APPLE RECORDS · ARTISTES · THE IVEYS · 1968–1969

The Iveys chez Apple Records : le groupe de Pete Ham avant Badfinger (1968–1969)

Avant les succès de Badfinger, Pete Ham, Tom Evans, Ron Griffiths et Mike Gibbins publient des disques sous le nom The Iveys. Leur première période chez Apple Records révèle un groupe déjà actif, des compositions originales et un album qui ne sort pas au Royaume-Uni.

Un groupe issu du pays de Galles et de la scène britannique

The Iveys se construisent bien avant leur signature chez Apple. Leur histoire est liée à Swansea et à une succession d’expériences de scène au Royaume-Uni. Pete Ham et Mike Gibbins font partie des figures importantes de la formation ; Tom Evans et Ron Griffiths complètent le groupe qui aborde la période Apple. Ils interprètent des compositions originales et développent progressivement une identité pop, entre harmonies vocales et guitares électriques.

Il est essentiel de ne pas raconter cette première étape comme une simple « préhistoire » sans intérêt. Les Iveys possèdent leur propre répertoire, leur organisation et leurs ambitions. Le passage au nom Badfinger n’efface ni les enregistrements réalisés auparavant ni la singularité d’un album diffusé dans quelques pays seulement.

Mal Evans présente le groupe à Apple

L’entourage des Beatles joue un rôle décisif dans leur recrutement. Mal Evans, collaborateur de longue date du groupe, transmet des enregistrements des Iveys à l’équipe d’Apple. Peter Asher, impliqué dans le travail de découverte artistique, se souviendra de l’enthousiasme autour de cette bande lors des réunions consacrées aux nouveaux artistes.

La signature en 1968 s’inscrit dans la politique voulue pour Apple Records : donner leur chance à des musiciens qui n’appartiennent pas au cercle déjà célèbre des Beatles. La relation professionnelle se développe ensuite par le travail de studio, les choix de chansons et les décisions de publication.

Maybe Tomorrow : la première carte de visite sous la pomme verte

Le single Maybe Tomorrow / And Her Daddy’s a Millionaire paraît au Royaume-Uni en novembre 1968 sous la référence APPLE 5. La chanson principale, signée Pete Ham, associe une mélodie très construite à un arrangement qui cherche l’ampleur d’une production pop internationale. Elle constitue l’un des premiers essais commerciaux du label avec un groupe extérieur aux Beatles.

La réception du disque varie considérablement selon les territoires. L’absence d’un grand succès britannique ne signifie pas que la musique ait été ignorée partout. La fiche du 45 tours APPLE 5 permet de suivre la sortie, ses étiquettes et les différences entre éditions.

Dear Angie : l’étape suivante du catalogue

En 1969, Dear Angie apparaît sous le nom des Iveys dans certains territoires, alors que la référence britannique APPLE 14 ne correspond pas à une commercialisation normale au Royaume-Uni. Cette différence entre réservation d’un numéro et sortie effective est typique du catalogue Apple, dont plusieurs séries comprennent des disques prévus, retirés ou exploités uniquement à l’étranger.

Le titre appartient au répertoire original du groupe et rappelle le rôle des quatre musiciens dans leurs propres compositions. Il ne suffit pas de connaître les singles pour comprendre cette période : les sessions de l’album permettent d’apprécier une palette de styles nettement plus large. La notice APPLE 14 décrit cette histoire.

Maybe Tomorrow, l’album de 1969 qui échappe au marché britannique

L’album Maybe Tomorrow est diffusé en 1969 dans plusieurs pays, notamment en Allemagne, en Italie et au Japon, mais il n’est pas commercialisé à l’époque sous une édition britannique ordinaire. On rencontre des références associées à la série SAPCOR 8 ainsi que des numéros locaux selon les marchés. Le contenu de l’album témoigne d’une formation pop-rock créative qui précède l’intervention de McCartney sur son premier grand succès international.

La publication fragmentée explique sa réputation d’album rare. Elle ne doit pas conduire à le qualifier d’enregistrement « jamais sorti ». Des exemplaires originaux existent bel et bien dans plusieurs pays. L’étude de l’album Maybe Tomorrow de 1969 permet d’en distinguer les différentes éditions.

Mal Evans et Tony Visconti dans les studios

Le travail des Iveys fait intervenir Mal Evans et Tony Visconti à la production. Plusieurs studios londoniens sont associés aux séances et les arrangements explorent la pop mélodique, les harmonies à plusieurs voix et des passages plus électriques. Ce matériau possède une vie autonome avant son recyclage éventuel dans l’univers Badfinger.

La complexité du catalogue tient à la réutilisation de certaines chansons. Une piste peut provenir des séances des Iveys, paraître d’abord sur un LP étranger, puis réapparaître dans un autre contexte après le changement de nom du groupe. Les notices doivent donc distinguer la date de l’enregistrement de celle de chacune de ses publications.

Pourquoi les Iveys deviennent Badfinger

L’arrivée du film The Magic Christian ouvre une nouvelle phase. Paul McCartney propose sa chanson Come and Get It, conçue pour la bande originale. Dans le même temps, le groupe adopte le nom Badfinger avant la sortie de ce titre à la fin de 1969. Ron Griffiths quitte la formation et Joey Molland la rejoint, ce qui modifie aussi l’effectif.

Le passage d’un nom à l’autre n’est pas seulement une opération publicitaire : il correspond à une période de réorientation artistique, commerciale et personnelle. Le succès de Come and Get It place Badfinger dans une autre catégorie de visibilité. Le portrait de Badfinger chez Apple suit cette évolution à partir de 1970.

Comparer les pressages sans mélanger deux périodes

Les collectionneurs doivent séparer la période Iveys des sorties ultérieures sous le nom Badfinger. APPLE 5 et les éditions étrangères de Maybe Tomorrow appartiennent à la première ; APPLE 20, No Matter What et les albums Magic Christian Music ou Straight Up relèvent de la seconde. Un morceau réédité avec une nouvelle pochette ne change pas rétroactivement l’identité du premier disque.

Cette distinction est utile aux chercheurs, mais aussi aux nouveaux auditeurs. Elle aide à comprendre la trajectoire de Pete Ham et Tom Evans depuis les espoirs suscités par leur signature jusqu’à l’affirmation de leur répertoire. The Iveys méritent une place propre dans une encyclopédie Apple Records.

APPLE 14 : le paradoxe d’un single retiré à Londres et vendu en Europe

Le projet APPLE 14 des Iveys, « No Escaping Your Love » / « Dear Angie », n’a pas été commercialisé normalement au Royaume-Uni en 1969. Pourtant, des éditions continentales existent, notamment en Suède sous APPLE 14 et en France sous 2C 006-90.493 M. Ces dernières sont répertoriées avec « Dear Angie » en face principale. Le statut britannique d’un numéro ne doit donc pas être reporté mécaniquement sur les autres pays.

Cette distinction est particulièrement importante avant le changement de nom du groupe en Badfinger. Une copie d’époque attribuée aux Iveys ne doit pas être reclassée rétroactivement sous le nouveau nom. Le numéro de vente, l’ordre des faces, les sociétés de droits et les matrices permettent de comparer les éditions sans confondre disque européen vendu et projet britannique abandonné.

Questions fréquentes

Les Iveys et Badfinger sont-ils le même groupe ?

Badfinger naît des Iveys à la fin de 1969, avec un changement de nom puis une évolution de la formation.

Maybe Tomorrow est-il sorti en album au Royaume-Uni en 1969 ?

Non. Le LP est publié dans plusieurs autres pays, notamment en Allemagne, en Italie et au Japon.

Quel est le premier 45 tours Apple des Iveys ?

Maybe Tomorrow / And Her Daddy’s a Millionaire, APPLE 5, en novembre 1968.

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