APPLE RECORDS · ALBUM · JANVIER 1970

Magic Christian Music de Badfinger : Come and Get It, The Iveys et l’album SAPCOR 12

Magic Christian Music marque le véritable lancement de Badfinger sous ce nom sur un album Apple en 1970. Publié au Royaume-Uni sous SAPCOR 12, le disque associe des chansons écrites pour le film The Magic Christian à des enregistrements de l’époque des Iveys. Les quatorze morceaux révèlent un groupe en pleine transition, entre l’aide décisive de Paul McCartney et la naissance d’une identité musicale autonome.

Une transition : des Iveys au nom Badfinger

Avant de publier Magic Christian Music, les musiciens ont une histoire sous le nom The Iveys. Le groupe a déjà enregistré pour Apple plusieurs chansons, dont « Maybe Tomorrow », et développé une manière très personnelle de mêler guitares, harmonies vocales et mélodies mélancoliques.

Au cours de 1969, le projet musical du film The Magic Christian offre une occasion importante. Paul McCartney apporte « Come and Get It » et supervise son enregistrement par le groupe, dont le nom devient Badfinger. Cette étape permet à une formation déjà active de bénéficier d’une campagne de promotion internationale.

Le changement de nom s’accompagne d’une évolution des effectifs. Plusieurs chansons de l’album proviennent des séances antérieures à l’arrivée de Joey Molland, tandis que les prises plus récentes témoignent de la formation qui se stabilise autour de Pete Ham, Tom Evans, Mike Gibbins et Molland.

Une discographie rigoureuse doit éviter de créditer les mêmes musiciens à l’ensemble des quatorze titres : la période des Iveys et celle de Badfinger se superposent sur le LP, mais ne sont pas identiques en termes de personnel.

The Magic Christian : trois titres liés au cinéma

Le film The Magic Christian réunit Peter Sellers et Ringo Starr. Sa bande originale accueille des compositions destinées à prolonger la satire et la fantaisie de l’œuvre. Badfinger participe à cet univers musical avec « Come and Get It », « Carry On Till Tomorrow » et « Rock of All Ages ».

Ces trois morceaux n’ont pas le même caractère. « Come and Get It » repose sur l’efficacité d’une mélodie proposée par McCartney, alors que « Carry On Till Tomorrow » développe une ballade ample et « Rock of All Ages » privilégie un son plus vif et plus électrique.

Il est important de distinguer l’album Magic Christian Music, publié sous le nom de Badfinger, d’un disque de bande originale comportant éventuellement d’autres musiques de film. Le LP Apple rassemble aussi des compositions sans lien direct avec le long métrage.

Ringo Starr joue dans le film, mais sa présence à l’écran ne suffit pas à lui attribuer les parties instrumentales des chansons de Badfinger.

Quatorze chansons dans la configuration originale

Face A : « Come and Get It », « Crimson Ship », « Dear Angie », « Fisherman », « Midnight Sun », « Beautiful and Blue » et « Rock of All Ages ».

Face B : « Carry On Till Tomorrow », « I’m in Love », « Walk Out in the Rain », « Angelique », « Knocking Down Our Home », « Give It a Try » et « Maybe Tomorrow ».

Le programme d’origine compte quatorze titres. Les rééditions modernes peuvent ajouter « And Her Daddy’s a Millionaire », « Mrs. Jones », « No Escaping Your Love » ou des mixages alternatifs provenant des archives des Iveys. Ces morceaux supplémentaires sont précieux pour l’histoire du groupe, mais ne doivent pas être intégrés sans distinction au LP commercial de janvier 1970.

Les chansons anciennes conservent leur identité même lorsqu’elles sont publiées sous le nouveau nom. La mention Badfinger sur la pochette ne transforme pas rétrospectivement les enregistrements de 1968 en séances réalisées avec un personnel qui ne s’était pas encore constitué.

Come and Get It : l’intervention précise de Paul McCartney

Paul McCartney enregistre une démonstration très aboutie de « Come and Get It » à l’été 1969, puis demande au groupe d’en respecter étroitement la forme. La version commerciale de Badfinger est donc un enregistrement distinct, produit sous la supervision du Beatle, et non une simple réédition de la maquette solo.

Le single atteint un public international et devient le premier grand succès du groupe sous son nouveau nom. Cette réussite ne doit cependant pas effacer les autres auteurs de l’album, notamment Pete Ham et Tom Evans, dont les compositions annoncent les disques suivants.

Les comparaisons avec les Beatles sont compréhensibles, car certains arrangements et harmonies rappellent la pop britannique de la seconde moitié des années 1960. Une lecture approfondie permet pourtant d’entendre une personnalité collective qui s’affirmera davantage avec No Dice et Straight Up.

Ce que les chansons des Iveys apportent au programme

Les titres de l’époque des Iveys montrent un groupe moins immédiatement associé au rock énergique. « Dear Angie », « Fisherman », « Beautiful and Blue » et « Maybe Tomorrow » soulignent le goût de ses musiciens pour les ballades, les harmonies et une écriture parfois teintée de mélancolie.

Ces morceaux n’ont pas été composés en prévision du film de Peter Sellers. Leur intégration dans le LP vise à rassembler sous un nouveau nom une partie du travail déjà effectué chez Apple. Les dates de composition et de prise doivent donc précéder la publication de 1970 dans une chronologie exacte.

Il convient également de ne pas confondre Magic Christian Music avec l’album Maybe Tomorrow, publié sous le nom The Iveys dans certains pays en 1969. Les deux disques ont des chansons communes, mais des programmes et des histoires de diffusion différents.

La fiche Maybe Tomorrow permet de comparer ces configurations et de comprendre le rôle de chaque sortie dans la carrière du groupe.

SAPCOR 12 au Royaume-Uni, ST-3364 aux États-Unis

Le LP britannique sort le 9 janvier 1970 sous la référence SAPCOR 12. Le marché américain reçoit le disque en février sous ST-3364. Ces numéros identifient des éditions nationales d’un même programme de base, sans garantir une identité matérielle de la pochette et des étiquettes.

Un pressage d’origine doit être décrit à partir de la matrice, de la typographie, du pays, de la pochette et du programme des quatorze titres. Les rééditions ultérieures peuvent reprendre le visuel Apple en ajoutant un programme d’archives ou une nouvelle présentation.

Les premières publications sous le nom Badfinger sont également associées au single « Come and Get It » / « Rock of All Ages », référence britannique APPLE 20. Il s’agit d’un objet différent du LP, même si ses deux chansons y apparaissent.

Le dossier consacré au single APPLE 20 et celui de No Dice éclairent la transition entre le soutien initial de McCartney et le développement d’un répertoire plus autonome.

Questions fréquentes

Quelle est la référence Apple britannique de Magic Christian Music ?

SAPCOR 12.

Quand paraît l’album ?

Le 9 janvier 1970 au Royaume-Uni, puis en février aux États-Unis.

Combien de titres comporte le LP original ?

Quatorze.

Qui écrit Come and Get It ?

Paul McCartney, qui en produit la version enregistrée par Badfinger.

Magic Christian Music et Maybe Tomorrow sont-ils le même album ?

Non. Ils possèdent des programmes différents, même si certains enregistrements des Iveys sont réutilisés.

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