APPLE RECORDS · JOHN LENNON · NEW YORK
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Elephant’s Memory n’est pas simplement le groupe qui accompagne John Lennon à New York. Formée avant leur rencontre, cette formation rock américaine possède ses propres compositions, un répertoire engagé et une personnalité musicale identifiable. Sa présence chez Apple Records se concrétise en 1972 par un album éponyme produit par Lennon et Yoko Ono, à distinguer des albums officiellement crédités au couple.
Un groupe new-yorkais qui existait avant la rencontre avec Lennon
Elephant’s Memory naît dans le paysage musical du New York de la fin des années 1960, marqué par la coexistence du rock psychédélique, des fanfares électriques, de la soul et des performances politiques. Stan Bronstein, saxophoniste, et Rick Frank, batteur, figurent parmi les figures centrales d’un groupe dont les effectifs et la musique évoluent. Le nom circule déjà avant que John Lennon ne s’installe aux États-Unis.
Une première visibilité du groupe est liée à la bande originale du film Midnight Cowboy (1969), où apparaît sa musique. Il serait donc faux de réduire Elephant’s Memory à une invention de Lennon ou à un pseudonyme de la Plastic Ono Band. Lorsque les artistes se rencontrent, la formation possède une trajectoire personnelle et une pratique de la scène fondée sur l’énergie collective.
L’histoire discographique doit respecter trois niveaux : les disques enregistrés avant Apple, les séances où le groupe accompagne Lennon et Ono et l’album paru sous son propre nom en 1972. Un même musicien peut participer à ces trois histoires sans que les albums deviennent interchangeables.
1971–1972 : Lennon et Yoko Ono rencontrent Elephant’s Memory
À New York, Lennon et Ono prennent part à des concerts, rencontres politiques et manifestations culturelles qui les rapprochent des musiciens de la contre-culture. Elephant’s Memory est particulièrement adapté à cette période : sa formation comprend des cuivres et une section rythmique capable de passer du blues au rock le plus direct.
Le groupe intervient dans les séances de Some Time in New York City, album signé John & Yoko / Plastic Ono Band avec Elephant’s Memory et Invisible Strings. Ce crédit complet est important : Elephant’s Memory fournit une part majeure de l’instrumentation, mais l’album demeure un disque de Lennon et Ono, construit autour de leurs propres chansons et prises de position.
Le répertoire comprend notamment « New York City », « Attica State », « Sunday Bloody Sunday » et « John Sinclair ». La force de frappe instrumentale du groupe leur apporte une couleur particulière. Elle ne doit pas masquer les responsabilités : les compositions, la production et les crédits d’artiste varient selon le morceau et l’édition du disque.
L’association s’étend aux performances publiques du couple. Pour une chronologie sérieuse, il faut distinguer les concerts, les apparitions télévisées et les prises de studio, sans fusionner toutes les participations sous un événement unique.
Elephant’s Memory (1972) : l’album Apple produit par John et Yoko
L’album Elephant’s Memory sort en 1972. L’édition américaine originale porte la référence SMAS-3389 ; l’édition britannique, publiée en novembre, porte SAPCOR 22. La production est créditée à John Lennon et Yoko Ono. Ces deux numéros décrivent des éditions territoriales d’un même album et non deux œuvres distinctes.
Le programme original compte dix morceaux : « Liberation Special », « Baddest of the Mean », « Cryin’ Blacksheep Blues », « Chuck’n Bo », « Gypsy Wolf », « Madness », « Life », « Wind Ridge », « Power Boogie » et « Local Plastic Ono Band ». L’ordre des deux faces mérite d’être conservé dans toute notice de pressage : la liste continue d’un CD moderne ne reproduit pas la matérialité du disque de 1972.
La musique mêle guitares épaisses, saxophone, basses souples et changements de rythme. Certaines chansons privilégient la contestation explicite ; d’autres se tournent vers une forme de rock énergique où la performance collective domine. L’album témoigne de ce que Lennon et Ono recherchent alors chez des musiciens capables de jouer sans chercher à reproduire les Beatles.
Il est donc pertinent de présenter cet album comme une collaboration de production, mais non de créditer indistinctement les dix chansons à Lennon. Les membres d’Elephant’s Memory participent eux-mêmes à leur écriture ; les informations de l’étiquette et de la pochette doivent être examinées piste par piste.
Une formation à plusieurs voix, guitares et saxophone
Les crédits de l’album rassemblent notamment Stan Bronstein au saxophone et au chant, Rick Frank à la batterie, Gary Van Scyoc à la basse, Wayne « Tex » Gabriel à la guitare et Adam Ippolito aux claviers. Cette diversité instrumentale explique l’identité sonore du groupe, bien loin d’un simple trio rock.
Lennon apparaît également à la guitare et au chant, Ono au chant, dans l’environnement de cet enregistrement. Leurs noms constituent naturellement un attrait pour les amateurs de Beatles, mais il faut partir de l’interprète figurant en grand sur la couverture : Elephant’s Memory.
Les graphies varient dans les catalogues : Elephant’s Memory, Elephants Memory ou Elephant’s Memory Band. Dans une base encyclopédique, mieux vaut conserver le nom imprimé par chaque édition, tout en utilisant une dénomination stable pour les renvois internes.
« Liberation Special » : le single et les variantes de face B
« Liberation Special » est publié en single aux États-Unis sous la référence Apple 1854. La face B commercialisée couramment est « Madness ». Des documents et quelques pressages révèlent toutefois une configuration antérieure associant « Power Boogie » à « Liberation Special ». Cette variante ne doit pas être traitée comme l’édition standard du grand public.
Cette différence est une occasion de rappeler que l’histoire d’un single ne se limite pas à sa fiche de catalogue : une référence peut connaître un changement de couplage avant la sortie définitive. Pour identifier un exemplaire, il faut donc lire les deux faces et non se contenter du numéro imprimé au centre du disque.
« Liberation Special » exprime l’engagement collectif de la période new-yorkaise. Mais ses paroles ne doivent pas être automatiquement citées comme si elles étaient de Lennon : les crédits d’écriture appartiennent aux auteurs du groupe selon le titre concerné.
Comment identifier les éditions Apple de 1972 ?
Le premier critère est territorial : SMAS-3389 pour les États-Unis, SAPCOR 22 pour le Royaume-Uni. Vérifier ensuite la présentation de la pochette ouvrante, les inscriptions de matrice, les mentions de droits et le programme imprimé sur les étiquettes. Une reproduction ultérieure peut reprendre la célèbre pomme sans être un pressage de 1972.
Le single américain Apple 1854 mérite une fiche séparée, en raison des différentes faces B documentées. Une vente indiquant « rare » ou « promo » ne suffit pas à définir la variante : la photographie lisible de chaque étiquette et la vérification des matrices restent indispensables.
Ce chapitre doit être rapproché du catalogue des albums Apple, du panorama des artistes et du guide d’identification des pressages. La distinction entre artiste principal, groupe d’accompagnement et producteurs y prend tout son sens.
Questions fréquentes sur Elephant’s Memory
Elephant’s Memory était-il le groupe de John Lennon ?
Il accompagne Lennon et Yoko Ono au début des années 1970, mais existe avant cette collaboration et publie un album sous son propre nom.
Quel album Elephant’s Memory paraît chez Apple ?
L’album éponyme de 1972, produit par John Lennon et Yoko Ono, référencé SMAS-3389 aux États-Unis et SAPCOR 22 au Royaume-Uni.
Le groupe a-t-il joué sur Some Time in New York City ?
Oui. Elephant’s Memory accompagne Lennon et Ono sur une partie essentielle de l’album studio, dont le crédit complet mentionne le groupe.
Quel single porte le numéro Apple 1854 ?
« Liberation Special » d’Elephant’s Memory, avec « Madness » comme face B de la version courante américaine.
Les dix morceaux de l’album ont-ils été composés par Lennon ?
Non. Les chansons reflètent largement l’écriture des membres du groupe. Les crédits doivent être lus morceau par morceau.












