APPLE RECORDS · SOUL ET GOSPEL · 1969

That’s the Way God Planned It de Billy Preston : le premier album Apple produit par George Harrison

Billy Preston est l’un des musiciens qui ont le plus directement relié l’histoire des Beatles à la soul et au gospel américains. Son premier album chez Apple, That’s the Way God Planned It, paraît en 1969 sous la référence britannique SAPCOR 9. George Harrison contribue à la production d’un disque où le piano, l’orgue et la voix de Preston demeurent au centre de douze chansons.

Billy Preston : de la scène soul à l’entourage des Beatles

Billy Preston possède une longue expérience musicale lorsqu’il rejoint l’environnement des Beatles. Organiste, pianiste et chanteur, il a grandi dans les traditions gospel et rhythm and blues américaines. Il accompagne déjà des artistes importants bien avant que son nom soit associé aux sessions filmées des Beatles en janvier 1969.

Son jeu de clavier contribue à transformer l’atmosphère des enregistrements d’Apple à Savile Row. Mais Preston n’est ni un musicien créé par les Beatles ni un simple figurant de leurs dernières séances. George Harrison s’intéresse à sa personnalité artistique et l’aide à développer une carrière discographique personnelle sous l’étiquette Apple.

Le contexte de son premier album Apple témoigne de cette volonté : réunir des chansons où l’énergie de la soul et la dimension spirituelle de la musique gospel peuvent côtoyer les techniques de production de la pop britannique.

George Harrison producteur, et les autres responsables de séances

La majeure partie de That’s the Way God Planned It est produite par George Harrison. Cette collaboration ne transforme pas les compositions de Billy Preston en chansons des Beatles : les thèmes et l’écriture témoignent d’abord de son univers musical.

Certains morceaux, parmi lesquels « Hey Brother » et « Keep It to Yourself », possèdent des crédits de production distincts liés à Wayne Schuler. Le programme de 1969 résulte donc de plusieurs étapes de travail, avec des enregistrements effectués entre Londres et les États-Unis.

La section rythmique, les guitares et les arrangements s’appuient sur des musiciens issus de différents milieux. Le piano et l’orgue de Preston donnent néanmoins au disque sa continuité sonore. Dans les titres les plus enlevés, le clavier dialogue avec la batterie et la basse plutôt que de se limiter à un accompagnement harmonique.

La présence de Harrison comme producteur doit être évaluée dans ce cadre précis. Elle n’implique pas qu’il joue sur chaque piste ou qu’il signe les compositions du programme.

Douze chansons, entre soul, blues, folk et spiritualité

Le programme original compte douze titres. Face A : « Do What You Want », « I Want to Thank You », « Everything’s All Right », « She Belongs to Me », « It Doesn’t Matter » et « Morning Star ».

Face B : « Hey Brother », « What About You », « Let Us All Get Together Right Now », « This Is It », « Keep It to Yourself » et « That’s the Way God Planned It ». La dernière chanson clôt le disque sur une dimension plus expansive qui devient rapidement l’un de ses repères majeurs.

« She Belongs to Me » est une composition de Bob Dylan ; elle montre que Preston peut faire sien un morceau de folk américain dans une interprétation nourrie de gospel et de blues. Plusieurs autres chansons sont écrites par lui seul ou avec Doris Troy, dont les relations musicales avec Apple méritent un examen particulier.

Les rééditions de 1991 puis de 2010 ajoutent des titres tels que « Through All Times », « As I Get Older » ou une prise différente de « That’s the Way God Planned It ». Ces pièces apportent des informations précieuses sur les séances, mais n’appartiennent pas aux douze morceaux de l’édition commerciale initiale.

That’s the Way God Planned It : un morceau qui dépasse l’album

La chanson-titre résume un aspect essentiel de Preston : elle utilise l’énergie et la confiance du gospel tout en adoptant une durée et une réalisation adaptées au public rock de l’époque. Le morceau constitue un pont entre les traditions musicales de Los Angeles et l’univers Apple de Londres.

Le titre paraît également en single. Une discographie doit distinguer la version du LP, les montages publiés en 45 tours et les interprétations données sur scène. Les différences de durée ne signifient pas nécessairement que plusieurs sessions complètes aient été enregistrées.

L’interprétation de Preston au Concert for Bangladesh en 1971 donnera à la chanson une visibilité nouvelle. Il faut conserver cet événement dans la chronologie de la carrière du musicien sans le confondre avec l’enregistrement de studio de 1969.

La portée historique du morceau tient dans cette continuité entre un album Apple, les relations avec Harrison et la place de Preston comme interprète autonome.

SAPCOR 9 au Royaume-Uni et ST-3359 aux États-Unis

L’album paraît au Royaume-Uni en août 1969 sous le numéro SAPCOR 9. L’édition américaine utilise ST-3359. Les dates précises de mise en vente peuvent varier selon les territoires et les opérations de distribution de Capitol.

Les pochettes, la bordure de texte des étiquettes et les matrices doivent être consignées pour reconnaître une fabrication d’origine. Une édition américaine ne doit pas être identifiée par le numéro britannique, même lorsqu’elle utilise le même programme musical.

Les copies postérieures reprennent parfois les couleurs ou la photographie de la couverture ancienne, mais ajoutent un code de catalogue ou des informations juridiques. Pour un inventaire rigoureux, il faut dissocier l’œuvre enregistrée et chaque objet édité.

Un premier LP qui annonce Encouraging Words

Le deuxième album Apple de Preston, Encouraging Words, prolonge cette relation avec Harrison tout en laissant une place supplémentaire aux chansons que l’ancien Beatle lui propose. Les deux projets constituent un ensemble discographique distinct des albums que Preston publiera ensuite chez A&M.

Il serait faux de classer les grands succès « Outa-Space » et « Will It Go Round in Circles » comme des disques Apple : ils appartiennent à une étape ultérieure de sa carrière. L’histoire du label repose justement sur cette capacité à distinguer une signature initiale et sa reconnaissance postérieure.

Le lecteur peut poursuivre avec le portrait de Billy Preston, le dossier « Get Back » avec les Beatles et la fiche consacrée à Encouraging Words.

Questions fréquentes

Qui produit le premier album Apple de Billy Preston ?

George Harrison supervise la majorité des titres, avec quelques productions distinctes.

Quel est le numéro du LP britannique ?

SAPCOR 9.

Combien de morceaux comprend l’original ?

Douze.

Preston interprète-t-il She Belongs to Me ?

Oui, il reprend la chanson de Bob Dylan.

Le disque du Concert for Bangladesh est-il le master original ?

Non. Il s’agit d’une interprétation publique de 1971 distincte de l’album de 1969.

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