APPLE RECORDS · MUSIQUE CONTEMPORAINE · 1971

Celtic Requiem de John Tavener : chœurs d’enfants, Apple SAPCOR 20 et musique sacrée

En 1971, Apple Records publie le deuxième album majeur de John Tavener, après The Whale. Celtic Requiem, référencé SAPCOR 20, présente une pièce chorale contemporaine inspirée d’une tradition de jeux d’enfants et de textes religieux, complétée par « Nomine Jesu » et « Coplas ». Le disque montre l’ambition du label d’ouvrir son catalogue à une musique exigeante, sans chercher à la transformer en variété.

Celtic Requiem : une œuvre de 1969 publiée par Apple en 1971

John Tavener compose Celtic Requiem en 1969, après avoir déjà attiré l’attention avec The Whale. Le compositeur poursuit ses recherches sur les relations entre le sacré, le théâtre et les sonorités de la vie quotidienne. Son écriture ne correspond ni à une messe classique traditionnelle ni aux chansons spirituelles d’artistes pop.

La London Sinfonietta joue un rôle central dans son travail. La pièce utilise des textes en latin et en anglais, des voix solistes, un chœur mixte, des chœurs d’enfants et une instrumentation très diversifiée. Cette association d’éléments peut paraître contradictoire, mais elle forme le principe dramatique même de l’œuvre.

Le titre complet est parfois présenté comme A Celtic Requiem (Requiem for Jenny Jones). Il convient de distinguer le titre de l’œuvre de celui de la pochette Apple et de conserver les variantes dans un inventaire lorsqu’elles correspondent à des éditions réellement publiées.

Le public d’Apple retrouve ici la liberté artistique affichée dès les premières années du label : un compositeur sans lien direct avec le format chanson peut faire paraître une œuvre complète sous une marque populaire.

Jenny Jones, les comptines et le rituel de la mort

Le cœur de Celtic Requiem associe des formules proches de jeux d’enfants à une méditation sur la mort. La figure de Jenny Jones vient d’une tradition de jeux chantés dans laquelle les participants évoquent la disparition puis le retour d’un personnage. Tavener en fait une matière théâtrale et musicale.

Le compositeur organise la pièce en grandes sections qui empruntent des intitulés au requiem : « Requiem aeternam », « Dies irae » et « Requiescat in pace ». L’écriture oppose alors les voix innocentes des enfants aux effets orchestraux, aux citations religieuses et aux interventions des chanteurs adultes.

L’intérêt de cette méthode n’est pas de produire un contraste facile entre musique joyeuse et musique grave. Tavener cherche à montrer comment les traditions populaires ont conservé des rituels dont le sens s’est transformé au fil du temps. Les voix des enfants deviennent ainsi une partie structurante de l’œuvre plutôt qu’un décor.

Pour rendre compte de cette composition dans une notice, il faut décrire la musique comme une pièce continue, même si certaines éditions numériques choisissent de séparer ses mouvements.

Les interprètes : London Sinfonietta, solistes et chœurs d’enfants

L’enregistrement associe la London Sinfonietta et ses chœurs à des enfants de la Little Missenden Village School. Des chanteurs solistes participent aux différents passages. La direction de David Atherton et les interventions du compositeur dans le dispositif musical jouent un rôle essentiel dans la réalisation.

Le répertoire est exigeant. Les voix ne chantent pas toujours une ligne mélodique continue : elles peuvent intervenir en alternance, réciter, jouer avec les syllabes ou faire surgir des fragments de textes. Les percussions, claviers, cordes et instruments à vent doivent alors maintenir une cohérence à travers des épisodes d’intensité très variable.

Cette production ne peut pas être assimilée à un enregistrement de groupe rock où l’on aurait ajouté un chœur. La partition demande une organisation d’ensemble et une mise en scène sonore qui appartiennent pleinement aux pratiques de la musique contemporaine.

Ringo Starr et John Lennon soutiennent la présence de Tavener chez Apple, mais leur rôle de mécènes et d’interlocuteurs ne remplace ni les musiciens de la London Sinfonietta ni le crédit de composition.

Le programme Apple : Celtic Requiem, Nomine Jesu et Coplas

Le 33 tours commercial ne contient pas seulement la pièce-titre. Il présente « Celtic Requiem », puis deux autres œuvres de John Tavener, « Nomine Jesu » et « Coplas ». Les listes modernes qui détaillent les mouvements de la première pièce doivent être interprétées comme un découpage analytique et non comme l’ajout de chansons au LP de 1971.

« Nomine Jesu » travaille la voix et la dimension religieuse à travers une organisation très différente de celle d’un hymne ordinaire. « Coplas » utilise une écriture pour voix et bande qui renvoie notamment aux textes de saint Jean de la Croix. Ces deux œuvres complètent la portée expérimentale du disque.

Le programme révèle ainsi un compositeur qui explore plusieurs formes de spiritualité musicale : rituel collectif, jeu vocal, textes mystiques et rapports entre voix vivantes et matière enregistrée.

Une réédition qui réunit The Whale et Celtic Requiem sur un même CD est un objet documentaire utile, mais elle ne signifie pas que les deux disques Apple d’origine ont été commercialisés ensemble dès 1970.

SAPCOR 20 : un second LP de musique contemporaine chez Apple

La publication britannique appartient à l’année 1971 et porte la référence SAPCOR 20. L’album peut être étudié à côté de The Whale (SAPCOR 15), publié en 1970. Les deux œuvres possèdent leurs propres matrices, pochettes et histoires de première diffusion.

Les numéros Apple sont ici particulièrement importants : de nombreux catalogues de musique classique classent les œuvres par nom du compositeur ou par date de création, tandis que les collectionneurs de vinyles les recherchent par référence de microsillon. Les deux systèmes doivent être associés sans confusion.

Dans une collection, il faut examiner l’étiquette, le pays, le support, le numéro complet et les éléments du livret. Des éditions modernes reprennent parfois le graphisme d’époque, mais utilisent une masterisation et des informations nouvelles.

Un album témoin de l’ambition non commerciale du label

Celtic Requiem n’a pas été conçu pour fournir un single aux radios. Sa place chez Apple affirme au contraire que la maison de disques peut offrir une visibilité internationale à une œuvre dont la durée et les effectifs échappent aux règles de la pop.

Le disque annonce certains thèmes qui occuperont durablement Tavener : spiritualité, rituels, expérience du temps et pouvoir expressif des voix. Son écriture de 1969 reste toutefois marquée par une énergie théâtrale et expérimentale différente de celle de ses œuvres ultérieures les plus connues.

Pour une lecture complète, consulter The Whale, le portrait de John Tavener et le catalogue SAPCOR.

Questions fréquentes

Quand paraît Celtic Requiem chez Apple ?

En 1971.

Quel est son numéro britannique ?

SAPCOR 20.

Quels morceaux figurent sur l’album original ?

« Celtic Requiem », « Nomine Jesu » et « Coplas ».

Le disque comprend-il un chœur d’enfants ?

Oui, notamment des enfants de la Little Missenden Village School.

John Lennon et Ringo Starr composent-ils cette musique ?

Non. Ils soutiennent Tavener, mais les œuvres sont composées par lui.

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