APPLE RECORDS · PRESSAGES · ÉTIQUETTES ORIGINALES
Disques Apple britanniques : dater les étiquettes Sold in U.K. (1968–1969)
Sur les premiers disques Apple britanniques, une formule relative aux conditions de revente constitue un indice de datation bien plus sérieux qu’une nuance de vert. Sa disparition au cours de 1969, puis les changements de formulation EMI, aident à distinguer les états d’étiquette.
Un texte légal transformé en indice historique
Sur les premiers disques Apple vendus au Royaume-Uni, on rencontre la formule « Sold in U.K. subject to resale price conditions, see price lists ». Ce texte accompagne le système de distribution d’EMI et figure aussi sur d’autres labels britanniques avant Apple. Il n’a pas été imaginé spécialement pour les Beatles : son intérêt vient de son usage dans une période désormais assez bien définie.
La mention est caractéristique de nombreuses rondelles d’origine de la fin des années 1960, avant sa suppression au cours de l’été 1969. Lorsque deux copies du même album la présentent ou non, on dispose d’un premier indice de génération. Il ne faut pourtant pas attribuer immédiatement une date exacte à chaque copie : les stocks d’étiquettes ont pu être utilisés à des moments différents.
1968 : la première pomme britannique
Les disques du lancement Apple portent une pomme entière sur la première face et une moitié coupée sur la seconde. Le fond vert peut apparaître plus ou moins sombre selon l’impression, la photographie et le vieillissement. Cette teinte est un critère fragile ; les crédits d’éditeur, la mention légale, les numéros de matrice et les inscriptions autour du centre permettent des comparaisons plus précises.
Le single « Hey Jude » / « Revolution », R 5722, sort en août 1968 sur Apple. Il conserve le préfixe R héritier du système Parlophone, même si le graphisme change. D’autres publications Apple, notamment celles de Mary Hopkin et Jackie Lomax, utilisent la série APPLE. Ces références ne doivent pas être prises pour une classification de la couleur de l’étiquette.
Le White Album et l’absence de la mention EMI
Le double album « The Beatles » de novembre 1968 présente plusieurs états d’étiquette étudiés par les collectionneurs. Certaines premières copies ne portent pas « An E.M.I. Recording », alors que des tirages très proches corrigent rapidement cette omission. La formule « Sold in U.K. » demeure sur ces différentes présentations initiales, ce qui montre que deux lignes de texte peuvent évoluer indépendamment.
Pour classer une copie du White Album, il faut relever les quatre faces, car deux disques différents composent l’album. La présence de la formule de revente et l’omission du crédit EMI ne suffisent pas à établir l’intégralité du pressage sans les matrices et la pochette. Un coffret ou une couverture numérotée peut avoir été remplacé au cours du temps.
An EMI Recording : d’une ligne à deux lignes
Les variantes précoces du White Album montrent un crédit « An EMI Recording » d’abord absent sur certains labels, puis ajouté dans une disposition sur une ligne. D’autres copies présentent la formulation sur deux lignes, avec une typographie et un espacement différents. Il s’agit d’états de composition du texte, pas d’une nouvelle session d’enregistrement.
Le collectionneur doit distinguer ces variantes d’une autre erreur possible, par exemple un caractère mal placé dans un titre. Toutes les erreurs imprimées ne se rencontrent pas sur toutes les faces ; le relevé de l’ensemble de l’album est essentiel. Des étiquettes partiellement différentes peuvent avoir été assemblées à la fabrication sans que cela constitue une édition commerciale autonome.
Juillet 1969 : un changement de formule
À la mi-1969, la mention de conditions de revente disparaît progressivement des nouvelles étiquettes EMI britanniques. Les copies Apple sans cette ligne appartiennent donc généralement à une phase ultérieure à celles qui la portent. Cette transition est un outil de classement efficace pour les premiers albums et singles du catalogue.
Il faut toutefois veiller à ne pas présenter le 1er juillet comme une date précise de tirage de tous les disques. Une date de changement de procédure commerciale ne se traduit pas nécessairement par l’épuisement immédiat de chaque stock d’étiquettes dans les ateliers. Une copie sans la formule peut avoir été pressée à partir d’une matrice ancienne, et l’inverse doit être examiné avec prudence.
Le cas de Zapple Records en 1969
Les deux albums du sous-label expérimental Zapple, « Unfinished Music No. 2: Life with the Lions » de John Lennon et Yoko Ono, et « Electronic Sound » de George Harrison, sont publiés en 1969. Les étiquettes Zapple peuvent elles aussi apparaître avec ou sans la formule de revente britannique. Ce détail constitue un moyen d’étudier la chronologie matérielle de ces albums, malgré la courte existence de la marque.
L’absence de la mention ne démontre pas l’existence d’un troisième album Zapple commercialisé. Les projets non publiés et les variantes de pressage sont deux catégories distinctes. Une notice sur Zapple doit conserver cette différence, tout en relevant ses numéros et les inscriptions de ses véritables disques.
Les matrices du White Album : preuve complémentaire
Sur les premières copies stéréo britanniques, les faces du White Album portent les matrices de famille YEX 709, 710, 711 et 712. Le suffixe et les marques de fabrication aident à situer les coupes. Ces inscriptions ne sont pas des numéros de pochette : elles concernent le matériau sonore gravé et ses étapes industrielles.
Une copie affichant la mention « Sold in U.K. » peut donc être décrite avec des données plus solides lorsque ses matrices sont transcrites intégralement. À l’inverse, deux albums portant un même numéro de couverture peuvent contenir des disques de familles de coupes différentes. Le collectionneur doit se garder de présenter le numéro imprimé sur la couverture blanche comme un certificat d’ordre de fabrication.
Quatre critères à conserver pour chaque disque
Pour une fiche précise, on relèvera d’abord la formule de revente, la forme exacte du crédit EMI, le numéro commercial et les inscriptions de matrice. Le cas échéant, on ajoutera le tax code, les crédits d’édition, le type de centre pour un single et la pochette avec ses éventuels inserts. La présence de la pomme ne remplace aucun de ces critères.
Cette méthode protège contre les descriptions commerciales qui confondent premier état imprimé, première date de vente et copie de toute première fabrication. Pour la période 1968–1969, une formulation prudente vaut mieux qu’une affirmation à la journée près non démontrée par des archives.
Questions fréquentes
La mention Sold in U.K. indique-t-elle toujours 1968 ? Non. Elle figure également sur des pressages du premier semestre 1969.
Son absence signifie-t-elle une réédition des années 1970 ? Pas forcément. La formule disparaît au cours de 1969.
Pourquoi vérifier An EMI Recording ? Sa présence et sa disposition aident à différencier les premières étiquettes du White Album.
Explorer les pressages Apple Records
Apple Records : identifier les pressages rares
Explorez huit enquêtes sur les étiquettes et pochettes Apple de 1968 à 1976 : Canada, États-Unis et Royaume-Uni.
Canada : ateliers et pochettes
États-Unis : lancement et étiquettes
Royaume-Uni : identifier les premiers tirages
Sold in U.K. : un indice datable, mais pas un calendrier au jour près
La mention Sold in U.K. subject to resale price conditions est un repère important sur certaines étiquettes britanniques Apple de la fin des années 1960. Sa présence peut aider à distinguer une génération de rondelles, mais elle n’établit pas à elle seule une date de fabrication précise. L’évolution des textes légaux et de la mention EMI ne s’est pas traduite partout par un remplacement instantané des stocks.
Pour identifier un exemplaire, il faut associer le texte, les matrices, la présentation du centre et les caractéristiques des autres mentions. Une absence de formule ne suffit pas à qualifier automatiquement le disque de réédition tardive. Les pressages sous-traités et les différences entre albums et singles imposent d’éviter une grille de datation trop mécanique.












