APPLE RECORDS · SOUL · 1970

Doris Troy sur Apple Records : son album de 1970 et les collaborations avec Harrison et Starr

Doris Troy arrive chez Apple avec une carrière déjà importante dans la soul américaine. Son album éponyme, publié en 1970 sous SAPCOR 13, rassemble treize chansons et une constellation de musiciens proches des Beatles, notamment George Harrison, Ringo Starr, Klaus Voormann et Stephen Stills. Il mérite cependant d’être entendu d’abord comme une œuvre de Doris Troy : chanteuse, autrice et productrice.

La voix de Just One Look avant l’aventure Apple

Doris Troy possède une carrière reconnue bien avant la création d’Apple Records. Son interprétation de « Just One Look » au début des années 1960 lui a apporté une notoriété importante, et sa voix contribue à de nombreuses séances en tant que choriste. La réduire à une chanteuse découverte par les Beatles serait effacer une décennie de travail.

Installée dans un milieu musical ouvert aux échanges entre soul américaine et rock britannique, elle collabore avec plusieurs artistes importants. L’entourage Apple s’intéresse à ses capacités vocales et à son expérience de compositrice. George Harrison contribue à rapprocher Doris de projets discographiques du label.

Le principe même de son album diffère de celui d’une simple série de reprises : Troy écrit ou coécrit une grande partie du programme, travaille avec d’autres auteurs et participe directement aux choix de production. Elle joue un rôle actif dans la réalisation du disque.

Une production collective dont Doris Troy reste le centre

Les séances se déroulent principalement à Londres, dans l’environnement de Trident et d’Olympic, entre 1969 et 1970. Les crédits de production associent Doris Troy et George Harrison. Les arrangements accueillent des musiciens connus pour leurs travaux avec les Beatles et pour leurs propres carrières.

Stephen Stills, Klaus Voormann, Billy Preston, Peter Frampton et d’autres collaborateurs participent au projet. La présence de ces noms peut attirer le collectionneur de disques liés aux Beatles, mais elle ne permet pas d’attribuer chacun des treize titres à tous les invités. Il faut distinguer les contributions générales, les crédits de composition et les séances identifiées.

L’intérêt de cet environnement est l’interaction entre musiciens. Une voix issue de la soul américaine rencontre des guitaristes et claviéristes de la scène rock britannique ; les morceaux oscillent ainsi entre gospel, rhythm and blues, ballade et pop sans perdre l’identité de Troy.

Son rôle de productrice est essentiel : les contributions de Harrison n’en font pas un disque solo de ce dernier, pas plus que la participation de Ringo Starr ne suffit à transformer l’album en projet des Beatles.

Le programme original de treize chansons

Le LP contient treize titres. Face A : « Ain’t That Cute », « Special Care », « Give Me Back My Dynamite », « You Tore Me Up Inside », « Games People Play », « Gonna Get My Baby Back » et « I’ve Got to Be Strong ».

Face B : « Hurry », « So Far », « Exactly Like You », « You Gave Me Joy Joy », « Don’t Call Me No More » et « Jacob’s Ladder ». Ce programme mêle compositions originales, collaborations d’écriture et reprises de chansons déjà connues sous d’autres interprétations.

Les nouvelles éditions numériques et CD peuvent ajouter « All That I’ve Got (I’m Gonna Give It to You) », « Get Back », « Vaya Con Dios » ou des versions alternatives. Ces enregistrements éclairent la même période artistique mais ne figurent pas sur les treize pistes de l’édition initiale.

Une notice doit aussi relever les différences de graphie de « You Gave Me Joy Joy », parfois transcrite autrement selon les éditions. L’orthographe imprimée sur le disque étudié prime pour l’identification du pressage.

Ain’t That Cute et Jacob’s Ladder : les singles Apple

« Ain’t That Cute » est une chanson qui met en avant les qualités vocales et le sens rythmique de Troy. Elle paraît également en single Apple en 1970. La face commerciale doit être décrite indépendamment de son inclusion sur le LP : le programme du 45 tours, les versions et les matrices ne se déduisent pas du titre de l’album.

« Jacob’s Ladder » rapproche musique populaire et imagerie spirituelle. La chanson est liée à des crédits d’écriture associant Troy et l’entourage de Harrison, sur une base traditionnelle réarrangée. Elle fait elle aussi l’objet d’une publication en 45 tours.

Le fait que plusieurs singles puissent être tirés du même LP n’implique pas que les éditions nationales soient toutes identiques. Les numéros britanniques APPLE et américains Capitol doivent être répertoriés séparément.

À côté de ces singles, les autres chansons révèlent des qualités parfois moins évidentes à la première écoute, notamment la variété des timbres de voix et la place laissée aux chœurs.

You Gave Me Joy Joy : un crédit collectif révélateur

« You Gave Me Joy Joy » illustre la nature collective de certaines sessions. Les auteurs crédités comprennent Doris Troy, George Harrison, Ringo Starr et Stephen Stills. Il est exceptionnel de retrouver ces noms associés autour d’une composition destinée à l’album d’une autre artiste.

Le morceau ne doit pourtant pas être décrit comme une chanson des Beatles. Ringo et George sont alors des collaborateurs d’une chanteuse qui mène son propre projet. La différence entre crédits d’auteurs et groupe interprète est fondamentale pour comprendre l’histoire d’Apple après la fin de la formation.

Cette situation se retrouve dans d’autres chansons du catalogue, où un artiste célèbre propose un thème ou un accompagnement sans devenir le titulaire de l’œuvre. L’enjeu éditorial consiste à conserver les différents rôles sans transformer toutes les collaborations en réunions imaginaires.

SAPCOR 13 et ST-3371 : deux marchés pour un même album

L’édition britannique de 1970 porte le numéro SAPCOR 13. Aux États-Unis, le disque apparaît sous ST-3371. Ces références identifient deux circuits de fabrication et de distribution différents.

Les étiquettes Apple, la typographie, les mentions juridiques et les inscriptions de matrice sont à examiner. Une réédition de 2010, même accompagnée des mêmes photographies, ne constitue pas un pressage original de 1970 et comporte un programme enrichi.

La pochette d’époque est aussi une source d’informations sur les crédits. Il faut en relever les mentions plutôt que de recopier une liste de musiciens générale provenant d’une réédition sans indication de piste.

Pour prolonger l’enquête, le lecteur peut consulter le dossier consacré à Doris Troy, le catalogue des albums Apple et la fiche Billy Preston, dont la proximité artistique avec Troy éclaire plusieurs compositions.

Questions fréquentes

Quel album Doris Troy publie-t-elle sur Apple ?

L’album éponyme paru en 1970.

Quel numéro porte le LP britannique ?

SAPCOR 13, et ST-3371 aux États-Unis.

Combien de chansons comprend le disque original ?

Treize.

Qui assure la production ?

Doris Troy et George Harrison sont associés à la production.

Les bonus des CD font-ils partie du LP de 1970 ?

Non. Ils constituent des enregistrements complémentaires ou des singles contemporains.

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