APPLE RECORDS · CANADA · ALBUMS 1968–1975
Les albums Apple Records au Canada : pressages, pochettes et variantes de 1968 à 1975
Les éditions canadiennes ne sont pas de simples copies des pressages américains. Dix-huit études documentent leurs numéros, leurs usines RCA, Compo ou CBS, les pochettes Ever Reddy et Modern Graphics, et les coffrets des Beatles et de leurs partenaires.
Les albums Apple du Canada : du White Album à 1975
Le catalogue canadien Apple ne se résume pas à un duplicata de l’américain. Les premiers albums portent souvent des références voisines, mais ils furent fabriqués, imprimés et distribués par des ateliers propres au pays. Les différences vont du texte de l’étiquette au choix de l’usine de pressage, de la matrice et du carton.
Le premier grand jalon est le White Album, publié au Canada le 25 novembre 1968 sous SWBO-101. Il est suivi de plusieurs albums Apple des Beatles et d’autres artistes, puis des œuvres solo de Lennon, McCartney, Harrison et Ringo. L’enquête porte sur les éditions physiques, sans confondre la société Apple Corps avec le label musical.
RCA, Compo puis Columbia : un réseau qui évolue
RCA fabrique des disques pour Capitol à Smiths Falls, en Ontario. Compo est un autre fournisseur majeur, actif notamment à Cornwall. Vers 1973, Columbia/CBS reprend une part de la production après des difficultés chez Compo ; la situation change de nouveau lorsque Capitol dispose de sa propre usine à Mississauga.
Les bagues de pressage sont utiles : 70 mm environ sur beaucoup de LP RCA, près de 25 mm sur plusieurs Compo et environ 68 mm sur des Columbia/CBS. Aucun diamètre ne doit cependant être utilisé seul : l’âge du moule, les pièces importées et des variantes comme Dynaflex compliquent une attribution automatique.
Pochettes canadiennes et cartons importés
Ever Reddy et Modern Graphics figurent parmi les imprimeurs des pochettes Apple vendues au Canada. Les références sur la tranche, la construction de la pochette et la présence d’un logo d’imprimeur sont autant d’indices à comparer. Les disques et leur carton n’ont pas nécessairement été fabriqués au même endroit.
Des affiches, livrets et pochettes intérieures sont parfois importés des États-Unis alors que le vinyle est canadien. Ce cas apparaît pour les coffrets All Things Must Pass et Concert for Bangladesh. Il faut donc conserver séparément les indications de la boîte, des imprimés et des matrices de chaque disque.
Les programmes changent-ils entre Canada et États-Unis ?
Certains pressages canadiens utilisent des pièces métalliques ou des bandes de travail reçues des États-Unis. Un numéro commercial commun n’est pourtant pas une preuve de gravure identique ou de même date. Une inscription américaine dans la cire morte peut être présente sur un disque fabriqué au Canada.
En sens inverse, une particularité de typographie ou un titre absent d’une étiquette ne démontre pas un montage musical inédit. Abbey Road est un exemple utile : Her Majesty disparaît des premières listes imprimées, avant d’être mentionné sur plusieurs étiquettes de retirage.
1968–1970 : les quatre objets clés
Le White Album canadien reçoit ses quatre portraits et son affiche, tandis que des pochettes sont imprimées localement. Yellow Submarine porte SW-153, Abbey Road SO-383 et Hey Jude a une histoire particulière : la pochette peut afficher SW-385 alors que le disque porte SO-385. Les premières impressions et les reprises d’étiquettes ne sont pas toujours synchronisées.
Let It Be est d’abord commercialisé en coffret SOAL-6351, avec le livre du film. Il est ensuite vendu en LP simple au Canada sous SW-6386 en 1972. Une boîte de 1970 et une pochette de 1972 ne constituent pas deux versions de séances, mais deux produits commerciaux distincts.
Albums solo : des emballages parfois inattendus
Wonderwall Music est pressé par Compo et possède des états de pochette s’ouvrant sur des côtés différents. L’album McCartney est également décrit avec deux présentations de couverture. Le disque de Lennon Plastic Ono Band existe avec des caractéristiques RCA et Compo ; Imagine peut être rencontré avec une étiquette illustrée ou la pomme standard.
Les coffrets de Harrison sont encore plus complexes : disques pressés localement, affiches et sous-pochettes de provenance différente, boîtes imprimées par des fournisseurs distincts. La mention « original canadien complet » implique de contrôler toutes les pièces.
Les autres artistes Apple ne doivent pas disparaître
Le catalogue comprend aussi James Taylor, Mary Hopkin, le Modern Jazz Quartet, Jackie Lomax, Billy Preston, Badfinger, Yoko Ono et plusieurs bandes originales. Une édition canadienne peut être bien attestée pour un artiste et non confirmée pour un autre. Une place vide dans une série numérique ne signifie donc pas nécessairement une parution cachée.
Le cas The Whale de John Tavener illustre cette prudence : des références voisines sont connues, mais l’existence de copies canadiennes pour certaines publications n’a pas toujours été confirmée. La discographie doit distinguer un numéro théorique d’un vinyle physiquement observé.
Une méthode en six preuves
L’identification part du numéro complet, du pays de fabrication et du programme des faces. Elle examine ensuite la forme de la bague, les chiffres de la cire morte, l’imprimeur de la pochette et les accessoires d’origine. Pour un coffret ou un double album, toutes les faces et tous les documents doivent être contrôlés.
Les fiches suivantes sont classées par œuvre et par problème matériel. Elles complètent les études des 45 tours canadiens ainsi que les guides de pressages américains, sans présumer que les pratiques industrielles de Scranton et de Winchester se retrouvent intégralement à Smiths Falls ou Cornwall.
Les dix-huit études des albums Apple canadiens
Questions fréquentes
Un LP Apple canadien est-il toujours pressé chez Capitol ?
Non. Capitol confie largement la fabrication de ses disques à RCA et Compo, puis Columbia/CBS ; ses propres capacités canadiennes évoluent ensuite.
Le logo d’imprimeur identifie-t-il l’usine du vinyle ?
Non. Ever Reddy ou Modern Graphics concernent la pochette, tandis que le disque peut avoir été pressé dans un autre atelier.
Le coffret canadien Let It Be est-il identique au LP de 1972 ?
Non. Le coffret de 1970 porte SOAL-6351, et le LP commercialisé séparément en 1972 porte SW-6386.












