APPLE RECORDS · ÉTATS-UNIS · PRESSAGES ET 1968
Hey Jude 2276 aux États-Unis : les premières étiquettes Apple de 1968
Le 26 août 1968, « Hey Jude » / « Revolution » fait découvrir Apple Records aux acheteurs américains. Derrière le même numéro 2276, les exemplaires de Los Angeles et de Scranton révèlent plusieurs états d’étiquette : un sujet central pour dater une copie sans confondre le succès de la chanson avec la fabrication du vinyle.
Le disque fondateur du lancement américain
Le 45 tours américain « Hey Jude » / « Revolution » paraît sur Apple le 26 août 1968 sous le numéro 2276. Ce dernier appartient au catalogue américain de Capitol, puisque les Beatles sont liés à l’entreprise par leurs accords de publication. Les trois autres disques du lancement portent les références 1800, 1801 et 1802, utilisées pour les nouveaux artistes du label. Le disque des Beatles est ainsi le premier témoin d’une dualité qui marquera les éditions Apple : marque commune et numérotation nationale distincte.
Avec ses sept minutes et onze secondes indiquées sur les copies courantes, « Hey Jude » défie la durée habituelle d’un single américain de l’époque. La face B, « Revolution », possède une énergie très différente. Le programme musical reste le même lorsque les inscriptions de l’étiquette changent ; il ne faut pas assimiler une variation typographique à un enregistrement alternatif.
La première variante de Los Angeles : une composition encore incomplète
Les toutes premières copies californiennes sont recherchées parce que leur étiquette ne présente pas l’ensemble des mentions que l’on rencontre sur les tirages ultérieurs. Les crédits de production et certaines indications de provenance de l’enregistrement sont absents ; la matrice commerciale ne figure pas non plus sous la référence 2276 sur certains états. Ces détails correspondent à un habillage initial rapidement rectifié.
Le pressage de Los Angeles peut être associé à une étoile frappée dans la cire morte, marque industrielle qui oriente vers cette usine. Il ne faut cependant pas conclure sur la simple présence d’un astérisque imprimé dans une reproduction de catalogue. La marque doit être examinée sur la gravure de l’exemplaire. Le verso de la pochette, lorsqu’il est présent, peut également aider à situer l’objet.
La première variante de Scranton : les numéros de matrice visibles
Le site de Scranton a produit ses propres exemplaires en 1968. Sur un état de l’étiquette, les numéros 45-X-46434 pour « Hey Jude » et 45-X-46435 pour « Revolution » apparaissent aux côtés de la référence 2276. Cette présence distingue visuellement certaines copies de Scranton des premières copies de Los Angeles dépourvues de ces chiffres imprimés. Il ne faut pas confondre ces numéros avec une preuve de coupe spécifique : ce sont d’abord des identifiants de faces.
Les détails de la cire morte restent nécessaires pour distinguer une matrice commerciale imprimée sur papier d’une identification d’usine gravée dans le disque. Des exemplaires Scranton sont documentés avec une marque frappée d’usine « IAM » et des variantes de lettres de coupe. L’identification doit porter sur les deux faces, car les informations visibles sur la face A ne racontent pas forcément toute l’histoire de fabrication.
Les crédits de George Martin et la mention Recorded in England
De nouvelles versions du libellé ajoutent les informations de production par George Martin et l’indication « Recorded in England ». On voit ainsi évoluer la mise en page entre les premiers états du disque et des réimpressions de la même année. Sur certains exemplaires, la référence de matrice est imprimée et le crédit du producteur occupe une ligne verticale ; sur d’autres, les formulations se répartissent différemment.
Ces évolutions doivent être décrites comme des états d’étiquette. Il est tentant d’attribuer à chaque nouvelle ligne de texte une date précise, mais la fabrication industrielle ne change pas toujours instantanément d’un atelier à l’autre. Un stock de rondelles anciennes peut être utilisé alors qu’une autre usine a déjà adopté la composition suivante.
L’information sur la pomme coupée
Le texte imprimé autour du bord de la rondelle constitue un autre repère. Les premières copies américaines peuvent afficher la mention de fabrication d’Apple Records, Inc. sur la face à la pomme coupée. Des états ultérieurs comportent le logo Capitol dans la bordure du verso, puis les mentions de fabrication évoluent avec les rééditions. Le lecteur ne doit pas se contenter d’une photographie de la pomme entière pour attribuer un tirage.
La position horizontale ou verticale des titres sur le verso peut elle-même changer au cours des années. L’identité commerciale de 2276 se maintient alors que ses rondelles et son entourage légal se transforment. Le fait qu’un disque porte la célèbre pomme ne signifie donc pas qu’il provient automatiquement du premier mois du label.
Mono, matrices et sillon : ne pas confondre les niveaux
L’édition américaine originale de « Hey Jude » / « Revolution » est un single mono. Un pressage d’époque doit être confronté à cette configuration, sans supposer qu’une copie portant le même numéro vingt ans plus tard reproduit exactement les mêmes caractéristiques. Les rééditions Capitol et Apple peuvent ajouter de nouvelles mentions, de nouveaux éléments graphiques ou d’autres matrices tout en conservant le couplage de chansons.
Le numéro 45-X-46434 identifie la face principale dans les documents de pressage et 45-X-46435 la seconde. Les suffixes gravés, les marques d’usine et les repères de coupe doivent être transcrits tels quels. Il serait fautif de décrire « 45-X-46434 » comme le numéro commercial, lequel demeure 2276.
Une première édition ne se reconnaît pas à la seule pochette
Le disque a existé dans les enveloppes noires Apple destinées aux 45 tours américains. La campagne promotionnelle de lancement comprenait en outre des ensembles de présentation particuliers pour la presse et la radio. Une pochette de collection retrouvée autour du disque ne prouve ni l’existence d’un tirage à pochette illustrée commerciale ni l’origine promotionnelle de l’exemplaire.
Pour dresser une fiche complète, on notera les inscriptions de la pomme entière, celles de la pomme coupée, l’usine identifiée par la cire morte, la présence des crédits du producteur, le type d’enveloppe et, lorsque c’est connu, la provenance. Le disque devient alors un document de fabrication et non un simple souvenir du succès planétaire des Beatles.
Distinguer l’édition américaine des copies canadiennes
La référence 2276 existe aussi au Canada. Les copies canadiennes se caractérisent généralement par une disposition latérale des inscriptions sur la pomme coupée, différente des premiers labels américains, et des indices de fabrication Compo ou RCA. Une édition portant 2276 ne doit donc jamais être classée automatiquement « USA ». Les disques fabriqués au Canada peuvent également être accompagnés de pochettes particulières.
L’identification du lieu de presse est un travail comparatif : matrice, relief du vinyle, composition de l’étiquette et origine de la pochette apportent chacun une partie de la réponse. C’est à ce niveau que la discographie Apple s’enrichit réellement, bien au-delà d’une succession de titres et de dates.
Questions fréquentes
Quel numéro porte Hey Jude aux États-Unis ? Apple 2276, et non APPLE 1.
Pourquoi deux étiquettes de 1968 affichent-elles des crédits différents ? Les premiers libellés ont été modifiés au cours de la fabrication et de la distribution.
Le numéro 2276 prouve-t-il un pressage américain ? Non. Le même numéro existe au Canada, avec d’autres indices d’usine.
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