APPLE RECORDS · ALBUM · 1971–1972
Straight Up de Badfinger : l’album Apple de Day After Day et Baby Blue
Straight Up est l’un des albums qui définissent le mieux l’identité musicale de Badfinger. Publié d’abord aux États-Unis en décembre 1971 puis au Royaume-Uni en février 1972, le disque associe les chansons de Pete Ham, Tom Evans, Joey Molland et Mike Gibbins aux travaux de George Harrison et Todd Rundgren. Son histoire de production, ses singles et ses éditions Apple SW-3387 et SAPCOR 19 sont particulièrement riches.
Après No Dice, un disque difficile à achever
Lorsque Badfinger entreprend les sessions de Straight Up, le groupe dispose déjà de plusieurs compositions très fortes et d’un succès commercial confirmé. « No Matter What » a montré que Pete Ham pouvait écrire une chanson populaire sans intervention d’un Beatle comme auteur. Les attentes d’Apple sont toutefois élevées, d’autant que le label cherche des albums capables de rivaliser avec les grandes productions de l’époque.
Les premières séances sont associées à Geoff Emerick. Des différences d’appréciation sur les prises, les arrangements et les orientations du projet conduisent à reprendre une partie du travail. Cette histoire de versions successives explique pourquoi les rééditions modernes contiennent plusieurs enregistrements alternatifs qui ne figurent pas sur le LP de 1971.
George Harrison intervient ensuite dans la production et contribue à certains enregistrements. Mais son engagement auprès du Concert for Bangladesh et d’autres projets l’empêche de terminer seul le disque. Todd Rundgren prend la relève pour compléter et assembler la version destinée au public.
Le résultat n’est donc pas un album intégralement produit par Harrison. C’est une œuvre réalisée en plusieurs étapes, et c’est précisément cette histoire compliquée qui rend sa discographie passionnante.
Les douze chansons de l’album original
La première face du LP commence par « Take It All », puis enchaîne « Baby Blue », « Money », « Flying », « I’d Die Babe » et « Name of the Game ». Ces six titres mêlent pop mélodique et passages plus électriques, avec des écritures réparties entre plusieurs membres du groupe.
La seconde face comprend « Suitcase », « Sweet Tuesday Morning », « Day After Day », « Sometimes », « Perfection » et « It’s Over ». La succession des climats permet de passer de la chanson acoustique à des arrangements denses sans perdre l’identité vocale de Badfinger.
Les listes de pistes de certaines rééditions numériques présentent les chansons en un seul flux. Pour les recherches sur les pressages originaux, il faut conserver la séparation en deux faces : elle permet de vérifier la correspondance entre la pochette, les étiquettes et la musique réellement gravée.
Les bonus des rééditions peuvent inclure des prises antérieures, des chansons abandonnées ou le mixage américain particulier de « Baby Blue ». Ces enregistrements éclairent le processus de production, mais ne modifient pas les douze morceaux de la configuration originale.
Day After Day : la guitare de George Harrison et Leon Russell
« Day After Day », composé par Pete Ham, bénéficie d’une production particulièrement soignée. George Harrison apporte de la guitare slide, dont les lignes chantantes constituent l’une des signatures sonores de l’enregistrement. Leon Russell participe au piano, ajoutant une couleur très différente du simple accompagnement pop.
La chanson montre à quel point l’intervention d’un musicien célèbre peut soutenir un titre sans en effacer l’auteur principal. Elle reste une composition de Ham, chantée par Badfinger et enregistrée dans le cadre de leur album.
Aux États-Unis, « Day After Day » paraît en single en novembre 1971. L’édition britannique arrive en janvier 1972 sous la référence APPLE 40, avec « Sweet Tuesday Morning » en face B. L’histoire de ces publications doit rester distincte de celle de l’album, dont les dates et numéros diffèrent selon les pays.
Baby Blue : une grande chanson et un single aux éditions divergentes
« Baby Blue » est également écrite par Pete Ham. Son riff d’ouverture, son sens de la progression et ses harmonies vocales en font un exemple particulièrement marquant de power pop. Le titre possède une intensité mélodique qui explique sa postérité au-delà de la carrière initiale du groupe.
Aux États-Unis, « Baby Blue » est publié en single en 1972 et un mixage spécifique est préparé pour la diffusion américaine. Au Royaume-Uni, une sortie sous la référence APPLE 42 est envisagée, mais n’aboutit pas à une commercialisation régulière comparable. Il serait donc trompeur de classer APPLE 42 comme un grand single britannique normalement disponible.
Les versions du LP et du single américain ne doivent pas être assimilées sans examen. Les modifications de mixage et les détails de fabrication deviennent importants lorsqu’on compare un pressage d’époque à une compilation récente.
Todd Rundgren et George Harrison : deux approches du même groupe
George Harrison travaille sur plusieurs chansons et conserve un crédit de production sur certains titres du LP définitif. Todd Rundgren supervise la majeure partie des autres prises et l’assemblage commercial. La pochette américaine distingue précisément les titres produits par l’un et par l’autre.
Cette organisation explique les différentes textures de l’album. Les arrangements peuvent être lumineux et aérés, puis devenir presque abrasifs, sans que les compositions perdent leur cohérence. Le talent de Rundgren consiste à donner une forme aboutie à des prises qu’Apple hésitait à publier dans leur état initial.
Les membres de Badfinger ne sont pas de simples interprètes passifs. Les auteurs du groupe apportent les chansons, les harmonies et l’énergie instrumentale. La contribution des producteurs doit être étudiée sans transformer Straight Up en disque solo de Harrison.
SW-3387 aux États-Unis et SAPCOR 19 au Royaume-Uni
Straight Up paraît aux États-Unis le 13 décembre 1971 sous la référence SW-3387. La première édition britannique est commercialisée en février 1972 sous SAPCOR 19. Les deux dates correspondent à des marchés distincts et ne sont pas deux albums séparés.
Les matrices, le texte périphérique de l’étiquette et les pochettes peuvent varier. Des copies américaines possèdent des autocollants de promotion mentionnant « Day After Day », puis parfois « Baby Blue ». Ces stickers renseignent sur la période commerciale de l’exemplaire, mais ne suffisent pas à garantir le numéro d’un premier pressage.
Pour une comparaison complète, rapprochez l’album de No Dice et du dossier général Badfinger. Ces notices permettent de suivre l’évolution du groupe sans mélanger programmes d’albums, singles et sessions abandonnées.
Questions fréquentes
Quand paraît Straight Up ?
En décembre 1971 aux États-Unis, puis en février 1972 au Royaume-Uni.
Quel numéro porte l’album britannique ?
SAPCOR 19.
Qui produit l’album ?
George Harrison intervient sur une partie des chansons et Todd Rundgren finalise la majorité du disque.
Qui écrit Day After Day et Baby Blue ?
Pete Ham.
Le single Baby Blue paraît-il normalement en Grande-Bretagne sous APPLE 42 ?
Une sortie britannique est prévue mais n’aboutit pas à une commercialisation ordinaire comparable à celle des États-Unis.












