APPLE RECORDS · ALBUM · 1970
Encouraging Words de Billy Preston : My Sweet Lord et All Things Must Pass avant George Harrison
Encouraging Words, deuxième album Apple de Billy Preston, témoigne d’une collaboration exceptionnelle avec George Harrison. Publié en 1970 sous la référence SAPCOR 14, le disque comprend treize titres, parmi lesquels « My Sweet Lord » et « All Things Must Pass ». Les versions de Preston éclairent une période décisive de la création post-Beatles, tout en conservant la personnalité soul et gospel du chanteur.
Un deuxième album au cœur de la transition post-Beatles
En 1970, Billy Preston possède déjà une relation musicale solide avec les Beatles, notamment à travers son jeu de piano électrique sur « Get Back ». Son premier album pour Apple, That’s the Way God Planned It, a confirmé sa capacité à unir musique populaire, gospel et jeu de clavier particulièrement expressif.
Encouraging Words approfondit cette recherche. George Harrison participe de nouveau à la production et apporte plusieurs chansons de son répertoire alors en pleine transformation. L’album s’inscrit dans la période où les quatre Beatles développent progressivement leurs projets indépendants.
Preston ne se contente toutefois pas de reprendre des compositions de Harrison. Il propose ses propres chansons, ses arrangements et une manière d’interpréter qui fait passer les thèmes spirituels par une énergie de soul américaine. Le rapprochement des deux artistes tient à leur intérêt partagé pour une musique porteuse de convictions.
Les treize titres de l’édition originale
Le disque comporte treize chansons. Face A : « Right Now », « Little Girl », « Use What You Got », « My Sweet Lord », « Let the Music Play » et « The Same Thing Again ».
Face B : « I’ve Got a Feeling », « Sing One for the Lord », « When You Are Mine », « I Don’t Want You to Pretend », « Encouraging Words », « All Things Must Pass » et « You’ve Been Acting Strange ». Cette seconde face présente une succession particulièrement révélatrice du mélange entre soul, gospel et chansons liées aux Beatles.
La configuration en deux faces doit être distinguée des rééditions qui ajoutent « As Long As I Got My Baby », « All That I’ve Got (I’m Gonna Give It to You) » ou « How Long Has the Train Been Gone ». Ces titres appartiennent aux archives et aux publications parallèles ; ils ne font pas partie du programme original de treize pistes.
Le fait que plusieurs chansons de Harrison apparaissent sur le disque ne doit pas effacer les compositions de Preston. « Right Now » et « Encouraging Words » donnent au LP sa continuité et participent à la construction de sa personnalité artistique.
My Sweet Lord : Billy Preston, George Harrison et une chronologie à préciser
« My Sweet Lord » est une composition de George Harrison. Preston en enregistre une version pour Encouraging Words, quelques semaines avant ou autour de la publication de la célèbre interprétation de Harrison sur All Things Must Pass. Ces deux enregistrements possèdent des arrangements et des voix distincts.
La version de Preston met davantage l’accent sur la tradition du gospel américain. La progression harmonique et le texte de dévotion trouvent une expression naturellement liée au timbre de sa voix. Son interprétation permet d’entendre comment une composition circule entre deux artistes proches, sans devenir une œuvre collective signée des Beatles.
Une chronologie sérieuse doit séparer la date de composition, les prises enregistrées pour Preston, les séances de Harrison et la mise en vente de chaque LP. Dire que Preston « reprend » simplement un tube de Harrison déjà publié dans sa forme définitive peut être trompeur.
La chanson offre aussi une transition entre deux activités d’Apple : l’accompagnement de musiciens extérieurs et la publication des premières grandes œuvres solos de ses fondateurs.
All Things Must Pass et Sing One for the Lord
« All Things Must Pass » figure sur l’album de Preston dans une interprétation qui met en valeur les claviers et la profondeur de sa voix. Harrison utilisera également ce titre pour son propre triple album de 1970, où il deviendra une pièce essentielle de son parcours personnel.
« Sing One for the Lord » rapproche explicitement les deux musiciens au niveau de la composition. Elle exprime une forme de foi musicale partagée qui traverse les séances Apple de cette période. L’interprétation de Preston conserve néanmoins la pulsation et les inflexions du gospel.
« I’ve Got a Feeling », titre associé aux sessions finales des Beatles, prend une autre couleur dans sa version. C’est un exemple de chanson dont le nom reste familier à l’amateur des Beatles mais dont l’interprétation et la production doivent être traitées comme un enregistrement autonome.
Ces trois titres soulignent la densité des échanges musicaux de 1969–1970. Ils ne constituent pas un argument pour attribuer le LP entier à George Harrison : il s’agit bien d’un album de Billy Preston.
George Harrison et l’équipe de production
Harrison supervise une partie majeure du travail, tandis que Preston joue les claviers et chante l’ensemble du répertoire. Les arrangements laissent place aux instruments rythmiques, aux chœurs et à une production qui sait alterner passages denses et moments plus retenus.
Le disque doit être replacé dans l’activité d’Apple à une époque où plusieurs projets passent par les mêmes studios et musiciens. Les crédits précis peuvent varier selon les morceaux ; une liste générale de participants ne doit pas être convertie en attributions instrumentales sur chaque chanson.
Cette démarche explique l’importance de conserver les informations imprimées sur les pochettes. Les paroles, les auteurs, le producteur et les éventuelles contributions particulières constituent des données distinctes dans une notice encyclopédique.
SAPCOR 14 et ST-3370 : distinguer Royaume-Uni et États-Unis
Le 33 tours britannique porte la référence SAPCOR 14. L’édition américaine est numérotée ST-3370, dans la série distribuée par Capitol. Les deux publications appartiennent à l’année 1970 mais ne doivent pas être confondues matériellement.
Les variantes de couleur, de typographie et de texte périphérique doivent être rapprochées des matrices. Les rééditions des décennies suivantes peuvent reproduire l’image de la pomme tout en utilisant d’autres numéros et d’autres masters.
Une notice de collection distingue le LP d’origine, les singles de la même période et les pistes ajoutées en CD. Cette structure permet d’étudier la musique sans attribuer à tort un bonus de 2010 à un pressage de 1970.
Pour approfondir, consulter le premier album de Preston, sa biographie Apple et le guide des pressages.
Questions fréquentes
Quelle est la référence britannique d’Encouraging Words ?
SAPCOR 14 ; aux États-Unis, ST-3370.
Combien de chansons compte le LP original ?
Treize.
Pourquoi My Sweet Lord figure-t-il sur ce disque ?
George Harrison propose la composition à Preston dans le contexte de leur collaboration de 1970.
L’album comporte-t-il une chanson des Beatles ?
Oui, Billy Preston interprète « I’ve Got a Feeling ».
Les bonus des rééditions étaient-ils sur le vinyle original ?
Non. Ils doivent être distingués des treize titres de 1970.












