APPLE RECORDS · ALBUMS · APPLE 1969
Maybe Tomorrow des Iveys : l’album Apple de 1969 devenu une rareté
Avant Badfinger, The Iveys enregistrent un album entier pour Apple Records, mais sa diffusion est limitée à certains pays. Maybe Tomorrow, publié en Allemagne, en Italie et au Japon en 1969, constitue une pièce essentielle pour comprendre Pete Ham, Tom Evans, Ron Griffiths et Mike Gibbins avant l’ère « Come and Get It ». Son histoire démontre que la liste des albums Apple britanniques ne suffit pas à reconstituer toute la discographie internationale du label.
Les Iveys avant le changement de nom en Badfinger
Au milieu des années 1960, The Iveys développent une pop mêlant harmonies vocales, guitares, mélodies nostalgiques et écriture collective. La formation associée à l’album de 1969 réunit Pete Ham, Tom Evans, Ron Griffiths et Mike Gibbins. Le nom Badfinger n’est pas encore adopté.
Mal Evans, collaborateur de longue date des Beatles, joue un rôle dans l’arrivée du groupe chez Apple. Le label représente une chance de toucher un public bien plus vaste que celui de la scène régionale, mais ne garantit ni une sortie internationale simultanée ni une promotion durable.
L’intérêt historique de Maybe Tomorrow ne réside pas dans une simple ressemblance avec les Beatles. Le disque montre qu’au sein de la formation existent déjà plusieurs auteurs capables de proposer des chansons aux couleurs différentes.
APPLE 5 et APPLE 14 : deux singles qui compliquent la chronologie
Le single britannique APPLE 5, « Maybe Tomorrow » / « And Her Daddy’s a Millionaire », paraît en novembre 1968. La chanson principale est associée à Tom Evans ; sa mélodie et les arrangements soignés annoncent une orientation pop ambitieuse.
Un second projet de 45 tours, « Dear Angie » / « No Escaping Your Love », reçoit la référence APPLE 14 et connaît une diffusion dans certains pays européens en juillet 1969, alors que l’édition britannique prévue ne se concrétise pas de manière ordinaire.
Le statut d’APPLE 14 illustre une difficulté fondamentale : un numéro de catalogue britannique peut avoir été prévu, et des éditions étrangères commercialisées, sans qu’un 45 tours britannique correspondant ait été distribué normalement. L’encyclopédie doit préserver cette nuance plutôt que classer uniformément tous les numéros comme « sortis ».
Ces premiers singles aident à comprendre pourquoi l’album bénéficie de publications locales sans devenir, au même moment, une référence largement disponible au Royaume-Uni et aux États-Unis.
Maybe Tomorrow : douze titres, un album complet
L’album Maybe Tomorrow est préparé pour 1969 et aurait dû paraître au Royaume-Uni sous une référence envisagée autour de SAPCOR 8. Cette édition britannique n’est pas commercialisée à l’époque, mais le disque existe réellement dans d’autres pays, notamment en Allemagne, en Italie et au Japon.
Le programme original comprend douze titres, répartis en deux faces. Face A : « See-Saw, Granpa », « Beautiful and Blue », « Dear Angie », « Think About the Good Times », « Yesterday Ain’t Coming Back » et « Fisherman ».
Face B : « Maybe Tomorrow », « Sali Bloo », « Angelique », « I’m in Love », « They’re Knocking Down Our Home » et « I’ve Been Waiting ».
Cette liste est indispensable pour distinguer le microsillon de 1969 des éditions en CD qui ajoutent des titres tels que « No Escaping Your Love » ou « And Her Daddy’s a Millionaire ». Ces derniers peuvent appartenir à la même période de création sans figurer sur la première édition du LP.
Les éditions d’origine présentent des variations de références nationales, par exemple 1C 062-90 150 en Allemagne. Il ne faut pas identifier une édition italienne ou japonaise par le numéro de la pochette allemande.
Mal Evans et Tony Visconti : deux approches de production
Les séances de l’album sont confiées à plusieurs producteurs. Mal Evans et Tony Visconti participent à différents titres, tandis que John Barham intervient dans les arrangements de certaines chansons supervisées par Evans.
Cette combinaison donne au disque un caractère varié. Certaines pièces privilégient une orchestration attentive aux voix ; d’autres reposent sur la dynamique du groupe et ses harmonies. L’album ne doit pas être uniformément crédité à Paul McCartney, dont le rôle direct dans l’ascension de Badfinger se manifeste plus tard avec « Come and Get It ».
Les écritures de Pete Ham, Tom Evans, Ron Griffiths et Mike Gibbins méritent d’être étudiées séparément. Le LP documente un groupe composé de plusieurs personnalités, avant que les premiers grands succès de Badfinger ne focalisent l’attention sur quelques titres.
De Maybe Tomorrow à Magic Christian Music
Lorsque le groupe devient Badfinger, une partie importante des chansons de l’album Maybe Tomorrow est reprise dans le programme de Magic Christian Music en 1970. Sept titres proviennent de cette première période discographique.
Cette réutilisation peut tromper l’auditeur qui découvre les deux albums dans leurs rééditions modernes. Les chansons communes ne prouvent pas que les deux LP sont identiques : Magic Christian Music ajoute de nouveaux morceaux, dont « Come and Get It », et se présente dans une configuration commerciale différente.
Le changement de nom, l’évolution des effectifs et les territoires de publication constituent donc trois dimensions à distinguer. Un album de 1969 crédité aux Iveys n’est pas simplement une première édition sous une autre pochette de l’album Badfinger de 1970.
Pour replacer cette transition, consultez le dossier Badfinger chez Apple, dont la chronologie poursuit l’histoire jusqu’à Ass en 1973.
Les éditions allemandes, italiennes et japonaises : que vérifier ?
Le collecteur de données doit distinguer un numéro britannique envisagé mais non distribué d’un objet effectivement fabriqué et vendu en Allemagne, Italie ou Japon. Les listes qui donnent « SAPCOR 8 — Royaume-Uni, 1969 » comme sortie commerciale standard sont donc trompeuses.
Pour chaque exemplaire, relever pays, référence, étiquette, inscriptions de matrice, pochette et ordre des douze titres. Les copies promotionnelles, les réimpressions et les rééditions en CD appartiennent à des catégories distinctes.
Le catalogue des albums Apple, les éditions internationales et le guide des pressages offrent les repères nécessaires pour comprendre cette anomalie particulièrement révélatrice de l’histoire commerciale du label.
Questions fréquentes
Maybe Tomorrow est-il un album de Badfinger ?
Il est enregistré par le groupe sous son premier nom, The Iveys ; Badfinger sera adopté ensuite.
L’album paraît-il au Royaume-Uni en 1969 ?
Non. La sortie britannique envisagée ne se concrétise pas, mais des pressages paraissent notamment en Allemagne, en Italie et au Japon.
Combien de chansons comporte l’album original ?
Douze chansons réparties sur deux faces.
Qui produit Maybe Tomorrow ?
Plusieurs titres sont produits par Mal Evans et d’autres par Tony Visconti, avec des arrangements associés notamment à John Barham.
Quel lien existe-t-il avec Magic Christian Music ?
Sept titres de Maybe Tomorrow sont repris dans l’album Badfinger Magic Christian Music en 1970.












