APPLE RECORDS · ÉDITIONS INTERNATIONALES · SUÈDE

Apple Records en Suède : les singles, références 4E et pressages de 1968 à 1975

La discographie suédoise d’Apple Records ne se confond pas avec les catalogues britannique ou américain : aux numéros APPLE et R s’ajoutent des références nationales 4E. Entre les Beatles, Mary Hopkin, Badfinger, Billy Preston et les carrières solo, le pays offre un excellent observatoire de la circulation du label.

1968 : Apple arrive dans un marché déjà structuré par EMI

La création d’Apple Records en 1968 ne signifie pas la disparition immédiate de toutes les références familières aux acheteurs scandinaves. Le label des Beatles doit travailler avec un réseau de distribution national, des circuits de pressage et un public habitué aux disques Parlophone et Odeon. La pomme devient un signe visible sur certaines éditions, tandis que les numéros peuvent conserver une parenté avec le Royaume-Uni.

Les deux sorties emblématiques de l’été 1968 sont « Hey Jude » / « Revolution », enregistré sous la référence R 5722 dans les catalogues suédois, et « Those Were the Days » / « Turn Turn Turn » de Mary Hopkin, référencé APPLE 2. Cette proximité avec les numéros anglais contraste avec les séries nationales utilisées ultérieurement. Le collectionneur ne doit donc pas inférer le pays de pressage d’une seule référence APPLE ou R.

1969 : Mary Hopkin, les Iveys, Billy Preston et le Radha Krishna Temple

Le catalogue suédois témoigne de la diversité d’Apple. Mary Hopkin y apparaît avec « Goodbye » / « Sparrow » sous APPLE 10 ; Billy Preston avec « That’s the Way God Planned It » / « What About You » sous APPLE 12 ; et les Iveys avec « Dear Angie » / « No Escaping Your Love » sous APPLE 14. La dernière référence est particulièrement instructive, puisque le disque ne fut pas commercialisé de la même façon au Royaume-Uni. Une référence associée à un projet britannique retiré peut parfaitement correspondre à une édition publiée dans un autre pays.

Le Radha Krishna Temple est représenté par « Hare Krishna Mantra » / « Prayer to the Spiritual Masters », APPLE 15. Le groupe Trash — auparavant White Trash — illustre, avec « Golden Slumbers / Carry That Weight » / « Trash Can », APPLE 17, l’existence de disques liés au répertoire des Beatles mais destinés à d’autres artistes. Ces exemples empêchent de réduire Apple en Suède à une simple collection de singles du quatuor.

Les singles des Beatles : de Hey Jude à Let It Be

Plusieurs disques des Beatles conservent la série R : « Get Back » / « Don’t Let Me Down » apparaît sous R 5777, « The Ballad of John and Yoko » / « Old Brown Shoe » sous R 5786, « Something » / « Come Together » sous R 5814 et « Let It Be » / « You Know My Name (Look Up the Number) » sous R 5833. La présence de la pomme n’implique pas que tous les disques commercialisés au nom des Beatles reçoivent une numérotation APPLE propre.

La Suède possède aussi le 45 tours « Back in the U.S.S.R. » / « Don’t Pass Me By », SD 6061, publié en 1969. Il ne s’agit pas du même objet discographique qu’un album britannique portant ces chansons : c’est un couplage autonome avec sa propre histoire nationale. L’inventaire de collection doit signaler ce statut plutôt que présenter toutes les éditions internationales comme des variantes de disques britanniques identiques.

La famille 4E : un autre système de référence

Autour de 1970, la numérotation 4E est particulièrement utile pour reconnaître le marché suédois. Le « My Sweet Lord » / « Isn’t It a Pity » de George Harrison figure sous 4E 006-92053 M, tandis que « Beaucoups of Blues » / « Coochy-Coochy » de Ringo Starr porte la référence 4E 006-04645 M. Le single des Beatles « The Long and Winding Road » / « For You Blue » est répertorié sous 4E 006-04514 M. Les chiffres changent selon les territoires même lorsque les enregistrements restent les mêmes.

En 1971, « What Is Life » / « Apple Scruffs » de George Harrison apparaît sous 4E 006-04751 M ; « Another Day » / « Oh Woman, Oh Why » de Paul McCartney sous 4E 006-04758 M ; « Power to the People » / « Open Your Box », associant John Lennon et Yoko Ono, sous 4E 006-04766 M. La série facilite des concordances avec d’autres marchés EMI mais ne prouve ni le lieu précis de fabrication ni une identité complète de la pochette.

Badfinger et le cas d’APPLE 31

Le catalogue suédois propose « Come and Get It » / « Rock of All Ages » de Badfinger sous APPLE 20 et « No Matter What » / « Better Days » sous APPLE 31. Ce dernier 45 tours permet une comparaison intéressante avec le Royaume-Uni, où le couplage est semblable, et avec les États-Unis, où la face complémentaire n’est pas la même. L’affichage d’APPLE 31 en Suède ne permet pourtant pas d’affirmer qu’un pressage suédois utilise exactement les mêmes étiquettes et matrices qu’un exemplaire britannique.

Une bonne fiche doit noter le pays indiqué sur la copie, l’étiquette et sa mise en page, les sociétés de droits, le centre du 45 tours et les inscriptions dans la cire morte. Les catalogues en ligne enregistrent parfois plusieurs années ou graphismes pour une référence : la documentation d’un exemplaire précis passe avant une chronologie imaginée des tirages.

La pochette, l’étiquette et la matrice : trois preuves différentes

Une pochette imprimée pour un réseau scandinave, une étiquette portant un numéro 4E et une matrice qui renvoie à une coupe étrangère ne sont pas des données contradictoires. Elles décrivent trois niveaux de la chaîne de fabrication. Le papier et les crédits typographiques peuvent appartenir au marché de destination, tandis que la bande-mère et certains outils industriels proviennent d’un autre centre. Ce scénario doit être établi au cas par cas, sans deviner une usine à partir de la seule pomme Apple.

Pour un exemplaire suédois, il est recommandé de relever le texte exact des deux faces, la disposition du crédit d’auteur, le type de centre, le code dans la cire morte, la pochette et sa provenance. Une photographie couleur seule n’autorise pas à conclure qu’un disque a été fabriqué sur vinyle de couleur, ni que l’étiquette représente un premier pressage.

Situer la Suède dans la discographie internationale

Les références suédoises montrent la nécessité d’un index par pays, mais aussi de liens entre les études nationales et les fiches des chansons. Le lecteur qui consulte « My Sweet Lord » doit pouvoir comparer le Royaume-Uni, l’Allemagne et la Suède ; celui qui s’intéresse à APPLE 14 doit comprendre la différence entre l’enregistrement, le projet britannique non publié et l’édition étrangère commercialisée.

Le présent panorama retient des références documentées pour éclairer les grandes familles de disques Apple. Il ne prétend pas dresser la liste de tous les tirages, variations de rondelles de pressage et pochettes suédoises. L’inventaire est appelé à être lu comme une discographie critique : chaque édition possède une identité matérielle qui doit être vérifiée sur la copie.

De 1972 à 1975 : Wings, Ringo Starr et les derniers grands singles Apple

L’histoire d’Apple en Suède se poursuit au-delà des années fondatrices. En 1972, « Give Ireland Back to the Irish » de Wings est répertorié sous R 5936 ; « Back Off Boogaloo » / « Blindman » de Ringo Starr apparaît sous R 5944. La série 4E reste utilisée, notamment pour « Hi, Hi, Hi » / « C Moon » des Wings, 4E 006-05208, et pour « All Together Now » / « Hey Bulldog » des Beatles, 4E 006-04982. Ce dernier disque montre que les catalogues nationaux pouvaient continuer à exploiter le répertoire du groupe après sa séparation.

En 1973, le panorama suédois comprend « My Love » / « The Mess » de Paul McCartney et Wings, 4E 006-05301 ; « Live and Let Die » / « I Lie Around », R 5987 ; « Give Me Love » / « Miss O’Dell » de George Harrison, R 5988 ; « Photograph » / « Down and Out » de Ringo, R 5992 ; ainsi que « Helen Wheels » / « Country Dreamer », R 5993, et « Mind Games » / « Meat City » de John Lennon, R 5994. Ces références montrent la coexistence durable des séries 4E et R pour des artistes désormais engagés dans leurs carrières personnelles.

En 1974, « You’re Sixteen » / « Devil Woman » de Ringo est signalé sous R 5995, « Whatever Gets You Thru’ the Night » / « Beef Jerky » de Lennon sous R 5998 et « Junior’s Farm » / « Sally G » de Wings sous R 5999. Pour 1975, l’évolution des accords de distribution et des catalogues oblige à examiner les disques individuellement : une continuité commerciale du nom Apple ne constitue pas à elle seule une preuve de fabrication suédoise ni d’une nouvelle édition. Ces derniers numéros prolongent ainsi le panorama sans transformer une chronologie nationale sélective en inventaire supposément exhaustif.

Questions fréquentes

Pourquoi les disques Apple suédois portent-ils parfois APPLE et parfois 4E ? Les séries reflètent différents systèmes de numérotation utilisés dans les réseaux de commercialisation.

Le « Dear Angie » des Iveys est-il resté inédit partout ? Non. APPLE 14 est répertorié en Suède, même si sa publication britannique fut abandonnée.

Un numéro R signifie-t-il que le disque n’est pas un Apple ? Non. Les Beatles ont conservé plusieurs références héritées du système Parlophone/EMI.

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Suède et Finlande : le cas scandinave de SD 6061

« Back in the U.S.S.R. » / « Don’t Pass Me By » figure sous SD 6061 dans plusieurs pays nordiques. La Suède possède une édition Apple de mars 1969 ; la Finlande est également associée à cette référence, mais des descriptions discographiques signalent sa circulation par l’intermédiaire du marché suédois. Le numéro ne peut donc pas être présenté comme exclusivement national.

Cette observation remet en perspective les différences de typographie et de pochette. Une inscription NCB, un label Apple ou un centre particulier ne démontrent pas à eux seuls le lieu de fabrication. Le même titre doit être examiné avec ses matrices et les autres inscriptions. Pour le collectionneur, la distinction entre édition destinée à un pays, copie importée et disque pressé localement est essentielle, même lorsque les références commerciales coïncident.

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La Suède conserve des disques abandonnés au Royaume-Uni

Le single « Dear Angie » / « No Escaping Your Love » des Iveys est connu en Suède sous APPLE 14 en 1969. Cette existence matérielle est essentielle : APPLE 14 n’a pas fait l’objet d’une commercialisation britannique normale, mais le statut du disque suédois n’est pas celui d’un simple projet. Il faut conserver l’ordre des faces réellement imprimé et l’attribution aux Iveys, avant leur changement de nom en Badfinger.

D’autres références Apple se croisent avec les séries suédoises 4E et les numéros conservés d’EMI. Une copie portant le même titre qu’un disque britannique ne doit pas être classée comme export anglais sans comparaison des matrices, de la typographie et du pays indiqué. Les pochettes suédoises peuvent aussi être associées à des vinyles importés, ce qui exige de décrire chaque composant séparément.

Les singles Apple en Suède et la différence des programmes nationaux

La Suède a publié des disques Apple parfois retirés au Royaume-Uni, notamment des titres des Iveys. Cette autonomie explique pourquoi une discographie suédoise ne peut être reconstituée à partir d’une liste anglaise. Les exemples américains « How the Web Was Woven » ou « Woman Power » montrent la même nécessité de lire les deux faces : l’ordre et la face B peuvent changer d’un marché à l’autre. Les numéros 4E, les éditeurs et la fabrication suédoise doivent être relevés sur les exemplaires.

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Suède et Allemagne : 4E et 1C ne sont pas des numéros Apple anglais

Les séries 4E rencontrées en Suède et 1C employées en Allemagne correspondent à des systèmes nationaux. L’existence d’un 45 tours suédois Apple n’implique pas qu’un numéro R ou APPLE britannique ait exactement le même programme et la même date. Les éditions locales de titres des Beatles doivent donc être répertoriées à partir de leurs deux faces et de leur support propre.

La comparaison avec les disques allemands aide à comprendre le rôle des filiales et fabricants dans l’Europe du disque des années 1960–1970. Une pochette semblable ne démontre pas une copie identique ; texte du label, matrice et caractéristiques du centre peuvent varier. Les publications nationales éclairent précisément les limites d’une discographie fondée uniquement sur Londres.

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