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Yellow-Sub.net · Ringo Starr · Chapitre 1 · Méthode et sources

Comment établir les collaborations musicales de Ringo Starr : crédits, sources et méthode

Une méthode transparente pour distinguer les enregistrements attestés, les crédits généraux d’album, les participations de concert et les rapprochements trompeurs.

Une session n’est pas une sortie discographique

La carrière de musicien invité oblige à manier au moins trois chronologies. La première indique le jour où la musique est enregistrée, la deuxième celui où le disque est publié, la troisième celui où une prise ou une version jusque-là inédite apparaît dans une réédition. Ces dates ne racontent pas la même histoire. Une séance de 1970 peut se retrouver sur un coffret édité bien plus tard ; elle appartient d’abord à 1970 pour la sessionographie, mais sa publication doit être mentionnée sans confusion.

Sept formes de collaboration à distinguer

Instrumentiste : batterie, percussions ou tout autre instrument explicitement documenté. Chanteur invité : partie vocale enregistrée pour un autre artiste. Auteur ou coauteur : présence dans les crédits d’une œuvre, qui ne prouve pas nécessairement une présence en studio. Producteur : responsabilité de réalisation attestée. Invité de concert : participation à une performance déterminée. Participant collectif : projet de charité ou ensemble temporaire, avec détail des contributions lorsque c’est possible. Collaborateur indirect : œuvre ou enregistrement auquel Ringo contribue sans apparaître sur le master principal, catégorie qui exige une justification particulière.

La hiérarchie des preuves

Le premier niveau comprend livrets originaux, crédits des éditions officielles, archives de sessions publiées par les ayants droit et bandes documentées. Le deuxième réunit entretiens contemporains, travaux d’historiens, fiches de studio et témoignages recoupés. Le troisième concerne les bases contributives et récits tardifs : ils peuvent signaler une piste de recherche, jamais la transformer à eux seuls en certitude.

Nous utiliserons quatre mentions : confirmé lorsque le crédit est directement documenté ; confirmé au niveau de l’album quand la piste précise n’est pas établie ; probable lorsque plusieurs indices convergent sans preuve définitive ; non confirmé lorsqu’une attribution circule sans source solide. Une hypothèse restera identifiée comme telle.

Pourquoi les crédits globaux sont dangereux

La présence de Ringo dans les crédits de All Things Must Pass ne suffit pas, à elle seule, à affirmer qu’il joue sur chaque chanson de l’album. Les grandes productions de cette époque ont mobilisé plusieurs batteurs et des formations évolutives. Inversement, une page consacrée au Plastic Ono Band peut apporter des données plus précises pour un titre donné. Dans chaque notice, nous séparerons donc les crédits de l’album de ceux du morceau.

Un contre-exemple décisif : « Instant Karma! »

Parce que Ringo apparaît sur d’autres sessions de Lennon, certaines listes l’associent hâtivement à « Instant Karma! ». Or la présentation officielle des musiciens du Plastic Ono Band attribue la batterie de ce single à Alan White, et non à Ringo. Une encyclopédie utile doit aussi savoir documenter une absence. Le même réflexe critique vaut pour Imagine (1971), dont les notes officielles recensent Alan White, Jim Keltner et Jim Gordon comme batteurs des différents titres.

La structure d’une future fiche

Chaque enregistrement disposera à terme d’un titre original, d’une date de séance ou d’une fourchette sourcée, d’un studio ou lieu, de l’artiste principal, des interprètes, de la fonction exacte de Ringo, d’une première parution, des éventuelles rééditions, d’un numéro de référence discographique lorsque vérifié et de ses sources. Un champ documentaire signalera les points ouverts ou les crédits contradictoires.

Des enregistrements, pas des anecdotes inventées

Les récits de musiciens peuvent être séduisants, mais une photographie prise en studio n’établit pas à elle seule la piste enregistrée ce jour-là. De même, les compositions partagées ne prouvent pas une réunion physique. Cette règle sera appliquée à toute la carrière de Ringo et permettra de relier le dossier aux rubriques consacrées à son jeu, à ses disques et à ses concerts sans produire de doublons.

Pourquoi les collaborations de Ringo exigent une autre méthode que sa discographie solo

Une discographie traditionnelle part généralement d’un nom porté sur la couverture du disque, puis remonte vers les sessions, les éditions et les musiciens. La sessionographie d’un instrumentiste invité travaille à l’envers. Elle part d’un crédit parfois minuscule ou d’une trace de séance, cherche l’enregistrement auquel il se rapporte et doit vérifier que cet enregistrement correspond bien à la version accessible au public. Lorsqu’il s’agit de Ringo Starr, cette recherche se complique encore par la coexistence de plusieurs carrières : celle d’un Beatle, celle d’un artiste solo, celle d’un batteur invité et celle d’un musicien participant ponctuellement à des concerts collectifs.

Notre encyclopédie ne peut donc être constituée en recopiant les génériques d’albums. Elle doit retrouver les documents et préciser le niveau exact auquel chaque crédit s’applique. Un batteur cité à la quatrième de couverture n’a pas nécessairement joué sur tous les morceaux ; une personne présente dans une vidéo ne se trouve pas forcément sur la bande sonore enregistrée ; une réunion de deux anciens Beatles peut concerner une composition, une prestation ou un simple entretien.

Photographie d’ambiance illustrant le dossier consacré aux collaborations musicales de Ringo Starr

Trois identités à ne jamais fusionner : œuvre, prise et publication

Une œuvre musicale est une composition susceptible d’être interprétée plusieurs fois. Une prise correspond à une exécution enregistrée à un moment donné ; elle peut connaître des ajouts et des montages. Une publication est l’objet commercial ou archivistique qui propose une ou plusieurs de ces prises. Ainsi, la chanson « Mother » de John Lennon n’est pas exactement la même entité que sa version sur l’album, son édition en single et sa prise 61, publiée dans un coffret postérieur. Le rôle de Ringo doit être documenté au niveau où il peut l’être, sans déplacer un crédit de version vers une autre.

La distinction est encore plus nécessaire lorsque le titre est repris plusieurs mois après une première tentative. Le dossier All Things Must Pass montre que certaines chansons ont été enregistrées plusieurs fois avec des musiciens différents. Le lecteur doit pouvoir savoir de quelle prise il est question. Notre base utilisera donc un identifiant interne stable pour chaque événement de séance et pour chaque version publiée, sans exposer inutilement ces codes techniques dans le texte narratif.

Les sources primaires : ce qu’elles prouvent, et ce qu’elles ne prouvent pas

Les pochettes originales, livrets de disques, crédits enregistrés par les éditeurs, feuilles de séance et annotations sur les bandes constituent notre premier ensemble de preuves. Mais il ne suffit pas de qualifier une source d’« officielle » pour abolir tous les problèmes. Un livret peut être rédigé des décennies après la séance ; une étiquette de bande peut mentionner seulement le numéro de piste et l’instrument ; une édition anniversaire peut corriger les erreurs d’une publication ancienne. Chaque source doit être décrite avec sa date, son objet et sa portée.

Dans l’idéal, un crédit à la batterie sur une chanson repose sur plusieurs éléments concordants : un personnel détaillé, une date cohérente, une trace technique et une publication précise. Dans la pratique, il faut souvent se contenter d’un crédit d’album. Nous n’inventerons pas un niveau de détail absent des documents ; la fiche restera simplement moins précise, avec une mention du travail de vérification nécessaire.

Historiens, journalistes et bases contributives : des usages distincts

Les travaux de chercheurs spécialisés sont indispensables pour établir les chronologies, comprendre les studios et retrouver les éditions épuisées. Lorsqu’une notice est fondée sur un livre de sessionographie, nous devons donner son auteur, son titre et, si possible, son édition. Les entretiens sont utiles pour saisir le fonctionnement d’une séance ou l’intention artistique ; ils ne priment pas toujours sur des bandes de travail contemporaines pour fixer une date ou un musicien. Les bases contributives permettent enfin de repérer des pistes, mais un crédit non sourcé qui se répète sur dix sites reste une seule hypothèse répétée dix fois.

Cette règle s’appliquera également à nos propres pages anciennes : si une attribution publiée auparavant sur Yellow-Sub contredit une source officielle détaillée, c’est la page ancienne qui devra être corrigée, et non le nouveau dossier qui devra reproduire une erreur pour rester cohérent.

Quelques erreurs révélatrices

Le cas « Instant Karma! » : John Lennon travaille à la même époque avec plusieurs musiciens du Plastic Ono Band. Le fait que Ringo participe à « Cold Turkey » et à John Lennon/Plastic Ono Band ne permet pas de le créditer sur tous les singles de Lennon. Les sources officielles donnent Alan White à la batterie de « Instant Karma! ». La proximité chronologique n’est donc pas une preuve.

Le cas « AOS » : Ringo figure dans les crédits de Yoko Ono/Plastic Ono Band, mais « AOS » provient d’une répétition de 1968 avec Ornette Coleman, Edward Blackwell, David Izenzon et Charlie Haden. La fiche devra clairement indiquer que Ringo n’est pas le batteur de cette plage.

Le cas « All Things Must Pass » : l’archive Harrison note des séances à plusieurs batteurs et reconnaît que les boîtes de bandes ne consignent pas toujours les noms des musiciens. Affirmer la présence de Ringo sur un morceau spécifique exige donc davantage que sa mention dans la liste générale des participants de l’album.

Le cas « Beautiful Night » : un premier enregistrement du titre de Paul McCartney existe dès 1986, tandis que le single publié en 1997 crédite Ringo. Sans reconstitution des sessions, il ne faut pas attribuer rétrospectivement la batterie de 1997 à la bande de 1986.

L’importance des studios, des déplacements et du calendrier

Les dates ne sont pas de simples métadonnées. En juin 1970, les archives Harrison situent Ringo à Nashville pour l’enregistrement de Beaucoups of Blues alors que All Things Must Pass continue d’être travaillé à Londres. Cette absence documentée est un indice fort contre une attribution non étayée à une séance londonienne de cette période. Mais elle ne permet pas non plus d’écarter une prise antérieure sur laquelle un instrument aurait été conservé. Il faut suivre le chemin de la bande, pas seulement les déplacements d’une personne.

Nous enregistrerons chaque événement avec sa date documentée, le lieu, le studio précis lorsqu’il est connu et une mention d’incertitude lorsque les sources divergent. Les années et les lieux ne seront jamais déduits d’une photographie trouvée sans légende. S’agissant des sessions américaines, l’identification de studios homonymes et des changements de nom au fil des décennies sera également prise en compte.

La contribution musicale ne se limite pas à la batterie

Ringo peut apparaître comme batteur, percussionniste, chanteur, auteur, coauteur ou participant collectif. Certaines de ces fonctions sont directement audibles, d’autres ne le sont pas : un crédit d’écriture ne signifie pas nécessairement une exécution, une présence au studio ne vaut pas crédit de production, une apparition au concert n’implique pas un enregistrement commercial. Chaque rôle sera consigné distinctement, avec son libellé original et une équivalence française claire.

Un exemple significatif est « Really Love You », publié par Paul McCartney sur Flaming Pie : le catalogue officiel donne McCartney et Richard Starkey comme coauteurs. C’est un type de collaboration différent de la batterie créditée sur « Take It Away ». Les regrouper sous une seule mention « collaboration Paul–Ringo » ferait perdre une information essentielle sur la nature de leur travail.

Comment traiter deux sources contradictoires

Lorsque deux éditions ou deux études attribuent une piste à des musiciens différents, la solution n’est ni de choisir arbitrairement la version la plus flatteuse ni de juxtaposer leurs conclusions comme si elles étaient équivalentes. Il faut commencer par vérifier si elles parlent réellement de la même prise. Les contradictions s’expliquent parfois par une confusion entre démonstration et master, ou entre premier enregistrement et réenregistrement. D’autres demeurent ouvertes parce qu’aucun document disponible ne tranche.

Nous utiliserons alors un encadré « attribution discutée » présentant les deux versions, leur provenance et la nature du désaccord. La fiche ne sera pas indexée comme participation certaine tant que son niveau de preuve reste insuffisant. Cette précaution protège la fiabilité de l’ensemble du dossier, notamment lorsqu’une information circule déjà dans la littérature populaire.

Les rééditions critiques : nouvelles sources, nouvelles précautions

Les grands coffrets récents constituent une chance incomparable pour la recherche. John Lennon/Plastic Ono Band – The Ultimate Collection rend accessibles prises alternatives, conversations et mixages où des éléments de l’arrangement apparaissent plus nettement. La publication du cinquantenaire de All Things Must Pass s’accompagne d’archives de travail et de relevés de bandes. Ces objets commerciaux deviennent de véritables instruments de recherche lorsqu’ils sont utilisés avec méthode.

Le piège est de confondre la date de la nouvelle édition avec celle de l’enregistrement. Une prise publiée en 2021 n’est pas une collaboration de 2021. Par ailleurs, un remix moderne peut modifier l’équilibre des instruments et donner une perception nouvelle de la batterie sans qu’aucune performance supplémentaire n’ait été enregistrée. Nos fiches mentionneront les remix et les remasters, mais ne les compteront pas comme de nouvelles sessions.

45-tours, albums, faces B et variantes de marché

La recherche doit aussi respecter la matérialité des supports. Une chanson peut paraître sur un album, devenir face B dans un autre pays ou bénéficier d’un mixage différent sur une compilation. Le numéro de catalogue, le pays et le label ne seront ajoutés que lorsqu’ils sont vérifiés pour un pressage particulier. Nous n’attribuerons pas une référence universelle à un disque qui a connu plusieurs éditions. Les variantes importantes pour l’écoute ou l’attribution des musiciens seront signalées ; les différences purement graphiques pourront renvoyer à une discographie des objets physiques.

Cette séparation évitera de gonfler artificiellement le corpus : cinquante pressages du même enregistrement ne constituent pas cinquante collaborations distinctes. En revanche, la découverte d’une version inédite ou d’une autre prise peut justifier une nouvelle notice documentée.

Concerts, télévision, films : établir le périmètre exact

Les concerts collectifs et les spectacles filmés constitueront une branche distincte. Pour les performances, nous consignerons la date, le lieu, les musiciens présents et les chansons réellement interprétées par Ringo. Une présence dans le public ou une intervention parlée n’est pas une prestation musicale. Les documents audiovisuels seront traités comme des sources d’information sur la scène lorsque leur date et leur provenance sont établies, non comme des autorisations implicites de reproduction des images.

Les apparitions régulières avec le All-Starr Band resteront sous la responsabilité de leur dossier spécialisé. La présente encyclopédie ne retiendra que les rencontres qui méritent une fiche transversale et fera des liens vers les notices déjà publiées. Cette organisation limitera les doublons, tout en permettant au lecteur de comprendre les parcours croisés.

Ringo Starr — photographie d’ambiance provenant de la photothèque Yellow-Sub.

Photographie d’ambiance illustrant le dossier consacré aux collaborations musicales de Ringo Starr

La future fiche type : une méthode reproductible

Une fiche complète commencera par une introduction narrative situant l’enregistrement dans la carrière de l’artiste principal. Elle présentera ensuite une chronologie commentée, le personnel identifié, la fonction exacte de Ringo et la manière dont la chanson a été conçue et enregistrée. Une section examinera les différentes versions publiées, une autre les particularités musicales discernables à l’écoute, et la dernière exposera les sources ainsi que les attributions encore ouvertes.

La partie technique comportera des champs stables : titre de l’œuvre ; artiste crédité ; statut de la contribution ; instrument ou fonction ; date et lieu ; production ; ingénieurs ; première publication ; rééditions significatives ; variantes de personnel ; références bibliographiques. L’identité de Ringo Starr sera normalisée sous son nom artistique, avec « Richard Starkey » conservé lorsqu’il s’agit d’un crédit original de composition.

L’intérêt éditorial passe avant la multiplication des pages

Une sessionographie de qualité n’a pas à créer une page pour chaque combinaison arbitraire de mots-clés. Plusieurs prises courtes peuvent être traitées dans une seule étude si leur histoire est indissociable. À l’inverse, une séance importante, très documentée, peut justifier une page autonome et des sous-fiches. L’architecture doit rester utile pour le lecteur humain : les noms d’artistes, les titres de disques et les années constitueront les principales portes d’entrée, sans répétition mécanique des mêmes paragraphes.

Enfin, chaque correction historique devra être répercutée dans les pages concernées. La rubrique « L’art du batteur » peut analyser une partie rythmique ; la discographie conserve ses informations de pressage ; ce dossier apporte les crédits et les circonstances des sessions. Ces contributions se complètent lorsqu’elles sont reliées et qu’aucune ne revendique des faits incompatibles avec les autres.

La classification des preuves : de l’attestation à l’hypothèse

La formule « participation confirmée » est parfois trompeuse lorsqu’elle ne précise pas ce qui est confirmé. Les éditions originales peuvent prouver qu’un musicien a participé à un album entier sans attribuer sa présence à chaque chanson. À l’inverse, une prise alternative publiée en coffret peut donner un personnel précis alors que le master original reste mal documenté. Nous distinguerons donc cinq états documentaires : présence confirmée sur une prise identifiée ; présence confirmée sur une chanson sans prise individualisée ; présence confirmée sur l’album seulement ; attribution probable à partir de sources concordantes ; attribution non établie.

Chaque état sera formulé en français clair sur les pages. Le lecteur ne doit pas avoir besoin de connaître le fonctionnement du back-office WordPress pour comprendre pourquoi une fiche est définitive, provisoire ou discutée. Nous éviterons surtout la confusion entre « non établi » et « faux » : une participation sans preuve peut devenir attestée à la publication d’un document inédit. À l’inverse, une attribution directement contredite par les crédits officiels pourra faire l’objet d’une fiche expliquant le problème.

Cas d’école : cinq manières de cataloguer « Mother »

Le titre « Mother » peut désigner l’œuvre écrite par John Lennon, la version de l’album John Lennon/Plastic Ono Band, l’édition en single, une prise de travail enregistrée en 1970 ou un nouveau mixage de la bande ancienne. Ces objets forment une famille, mais ne sont pas identiques. L’œuvre garde son titre et son auteur ; la prise reçoit une information de session ; la publication reçoit son support, son catalogue et sa date. Cette architecture permet de ne pas attribuer à tort une durée de 45-tours à l’album ou de compter deux fois un enregistrement qui n’a été que remastérisé.

Le site officiel de Lennon donne pour le single « Mother » une durée différente de celle de la piste de l’album. Il crédite également Ringo sur l’enregistrement diffusé. La fiche de l’œuvre réunira donc les versions, mais les différences de durée et de publication resteront visibles. À mesure que les archives se compléteront, des sous-fiches pourront documenter précisément les prises sans obliger à recopier à chaque fois toute l’histoire de la chanson.

Cas d’école : un album avec deux batteries différentes

Le disque Yoko Ono/Plastic Ono Band illustre le danger de la distribution globale. Cinq plages sont associées au quatuor Yoko Ono, John Lennon, Klaus Voormann et Ringo Starr, tandis que « AOS » provient de séances avec Ornette Coleman et Edward Blackwell. Une personne qui aurait lu uniquement les noms figurant en tête de la pochette pourrait mal attribuer « AOS » à Ringo. Une personne qui n’aurait consulté qu’un extrait de l’article consacré à Ono pourrait faire la même erreur. C’est pour cela que les exceptions seront indiquées dans une section spécifique, visible avant la bibliographie.

Nous tiendrons ainsi un relevé des exclusions explicites. Il ne s’agit pas de dresser une liste infinie de disques sur lesquels Ringo n’a pas joué, mais de documenter les cas où sa présence sur une autre piste de l’album ou son entourage artistique rendent l’erreur plausible.

Cas d’école : les changements de formation chez George Harrison

Au commencement de All Things Must Pass, les archives situent Ringo aux côtés de George et de Klaus Voormann pour les démos du 26 mai 1970. Quelques jours plus tard, une grande formation enregistre à Abbey Road ; les musiciens disponibles évoluent encore au cours du mois de juin. L’archive mentionne explicitement le déplacement de Ringo à Nashville avant la fin de cette période. Il serait impossible de reconstituer convenablement ce travail en rédigeant une fiche unique intitulée « Ringo, batteur de All Things Must Pass ».

La bonne méthode consiste à suivre les phases de production et, lorsque les preuves le permettent, les prises qui en sont issues. Un morceau entrepris avec Ringo en mai peut connaître un nouvel enregistrement après son départ. Sans cette distinction, le crédit de l’une des prises risque de contaminer la notice de l’autre. L’incertitude de certains masters n’empêche pas de publier ce qui est solidement documenté, à condition de présenter les limites des conclusions.

Cas d’école : la même relation, plusieurs fonctions

Sur Flaming Pie, « Really Love You » est créditée à Paul McCartney et Richard Starkey en tant que coauteurs, tandis que « Beautiful Night » est documentée avec Ringo à la batterie. « Take It Away », quinze ans plus tôt, mentionne deux batteurs dans les crédits de l’album de Paul. Ces trois titres relèvent d’une même relation personnelle entre les artistes, mais ne décrivent pas le même travail musical. Chaque fiche précisera les fonctions attestées pour la prise concernée et indiquera séparément la relation de composition.

Le nom civil « Richard Starkey » ne sera pas transformé artificiellement en nouvel artiste de la base. Une seule fiche de personne regroupera ses variantes de crédit, afin qu’un moteur de recherche interne puisse retrouver aussi bien « Ringo Starr » que « Richard Starkey ». L’historien respectera le libellé d’origine ; la base garantira la continuité de l’identité.

Le déroulement d’une enquête documentaire

Pour chaque collaboration supposée, nous commencerons par rechercher la publication originale et identifier son artiste principal. Nous consulterons ensuite les crédits de l’édition de référence et les éditions enrichies. Le troisième temps consistera à reconstituer la séance : date, lieu, participants, producteur, ingénieurs, ordre des prises lorsque cette donnée existe. Le quatrième comparera les variantes publiées et les informations d’archives. Enfin, le texte sera rédigé en séparant le récit historique, l’analyse d’écoute et l’état de la preuve.

La fiche rédigée passera un contrôle de cohérence avant publication : les noms doivent être normalisés, la chronologie ne doit pas se contredire, les attributions doivent correspondre à leur niveau de source et les liens doivent conduire aux pages réellement existantes. Lorsqu’une recherche ne confirme pas le crédit, la fiche pourra rester en brouillon. La publication ne doit pas être utilisée pour donner artificiellement le statut de fait à une hypothèse encore fragile.

Un dossier qui pourra se corriger sans perdre sa mémoire

L’intérêt d’une encyclopédie en ligne est de pouvoir intégrer une nouvelle découverte. Mais une correction doit être traçable : un crédit retiré, une date affinée ou une prise réidentifiée devront s’accompagner d’une mise à jour de la source, et idéalement d’une mention de la nature du changement. Dans le cas des collaborations musicales, ce suivi sera particulièrement utile parce que les fonds d’archives ont déjà produit plusieurs révisions de connaissances communément admises.

Le lecteur pourra ainsi distinguer les informations anciennes reprises par prudence, les corrections appuyées sur des livrets récents et les hypothèses toujours ouvertes. Cette transparence est une véritable valeur ajoutée pour Yellow-Sub : elle évite de présenter un inventaire mouvant comme s’il s’agissait d’une vérité figée. Elle permet surtout aux amateurs et spécialistes de comprendre comment les connaissances ont été établies.

Comment mesurer la qualité d’un chapitre

La longueur n’est pas un critère suffisant. Un article complet doit raconter une histoire, expliquer le contexte de création, fournir des informations qu’un lecteur ne retrouverait pas simplement en consultant une liste de titres et distinguer les faits des interprétations. Il peut être long sans être répétitif, précis sans devenir illisible. Les exemples, les comparaisons de prises et les notes d’archives constitueront la substance de nos développements, non la reformulation des mêmes conclusions.

Pour les grands partenaires — Lennon, Harrison, McCartney, Yoko Ono, Nilsson — nous viserons de véritables études autonomes. La page d’accueil conservera sa vocation d’orientation vers les chapitres, tandis que les fiches de sessions adopteront une longueur proportionnée à la quantité de documents disponibles. Certaines prises ne justifieront que quelques paragraphes exacts ; d’autres pourront donner lieu à une enquête de plusieurs milliers de mots. La structure doit respecter la nature de la source avant les exigences artificielles d’un nombre de mots.

Sources et vérification

Les indications de personnel sont fondées sur les crédits éditoriaux disponibles. Une participation créditée à l’échelle d’un album ne prouve pas une présence sur chacune de ses pistes. Les dates de publication ne doivent pas être confondues avec les dates de séance.

  1. John Lennon, musiciens du Plastic Ono Band.
  2. John Lennon, Imagine : crédits instrumentaux.
  3. George Harrison Archive, notes de session de All Things Must Pass.
  4. John Lennon Anthology : source de crédits par piste.
  5. Paul McCartney, Flaming Pie : crédits de composition et musiciens.
  6. Yoko Ono/Plastic Ono Band : exceptions de personnel et éditions.