Ringo Starr & His All-Starr Band
Sommaire
Gregg Bissonette
David Lee Roth · Musicien de studio
Biographie
Gregg Bissonette occupe une place exceptionnelle dans l’histoire de Ringo Starr & His All-Starr Band. Entré dans la dixième formation en 2008, il est resté le partenaire régulier de Ringo à la batterie jusqu’aux concerts et aux tournées annoncés pour 2026. Sa longévité contraste avec le renouvellement périodique des chanteurs, guitaristes, bassistes et claviéristes. Elle lui donne une fonction bien plus complexe que celle d’un technicien chargé de maintenir le…
Gregg Bissonette : de 2008 au personnel officiellement confirmé en 2026
Annexe de vérification : documents contemporains, différences de distribution et distinction entre concerts, reports et albums commerciaux.
2008, le début d’une continuité de batteur qui traverse de nombreuses formations
Dans sa biographie officielle, Gregg Bissonette précise qu’il participe aux tournées de Ringo en 2008 et 2010. En 2008, il accompagne Colin Hay, Billy Squier, Hamish Stuart, Edgar Winter et Gary Wright ; en 2010, l’orchestre accueille plutôt Wally Palmar, Rick Derringer et Richard Page. Ce changement révèle le statut singulier du batteur : assurer la continuité rythmique alors que les autres chanteurs et instrumentistes changent. Son rôle ne se limite pas aux passages où Ringo se trouve devant la scène : les deux batteries peuvent dialoguer quand l’ancien Beatle rejoint son instrument, mais il convient de contrôler l’enregistrement avant d’attribuer les roulements individuels. La longévité d’un poste ne prouve pas une instrumentation fixe.
Radio City Music Hall, 7 juillet 2010 : un événement unique dans l’histoire de la batterie
Bissonette rappelle sur son site officiel avoir joué la chanson « Birthday » avec Ringo et Paul McCartney lors du concert célébrant les 70 ans de Ringo au Radio City Music Hall en 2010. Cet événement est exceptionnel et ne doit pas être traité comme une pièce régulière de la tournée. La valeur du témoignage tient à son origine : il s’agit d’un souvenir personnel publié par l’intéressé, qu’on peut confronter aux comptes rendus du spectacle et à ses captations. Il permet aussi de comprendre comment le All-Starr Band conserve son répertoire tout en accueillant une réunion ponctuelle d’anciens Beatles. Les invités ne deviennent pas automatiquement membres réguliers parce qu’ils rejoignent le final.
7 juillet 2012 : le Ryman fournit une captation complète de la nouvelle configuration
Le programme du DVD Ringo at the Ryman
28 mai et 6 juillet 2026 : une présence confirmée deux fois par le site officiel de Ringo
Les communiqués officiels du 28 mai 2026 et du 6 juillet 2026 citent tous deux Gregg Bissonette avec Steve Lukather, Colin Hay, Warren Ham, Hamish Stuart et Buck Johnson. Ils attestent donc la continuité d’une fonction scénique annoncée à dix-huit ans de sa première tournée, mais ne prouvent pas à eux seuls la présence de chaque musicien dans chacun des spectacles. Pour établir une prestation précise, il est nécessaire de croiser l’annonce, le programme et les témoignages ou comptes rendus propres à la soirée. Cette méthode évite de faire d’une longue collaboration professionnelle un contrat permanent supposé.
Sources et pièces de contrôle
Biographie Gregg Bissonette · Ringo at the Ryman · Communiqué officiel 2026
Son rôle dans le All-Starr Band
- Instruments et voix : Batterie, percussions, chœurs.
- Parcours musical : David Lee Roth · Musicien de studio.
- Participation : Membre régulier des formations de concert depuis 2008 ; interruption des tournées pendant la pandémie.
- Formation 2026 : membre confirmé de l’effectif dans les communiqués officiels des tournées de printemps et d’automne.
Tournées avec le All-Starr Band
- 2008 — Dixième formation du All-Starr Band.
- 2010–2011 — Onzième formation du All-Starr Band.
- 2012–2017 — Douzième formation du All-Starr Band.
- 2018 — Treizième formation du All-Starr Band.
- 2019 — Quatorzième formation du All-Starr Band. Les concerts prévus en 2020 et 2021 ont été annulés.
- 2022–2024 — Quinzième formation du All-Starr Band.
- 2025–2026 — Seizième formation du All-Starr Band.
Chansons et répertoire
Dans les programmes documentés, Gregg Bissonette intervient avant tout comme batteur et accompagnateur, parfois également aux chœurs. Aucun numéro régulier où il serait le chanteur principal ne ressort des relevés consultés. Son rôle se mesure notamment à la continuité rythmique qu’il assure lorsque Ringo Starr quitte sa batterie pour chanter.
Biographie détaillée
Gregg Bissonette et Ringo Starr : le métier de second batteur
Gregg Bissonette occupe une place exceptionnelle dans l’histoire de Ringo Starr & His All-Starr Band. Entré dans la dixième formation en 2008, il est resté le partenaire régulier de Ringo à la batterie jusqu’aux concerts et aux tournées annoncés pour 2026. Sa longévité contraste avec le renouvellement périodique des chanteurs, guitaristes, bassistes et claviéristes. Elle lui donne une fonction bien plus complexe que celle d’un technicien chargé de maintenir le tempo : il doit jouer seul lorsque Ringo vient chanter au bord de la scène, dialoguer avec lui lorsqu’ils tiennent simultanément deux batteries et s’adapter au répertoire de chaque nouveau soliste.
Le paradoxe de son recrutement résume l’évolution du projet. En 1989, Jim Keltner et Levon Helm accompagnaient déjà Ringo derrière plusieurs batteries, mais la formule du All-Starr Band était construite autour de vedettes capables d’interpréter leurs propres succès. Bissonette, batteur de session et de tournée prestigieux mais non présenté comme chanteur d’une série de tubes personnels, devient à partir de 2008 un pilier instrumental permanent. Son histoire éclaire ainsi un changement structurel : une équipe de solistes renouvelés peut fonctionner sur une base rythmique qui reste stable.
Origines musicales : Detroit, les orchestres familiaux et l’apprentissage des styles
Gregg Bissonette grandit dans la région de Detroit, au sein d’une famille de musiciens. Son père joue de la batterie dans des orchestres de bals et de réceptions ; sa mère pratique notamment le vibraphone. Gregg et son frère Matt Bissonette, futur bassiste de Ringo et d’Elton John, apprennent très tôt l’importance du travail collectif. Dans un entretien publié en 2021 par Drummer’s Review, Gregg se souvient des engagements professionnels de son père et des styles que celui-ci devait enchaîner au cours d’une même soirée : jazz, musique de danse, répertoire de variété et arrangements demandés par les clients. Cette culture du musicien « capable de tout jouer » prépare indirectement la souplesse exigée par le All-Starr Band.
Son parcours de formation passe notamment par l’étude de la percussion à North Texas State. Le choix de cette discipline, qu’il relate en entretien, lui donne accès à des pratiques allant des instruments de percussion mélodiques à la batterie moderne. Il travaille ensuite avec Maynard Ferguson, puis avec David Lee Roth au moment où l’ancien chanteur de Van Halen lance sa carrière solo. L’album Eat ‘Em and Smile (1986) contribue à faire connaître sa puissance de jeu dans le rock. Ce passé ne dit pourtant pas grand-chose, à lui seul, de sa manière d’accompagner Ringo : la virtuosité nécessaire chez Roth et la retenue demandée dans une chanson des Beatles ne répondent pas aux mêmes objectifs. Sources : Drummer’s Review, entretien du 9 novembre 2021 ; biographie officielle de Gregg Bissonette.
13 août 1966 : un enfant de sept ans découvre Ringo sur scène
Bissonette donne une date et un lieu précis au souvenir fondateur de son admiration pour Ringo : le 13 août 1966, lorsqu’il assiste avec son père à un concert des Beatles à l’Olympia Stadium de Detroit. Dans le long entretien qu’Andy Greene publie en juillet 2020 dans Rolling Stone, il raconte avoir observé le jeu de batterie de Ringo pendant toute la représentation. La scène possède une force narrative réelle, mais elle doit être qualifiée correctement : il s’agit du souvenir autobiographique du musicien, rapporté plus d’un demi-siècle après l’événement, et non d’une mesure objective de la qualité sonore de ce concert.
Le détail est utile pour comprendre sa conception du métier. Bissonette décrit Ringo moins comme un démonstrateur de prouesses que comme le musicien chargé de maintenir l’ensemble. Des années plus tard, lorsque les deux hommes jouent côte à côte, il cherche précisément à préserver cette sensation d’assise rythmique. On peut ainsi relier son admiration d’enfance à ses choix d’accompagnateur, à condition de ne pas imaginer une filiation pédagogique directe entre 1966 et 2008. Source : Andy Greene, Rolling Stone Australia, 29 juillet 2020.
2003 : la rencontre professionnelle passe par Bruce Sugar et Mark Hudson
La première collaboration de Gregg Bissonette avec Ringo ne date pas de 2008. Selon son témoignage recueilli par Rolling Stone, Bruce Sugar, ami et ingénieur du son, le recommande en 2003 pour une séance que Mark Hudson produit pour Steven Tyler. Hudson vient alors de travailler sur Ringo Rama. Pendant le réglage du son de batterie, Bissonette joue plusieurs motifs célèbres associés à Ringo : Come Together, Ticket to Ride, Tomorrow Never Knows, ainsi que des extraits de sa discographie solo. Hudson remarque son admiration et suggère son nom pour les engagements de promotion de l’album de Ringo.
Gregg rejoint ainsi les Roundheads, formation utilisée par Ringo pour ses apparitions promotionnelles, en compagnie notamment de son frère Matt à la basse. Les activités documentées comprennent des concerts et des émissions télévisées de 2003, autour du répertoire de Ringo Rama. Il faut séparer rigoureusement cette période du All-Starr Band proprement dit : travailler avec Ringo et ses Roundheads en 2003 ne fait pas de Bissonette un membre de la huitième formation All-Starr, composée cette année-là d’autres instrumentistes. Sa biographie officielle distingue clairement les Roundheads et les tournées All-Starr de 2008 et 2010. Sources : biographie officielle ; Rolling Stone, 2020.
Pourquoi Ringo ne l’engage pas immédiatement dans le All-Starr Band
Bissonette rapporte qu’au milieu des années 2000, Ringo lui avait fait part de son souhait de jouer avec lui dans le All-Starr Band, tout en soulignant une difficulté : à l’époque, les invités étaient habituellement des artistes possédant eux-mêmes des chansons à succès à présenter au public. Le batteur de session ne correspondait pas à ce modèle. Le témoignage de 2020 situe cette conversation vers 2005 ou 2006, sans en donner une date exacte. Il ne faut donc pas transformer cette indication approximative en réunion de recrutement officiellement datée.
L’appel décisif arrive en 2008, transmis par le manager de Ringo, Bruce Grakal. Bissonette raconte avoir appris que Starr souhaitait désormais faire appel à lui comme batteur du groupe, indépendamment de la question des tubes personnels à chanter. L’anecdote est savoureuse, mais son intérêt est surtout historique : elle montre la transformation d’un orchestre de vedettes en une formation où certains postes peuvent être confiés durablement à des spécialistes de l’accompagnement. Le récit doit être lu comme celui de Bissonette, non comme un document contractuel complet. Source : entretien avec Andy Greene, juillet 2020.
2008 : la dixième formation introduit un batteur régulier appelé à rester
La dixième formation All-Starr réunit Ringo Starr, Gregg Bissonette, Colin Hay, Billy Squier, Hamish Stuart, Edgar Winter et Gary Wright. Le site officiel de Ringo Starr confirme cet effectif et situe la tournée à l’été 2008, aux États-Unis et au Canada, jusqu’à son étape du Greek Theatre de Los Angeles. Pour Bissonette, le travail diffère de celui d’un groupe personnel : il doit accompagner des œuvres qui appartiennent aux Beatles, à Men at Work, à l’Average White Band, à Edgar Winter, à Billy Squier et à Gary Wright, sans que la batterie impose partout les mêmes accents.
Son recrutement crée une continuité que les formations précédentes ne connaissaient pas sous cette forme. Dans la première édition, Jim Keltner partageait la batterie avec Ringo et Levon Helm ; d’autres tournées ont bénéficié de batteurs, percussionnistes ou artistes jouant également de la batterie. Mais, depuis 2008, Bissonette devient le partenaire régulier de Starr, tandis que les autres postes connaissent de nouvelles rotations. On peut parler d’un point fixe de l’orchestre, sans conclure que tous les concerts et toutes les années à venir ont forcément eu lieu : une formation annoncée, une tournée jouée et un projet annulé sont trois catégories distinctes.
Quand Ringo chante au premier plan : Bissonette assure seul la batterie
La double batterie n’est pas un effet scénique permanent. Ringo ouvre certaines séquences debout, au microphone, devant ses musiciens, et ne joue alors pas sur son propre kit. Bissonette devient le batteur qui assure le soutien rythmique de l’ensemble. Dans son entretien de 2020, il cite notamment Matchbox, It Don’t Come Easy, Photograph, Yellow Submarine et I Am the Greatest parmi les chansons pendant lesquelles Ringo peut se trouver à l’avant-scène. Le répertoire exact et l’emplacement du chanteur doivent cependant être revérifiés pour les captations propres à chaque tournée.
Cette responsabilité peut sembler plus simple que le jeu à deux, puisqu’un seul batteur reste alors en action, mais elle exige une lecture attentive des besoins des chanteurs. Les finales, les interventions humoristiques de Ringo, les respirations avant une reprise ou les introductions parlées peuvent modifier les automatismes d’un morceau de studio. L’enjeu n’est pas de copier une batterie des Beatles mesure par mesure : il s’agit de soutenir un spectacle vivant où le chanteur reste aussi le chef musical et symbolique du groupe. Source : Rolling Stone, 2020.
Quand Ringo revient derrière son kit : partager les accents plutôt que rivaliser
Lorsque Ringo rejoint sa batterie, les deux musiciens doivent trouver une place commune dans le son. Bissonette fournit à ce sujet une explication exceptionnellement concrète dans son entretien avec Andy Greene. Il dit observer constamment le jeu de Starr : s’il voit Ringo préparer un fill, il peut choisir de rester sur la pulsation au lieu de jouer lui aussi une figure de transition. Les deux batteurs répètent parfois des parties presque identiques ; à d’autres moments, l’un prend le charleston ou le motif principal pendant que l’autre complète la texture.
C’est ici que le mot « accompagnateur » doit être pris au sens fort. Bissonette possède une technique et une réputation qui lui permettraient de multiplier les interventions ; il décide au contraire de ne pas surcharger l’arrangement. En entretien, il décrit également les signes discrets par lesquels les deux musiciens peuvent se répartir une intervention sans arrêter le morceau. Cette description écarte deux caricatures : Ringo ne serait qu’un chanteur faisant semblant de jouer ; Bissonette ne ferait que doubler mécaniquement toutes ses frappes. Leur travail repose sur une écoute réciproque et sur une distribution des rôles qui peut évoluer d’une chanson à l’autre. Source : témoignage direct de Bissonette, 2020.
La manière de Ringo : jouer dans sa pulsation sans effacer sa singularité
Bissonette insiste sur une caractéristique que l’on oublie souvent en parlant de la « technique » de Ringo : Starr est gaucher mais joue sur un kit disposé pour droitier. Le placement des mains, les passages d’un fût à l’autre et sa façon de faire respirer la pulsation lui donnent une identité reconnaissable. Gregg ne prétend pas posséder exactement le même toucher. Son objectif déclaré est de se rapprocher de ce mouvement, de soutenir le groove sans durcir artificiellement la partie de Ringo. Il parle ainsi du fait de se placer dans sa sensation rythmique plutôt que de chercher à lui imposer une cadence différente.
Dans Drummer’s Review en 2021, Bissonette ajoute que l’apprentissage des prises de baguettes et son observation ancienne de Ringo ont nourri son propre développement. Son étude des percussions lui a également permis de passer de la prise traditionnelle à la prise symétrique. L’histoire des deux batteurs est donc à la fois celle d’une admiration personnelle et celle de deux techniques dont les logiques ne se superposent pas complètement. Toute analyse plus détaillée de la caisse claire ou des toms sur un concert particulier réclame une vidéo datée, idéalement accompagnée d’un son non réédité. Source : Drummer’s Review, 9 novembre 2021.
2010–2011 : une autre distribution, une même exigence rythmique
La onzième formation comprend Bissonette, Rick Derringer, Wally Palmar, Richard Page, Edgar Winter et Gary Wright. Le récit officiel de Ringo retrace la tournée de 2010 et son prolongement en 2011 aux États-Unis, au Canada, en Europe et en Amérique latine. Les morceaux associés à Derringer, aux Romantics, à Mr. Mister, à Edgar Winter ou à Gary Wright demandent des accompagnements sensiblement différents des chansons présentées en 2008. Pour Bissonette, la permanence dans l’orchestre ne signifie donc pas la répétition indéfinie d’un même programme.
Un entretien de 2011 avec le journaliste Øyvind Holen souligne combien le batteur apprécie les moments où Ringo est lui-même derrière son instrument, tout autant que ceux où il peut jouer pour lui pendant qu’il chante. Ce témoignage est contemporain de la tournée et fournit un contrepoint utile au bilan rétrospectif de 2020. Il confirme que la deuxième batterie n’est pas conçue comme un remplacement de l’ancien Beatle : elle en accompagne les changements de position dans le spectacle. Source : entretien publié le 10 juin 2011.
7 juillet 2010, Radio City Music Hall : la surprise de Paul McCartney
L’un des souvenirs les plus marquants du musicien concerne les 70 ans de Ringo, célébrés à New York le 7 juillet 2010. Paul McCartney vient jouer Birthday lors de la soirée au Radio City Music Hall. Interrogé par Rolling Stone, Bissonette explique qu’une répétition secrète avait été organisée avec McCartney plus tôt dans la journée, afin de ne pas gâcher la surprise destinée à Ringo. Le récit éclaire l’organisation d’un concert exceptionnel, différente des répétitions ordinaires d’une tournée.
Pour Gregg, ce moment rassemble symboliquement trois histoires : l’enfant qui avait regardé les Beatles depuis les gradins de Detroit, le batteur professionnel qui accompagne Ringo et la réunion ponctuelle d’une section rythmique avec Paul McCartney. Il faut néanmoins éviter d’inscrire McCartney comme membre permanent du All-Starr Band de 2010 : il est invité d’une soirée datée. L’épisode appartient à la rubrique des collaborations exceptionnelles et aux archives de l’anniversaire, sans modifier le tableau des musiciens réguliers de la onzième formation. Source : Rolling Stone, 2020.
2012–2013 : Steve Lukather et Gregg Rolie renouvellent le langage de l’orchestre
En 2012, Ringo assemble une nouvelle formation avec Richard Page, Steve Lukather, Mark Rivera, Gregg Rolie, Todd Rundgren et Gregg Bissonette. Le site officiel de Ringo confirme cette distribution et les étapes internationales de 2012–2013. L’orchestre doit désormais accompagner notamment les œuvres de Toto, de Santana, de Journey et de Todd Rundgren, en plus du répertoire de Starr et de Richard Page. La section rythmique possède une mémoire professionnelle commune : Bissonette peut stabiliser les transitions tandis que de nouveaux musiciens mettent leurs chansons au programme.
Dans un entretien spécialisé de 2021, Bissonette évoque les titres de Santana Black Magic Woman et Evil Ways et signale qu’il peut prendre un solo de batterie pendant que Ringo s’absente brièvement de la scène. Ce témoignage est précieux car il nuance l’image d’un batteur toujours cantonné à un soutien invisible. Il existe aussi des moments où sa virtuosité personnelle fait partie de l’arrangement. On ne peut toutefois étendre automatiquement cet épisode à toutes les éditions du concert ni garantir la même durée de solo chaque soir : l’interview décrit une pratique, pas une transcription intégrale de tous les programmes. Source : Drummer’s Review, 2021.
Le Ryman Auditorium, 7 juillet 2012 : un témoin filmé de la formation
Le concert donné au Ryman Auditorium de Nashville le 7 juillet 2012, anniversaire de Ringo, fait l’objet du DVD Ringo at the Ryman. Ce document appartient à une période importante dans l’histoire de Bissonette, puisqu’il permet de voir la douzième équipe travailler ensemble au cours d’un spectacle destiné à être diffusé. Le film peut servir à étudier sa place derrière le kit, ses interactions avec Ringo et le traitement des titres des autres solistes. Le site officiel de Ringo confirme la captation et l’effectif concerné.
L’analyse doit néanmoins tenir compte de la spécificité du support audiovisuel. Un montage alterne les plans et peut montrer le batteur qui ne joue pas la frappe dominante à l’instant où la caméra le cadre. Les génériques donnent la composition générale de l’orchestre mais ne remplacent pas une liste individualisée des exécutants pour chaque seconde du film. Le DVD documente une prestation datée de 2012 ; sa commercialisation ultérieure ne crée évidemment pas une autre date de concert dans la chronologie du groupe.
2014–2017 : continuité au poste de batterie, même quand les autres instruments changent
La douzième grande période des All-Starrs s’étend jusqu’en 2017, avec des remaniements dans la distribution. Warren Ham succède à Mark Rivera dans les instruments à vent à partir de 2014, tandis que l’équipe conserve notamment Steve Lukather, Richard Page et Gregg Rolie. Bissonette demeure à la batterie. La comparaison est instructive : la continuité de l’orchestre n’est pas une immobilité du personnel. Certains instrumentistes changent, des parties sont redistribuées, tandis que l’ossature rythmique bâtie autour de Bissonette et de Ringo reste reconnaissable.
Pour l’historien, l’erreur serait de parler d’une « formation identique de 2012 à 2017 » sans préciser les évolutions de personnel. À l’inverse, chaque changement de saxophoniste ou de claviériste ne correspond pas à un changement complet de groupe au sens où les musiciens n’auraient jamais joué ensemble auparavant. Les tableaux des tournées de Yellow-sub permettent de distinguer la numérotation conventionnelle des formations et l’effectif réel de chacune de leurs étapes. Consulter la chronologie 2012–2017.
2015, Island in the Sun : de la tournée à la composition collective
Le cas d’Island in the Sun, paru le 31 mars 2015 sur Postcards from Paradise, mérite un examen séparé. Contrairement à la plupart des chansons du programme All-Starr, qui sont des titres antérieurs apportés par leurs interprètes, cette œuvre naît d’une création collective. Les crédits d’écriture associent Ringo Starr, Steve Lukather, Richard Page, Gregg Rolie, Warren Ham, Todd Rundgren et Gregg Bissonette. Ringo raconte que le morceau s’est développé au cours de plusieurs balances, autour d’une idée jouée par Gregg Rolie, avant une séance d’écriture commune dans une chambre d’hôtel de Biloxi. Le processus illustre une possibilité rarement accomplie par l’orchestre : créer une chanson originale avec les membres d’une formation de tournée.
Il faut cependant distinguer coauteur et instrumentiste sur l’enregistrement. Les crédits reproduits par The Beatles Bible indiquent, pour la version publiée, Gregg Bissonette aux percussions, à la trompette, aux steel drums et aux chœurs, tandis que la batterie est attribuée à Ringo. Il serait donc trompeur d’affirmer automatiquement qu’il tient la batterie sur ce titre parce qu’il est le batteur du All-Starr Band. De même, Todd Rundgren figure parmi les auteurs mais pas dans la liste des instrumentistes de la version retenue. L’importance de Bissonette est ici double : il fait partie du collectif créateur et participe au master avec des fonctions qui ne correspondent pas à son instrument habituel sur scène. Source : fiche discographique « Island in the Sun », The Beatles Bible.
2018–2019 : une nouvelle distribution et les trente ans du All-Starr Band
En 2018, le All-Starr Band accueille notamment le retour de Colin Hay et la présence de Graham Gouldman. En 2019, la formation comprend Steve Lukather, Colin Hay, Gregg Rolie, Warren Ham, Hamish Stuart et Gregg Bissonette. L’annonce officielle reproduite par le site des Beatles le 28 janvier 2019 décrit la tournée du trentième anniversaire : les concerts commencent en mars, passent par le Japon, puis reprennent en Amérique du Nord et se terminent au Greek Theatre de Los Angeles au début de septembre. La présence de Bissonette dans cet effectif est donc contemporaine et officiellement documentée.
Les changements entre 2018 et 2019 affectent les catalogues et les voix mis en valeur, mais non le poste de second batteur. Gregg doit donc adapter ses parties à un ensemble qui n’est jamais la copie exacte de celui de l’année précédente. Cette continuité aide à expliquer pourquoi Ringo peut maintenir les chansons qu’il interprète depuis des décennies tout en laissant de la place aux nouveaux solos et aux succès des autres artistes. Le disque ou la vidéo d’un concert de 2019 doit néanmoins rester rattaché à sa date d’enregistrement, même lorsqu’il est publié plusieurs années plus tard. Source : annonce officielle du 28 janvier 2019.
2020–2021 : une interruption de tournée, non une rupture avec Ringo
La pandémie de Covid-19 modifie profondément la chronologie des concerts prévus après la tournée de 2019. Dans son entretien de juillet 2020, Bissonette explique que les spectacles ont dû être reportés et que l’espoir était alors de reprendre en 2021. Il ne faut pas transformer ces projets ou reports en représentations effectivement données. La distinction est importante pour un dossier qui compte les dates, les artistes présents et les titres joués : un concert annoncé puis annulé n’est pas une prestation scénique.
Cette interruption ne prouve pas non plus un départ de Bissonette. Les annonces et photographies des années de reprise le montrent de nouveau dans l’effectif. Son activité parallèle en studio, dont il parle longuement pendant la pandémie, explique comment il poursuit son métier alors que les tournées sont suspendues. Une chronologie rigoureuse distinguera donc les années calendaires de son association professionnelle avec Ringo et les périodes où des concerts du All-Starr Band ont réellement lieu. Source : Rolling Stone, juillet 2020.
2022–2024 : la reprise et la consolidation d’un noyau scénique
Après les années d’interruption, les concerts reprennent avec une formation où Bissonette conserve la batterie aux côtés de Ringo et de Steve Lukather, Colin Hay, Warren Ham, Hamish Stuart et Edgar Winter, selon les étapes. La période couvre des répertoires extrêmement variés : chansons des Beatles et de Ringo, rock de Toto, compositions de Men at Work, succès de l’Average White Band et titres des autres membres. À l’écoute d’une captation, les obligations de Bissonette restent les mêmes qu’en 2008, mais l’environnement sonore a changé.
Le noyau de l’orchestre est désormais plus stable qu’aux premières décennies. Cela ne signifie pas que chaque morceau soit joué avec le même tempo, la même longueur de solo ou le même placement des cymbales. La bonne méthode consiste à comparer des concerts datés et identifiés, puis à décrire les régularités qui apparaissent réellement. L’étude de Yellow-sub sur les deux batteries du All-Starr Band donne un cadre historique plus large à cette analyse de la période récente.
2025–2026 : Gregg Bissonette confirmé par les annonces officielles récentes
Pour la période la plus récente, il n’est pas nécessaire d’extrapoler les affiches : le site officiel de Ringo apporte des preuves directes. Le communiqué du 9 décembre 2024, qui annonce les concerts de juin 2025, mentionne Steve Lukather, Colin Hay, Warren Ham, Hamish Stuart, Gregg Bissonette et Buck Johnson. Les annonces de novembre 2025 puis du 28 mai 2026 reconduisent explicitement cet effectif pour la tournée de printemps 2026. Le communiqué du 6 juillet 2026 le maintient encore pour les dix dates annoncées de septembre et octobre, d’Easton à Albany.
Ce faisceau de sources permet d’écrire qu’au 27 octobre 2026, Bissonette figure bien dans la formation 2026 officiellement annoncée et reconduite. Le communiqué de juillet précise également que la tournée de printemps s’est achevée le 14 juin au Greek Theatre, et fournit un calendrier d’automne du 24 septembre au 7 octobre. Il ne remplace pas pour autant la vérification, date par date, de la tenue effective de tous les concerts annoncés à l’automne. Les récits de tournée et les tableaux de concerts devront être mis en relation avec les comptes rendus et affiches de chaque salle. Sources : RingoStarr.com, 9 décembre 2024 ; 28 mai 2026 ; 6 juillet 2026.
Le répertoire des autres artistes : une compétence d’accompagnement, pas un catalogue personnel
Bissonette n’arrive pas avec deux succès personnels qu’il devrait chanter pendant chaque concert. Il doit au contraire devenir le batteur des morceaux confiés à chaque autre All-Starr. En 2008, cela signifie travailler sur des chansons de Colin Hay, Billy Squier, Hamish Stuart, Edgar Winter et Gary Wright. En 2010, ce sont d’autres signatures musicales qui apparaissent avec Richard Page, Rick Derringer et Wally Palmar. Après 2012, le répertoire de Santana, de Toto ou de Todd Rundgren appelle de nouveaux traitements, parfois proches du rock progressif, parfois plus funk ou plus pop.
La valeur de Bissonette repose sur son aptitude à rendre cet assemblage cohérent sans le réduire à un seul battement de rock standardisé. Dans Rolling Stone, il explique que la polyvalence stylistique est une condition essentielle de son métier et de sa réussite. Dans Drummer’s Review, il insiste sur la nécessité de s’adapter aux demandes concrètes d’une séance ou d’un artiste. Ces réflexions sont directement applicables à l’All-Starr Band : le même batteur doit pouvoir soutenir Photograph et laisser une autre place aux accents lorsqu’il joue une chanson de Santana ou de Toto. Source : Drummer’s Review, 2021.
La batterie partagée à l’écran : ce que montre une captation et ce qu’elle ne prouve pas
L’étude musicale du duo Starr–Bissonette pose un problème de méthode. Deux batteries sont installées sur scène, mais une prise de son de concert ne sépare pas forcément leurs signaux dans le mixage publié. Une vidéo peut privilégier un plan de Ringo au moment où les éléments audibles proviennent surtout de l’autre kit, ou passer d’une caméra à l’autre au milieu d’une mesure. De même, un roulement entendu sur le disque ne doit pas être attribué automatiquement au batteur montré sur la pochette.
La répartition des parties entre Gregg Bissonette et Ringo Starr varie en fonction des chansons et des années. Lorsque Ringo rejoint l’avant-scène pour chanter, Bissonette demeure généralement derrière les fûts ; lorsqu’ils jouent ensemble, l’enregistrement sonore ne suffit pas toujours à attribuer chaque roulement ou chaque accent à l’un des deux. Les captations datées et les vues de scène permettent de mieux comprendre cette complémentarité, également présente, sous d’autres formes, dans les formations ayant accueilli Jim Keltner, Levon Helm, Zak Starkey ou Sheila E.
Le poste de second batteur : une continuité institutionnelle plus importante que l’exploit
Une lecture superficielle pourrait voir en Bissonette un batteur engagé pour rendre les concerts plus spectaculaires. Sa véritable importance est plus profonde. Il fournit à Ringo la possibilité de faire alterner le chant au premier plan et le jeu à la batterie sans rompre la cohérence de l’orchestre. Il accompagne des chanteurs dont les catalogues imposent des styles différents ; il doit également résister à la tentation de remplir chaque espace par une démonstration technique. Lorsque Ringo joue, la réussite se mesure souvent à la qualité du dialogue, pas au nombre de notes frappées.
Cette conception renoue avec une longue tradition du musicien d’accompagnement tout en apportant une solution durable à un problème singulier : le chef de l’orchestre est lui-même un batteur connu mondialement, mais il ne reste pas toute la soirée assis derrière son instrument. Bissonette ne se substitue donc ni au rôle historique de Ringo au sein des Beatles, ni à son autorité sur scène. Il participe à un dispositif qui permet à l’ancien Beatle d’exercer alternativement ses deux métiers, ceux de batteur et de chanteur, dans un spectacle organisé autour des chansons de plusieurs autres artistes.
Chronologie synthétique et précautions de classement
2003 : première collaboration documentée avec Ringo et les Roundheads ; les engagements des années suivantes auprès de Ringo ne valent pas appartenance à une formation All-Starr régulière. 2008 : entrée dans la dixième formation. 2010–2011 : deuxième cycle régulier avec le onzième groupe. 2012–2017 : participation à la douzième période, malgré l’évolution d’autres postes. 2018–2019 : présence dans les formations suivantes et aux concerts du trentième anniversaire. 2020–2021 : interruption et reports liés à la pandémie, non assimilables à des concerts joués. 2022–2026 : reprise et reconduction dans les effectifs officiels, avec notamment les annonces précises de 2025 et 2026.
Cette chronologie décrit des périodes de participation, et non un nombre certifié de représentations. Les fiches des tournées présentent les concerts datés et les documents disponibles pour chaque étape. Les albums live, DVD, éditions commémoratives, apparitions télévisées et soirées d’anniversaire ne se confondent pas systématiquement avec des concerts supplémentaires : une même prestation peut avoir été enregistrée, filmée et publiée plusieurs années après sa tenue. La carrière scénique de Gregg Bissonette se lit ainsi dans la durée de ses engagements auprès de Ringo Starr, sans additionner artificiellement les différentes traces d’un même événement.
Sources principales de cette fiche
- Gregg Bissonette, biographie officielle — formation, carrière, Roundheads de 2003, tournées All-Starr de 2008 et 2010.
- Andy Greene, « Gregg Bissonette on Dream Gigs With Ringo Starr and David Lee Roth », Rolling Stone, 29 juillet 2020 — source directe sur le recrutement, la double batterie, l’anniversaire de 2010 et les concerts reportés.
- « Gregg Bissonette Interview », Drummer’s Review, 9 novembre 2021 — technique, traditions stylistiques, double batterie et place du solo.
- Øyvind Holen, entretien avec Bissonette, 10 juin 2011 — témoignage contemporain sur son rôle auprès de Ringo.
- RingoStarr.com, biographie officielle — effectifs de 2008, 2010–2011, 2012–2013 et captation au Ryman.
- The Beatles Bible, « Island in the Sun » — coauteurs et crédits d’instruments du disque de 2015.
- TheBeatles.com, communiqué du 28 janvier 2019 — distribution et tournée du trentième anniversaire.
- RingoStarr.com, communiqué du 9 décembre 2024 ; 28 mai 2026 ; 6 juillet 2026 — effectifs officiellement annoncés et chronologie des tournées récentes.
- Programmes et formations du dossier All-Starr Band de Yellow-Sub.
- Archives de tournée : Depuis 2008.












