APPLE RECORDS · ALBUMS · 1970

Yoko Ono/Plastic Ono Band : l’album Apple SAPCOR 17, entre rock et improvisation

Publié en décembre 1970, Yoko Ono/Plastic Ono Band constitue le pendant expérimental de l’album solo de John Lennon paru à la même période. Ce disque comprend six pistes dont « Why », « Why Not » et « AOS ». John Lennon, Ringo Starr et Klaus Voormann interviennent dans plusieurs enregistrements, tandis qu’une improvisation avec Ornette Coleman renvoie à une séance distincte de 1968. Le programme britannique porte la référence SAPCOR 17.

Deux albums Plastic Ono Band, deux univers différents

En décembre 1970, John Lennon et Yoko Ono publient deux albums distincts portant un titre presque identique. John Lennon/Plastic Ono Band est centré sur les compositions personnelles de Lennon ; Yoko Ono/Plastic Ono Band privilégie une expression vocale et instrumentale plus radicale.

Le partage d’un titre, d’un entourage musical et d’une période ne doit pas conduire à fusionner les deux œuvres. Les références britanniques, les programmes et les pochettes sont distincts. Le disque de Yoko porte SAPCOR 17 et comprend six enregistrements.

Pour comprendre cette œuvre, il faut la replacer dans le parcours de Yoko Ono avant les Beatles. Ses performances et ses recherches avec la voix, le geste et le son remontent aux années 1960. L’enregistrement d’Apple n’est pas une simple réaction à la rupture du groupe : il prolonge un langage artistique élaboré antérieurement.

Abbey Road 1970 : un ensemble de musiciens en improvisation

Cinq morceaux sont associés aux séances de 1970 à Abbey Road. Yoko Ono utilise sa voix comme un instrument capable de produire cris, souffles, glissements de timbre et fragments de chant. Lennon joue de la guitare, Klaus Voormann de la basse et Ringo Starr de la batterie.

Cette formation rappelle l’instrumentation réduite de l’album personnel de Lennon, mais elle évolue dans un cadre différent. Les musiciens accompagnent les impulsions vocales de Yoko sans suivre systématiquement un schéma de chanson précomposée. La batterie de Starr et la basse de Voormann créent une continuité rythmique dans un environnement sonore très libre.

Les effets de répétition et les variations de volume donnent à certains passages une dimension physique. Le guitariste peut soutenir un motif simple ou introduire un bruitage plus agressif. L’ensemble relève autant de l’improvisation collective que de l’expérimentation en studio.

La présence de Lennon et de Starr ne suffit pas à créditer l’album aux Beatles. Les compositions et l’interprétation vocale principale restent celles de Yoko Ono.

Les six titres du LP original

La première face comporte « Why », « Why Not » et « Greenfield Morning I Pushed an Empty Baby Carriage All Over the City ». Ces pistes jouent sur des atmosphères contrastées, allant du rock libre à un paysage sonore fondé sur des voix et des fragments enregistrés.

La seconde face comprend « AOS », « Touch Me » et « Paper Shoes ». La durée des morceaux est suffisamment variable pour que l’œuvre ne puisse pas être résumée à un ensemble de six singles potentiels.

« Why » attire particulièrement l’attention par son intensité. « Why Not » développe un autre type de progression improvisée. « Paper Shoes » utilise la répétition et l’accumulation comme principes de construction.

Les pistes ajoutées dans les rééditions de 1997 ou 2016, dont « Open Your Box », « Something More Abstract » et une version longue de « Why », doivent être séparées de ce programme original. Elles appartiennent au fonds d’archives d’une période proche, mais ne figuraient pas sur le vinyle Apple de 1970.

AOS : Yoko Ono avec Ornette Coleman, une séance différente

« AOS » possède une histoire particulière. Son enregistrement est lié à une séance avec Ornette Coleman et des musiciens de son ensemble, dont le trompettiste Coleman lui-même, le batteur Ed Blackwell et les contrebassistes David Izenzon et Charlie Haden.

Cette performance se situe en février 1968, à l’occasion de répétitions liées à un concert à l’Albert Hall. Elle précède donc la formation de l’ensemble réduit Lennon–Voormann–Starr qui joue sur plusieurs autres titres.

Le fait de placer « AOS » au milieu des morceaux enregistrés en 1970 relie deux étapes des recherches de Yoko. Cela montre aussi pourquoi une liste unique d’instrumentistes crédités pour tout le LP serait trompeuse.

Une notice discographique de qualité doit mentionner que l’album présente plusieurs séances, plusieurs groupes de musiciens et des intentions sonores qui évoluent sur plus de deux ans.

Une pochette qui dialogue avec celle de Lennon

Le disque de Yoko Ono présente un langage graphique volontairement associé à l’album personnel de Lennon. Les photographies, les poses et les noms renvoient à un couple dont les projets sont désormais simultanément individuels et communs.

Cette proximité visuelle peut tromper les collectionneurs qui cherchent un album précis sur une photographie de pochette. La différence des titres, des références et des faces doit donc être vérifiée avant achat ou inventaire.

Sur les éditions ultérieures, les graphismes anciens ont été reproduits avec de nouveaux crédits de distribution. Une couverture ressemblant à celle de 1970 n’est pas nécessairement un pressage d’origine.

SAPCOR 17, ST-3373 et l’histoire des rééditions

La publication britannique de 1970 est référencée SAPCOR 17. Aux États-Unis, le catalogue emploie ST-3373, dans le cadre de la distribution Apple par Capitol.

Pour une identification matérielle, relever le numéro, le logo, les textes périphériques, les matrices et le programme des deux faces. Les rééditions peuvent conserver les mêmes six pistes en ajoutant plusieurs bonus et en proposant une présentation sonore nouvelle.

Cette publication constitue un chaînon essentiel entre les projets expérimentaux de Two Virgins et les albums plus structurés de chansons que Yoko enregistrera au début des années 1970, jusqu’à Feeling the Space.

Questions fréquentes

Quel est le numéro de l’album Yoko Ono/Plastic Ono Band ?

SAPCOR 17 au Royaume-Uni.

Combien de titres contient-il ?

Six dans sa configuration de 1970.

Ringo Starr joue-t-il sur l’album ?

Oui, sur plusieurs titres issus des sessions de 1970.

AOS appartient-il aux mêmes séances que Why ?

Non, il provient d’une séance avec Ornette Coleman en 1968.

L’album est-il identique à celui de John Lennon ?

Non. Les deux disques paraissent à une période proche mais possèdent des œuvres distinctes.

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