Ringo Starr et le All-Starr Band, illustration des études historiques

All-Starr Band › Tournées › 2018

2018 : le passage d’Evil Ways à Rosanna dans une seule formation

Cette étude approfondit le déroulement musical de Le programme de Tel Aviv du 23 juin 2018 dans le cadre de l’encyclopédie de Ringo Starr et son All-Starr Band. Elle sépare la preuve d’une interprétation, le crédit de l’œuvre et les décisions de montage discographique.

Ce que l’archive de concert établit

Evil Ways de Gregg Rolie précède immédiatement Rosanna de Steve Lukather. Ce renseignement provient d’une liste publique attribuée au spectacle concerné. Sa précision est importante parce que la formule du All-Starr Band ne fonctionne pas comme le concert d’un chanteur accompagné par des anonymes : les personnalités se succèdent au premier plan, tandis que leurs partenaires assurent l’accompagnement des œuvres des autres. La relation entre le titre, l’artiste qui le présente et sa position dans le programme constitue donc une information de recherche à part entière.

Un répertoire distribué entre plusieurs carrières

La distribution régulière de la période associe Graham Gouldman, Gregg Rolie, Steve Lukather, Colin Hay et Ringo Starr. Elle croise les souvenirs des Beatles et les succès que plusieurs instrumentistes ont contribué à créer ou à populariser. La place accordée à cette séquence témoigne de la construction d’un programme collectif plutôt que d’une simple compilation de tubes. L’historien doit cependant distinguer le musicien qui chante lors de cette tournée de l’interprète de la toute première version enregistrée, ainsi que du compositeur éventuellement différent.

Œuvre originale, exécution et support

Le premier morceau est composé par Sonny Henry, le second par David Paich : les noms des chanteurs ne sont pas leurs crédits d’auteur. Il faut donc décrire au minimum trois niveaux : l’œuvre musicale sous son crédit réel, les bandes historiques qui l’ont fait connaître, et la performance effectuée dans la formation de Ringo. Les instrumentistes du concert ne remplacent pas rétroactivement ceux des studios où la chanson a été conçue ; à l’inverse, les musiciens de la prise ancienne ne peuvent être affichés comme présents sur la scène actuelle. Cette séparation reste valable lorsqu’un musicien a participé à deux époques.

La limite documentaire des setlists

Une liste de chansons permet d’établir un ordre de morceaux rapporté par son auteur, mais elle ne donne pas nécessairement toutes les introductions parlées, les durées, les reprises improvisées et les transitions instrumentales. Lorsqu’un intitulé représente un medley ou un fragment, il convient de noter à la fois le nombre de séquences scéniques et le nombre d’œuvres qu’elles contiennent. Une absence sur un relevé incomplet n’est pas non plus une preuve d’absence sur scène. L’approche encyclopédique conserve ces degrés de certitude.

Pour les collectionneurs et le maillage des concerts

Les éléments de collection attendus comprennent les billets datés, les affiches imprimées, les programmes de salle, les photographies correctement légendées et les enregistrements officiellement commercialisés lorsqu’ils existent. Une captation amateur, même complète, doit rester identifiée comme telle, sans recevoir une référence de catalogue inventée. Pour un inventaire chronologique sérieux, les éventuelles rééditions et variantes de support sont rattachées à la performance de départ et non confondues avec une nouvelle représentation. Les notices du dossier permettent de retrouver les salles et les années correspondantes.

Evil Ways et Rosanna : deux histoires de l’enregistrement

Evil Ways est une chanson popularisée par Santana dès son premier album en 1969, après une version antérieure de Willie Bobo. Gregg Rolie, chanteur et claviériste de la première formation de Santana, est donc particulièrement légitime pour la reprendre au sein du All-Starr Band. Rosanna appartient à un autre monde : celui de Toto, et de l’album Toto IV publié en 1982. Steve Lukather incarne en 2018 le savoir-faire du groupe californien, dont les arrangements se sont construits au croisement du rock de studio et de la pop.

La succession de ces deux œuvres dans le programme donne à voir des esthétiques très différentes. Evil Ways doit une part de son caractère aux rythmes associés au rock latino et à l’orgue ; Rosanna se distingue par son architecture mélodique et le travail rythmique qui a contribué à sa célébrité. Les reprendre dans un même orchestre suppose une adaptation, sans effacer l’identité propre à chacune des versions d’origine.

Gregg Rolie et Steve Lukather : interprètes, pas propriétaires des catalogues

Le fait que Rolie ait enregistré avec Santana ne signifie pas qu’il a écrit toutes les chansons interprétées par ce groupe. Evil Ways possède une origine antérieure à Santana. De même, la participation de Lukather à Toto ne donne pas à son nom la totalité des crédits de Rosanna, dont David Paich est l’auteur. Les rôles de compositeur, d’interprète original et de soliste chez Ringo doivent donc être distingués dans les fiches des chansons.

Cette précision est particulièrement nécessaire lorsque le public associe spontanément une chanson à une voix ou à un instrument. Rolie représente un groupe historique, Lukather une autre formation, mais ils participent tous deux à un orchestre dirigé par Ringo. Lorsqu’ils accompagnent ensuite Down Under ou Photograph, les identités artistiques des morceaux restent liées à leurs auteurs et enregistrements, non aux musiciens qui les jouent cette année-là.

La place des deux titres dans une ouverture de spectacle

Le programme de 2018 place Dreadlock Holiday au quatrième numéro, Evil Ways au cinquième et Rosanna au sixième, avant Down Under. Cet enchaînement constitue une véritable déclaration musicale : après trois morceaux de Ringo, la scène donne successivement la parole à Gouldman, Rolie, Lukather et Colin Hay. Chaque soliste bénéficie d’un titre emblématique et retourne aussitôt au rôle de partenaire musical des autres.

La transition d’Evil Ways vers Rosanna ne constitue pas un medley ; les chansons demeurent des numéros distincts. Elle est aussi différente du passage ultérieur de Black Magic Woman à Gypsy Queen, présenté sous forme de séquence associée. Le classement des œuvres doit respecter cette différence de construction. On peut raconter une continuité de scène sans fusionner des chansons qui conservent leur identité.

Repères documentaires

Cette étude distingue le crédit de l’œuvre et sa version originale de l’interprétation par les musiciens du All-Starr Band en 2018. Les programmes diffèrent selon les dates : les variantes doivent être vérifiées dans la fiche de chaque concert et ne sont pas présumées identiques pour toutes les étapes.

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