Ringo Starr et His All-Starr Band — étude discographique Extended Versions (2003)

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Ringo Starr et le All-Starr Band : tournée 2018

En 2018, le All-Starr Band accueille Graham Gouldman, figure de 10cc, dont les chansons apportent une nouvelle couleur au programme. Les musiciens de cette formation croisent leurs succès avec ceux de Ringo Starr, dans un spectacle qui va des classiques des années 1960 aux grands refrains des décennies suivantes.

Cette tournée est aussi une étape géographique importante, avec des concerts européens, israéliens et américains. Les archives réunies ici permettent de distinguer les programmes du début de l’été et ceux de septembre, ainsi que les variantes de titres signalées par les comptes rendus et les documents des salles.

Transition historique : 2017 : les vingt et un concerts et la dernière tournée de la précédente formation.

Étude historique · 2018

Ringo Starr et le All-Starr Band en 2018 : 44 concerts, de Paris à Los Angeles

Les sept musiciens, les 44 concerts joués, les dates annoncées et les programmes qui distinguent les étapes européennes des représentations américaines. Lire le dossier historique →

2018 – Du 1er juin au 11 juillet, puis du 1er au 29 septembre – Europe et États-Unis.

Informations générales

La treizième formation du All-Starr Band marque un renouvellement important dans l’histoire du groupe. L’annonce officielle du 29 novembre 2017 présente le retour de Colin Hay et l’arrivée de Graham Gouldman aux côtés de Steve Lukather, Gregg Rolie, Warren Ham, Gregg Bissonette et Ringo Starr. La tournée de 2018 permet ainsi de croiser les répertoires des Beatles et de Ringo en solo avec ceux de Men at Work, 10cc, Santana et Toto. Elle comprend 44 concerts documentés, des deux soirées de préparation au Borgata jusqu’au Greek Theatre de Los Angeles.

Un équilibre musical renouvelé

La présence de Graham Gouldman donne une place structurante aux chansons de 10cc. Dreadlock Holiday, I’m Not in Love et The Things We Do for Love apparaissent à différents moments du spectacle : elles distribuent les interventions du bassiste dans le programme plutôt que de constituer un bloc autonome. Colin Hay représente Men at Work avec Down Under et Who Can It Be Now?, auxquels s’ajoute Overkill dans plusieurs relevés. Steve Lukather et Gregg Rolie prolongent deux autres traditions musicales, respectivement celles de Toto et de Santana. Le spectacle repose sur cette alternance de voix et de répertoires.

Les documents de concert montrent un cadre stable, mais aussi des ajustements. À Grolloo, Prague et Vienne, Anthem figure entre You’re Sixteen et Who Can It Be Now?. Elle n’est pas indiquée dans les listes de Flensburg, Horsens, Berlin, Zwickau ou de la Rockhal. Les relevés de Barcelone, Madrid et Lucca comprennent Overkill et placent The Things We Do for Love puis Who Can It Be Now? après I Wanna Be Your Man. Marostica présente un autre enchaînement : la chanson de 10cc précède celle de Men at Work avant Oye cómo va. Ces différences portent sur les documents attribués à chaque soirée ; elles ne doivent pas être effacées au profit d’un programme unique de tournée.

Septembre : un programme américain élargi

La reprise américaine de septembre fait une place à What Goes On immédiatement après It Don’t Come Easy. Le bloc central associe Anthem, Overkill et Africa dans les relevés consultés, de Catoosa à San Jose. Cette partie du parcours offre donc une représentation plus développée des répertoires de Men at Work et de Toto que plusieurs listes européennes. Les fiches permettent de suivre ces variantes sans confondre l’annonce promotionnelle des chansons possibles avec un programme effectivement relevé pour une date précise.

La comparaison réclame également une convention de comptage. Black Magic Woman / Gypsy Queen est conservée comme un medley lorsque la source la présente ainsi. Le refrain de Give Peace a Chance est distingué de With a Little Help From My Friends lorsqu’il est explicitement signalé. Le relevé de Wallingford, le 15 septembre, donne vingt-quatre titres sans préciser ce refrain : la fiche restitue cette limite documentaire, qui ne démontre pas à elle seule une différence d’exécution. Une introduction de Stairway to Heaven, mentionnée dans plusieurs relevés allemands, finlandais et espagnols, demeure une citation musicale, sans devenir une chanson complète supplémentaire dans l’index.

Les concerts et leurs traces

Les reportages apportent des informations que les seules listes de titres ne fournissent pas. À Horsens, GAFFA identifie Jesper Binzer en première partie et publie les photographies de Henrik Hildebrandt au lendemain du concert. Les Beatlesiani d’Italia Associati relatent leurs déplacements vers les étapes italiennes et les démarches de Rolando Giambelli auprès de l’entourage de Ringo. Ces témoignages complètent les programmes ; leurs appréciations et leurs estimations de fréquentation restent attribuées à leurs auteurs.

Enfin, l’itinéraire doit distinguer les annonces des spectacles effectivement donnés. La fiche du 10 juin à Hambourg conserve la trace du report, tandis que celle du 11 documente le concert joué. Bilbao et South Bend sont rattachées aux salles de remplacement. L’anniversaire Peace & Love du 7 juillet à Nice demeure une manifestation distincte des 44 concerts de tournée. Les fiches ci-dessous relient ces informations aux documents qui permettent de les établir.

Membres

  • Ringo Starr: batterie, tambourin, chant
  • Steve Lukather: guitare, basse, chant
  • Colin Hay (Men At Work): guitare, batterie, harmonica, chant
  • Graham Gouldman (10CC, The Mindbenders, Hotlegs, Wax, GG/06) : basse, guitare, chant
  • Gregg Rolie (Santana, Journey, The Storm et Abraxas Pool): claviers, chant
  • Gregg Bissonette: batterie, chant
  • Warren Ham (The Ham Brothers Band, Bloodrock, AD): saxophone, claviers, flûte, percussions, chant
Direction musicale : crédit conservé du dossier

Mark Rivera: directeur musical

Le communiqué officiel de 2018 annonce sept musiciens sur scène. Le crédit de direction musicale de Mark Rivera est conservé séparément ; il ne constitue pas une attestation de sa présence à chaque concert.

Invités

Le crédit de Klaus Voormann est rattaché au 11 juin, date jouée après le report du 10 juin indiqué dans le dossier initial. À Nice, l’hommage du 7 juillet réunit les All-Starrs et Joe Walsh ; Matt Sorum est annoncé comme membre honoraire du jour. Au Greek Theatre, le final accueille notamment Jim Keltner à la batterie, avec Joe Walsh et Edgar Winter.

Itinéraire de la tournée

Europe, Israël et deux concerts de préparation aux États-Unis : l’étape ouverte par les deux soirées du Borgata compte 23 concerts joués. Elle est suivie de 21 concerts aux États-Unis en septembre, soit 44 concerts documentés. La formation conserve Graham Gouldman jusqu’au dernier spectacle.

Juin et juillet : Borgata, Europe et Israël

Septembre : États-Unis

Archives : report et manifestation distincte

Répertoire, voix et repères instrumentaux

Parcourir l’index général des chansons du All-Starr Band : origines, auteurs et interprètes.

Les notices qui suivent distinguent la première publication de chaque œuvre, sa version historique et son interprète en 2018. Une chanson reprise par Ringo ou par un membre de l’orchestre ne devient pas, pour autant, une composition de cet artiste. Les programmes de juin-juillet et de septembre sont comparés sans supposer un répertoire identique à toutes les dates.

Repères propres aux programmes documentés

Les crédits transmis ci-dessous forment un répertoire de période ; ils ne décrivent pas un programme identique pour toutes les dates. What Goes On, présent au Borgata et dans les relevés américains de septembre, complète ce répertoire. Au Greek Theatre, Robert Kinsler relève Colin Hay à l’harmonica sur Don’t Pass Me By et Steve Lukather à la guitare à douze cordes sur Photograph.

Matchbox

Ringo Starr au chant. Cette reprise ouvre les programmes documentés de la tournée.

D’origine blues et rockabilly, Matchbox figure au catalogue de Carl Perkins dès 1957 et entre dans l’histoire des Beatles avec le chant de Ringo en 1964. En 2018, l’ouverture du All-Starr Band par cette reprise n’est donc pas une nostalgie arbitraire : elle restitue une chanson que le batteur s’était appropriée dans sa jeunesse. Le contraste avec les morceaux de Toto ou de 10cc, interprétés quelques minutes après, résume l’amplitude historique du projet.

It Don’t Come Easy

Ringo Starr au chant. La chanson suit Matchbox dans les relevés réunis.

Publié en 1971, It Don’t Come Easy est l’un des principaux fondements de la carrière solo de Starr. Son enregistrement est étroitement lié au travail de George Harrison, même si le crédit d’auteur revient à Richard Starkey. Placé au début du spectacle, ce single fait la transition entre l’héritage rockabilly partagé avec les Beatles et le retour au répertoire personnel d’un musicien devenu leader sur scène, tout en rappelant les liens créatifs maintenus entre les anciens membres du groupe après 1970.

What Goes On

Ringo Starr au chant. Le titre apparaît dans les relevés du Borgata et dans ceux de la partie américaine de septembre.

Publié sur Rubber Soul en 1965, What Goes On occupe une place particulière dans l’œuvre des Beatles par son crédit Lennon–McCartney–Starkey. Il vaut donc plus qu’un souvenir vocal de la période 1963–1966 : il permet à Ringo de chanter une œuvre à l’écriture de laquelle il est officiellement associé. Son apparition dans les programmes américains de septembre 2018 confirme que les listes de concerts européennes, parfois plus courtes, ne représentent pas automatiquement l’intégralité du répertoire de l’année.

Dreadlock Holiday

Graham Gouldman au chant, pour le répertoire de 10cc.

Paru sur Bloody Tourists en 1978, Dreadlock Holiday est l’un des grands succès internationaux de 10cc et une composition d’Eric Stewart et Graham Gouldman. La voix de Gouldman en 2018 permet au All-Starr Band d’ouvrir un chapitre pop-reggae absent de la formation de 2017. Cette présence est historiquement importante : les musiciens de l’orchestre ne servent pas seulement d’accompagnateurs de Ringo, ils apportent des œuvres liées à leur carrière créatrice.

Evil Ways

Gregg Rolie au chant, pour le répertoire joué avec Santana.

Écrite par Sonny Henry et enregistrée par Willie Bobo, Evil Ways est devenue mondialement connue grâce à Santana en 1969. Gregg Rolie en était le chanteur et organiste : son interprétation en 2018 constitue ainsi une continuité directe avec un enregistrement fondateur. Le morceau introduit une rythmique latino-rock qui ne repose pas sur la batterie seule ; l’orgue, les percussions et les échanges avec la guitare sont des éléments essentiels de son identité.

Rosanna

Steve Lukather au chant et à la guitare. Au Greek Theatre, Robert Kinsler relève également le saxophone de Warren Ham et le Hammond B-3 de Gregg Rolie.

Composée par David Paich, Rosanna paraît sur Toto IV en 1982. Steve Lukather défend ce répertoire au chant et à la guitare ; au Greek Theatre, le compte rendu de Robert Kinsler relève également Warren Ham au saxophone et Gregg Rolie à l’orgue Hammond. L’interprétation constitue un excellent exemple des arrangements collectifs propres au All-Starr Band : une chanson identifiée à Toto est ici reconstruite par des musiciens dont certains appartiennent à d’autres histoires du rock.

Down Under [Colin Hay]

Colin Hay au chant, pour le répertoire de Men at Work.

Enregistrée par Men at Work pour Business as Usual, album paru en Australie en 1981, Down Under porte la signature de Colin Hay et Ron Strykert. Sur scène en 2018, Hay interprète lui-même le titre qui a contribué à la notoriété internationale de son groupe. Son intégration rend sensible la rupture avec 2017 : l’arrivée de Hay ajoute un répertoire australien des années 1980 sans effacer les fondations rock des années 1960.

Boys

Ringo Starr au chant. Robert Kinsler décrit l’accompagnement de Colin Hay à la guitare au Greek Theatre.

Boys est d’abord une chanson des Shirelles, enregistrée en 1960, avant d’être interprétée par Ringo sur Please Please Me en 1963. Le All-Starr Band met ici en avant un morceau qui appartient à sa mémoire personnelle de chanteur des Beatles, mais qui demeure une reprise du répertoire américain. Robert Kinsler signale Colin Hay à la guitare lors du concert du Greek Theatre : c’est un crédit propre à ce concert, à ne pas appliquer automatiquement aux autres soirées.

Don’t Pass Me By

Ringo Starr au chant. Au Greek Theatre, Colin Hay joue de l’harmonica, selon Robert Kinsler.

Don’t Pass Me By est publiée sur l’Album blanc en 1968 ; elle constitue la première composition de Ringo publiée par les Beatles sous son seul nom. Sa couleur country tranche avec le rock de Santana ou la pop de Toto. Le concert du Greek Theatre donne un détail précieux : selon Robert Kinsler, Colin Hay y joue de l’harmonica. Cette indication montre l’intérêt d’une documentation instrumentale détaillée, même lorsqu’une liste de titres est déjà disponible.

Yellow Submarine

Ringo Starr au chant. Certaines soirées comportent une citation introductive de Stairway to Heaven : les fiches concernées la distinguent d’une chanson intégrale.

Publié sur Revolver en 1966, Yellow Submarine associe depuis l’origine la voix de Ringo à une chanson pensée pour être reprise en chœur. Dans le All-Starr Band, elle garde cette fonction collective. Certaines fiches de 2018 relèvent une brève citation introductive de Stairway to Heaven : l’emprunt instrumental doit être signalé dans le commentaire du concert, et non traité comme un morceau supplémentaire exécuté dans son intégralité.

I’m Not In Love

Graham Gouldman au chant, pour le répertoire de 10cc.

Sortie en 1975 sur The Original Soundtrack, I’m Not in Love est signée Eric Stewart et Graham Gouldman. L’enregistrement original de 10cc est remarquable par son utilisation expérimentale de multiples couches vocales. Le chanter au sein du All-Starr Band impose une transposition de cette production de studio dans une formule scénique beaucoup plus directe. Le rôle de Gouldman est d’autant plus important qu’il apparaît comme coauteur de l’œuvre et non comme simple invité chargé d’un tube ancien.

Black Magic Woman/Gypsy Queen [Gregg Rolie]

Gregg Rolie au chant. Le medley est conservé comme une seule séquence dans les relevés qui l’associent ainsi.

Ce medley rapproche deux histoires distinctes. Black Magic Woman est une composition de Peter Green enregistrée par Fleetwood Mac en 1968 ; Gypsy Queen provient du guitariste Gábor Szabó. Santana a associé ces pièces sur l’album Abraxas en 1970. Gregg Rolie, chanteur et organiste de Santana à cette époque, représente donc la version devenue célèbre, sans qu’il faille créditer l’intégralité du medley à Carlos Santana. L’ensemble reste une seule séquence lorsque le relevé le présente ainsi.

You’re Sixteen (You’re Beautiful And You’re Mine)

Ringo Starr au chant.

You’re Sixteen avait d’abord été enregistrée par Johnny Burnette en 1960 sur une composition des frères Sherman. Ringo en a fait un succès personnel avec l’album Ringo en 1973. L’attribution des trois époques est essentielle : œuvre antérieure aux Beatles, reprise par un ancien Beatle, puis reprise encore sur scène par le All-Starr Band. L’interprétation de 2018 appartient aux succès solo de Ringo, même si celui-ci n’en est pas l’auteur.

Anthem

Ringo Starr au chant. La présence du titre varie dans les relevés européens et demeure explicitement documentée dans les programmes américains de septembre.

Composée par Richard Starkey et Glen Ballard, Anthem ouvre l’album Ringo 2012. Elle incarne la permanence du discours optimiste de Ringo, mais sa présence varie suivant les programmes répertoriés de 2018. Les dates américaines de septembre la documentent, tandis que plusieurs fiches européennes présentent une sélection différente. Un répertoire encyclopédique ne doit pas laisser croire qu’une chanson a été jouée quarante-quatre fois simplement parce qu’elle appartient à la tournée.

Who Can It Be Now [Colin Hay]

Colin Hay au chant, pour le répertoire de Men at Work.

Who Can It Be Now? est une composition de Colin Hay enregistrée par Men at Work pour Business as Usual en 1981. Son motif de saxophone et sa tension narrative la distinguent de Down Under. La présence de Warren Ham dans le groupe permet d’entendre cette couleur instrumentale dans une nouvelle formation. Le crédit précis de chaque partie doit toutefois être établi à partir des sources propres aux soirées documentées.

Overkill [Colin Hay]

Colin Hay au chant. Les relevés de Barcelone, Madrid et Lucca, ainsi que ceux de septembre, documentent cette chanson.

Overkill paraît sur Cargo en 1983, période où Men at Work poursuit son succès international. Colin Hay en est l’auteur et l’interprète historique. Dans le spectacle de 2018, son atmosphère inquiète contraste avec l’allure festive de Down Under. L’inscription du titre dans les relevés de Barcelone, Madrid, Lucca et de septembre montre également pourquoi une liste-type unique masquerait les différences entre les prestations européennes de la première moitié de l’été.

The Things We Do For Love

Graham Gouldman au chant, pour le répertoire de 10cc. Sa position varie notamment entre Madrid, Lucca et Marostica.

The Things We Do for Love est un succès composé par Eric Stewart et Graham Gouldman pour 10cc, sorti en single à la fin de 1976 et repris sur l’album Deceptive Bends en 1977. Son refrain pop offre une autre facette de Gouldman que les textures de I’m Not in Love ou la couleur reggae de Dreadlock Holiday. Ce trio de chansons dessine ainsi, à lui seul, une mini-histoire de 10cc sur la scène de Ringo.

Africa [Steve Lukather]

Chanson du répertoire de Toto associée à Steve Lukather dans les relevés. Le crédit ne décrit pas à lui seul la répartition de chaque partie vocale.

Écrite par David Paich et Jeff Porcaro, Africa appartient à l’album Toto IV de 1982. Elle est associée à Steve Lukather dans le répertoire de tournée, mais cela ne permet pas de lui attribuer toutes les parties vocales de l’enregistrement original. La chanson exige de faire cohabiter les lignes mélodiques, les harmonies et l’assise rythmique du groupe. Sa présence dans les programmes américains de septembre souligne l’allongement du concert par rapport à certaines soirées européennes.

Oye Como Va

Gregg Rolie au chant, pour le répertoire joué avec Santana.

Oye Como Va est une composition de Tito Puente, enregistrée en 1963, que Santana popularise sur Abraxas en 1970. Gregg Rolie contribue à transporter cet héritage dans le All-Starr Band. Le morceau fait entendre l’importance des rythmiques afro-cubaines dans l’histoire du rock : il ne s’agit pas d’une création de Santana, mais de l’appropriation d’une œuvre dont les racines dépassent largement le rock anglo-saxon.

I Wanna Be Your Man

Ringo Starr au chant. Robert Kinsler souligne la guitare de Colin Hay au Greek Theatre.

Chanson Lennon–McCartney de 1963, I Wanna Be Your Man se trouve à la croisée du premier répertoire des Beatles et de celui des Rolling Stones, qui l’ont également publiée en single. Ringo chantait la version des Beatles sur With the Beatles. En 2018, le morceau rétablit ce rôle historique de chanteur, tout en rappelant qu’un même titre peut appartenir à plusieurs trajectoires artistiques indépendantes. Au Greek Theatre, Colin Hay est également cité à la guitare.

Hold the Line [Steve Lukather]

Steve Lukather, chant et guitare, pour le répertoire de Toto.

Publié sur le premier album de Toto en 1978, Hold the Line est composé par David Paich. Steve Lukather l’interprète à la guitare et au chant dans le All-Starr Band. Avec Rosanna et, selon les dates, Africa, ce titre résume deux générations du son Toto, de la fin des années 1970 au début de la décennie suivante. Sa place en fin de set prépare le retour de Ringo pour les dernières chansons.

Photograph

Ringo Starr au chant. Au Greek Theatre, Steve Lukather accompagne le titre à la guitare acoustique à douze cordes, selon Robert Kinsler.

Photograph, écrite par Ringo Starr et George Harrison, paraît sur l’album Ringo de 1973. Elle fait partie des chansons solo qui résistent le mieux aux changements de personnel de la formation. Le reportage de Robert Kinsler au Greek Theatre relève Steve Lukather à la guitare acoustique à douze cordes : cette précision permet de documenter l’instrumentation de la version scénique sans la confondre avec les sessions originales de 1973.

Act Naturally

Ringo Starr au chant.

Initialement un succès country de Buck Owens en 1963, Act Naturally est écrite par Johnny Russell et Voni Morrison. Les Beatles l’enregistrent en 1965 pour Help!, avec Ringo au chant. Dans la conclusion du All-Starr Band de 2018, le morceau relie le goût de Starr pour la country à l’humour décontracté de ses interventions. Son intégration ne doit pas effacer la paternité des auteurs américains de la composition.

With A Little Help From My Friends

Ringo Starr mène le chant ; les invités du final sont précisés dans les fiches des soirées concernées. Au Greek Theatre, Jim Keltner prend place à la batterie.

Créée pour la voix de Ringo sur Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band en 1967, With a Little Help From My Friends est une composition de Lennon et McCartney. Dans le All-Starr Band, elle devient une conclusion collective qui résume l’idée même du groupe : des vedettes indépendantes réunies autour du batteur des Beatles. Les invités éventuels relèvent des fiches datées ; ainsi, Jim Keltner est documenté à la batterie lors du concert du Greek Theatre.

Give Peace A Chance

Refrain collectif du final lorsqu’il est indiqué par le document daté. Il est compté séparément de With a Little Help From My Friends, sans être présenté comme une exécution intégrale de la chanson de Lennon.

Enregistrée par John Lennon et le Plastic Ono Band en 1969, Give Peace a Chance est liée au militantisme pacifiste de la période des bed-ins. Le All-Starr Band en utilise souvent le refrain lors du final de With a Little Help From My Friends. Lorsque cette coda est comptabilisée séparément, elle correspond à une citation musicale et non à l’interprétation intégrale de la chanson.

Ce que les chansons racontent de la formation 2018

La carte des répertoires se répartit en cinq ensembles qui ne se confondent pas. Ringo continue de faire circuler les standards du rock’n’roll qu’il chantait avec les Beatles, les compositions de Lennon et McCartney liées à sa voix et ses grands succès solo. Gregg Rolie défend une musique Santana issue des rencontres entre rock, blues et rythmes afro-cubains. Steve Lukather présente plusieurs titres de Toto, dans une esthétique plus proche du rock de studio et des arrangements méticuleux de la fin des années 1970 et du début des années 1980. Colin Hay transporte le catalogue australien de Men at Work sur la scène américaine et européenne. Enfin, Graham Gouldman apporte une part essentielle de l’histoire de 10cc, où il figure à la fois comme auteur et comme interprète.

Ces cinq répertoires ne produisent pas nécessairement un concert d’égale durée chaque soir. La confrontation des programmes datés de Berlin le 16 juin, de Madrid le 28 juin et de Radio City Music Hall le 13 septembre 2018 montre un élargissement fréquent de la sélection : les titres What Goes On, Anthem et Africa ne peuvent être déduits de la seule existence d’une tournée. La bonne unité d’analyse demeure la soirée attestée. Le lecteur dispose ainsi d’un index de chansons, non d’une setlist fictive unique répétée partout.

Voix, batterie et instrumentation : les mêmes chansons, d’autres musiciens

Le All-Starr Band offre aussi une histoire des arrangements live. Les crédits originaux ne suffisent pas à identifier les musiciens sur scène : Rosanna a été enregistré par Toto avec Jeff Porcaro à la batterie, alors que Gregg Bissonette assure cette fonction au sein de la formation 2018. I’m Not in Love repose dans sa version classique sur une construction vocale multipiste impossible à attribuer telle quelle aux instruments d’un orchestre de scène. Pick Up the Pieces, absent en 2018 et introduit avec Hamish Stuart en 2019, montre inversement l’importance d’un répertoire essentiellement instrumental. Le dossier distingue systématiquement l’œuvre, l’enregistrement qui l’a popularisée, et son adaptation par le groupe de Ringo Starr.

Fiches des concerts

Les programmes et les documents de la tournée 2018

Pour les notices de chansons, les trois relevés ci-dessous illustrent explicitement les variantes européennes et américaines, tandis que les deux fiches discographiques éclairent l’histoire de 10cc.

  • setlist.fm, Tempodrom, Berlin, 16 juin 2018 : programme européen
  • setlist.fm, WiZink Center, Madrid, 28 juin 2018 : variantes de juillet proches
  • setlist.fm, Radio City Music Hall, 13 septembre 2018 : programme américain
  • AllMusic, I’m Not in Love de 10cc : auteurs, provenance et enregistrement
  • AllMusic, The Things We Do for Love de 10cc : Gouldman, Stewart et Deceptive Bends

Les annonces officielles identifient la formation et le calendrier initial. Les comptes rendus et relevés datés précisent les concerts effectivement joués. Les programmes varient : les listes courtes de certaines soirées européennes ne reçoivent pas automatiquement What Goes On, Overkill, Africa ou Anthem à partir du programme américain. Le medley Black Magic Woman / Gypsy Queen reste groupé lorsqu’il est indiqué ; le refrain de Give Peace a Chance est isolé et compté une seule fois.

Les 44 concerts joués disposent d’un programme documenté dans leur fiche. Les 46 fiches de 2018 comprennent également l’archive du report de Hambourg et la manifestation d’anniversaire de Nice. Chaque relevé renvoie à ses sources ; une liste collaborative reste révisable et ne constitue pas, à elle seule, la preuve d’une captation intégrale ou d’une édition officielle.

  • Ringo Starr, calendrier et formation annoncés le 23 mars 2018
  • Ringo Starr, annonce de la formation de 2018, 29 novembre 2017
  • Best Classic Bands, compte rendu des deux soirées du Borgata, juin 2018
  • Léa Berguig, RockUrLife, programme et compte rendu ; photos de Michela Cuccagna, 14 juin 2018
  • Frank Selle, compte rendu et programme du concert du 11 juin ; article de Heinrich Oehmsen reproduit avec sa référence à Hamburger Abendblatt
  • Bizkaia Arena, communiqué officiel du transfert au palais Euskalduna
  • Urko Ansa, Mondo Sonoro, compte rendu ; photographies d’Unai Endemaño, 3 juillet 2018
  • WSBT 22, annonce du transfert au Century Center, 7 septembre 2018
  • Ringo Starr, compte rendu officiel de l’anniversaire de Nice, 7 juillet 2018
  • Monte-Carlo Société des Bains de Mer, programme officiel du Sporting Summer Festival 2018, page 2
  • Antena 3 / agences, compte rendu au Palau Sant Jordi, 27 juin 2018
  • Greg Brodsky, Best Classic Bands, compte rendu du Radio City Music Hall, 14 septembre 2018
  • Robert Kinsler, compte rendu, programme et photographies du Greek Theatre, 30 septembre 2018
  • Alex Kluft, Music Connection, reportage du Greek Theatre, 11 octobre 2018
  • Beatlesiani d’Italia Associati, témoignage sur les concerts italiens et la soirée de Marostica
  • The Beatles Bible, programme publié pour Prague, 19 juin 2018
  • GAFFA, Ole Rosenstand Svidt ; photographies de Henrik Hildebrandt, reportage publié le 16 juin 2018

Les dates et les fiches de concerts

2018 : concerts joués

Report et anniversaire Peace & Love

La formation de 2018 : Colin Hay revient, Graham Gouldman arrive

Le communiqué du 29 novembre 2017 présente la formation destinée à la tournée européenne de 2018 comme une évolution du groupe qui avait occupé la scène pendant six années. Deux noms modifient l’équilibre musical : Colin Hay, ancien chanteur de Men at Work, retrouve le All-Starr Band ; Graham Gouldman, figure de 10cc et auteur-compositeur britannique, rejoint l’orchestre pour la première fois. Ils côtoient Steve Lukather, Gregg Rolie, Warren Ham et Gregg Bissonette. L’annonce ne se limite donc pas à un changement de bassiste : elle redéfinit plusieurs séquences vocales du spectacle.

Avec Gouldman, le répertoire accueille un autre pan de l’histoire de la pop britannique, notamment I’m Not in Love, The Things We Do for Love et Dreadlock Holiday, chansons associées à 10cc. La coexistence de ces œuvres avec le hard rock américain, Santana, Toto et les chansons interprétées par Ringo illustre la logique du groupe : les musiciens ne deviennent pas de simples accompagnateurs anonymes ; leurs succès contribuent à la structure de chaque soirée.

L’annonce de novembre 2017 prévoit une tournée européenne et israélienne de vingt et une dates, tandis que celle du 23 mars 2018 ajoute vingt rendez-vous nord-américains pour septembre. Ces deux documents établissent les deux volets programmés de l’année, sans suffire à prouver que toutes les représentations ont eu lieu telles qu’annoncées. Les dates effectivement jouées, les reports et les éventuelles modifications de programme sont distingués dans les fiches correspondantes.