le final des soixante-dix ans de Ringo en 2010.

Paul McCartney a-t-il joué avec le All-Starr Band ?

Oui, en invité, le 7 juillet 2010 au Radio City Music Hall de New York, pour les soixante-dix ans de Ringo. Il a pris la basse et chanté Birthday, puis participé au final.

Le All-Starr Band a-t-il joué en France ?

Oui, à plusieurs reprises : au Zénith de Paris le 8 juillet 1992, au Palais des Sports de Paris le 26 juin 2011, à Lyon le 2 juillet 2011 et à l’Olympia de Paris le 6 juin 2018. Il a aussi joué à Monte-Carlo du 28 au 30 août 1998.

Le All-Starr Band a-t-il écrit des chansons ?

Une seule : Island in the Sun, écrite par Ringo avec Todd Rundgren, Richard Page, Steve Lukather, Gregg Rolie, Warren Ham et Gregg Bissonette, et publiée en 2015 sur l’album Postcards from Paradise.

Combien d’albums le groupe a-t-il publiés ?

Huit albums live, de 1990 à 2022, auxquels s’ajoutent le coffret The Anthology… So Far (2001) et plusieurs films de concert, dont Ringo at the Ryman (2013).

Quel est le meilleur disque pour découvrir le groupe ?

Pour la formation légendaire, le concert filmé de 1989. Pour une vue d’ensemble des années 1990, le coffret The Anthology… So Far. Pour la formation actuelle, Live at the Greek Theater 2019, disponible en CD, DVD et Blu-ray.

Quelles chansons des Beatles Ringo chante-t-il avec le All-Starr Band ?

Principalement celles qu’il chantait déjà avec les Beatles : Boys, I Wanna Be Your Man, Act Naturally, Yellow Submarine, What Goes On, Don’t Pass Me By, Octopus’s Garden, Matchbox, Honey Don’t et With a Little Help from My Friends.

Par quelle chanson se termine chaque concert ?

Par With a Little Help from My Friends, enchaînée avec Give Peace a Chance de John Lennon. Ringo quitte la scène sur ses deux mots fétiches, “peace and love”.

Ringo a-t-il été le premier Beatle à jouer en Russie ?

Oui. Le All-Starr Band a joué à Moscou le 25 août 1998 et à Saint-Pétersbourg le 26 août 1998. Paul McCartney n’y a joué qu’en 2003.

Harry Nilsson a-t-il fait partie du groupe ?

Non, il est apparu en invité le 4 septembre 1992 à Las Vegas pour chanter Without You. Ce fut sa dernière apparition en concert ; il est mort en janvier 1994.

Le All-Starr Band a-t-il sauvé Ringo de l’alcool ?

Pas exactement. Ringo et Barbara Bach sont entrés en cure en octobre 1988, avant la naissance du projet. La tournée a été rendue possible par la sobriété, et l’a consolidée.

Quels membres du groupe sont morts ?

Parmi les membres : Rick Danko (1999), John Entwistle (2002), Billy Preston (2006), Clarence Clemons (2011), Levon Helm (2012), Jack Bruce (2014), Greg Lake (2016), Dr. John (2019), Gary Brooker (2022), Gary Wright (2023), Eric Carmen (2024) et Rick Derringer (2025). Parmi les invités, Harry Nilsson (1994) et Garth Hudson (2025).

Où le All-Starr Band a-t-il joué en 2026 ?

Douze concerts au printemps dans l’Ouest américain, du 28 mai au 14 juin, conclus au Greek Theatre de Los Angeles, puis dix concerts à l’automne sur la côte Est, du 24 septembre au 7 octobre, conclus au Palace Theatre d’Albany.

Ringo a-t-il annoncé la fin du All-Starr Band ?

Non. Aucune tournée d’adieu n’a été annoncée à ce jour. Ringo plaisante régulièrement sur sa retraite, mais continue de programmer deux séries de concerts par an.

Le All-Starr Band est-il un supergroupe ?

Pas au sens strict. Un supergroupe réunit des musiciens célèbres pour créer une œuvre commune. Le All-Starr Band est une formation de tournée à personnel changeant, qui interprète les succès de chacun.

Combien de temps dure un concert ?

Environ deux heures, pour une vingtaine à une trentaine de chansons selon les époques : vingt-neuf titres à Dallas en 1989, vingt-deux au Greek Theatre en 2026.

Glossaire

  • All-Starr : nom donné à chaque musicien d’une formation du groupe ; jeu de mots sur le nom de scène de Ringo Starr.
  • Édition ou formation : personnel d’une tournée ou d’un cycle de tournées. La numérotation varie selon les sources.
  • David Fishof : producteur de tournées américain, instigateur du projet en 1989.
  • Greek Theatre : amphithéâtre de plein air de Los Angeles, salle fétiche du groupe, où ont été filmés les concerts de 1989, 2008 et 2019.
  • King Biscuit Flower Hour : émission de radio américaine consacrée aux concerts, qui a enregistré la tournée de 2001.
  • Package tour : tournée réunissant plusieurs artistes sur une même affiche ; le All-Starr Band en est une variante où tous jouent ensemble.
  • Peace and love : devise de Ringo, célébrée chaque 7 juillet à midi depuis 2008.
  • Ryman Auditorium : salle historique de Nashville, ancienne maison du Grand Ole Opry, où a été filmé Ringo at the Ryman.
  • Second batteur : poste permanent du groupe, chargé de tenir la batterie quand Ringo chante devant.
  • Talk-box : effet qui permet de faire “parler” une guitare, rendu célèbre par Peter Frampton.

Pour aller plus loin

Sur Yellow-Sub.net

À écouter, à regarder et à lire

Sources

  • The Beatles Bible, fiches de concerts du All-Starr Band : Dallas (23 juillet 1989), Las Vegas (4 septembre 1992), Tokyo (26 juin 1995), Moscou et Saint-Pétersbourg (août 1998), Greek Theatre (14 juin 2026), et fiche de la chanson Island in the Sun.
  • Victor Baissait, archives des tournées du All-Starr Band (1992, 1997, 1999, 2000, 2001, 2003, 2006, 2008, 2010-2011).
  • Wikipédia (anglais), articles Ringo Starr & His All-Starr Band, tournée de 2022 et Ringo Starr and His Third All-Starr Band Volume 1.
  • Ultimate Classic Rock, “35 Years Ago: Ringo Starr Reemerges With First All-Starr Band” (citations de Ringo, de David Fishof, de Billy Preston) et “How Ringo Starr’s All-Starr Band Saved Him From Alcoholism”, 2019 ; annonces des tournées 2025 et 2026.
  • Rolling Stone, reportage sur les trente ans du All-Starr Band, 2019, et entretien avec Gregg Bissonette.
  • The Times, entretien avec Ringo Starr, janvier 2025, cité par ABC Audio.
  • Newcastle Herald, entretien avec Colin Hay, 14 juin 2024.
  • St. Pete Catalyst, entretien avec Steve Lukather, 19 juin 2025.
  • Billboard, entretien avec Ringo Starr, avril 2015.
  • Consequence, annonce de la tournée d’automne 2026, 6 juillet 2026.
  • Best Classic Bands, annonce de Long Long Road et de la tournée de printemps 2026 ; annonce de Live at the Greek Theater 2019, 2022.
  • Site officiel de Ringo Starr, communiqués de 2022 et 2026.