Ringo Starr & His All-Starr Band
Sommaire
Steve Lukather
Toto · Artiste solo · Musicien de studio
Biographie
Steve Lukather, guitariste et chanteur de Toto né à Los Angeles en 1957, rejoint Ringo Starr & His All-Starr Band en 2012. Il présente notamment « Rosanna », « Africa » et « Hold the Line », tout en accompagnant les autres artistes du spectacle. Coauteur et guitariste d’« Island in the Sun » (2015), il est reconduit dans la formation officielle de 2026. Son parcours est marqué par une longue carrière de studio et par sa fidélité à Ringo.
Steve Lukather : l’arrivée de 2012 et le maintien de l’effectif en 2026
Complément critique : distinguer les annonces officielles, les représentations effectivement documentées et les enregistrements de concert.
Février 2012 : un nouveau venu dans une équipe de musiciens expérimentés
Dans l’annonce du 8 février 2012, Steve Lukather et Gregg Rolie figurent parmi les nouvelles recrues, tandis que Todd Rundgren, Richard Page, Mark Rivera et Gregg Bissonette connaissent déjà les spectacles de Ringo. Lukather apporte les succès de Toto et une expérience de guitariste de studio, mais il doit aussi accompagner les autres solistes. La formation n’est donc ni une nouvelle version de Toto ni un orchestre exclusivement consacré aux chansons des Beatles. Ses œuvres sont réarrangées pour une équipe composée de musiciens issus de Santana, Mr. Mister et Utopia. La biographie de Lukather doit rendre compte de cet échange entre répertoires, en identifiant la date réelle des captations.
Le Ryman en 2012 et la publication de 2013 : une soirée précisément datée
La présentation officielle du DVD Ringo at the Ryman
2014 : une continuité de guitare pendant que les vents changent
Le calendrier de 2014 publié par Steve Lukather précise que Warren Ham remplace Mark Rivera aux instruments à vent. Les partenaires de Lukather évoluent tandis que ses propres morceaux demeurent une partie identifiable du programme. La transition peut avoir des conséquences sur les chœurs et le timbre des parties de saxophone, mais on ne peut prétendre sans écoute que Ham reproduit exactement les interventions de Rivera. Il faut comparer deux documents datés, de préférence des captations publiques, pour décrire une modification de l’arrangement. La stabilité d’un guitariste et les changements de partenaires sont deux faits complémentaires, non une contradiction.
2026 : la continuité confirmée sans présumer de chaque représentation
Les annonces du 28 mai 2026 et du 6 juillet 2026 mentionnent toutes deux Steve Lukather, Colin Hay, Warren Ham, Hamish Stuart, Gregg Bissonette et Buck Johnson. La place de Lukather dans l’équipe de cette année est donc confirmée par le site de Ringo. Ces communications restent des sources de programmation : les détails d’un solo, les chansons réellement jouées et la présence effective d’un musicien lors d’une date particulière nécessitent un relevé ou une captation spécifique. Cette distinction est essentielle pour éviter qu’une biographie déjà longue n’accumule des certitudes qu’aucun document de concert ne permet d’établir.
Sources de contrôle
Son rôle dans le All-Starr Band
- Instruments et voix : Guitare, chant.
- Parcours musical : Toto · Artiste solo · Musicien de studio.
- Participation : Membre régulier depuis 2012 ; absence de tournées pendant l’interruption liée à la pandémie.
- Formation 2026 : présence confirmée dans les annonces officielles de printemps et d’automne, ainsi que dans des comptes rendus datés.
Tournées avec le All-Starr Band
- 2012–2017 — Douzième formation du All-Starr Band.
- 2018 — Treizième formation du All-Starr Band.
- 2019 — Quatorzième formation du All-Starr Band. Les concerts prévus en 2020 et 2021 ont été annulés.
- 2022–2024 — Quinzième formation du All-Starr Band.
- 2025–2026 — Seizième formation du All-Starr Band.
Chansons et répertoire
Les programmes recensés attribuent notamment les titres suivants à Steve Lukather. Les chansons et les arrangements peuvent varier d’un concert à l’autre.
- Rosanna
- Africa
- Hold the Line
- Little Wing — reprise parfois mentionnée, à n’attribuer à un concert précis que sur la base de sa set-list ou de sa captation.
Steve Lukather et Ringo Starr : étude historique de leur longue collaboration
Guitariste de Toto, chanteur, compositeur et habitué des studios de Los Angeles, Steve Lukather est devenu l’un des partenaires les plus durables de Ringo Starr & His All-Starr Band. Son recrutement en 2012 ouvre une nouvelle période dans l’histoire du groupe : des chansons fondées sur la guitare rock et la pop sophistiquée des années 1970 et 1980 rejoignent le répertoire des anciens Beatles et des autres invités. Lukather ne se limite pourtant pas à trois tubes de Toto. Il joue aussi, chaque soir, pour les autres chanteurs et participe au fonctionnement d’un orchestre dont la personnalité se construit précisément par ce mélange.
Le premier principe de cette enquête consiste à ne pas confondre les rôles. Lukather est un membre de Toto, pas l’unique auteur ni l’unique chanteur des chansons de Toto. Dans le All-Starr Band, il est à la fois guitariste d’accompagnement, soliste et interprète principal d’une partie du programme. Sa présence presque constante dans les formations annoncées entre 2012 et 2026 doit également être distinguée du nombre réel de concerts : la pandémie a notamment interrompu les tournées en 2020 et 2021. Enfin, ses interventions sur un disque de Ringo relèvent de crédits de studio qu’il faut vérifier titre par titre, plutôt que de les déduire de son appartenance à l’orchestre de scène.
1957–1976 : un musicien né dans l’orbite des Beatles
Né à Los Angeles le 21 octobre 1957, Lukather raconte avoir été profondément marqué par l’apparition télévisée des Beatles aux États-Unis en 1964. Son souvenir personnel met particulièrement en avant George Harrison et le son de sa guitare. Sa biographie officielle indique que son père lui achète une guitare et l’album Meet the Beatles!, nourrissant une vocation qui le conduit ensuite à travailler sa technique, son écoute et ses connaissances harmoniques. Ces détails proviennent de ses témoignages rétrospectifs : ils éclairent sa trajectoire sans constituer une preuve qu’il se destinait déjà à jouer avec Ringo.
Le jeune Lukather se forme au sein du vivier des musiciens de Californie du Sud et côtoie ceux qui deviendront ses partenaires de Toto, notamment David Paich, Jeff Porcaro et Steve Porcaro. Avant de connaître le succès du groupe, plusieurs d’entre eux apprennent à répondre aux exigences des producteurs et des arrangeurs de studio. Cette formation explique pourquoi Lukather sait passer d’un solo expressif à une partie discrète et précisément construite. Dans le All-Starr Band, cette compétence se révèle au moins aussi importante que sa virtuosité. Source : Steve Lukather, biographie officielle ; présentation historique de son parcours.
Toto : l’histoire d’un collectif, pas d’un guitariste isolé
À la fin des années 1970, Toto réunit des musiciens habitués aux grandes productions de Los Angeles. Lukather y tient la guitare, participe à l’écriture de nombreuses œuvres et développe progressivement ses fonctions de chanteur. Les premiers albums, puis Toto IV en 1982, combinent l’efficacité des refrains populaires et des arrangements souvent plus élaborés qu’ils n’en ont l’air. C’est dans ce répertoire que le All-Starr Band puise trois chansons parmi les plus immédiatement reconnaissables du groupe.
La distinction des crédits est indispensable : « Hold the Line » et « Rosanna » sont écrites par David Paich ; « Africa » est cosignée par David Paich et Jeff Porcaro. Lukather joue et représente ces œuvres sur scène, mais il n’en est pas pour autant le compositeur unique. De même, les parties vocales originales impliquent divers chanteurs de Toto. Lorsque Lukather prend le premier plan auprès de Ringo, il doit adapter ces mélodies à sa voix et à celles de ses collègues. Son histoire officielle présente cette période comme la rencontre entre un groupe de compositeurs et une formidable équipe de studio : « Luke’s Story ».
Les studios de Los Angeles : la véritable préparation au All-Starr Band
En parallèle de Toto, Lukather mène une carrière de musicien de studio particulièrement dense. Il participe à des enregistrements de styles très divers et travaille notamment dans l’environnement de Quincy Jones et de Michael Jackson. L’album Thriller constitue l’une des étapes célèbres de ce parcours. Toutefois, la bonne méthode discographique consiste à chercher les crédits de chaque morceau : une participation à l’album ne permet pas de lui attribuer toutes les guitares entendues sur toutes ses chansons. La présence d’autres solistes sur certaines pistes le montre assez clairement.
Lukather participe également à l’entourage musical de Paul McCartney au moment de Give My Regards to Broad Street (1984), et évoque ses relations personnelles et musicales avec George Harrison. Cette proximité avec plusieurs anciens Beatles précède de longtemps son entrée dans l’orchestre de Ringo ; elle ne doit pas être réécrite comme si le All-Starr Band existait déjà. Un entretien de 2025 publié par la station publique américaine WUSF revient à la fois sur ces rencontres et sur sa manière de travailler avec Starr.
Printemps 2012 : le guitariste veut jouer avec le « troisième Beatle »
La rencontre professionnelle au sein du All-Starr Band commence officiellement en 2012. Dans un entretien daté du 5 mai 2012, conservé sur son site officiel, Lukather explique avoir organisé son emploi du temps pour accepter la proposition, alors que son activité avec Toto a souvent dû passer avant d’autres invitations. Il présente l’engagement comme un honneur particulier, parce que les Beatles sont à l’origine de sa vocation de guitariste. Son expression de « troisième Beatle » renvoie à son propre bilan de collaborations avec Paul, George et désormais Ringo : elle ne doit pas être comprise comme une nouvelle catégorie officielle de membre des Beatles.
La composition de la douzième formation, confirmée par la biographie officielle de Ringo Starr, réunit Richard Page (basse et chant), Gregg Rolie (claviers et chant), Todd Rundgren (guitare et chant), Mark Rivera (instruments à vent et direction musicale), Gregg Bissonette (batterie) et Steve Lukather. Pour ce dernier, l’enjeu n’est pas d’intégrer Toto à l’affiche : il s’agit de servir un spectacle dirigé par un batteur et chanteur dont les autres invités apportent chacun un répertoire distinct. Source : entretien de mai 2012 repris par SteveLukather.com.
Une précaution de numérotation : la première annonce relayée par Modern Drummer le 8 février 2012 parle alors du « 13th All Starr Band », tandis que la biographie officielle ultérieure de Ringo désigne cette équipe comme sa douzième formation. Il s’agit d’un désaccord éditorial dans la numérotation, non d’une deuxième équipe constituée en 2012. La numérotation rétrospective officielle retient la douzième formation pour cette équipe, mais l’appellation de « treizième » demeure présente dans le document d’annonce de février 2012. Ce décalage concerne le classement historique des formations, non l’identité des musiciens engagés cette année-là.
Juin–juillet 2012 : la première tournée et son concert du Greek Theatre
La première série de concerts place Lukather au contact d’une musique que sa seule expérience de Toto ne suffit pas à définir. Le programme rapproche les Beatles et Ringo, Mr. Mister, Santana, les compositions de Todd Rundgren et les grands titres de Toto. Dans un article publié sur son site le 21 juillet 2012, à l’occasion de l’étape finale du Greek Theatre de Los Angeles, Lukather décrit une expérience particulièrement heureuse. Le compte rendu mentionne notamment David Paich et Steve Porcaro dans le public, salués lors de « Rosanna » : un hommage ponctuel à ses compagnons, et non leur inscription au personnel permanent du groupe.
La même soirée voit plusieurs invités rejoindre le final, dont Jim Keltner, membre fondateur de la formation de 1989. Ce genre d’apparition oblige à distinguer l’effectif de base, les personnalités présentes pour une chanson et les crédits propres à une captation. La soirée du 21 juillet ne prouve pas que tous ces invités étaient présents lors des autres dates de la tournée. Sources : SteveLukather.com, chronique du 21 juillet 2012 ; The Beatles Bible, étude de la douzième formation.
7 juillet 2012 : Ringo at the Ryman, la source audiovisuelle la plus parlante
Le concert du Ryman Auditorium de Nashville, le 7 juillet 2012, anniversaire de Ringo, fait l’objet du DVD Ringo at the Ryman, diffusé en 2013. Cet enregistrement permet de suivre la distribution des chansons : Todd Rundgren présente notamment « I Saw the Light », Gregg Rolie interprète « Evil Ways » et « Black Magic Woman », Richard Page représente Mr. Mister, tandis que Lukather occupe le premier plan sur « Rosanna », « Africa » et « Hold the Line ». Ringo se retrouve devant le public au chant sur ses morceaux et joue à la batterie sur ceux de ses invités.
Le film contient aussi des apparitions exceptionnelles, notamment Joe Walsh sur « Rocky Mountain Way ». La liste du DVD ne doit pas être prise pour le programme inchangé de tous les concerts 2012. Pour analyser la guitare de Lukather, il faut également distinguer l’intervention visible à l’image du placement audible dans un mixage de concert : l’alternance des plans ne suffit pas à identifier sans ambiguïté le propriétaire de chaque accord ou de chaque trait soliste. Sources : présentation contemporaine du DVD par Modern Drummer ; Modern Drummer, présentation de la captation, 2013.
« Rosanna » : une chanson de Toto dirigée depuis la guitare et la voix
Dans le All-Starr Band, « Rosanna » devient une chanson associée à la séquence vocale de Lukather. Le groove original de Toto est indissociable de Jeff Porcaro, mais Ringo et Gregg Bissonette doivent en proposer une réalisation vivante avec deux batteries. Les parties de claviers et les réponses instrumentales évoluent également suivant l’identité des autres All-Starrs. La captation du Ryman de 2012 et les programmes de 2026 documentent la présence de la chanson à quatorze années de distance, sans autoriser à postuler des arrangements identiques.
Dans le concert du 14 juin 2026 au Greek Theatre, le titre apparaît toujours tôt dans la soirée, attribué à Lukather. Il fournit ainsi un moyen de comparer deux époques du groupe : la première, avec Gregg Rolie, Richard Page et Todd Rundgren ; la seconde, avec Colin Hay, Hamish Stuart, Warren Ham et Buck Johnson. Les différences n’affectent pas seulement la couleur sonore. Elles concernent aussi les partenaires de chant, les relances, l’orchestration des refrains et la gestion de la pulsation. Source complémentaire : set-list du Greek Theatre, 14 juin 2026, à recouper avec les témoignages de salle.
« Africa » : David Paich, Jeff Porcaro et la question des arrangements
« Africa » est une composition de David Paich et Jeff Porcaro, profondément associée au son des claviers, aux percussions et aux harmonies de Toto. La version du All-Starr Band doit donc résoudre un problème pratique : comment faire reconnaître le morceau sans disposer de toutes les voix ni de l’ensemble des pistes multipliées au studio ? Les claviéristes et les autres chanteurs contribuent à cette transformation ; Lukather demeure le point de repère guitaristique et vocal, mais il ne peut pas être crédité de tous les éléments de l’arrangement.
À partir du Ryman 2012, le titre prend place au milieu des répertoires de Santana, Mr. Mister, Ringo et Todd Rundgren. En 2026, il côtoie les chansons de Men at Work et de l’Average White Band. Sa présence constante dans plusieurs set-lists ne signifie pas que chaque groupe le joue dans la tonalité ou avec le dispositif du master de Toto IV. L’approche historique consiste à observer les instruments présents, les personnes chargées du chant et les parties réellement exécutées. Sources : captation du Ryman et communiqué officiel de 2026.
« Hold the Line » : Lukather adapte sa voix plutôt que d’imiter l’original
Le cas de « Hold the Line » est instructif parce que Lukather lui-même explique ce qui change sur scène avec Ringo. Dans un entretien spécialisé publié par Guitar.com, il raconte qu’il a dû abaisser la tonalité pour prendre le chant principal et que Warren Ham l’aide dans les parties vocales les plus aiguës. Cette explication directe est beaucoup plus précieuse qu’une généralité sur sa puissance de guitariste : elle révèle comment une chanson créée dans un groupe devient une œuvre reprise par un autre orchestre tout en conservant son identité.
Le titre, écrit par David Paich, reste fortement caractérisé par le riff de guitare et les interventions de Lukather. Mais il n’est pas légitime d’affirmer que l’ancien guitariste de Toto rejoue chaque solo au détail près. Il dit lui-même modifier ses interventions selon les performances. La configuration à deux batteries de Ringo et Gregg Bissonette ajoute une autre différence structurelle par rapport au disque de 1978. Sources : Guitar.com, entretien consacré à « Hold the Line », 2026 ; communiqué de Ringo sur le répertoire de 2018.
Lukather n’a pas choisi seul ses trois « morceaux de Toto »
Dans un entretien publié en décembre 2012, Lukather précise explicitement que Ringo choisit les chansons du spectacle. Il évoque « Rosanna », « Africa » et « Hold the Line » comme les morceaux de Toto effectivement retenus et décrit sa tournée comme une expérience collective plutôt que comme un passage de son propre groupe sur une autre affiche. La nuance est importante : apporter des chansons n’est pas équivalent à imposer un répertoire à l’ensemble du groupe. L’identité du All-Starr Band reste construite par le chef d’orchestre et par la relation entre les invités.
Son témoignage de 2015 confirme qu’il apprécie de jouer les styles des autres artistes sans chercher à transformer chaque chanson en démonstration de son propre son. Il évoque notamment les morceaux de Santana présentés par Gregg Rolie et l’accompagnement des chansons de Todd Rundgren. Le groupe ne fonctionne ainsi ni comme Toto avec Ringo à la batterie, ni comme les Beatles avec un guitariste remplaçant George Harrison. Sources : Noise11, 16 décembre 2012 ; entretien avec Jeff Clark, 20 août 2015.
La double exigence : être soliste et accompagner les autres
Lukather aborde le All-Starr Band avec une expérience de studio qui l’a habitué à respecter l’espace occupé par une voix. Derrière Ringo, la guitare peut se contenter d’un jeu rythmique discret ; derrière Gregg Rolie, elle doit s’inscrire dans une texture proche de Santana ; derrière Richard Page, elle soutient une esthétique de pop mélodique sophistiquée. Les chansons de Todd Rundgren réclament encore d’autres articulations. L’intérêt musical du groupe n’est pas la présence permanente de six solistes concurrents, mais le fait que chacun accepte de devenir accompagnateur pendant le tour de chant des autres.
Le guitariste a résumé cet état d’esprit dans l’entretien de 2015 avec Jeff Clark : il cherche à jouer dans le style de la chanson plutôt qu’à plaquer systématiquement sa propre identité sur toutes les pistes. Une revue contemporaine des concerts australiens de février 2013 ajoute une perspective critique : le chroniqueur apprécie la qualité d’exécution des morceaux de Toto, mais regrette par endroits que le spectacle comporte trop peu de chansons interprétées personnellement par Ringo. Ce désaccord documente une vraie tension du projet entre la promesse « un Beatle sur scène » et le principe « plusieurs vedettes présentant leur musique ». Sources : Jeff Clark, 2015 ; The Music, compte rendu de Sydney, 18 février 2013.
2013–2014 : premières extensions internationales et changement de saxophoniste
Après les États-Unis et le Canada, la douzième formation se produit en Australie, Nouvelle-Zélande, Japon, Mexique et Amérique du Sud durant la période documentée par la biographie officielle de Ringo. Le groupe poursuit ses activités nord-américaines en 2014. Dans le même temps, le poste des instruments à vent évolue : Warren Ham prend la place scénique auparavant occupée par Mark Rivera. La permanence de Lukather ne doit donc pas faire oublier les différences de personnel entre une affiche de 2012 et les tournées ultérieures.
Cette période établit une nouvelle forme de stabilité : le guitariste de Toto, le bassiste-chanteur Richard Page, le claviériste Gregg Rolie et le batteur Gregg Bissonette forment un noyau familier, auquel d’autres musiciens apportent leurs répertoires et leurs instruments. Il n’y a pas lieu d’attribuer à Lukather la direction musicale qui relève de Ringo, de l’organisation et des responsables du groupe selon les périodes. Le portrait du guitariste est celui d’un partenaire durable, non celui d’un chef secret de l’orchestre. Source : étude chronologique de la douzième formation.
2015 : Island in the Sun, première chanson conçue par un All-Starr Band
Sur Postcards from Paradise, paru le 31 mars 2015, la chanson « Island in the Sun » possède une importance particulière : elle est présentée par Universal Music et par le site officiel des Beatles comme la première création écrite et enregistrée avec les membres du All-Starr Band alors en activité. La liste des coauteurs comprend Ringo Starr, Steve Lukather, Richard Page, Gregg Rolie, Warren Ham, Gregg Bissonette et Todd Rundgren. Ringo raconte que l’idée était née de balances successives, autour d’une proposition musicale de Gregg Rolie, avant une séance d’écriture collective dans une chambre d’hôtel à Biloxi.
Lukather joue de la guitare et contribue aux voix sur le titre publié. Mais il faut distinguer l’écriture, les instruments du master et les prestations scéniques. Todd Rundgren est coauteur sans figurer parmi les interprètes instrumentaux de la version de studio recensés par The Beatles Bible ; la batterie sur le disque revient à Ringo, alors que Gregg Bissonette est crédité à d’autres instruments et aux percussions. Cette répartition serait invisible si l’on se contentait de présenter la chanson comme une « session avec tout le All-Starr Band ». Sources : Universal Music Canada, annonce de l’album, 29 janvier 2015 ; The Beatles Bible, crédits détaillés d’« Island in the Sun ».
2016–2017 : la fin de la longue période dite de la « douzième formation »
Les dernières étapes de la période 2012–2017 mettent en évidence une caractéristique importante de l’archive du All-Starr Band : une numérotation de « formation » peut désigner plusieurs saisons au cours desquelles certains postes ont changé. L’appellation douzième All-Starr Band est utile pour situer un cycle, mais elle ne dispense jamais de vérifier une année ou un concert précis. La présence de Warren Ham à la place de Mark Rivera en donne un exemple simple. Lukather et Bissonette restent des constantes, sans que les affiches de 2012 et de 2017 deviennent artificiellement identiques.
Lukather continue parallèlement ses propres activités musicales, y compris celles de Toto. Il faut donc éviter deux erreurs de classement : attribuer au All-Starr Band les concerts donnés sous le nom de Toto, et considérer qu’une interruption entre deux séries de dates constitue automatiquement un départ définitif de Lukather. Les périodes de tournée sont établies à partir des archives et des concerts réels. Voir les tournées 2012–2017 sur Yellow-sub.net.
2018 : Colin Hay et Graham Gouldman changent les interlocuteurs du guitariste
En 2018, Ringo annonce une nouvelle formation réunissant Steve Lukather, Gregg Rolie, Gregg Bissonette, Warren Ham, Colin Hay et Graham Gouldman. Le retour de Colin Hay et l’arrivée du musicien de 10cc apportent des chansons de Men at Work et de la pop britannique à la distribution. Les annonces du 23 mars 2018 publiées par le site officiel de Ringo détaillent cette équipe et identifient les morceaux emblématiques associés à chacun des solistes. L’annonce officielle de Ringo recense notamment les dates de Paris, Prague, Vienne, Barcelone et Rome, puis les étapes nord-américaines.
Son rôle de guitariste d’accompagnement prend alors une dimension particulière : « I’m Not in Love » ou « Dreadlock Holiday » ne réclament pas la même texture que « Rosanna ». Les set-lists de la tournée documentent les titres effectivement retenus ; elles ne permettent toutefois pas à elles seules de déterminer toutes les parties jouées par Lukather. La différence entre représenter les chansons de Toto et soutenir les chansons de Gouldman résume la logique du groupe. Sources : RingoStarr.com, 23 mars 2018 ; dates européennes annoncées par Ringo en 2018.
2018 en Europe : les documents espagnols et italiens donnent un contexte concret
Les étapes d’Espagne et d’Italie sont importantes pour dépasser la simple énumération des tournées. À Barcelone, Madrid, La Corogne et Bilbao, puis à Lucques, Marostica et Rome, le guitariste de Toto joue pour des publics qui viennent souvent autant entendre les chansons des Beatles que retrouver « Africa » ou « Hold the Line ». Les témoignages de presse ne décrivent pas tous ce mélange de la même manière ; certains soulignent l’efficacité collective, d’autres regrettent le temps laissé aux morceaux qui ne sont pas associés directement à Ringo.
Les études de Yellow-sub.net permettent de replacer chaque concert dans sa salle, sa date et ses sources propres, sans faire d’une photo ou d’une set-list un document valable pour toute la tournée : Espagne, quatre concerts en 2018 ; Italie, trois concerts en 2018.
2019 : Hamish Stuart rejoint un groupe dont Lukather est devenu le pilier
L’année 2019 marque le trentième anniversaire du All-Starr Band. Hamish Stuart remplace Graham Gouldman, aux côtés de Steve Lukather, Colin Hay, Gregg Rolie, Warren Ham et Gregg Bissonette. Les chansons liées à l’Average White Band rejoignent de nouveau le programme ; les titres de Toto restent une composante importante de l’alternance entre les chanteurs. La continuité de Lukather n’empêche pas le répertoire de changer, et la fidélité d’un noyau instrumental n’annule pas les différences historiques entre deux formations.
Le concert du Greek Theatre de Los Angeles en 2019 fera l’objet d’une publication audiovisuelle postérieure, sous le titre Live at the Greek Theatre 2019. La date de diffusion ou de commercialisation ne doit pas être utilisée pour inventer un nouveau concert. Pour documenter Lukather, les années du spectacle, de l’enregistrement et de l’édition doivent rester explicitement distinctes. Source : annonce officielle du trentième anniversaire, 2019.
2020–2021 : activité musicale continue, mais pas de tournées à additionner
Les concerts envisagés en 2020 et 2021 sont contrariés par la pandémie. Une biographie de musicien peut dire que Lukather reste lié à l’orchestre pendant cette période ; une base de données de concerts ne saurait transformer cette association en dates effectivement jouées. La différence entre tournée planifiée, report et prestation réalisée est essentielle pour tout travail de discographie et de vidéographie historique. Il serait également trompeur d’assimiler les albums personnels ou les concerts de Toto pendant cette interruption à des prestations du All-Starr Band.
Dans plusieurs entretiens, Lukather décrit le groupe de Ringo comme une expérience différente de ses activités avec Toto : le All-Starr Band lui permet de jouer les chansons d’autres interprètes sans assumer en permanence les responsabilités propres à sa formation. Le mot « vacances », qu’il emploie volontiers, n’implique pas une absence de travail musical. Il désigne une autre répartition des décisions et des responsabilités. Source : entretien de Lukather publié en 2019.
2022–2024 : la reprise avec Colin Hay, Hamish Stuart et Edgar Winter
Au retour des tournées, Lukather se retrouve aux côtés de Colin Hay, Hamish Stuart, Warren Ham, Gregg Bissonette et, pendant une partie de la période, Edgar Winter. Les spectacles combinent leurs grands succès avec les chansons de Ringo. La liste du 17 septembre 2022 en Floride attribue à Lukather « Rosanna », « Africa » et « Hold the Line », tandis que les titres d’Edgar Winter, de Men at Work et de l’Average White Band s’intercalent tout au long de la représentation.
Cette alternance révèle l’intérêt de son rôle plus sûrement qu’un classement des solos : il doit soutenir plusieurs genres, avec le même groupe de scène, parfois en passant d’un morceau de Toto à un titre de Ringo sans changement d’instrumentiste principal. Il faut cependant conserver la prudence requise à propos des listes établies par les spectateurs : elles constituent un indice précieux, mais la captation, le programme original et les comptes rendus de presse renforcent leur valeur lorsqu’ils concordent. Exemple de set-list datée de 2022.
2025 : Ringo et Lukather racontent leur amitié et leur méthode
Un entretien publié le 22 juin 2025 par WUSF apporte un éclairage contemporain. Lukather y explique que le travail avec Ringo est plus libre et moins réglé dans le détail que les opérations de Toto, dont il assume davantage la gestion. Il insiste sur la camaraderie entre musiciens, sur le plaisir de jouer le répertoire des autres et sur la relation de confiance acquise avec Starr. Le journaliste précise que Buck Johnson assure alors les claviers à la place d’Edgar Winter, mobilisé par un enregistrement personnel. Cette donnée permet de ne pas continuer à dessiner mécaniquement la formation de 2022 sur les affiches de 2025.
Le portrait que Ringo fait lui-même de Lukather va dans le même sens : dans un entretien accordé à la presse américaine, Starr déclare qu’il considère le guitariste comme un partenaire destiné à rester dans son équipe. Ces déclarations sont des jugements personnels sur leur relation, non un contrat promettant des tournées futures sans limite. Elles expliquent néanmoins pourquoi Lukather n’est plus un invité temporaire mais l’une des figures de continuité du projet depuis 2012. Sources : WUSF, 22 juin 2025 ; biographie officielle de Ringo.
2026 : une participation attestée jusqu’à la tournée d’automne
Les documents de 2026 permettent d’aller au-delà d’une formule vague comme « membre jusqu’à aujourd’hui ». Le communiqué officiel du 28 mai 2026 confirme l’effectif du printemps : Steve Lukather, Colin Hay, Warren Ham, Hamish Stuart, Gregg Bissonette et Buck Johnson, aux côtés de Ringo. Le 6 juillet 2026, une nouvelle annonce reconduit les mêmes artistes pour dix dates prévues du 24 septembre au 7 octobre 2026. La tournée de printemps est donnée comme terminée au Greek Theatre de Los Angeles le 14 juin.
Des comptes rendus datés existent également pour l’automne, par exemple celui du 28 septembre 2026 au Anthem de Washington, qui présente Lukather à la guitare et au chant et retrouve les trois titres de Toto dans le programme. Le communiqué de juillet doit rester distingué des rapports postérieurs sur les dates effectivement jouées : il est une preuve d’annonce et de composition prévue, pas un compte rendu de chacune des représentations. Sources : RingoStarr.com, 28 mai 2026 ; annonce du 6 juillet 2026 ; compte rendu de Washington, septembre 2026.
La relation musicale avec Ringo : une hiérarchie qui laisse de l’espace à chacun
Ce qui frappe dans les témoignages de Lukather, c’est le contraste entre son statut de leader de Toto et son attitude auprès de Ringo. Il continue à jouer avec une grande liberté, mais accepte que Starr choisisse le répertoire et détermine l’esprit général du spectacle. Le musicien raconte qu’il préfère souvent le moment où il accompagne une chanson d’un collègue à celui où il doit mener son propre passage. La formule repose ainsi sur une collaboration de vedettes capables de se mettre au service des autres. Cette discipline de scène répond au travail des batteurs Ringo et Gregg Bissonette : écouter les autres, laisser leur place à leurs accents et ne pas remplir chaque silence.
Les spectacles sont traversés par une opposition féconde. Le public vient voir un ancien Beatle ; il entend également Toto, Men at Work, Santana, l’Average White Band ou les succès de chanteurs invités. Lukather n’est pas chargé de reproduire le style de George Harrison à l’identique, même si l’influence des Beatles a déterminé son parcours. Son intervention donne plutôt à l’ensemble une couleur guitaristique reconnaissable sans submerger les autres identités musicales.
Les titres de Toto ne résument pas la discographie solo de Lukather
La présence de trois chansons sur une set-list pourrait inciter à traiter Lukather comme un représentant de Toto sans carrière autonome. Ce serait une erreur. Ses activités de guitariste de studio, de compositeur, de producteur et d’artiste solo se poursuivent indépendamment de Ringo. Toutefois, toutes ses œuvres personnelles ne figurent pas pour autant dans le programme All-Starr. Le groupe se construit autour de chansons immédiatement reconnues du public. Lukather a précisément expliqué que Ringo avait retenu ses grands succès de Toto. Les disques solo du guitariste et ses participations à d’autres albums doivent donc être décrits dans la biographie générale sans être intégrés artificiellement aux archives de concert de Ringo.
Les mêmes précautions s’appliquent à d’éventuels morceaux atypiques, reprises instrumentales ou extraits joués en intermède. La mention de Little Wing dans une liste générale ne prouve pas son exécution à toutes les dates. Pour soutenir une attribution ponctuelle, il faut au moins une set-list datée, un programme ou une captation clairement identifié. Les trois titres de Toto sont beaucoup mieux attestés dans les différentes périodes, notamment en 2012, 2018, 2022 et 2026.
Sources, limites documentaires et méthode d’attribution
L’histoire de Steve Lukather avec les All-Starrs s’éclaire à travers plusieurs témoignages complémentaires : les communiqués de Ringo fixent les formations annoncées et les itinéraires ; les entretiens de Lukather décrivent son expérience et ses choix musicaux ; les captations de concerts datées renseignent sur le partage des voix et des instruments ; les crédits des disques originaux précisent ses contributions en studio. Une liste de chansons, même très complète, ne prouve pas qu’un guitariste ait joué un solo déterminé à une mesure précise. Les souvenirs rétrospectifs décrivent une expérience personnelle et doivent être attribués à leur auteur.
- Ringo Starr — biographie officielle : formation de 2012, années suivantes et « Island in the Sun ».
- Steve Lukather — Luke’s Story : jeunesse, Toto, studios et relation au monde des Beatles.
- Steve Lukather, entretien de mai 2012 : sens du recrutement et engagements de tournée.
- Noise11, décembre 2012 : répertoire décidé par Ringo et impressions de la première tournée.
- Modern Drummer — Ringo at the Ryman : concert daté, programme et crédits.
- Modern Drummer, février 2013 : captation et musiciens.
- The Beatles Bible — douzième formation : chronologie et distributions successives.
- Universal Music Canada, 2015 : annonce de la première chanson collective.
- The Beatles Bible — Island in the Sun : écritures et répartition des instruments en studio.
- RingoStarr.com, 23 mars 2018 : formation et répertoire de la tournée.
- WUSF, 22 juin 2025 : entretien sur l’amitié, l’organisation du groupe et Buck Johnson.
- Guitar.com, étude de Hold the Line, 2026 : tonalité et partage du chant avec Warren Ham.
- RingoStarr.com, 28 mai 2026 et 6 juillet 2026 : tournées et effectif officiellement annoncés.
- Beatles Magazine, 29 septembre 2026 : compte rendu d’un spectacle d’automne.
Le dossier est ainsi organisé autour des dates réellement sourcées, sans attribuer à Lukather les compositions de Paich et Porcaro, ni lui inventer une présence continue sur scène pendant les années sans tournée. Ses prestations sont à replacer dans leur formation et leur captation propres. Cette méthode permet de mesurer ce qui fait sa contribution singulière : une longue fidélité à Ringo et la capacité de faire coexister plusieurs histoires du rock sur une seule scène.
- Programmes et formations du dossier All-Starr Band de Yellow-Sub.
- Dossier de tournée 2012–2026.












