Ringo Starr : encyclopédie des collaborations artistiques et musicales sur Yellow-Sub.net

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Ringo Starr : ses premières collaborations musicales de 1967 à 1969

Wonderwall Music, Jackie Lomax, Sour Milk Sea, Apple Records et Plastic Ono Band : une histoire qui commence bien avant la séparation des Beatles.

Avant 1970 : Apple offre déjà à Ringo d’autres cadres de travail

1968 : avant la carrière solo, des collaborations déjà distinctes

Le rôle de Ringo Starr comme batteur invité ne naît pas au moment de la séparation officielle des Beatles. En 1968, les projets de George Harrison et les premières productions Apple ouvrent des espaces de travail qui ne relèvent pas des albums du groupe. La musique du film Wonderwall réunit des instrumentistes de plusieurs traditions, tandis que le single « Sour Milk Sea » de Jackie Lomax associe une composition de Harrison à un ensemble de musiciens liés à l’entourage des Beatles. Ces collaborations doivent être replacées dans la chronologie de leurs séances plutôt que présentées comme la création d’un groupe parallèle.

Une précision reste essentielle : une participation attestée sur un titre de Wonderwall Music ne permet pas d’attribuer à Ringo l’ensemble de la bande originale ; inversement, les différentes opérations d’enregistrement de « Sour Milk Sea » ne représentent pas autant de chansons nouvelles. La distinction entre album, morceau et séance éclaire la naissance du réseau Apple. Pour en suivre la suite, consulter l’atlas des collaborations de 1973 et les archives du dossier.

La carrière de collaborateur de Ringo Starr ne débute pas au moment où les Beatles cessent de se produire ensemble. À la fin des années 1960, les projets satellites d’Apple lui offrent de nouvelles situations professionnelles : musique de film, sessions pour un chanteur de Liverpool et premiers ensembles réunis autour de Lennon ou de Harrison. L’exemple de « Sour Milk Sea », enregistré par Jackie Lomax, est particulièrement parlant : une chanson écrite par Harrison pour un autre interprète permet à plusieurs Beatles de participer à un disque sans que celui-ci soit un titre des Beatles.

Il faut toutefois distinguer la proximité des artistes et leurs contributions réellement attestées. Une séance de musique de film, une chanson enregistrée par un artiste Apple et un groupe expérimental ne partagent ni les mêmes méthodes ni les mêmes objectifs. Les sessions de 1967–1969 annoncent cette aptitude de Ringo à travailler dans des formations variables, qui marquera la décennie suivante. Elles méritent donc d’être présentées comme une étape autonome et non comme un simple prologue à sa carrière solo.

Enquête transversale — 1967–1969 : Ringo avant les collaborations solo

Les interventions sur Wonderwall Music et Sour Milk Sea appartiennent à deux projets d’autrui distincts : musique de film sous la responsabilité de George Harrison d’un côté, enregistrement Apple de Jackie Lomax de l’autre. L’existence d’une composition de Harrison ne permet pas d’imputer à Ringo la batterie de tous les titres concernés. La première vérification est donc l’identification du master publié, puis la comparaison avec les photographies ou feuilles de séance.

Trois jalons à confronter : « Registre complémentaire : 1968–1979 : premières collaborations », « Avant la séparation des Beatles, Ringo joue déjà pour les autres » et « 1967–1968 : George Harrison travaille pour le film Wonderwall ». Ces étapes ne décrivent pas nécessairement trois séances distinctes : elles isolent les questions à poser aux crédits de disque, aux sessions et à leurs rééditions.

Comparer les sources et les partenaires :

Critère de catalogage : ne jamais transformer une présence attestée sur une chanson en crédit pour l’album complet ; conserver séparément l’œuvre, la prise et sa publication.

Étude documentée · Ringo Starr et Cilla Black (1968–1971)

Les duos de télévision, les dates de tournage et de diffusion, « Act Naturally », « Nellie Dean » et les attributions à confirmer. Explorer l’enquête sur les émissions BBC →

Registre complémentaire : 1968–1979 : premières collaborations

Les contributions chez Jackie Lomax et les premiers partenaires de Ringo figurent dans le registre par chanson, avec mention des attributions à vérifier. Consulter les enregistrements individualisés → · Voir les contrôles de crédits et de versions →.

Avant la séparation des Beatles, Ringo joue déjà pour les autres

La carrière de Ringo Starr comme musicien invité ne commence pas en 1970. Les studios de la fin des années 1960 permettent déjà aux Beatles d’entreprendre des projets individuels ou d’aider des artistes proches du groupe. Cette période mérite une enquête spécifique, car les dates de sortie des disques et les dates des séances peuvent induire en erreur. La bande originale Wonderwall Music paraît en 1968, alors que plusieurs sessions ont commencé dès 1967. Le 45-tours « Sour Milk Sea » de Jackie Lomax est enregistré en juin 1968, mais figure ensuite sur un album sorti en 1969. Quant à « Cold Turkey », il appartient à l’année 1969 et préfigure un fonctionnement plus libre du Plastic Ono Band.

Cette histoire ne doit pas se transformer en mythologie des « Beatles secrets ». Un enregistrement de Jackie Lomax peut réunir trois membres du groupe sans constituer une chanson des Beatles. Une bande originale de George Harrison peut contenir Ringo sans devenir une performance du quatuor. Les crédits doivent suivre l’artiste principal qui publie le disque, la prise réellement utilisée et le rôle de chaque musicien. C’est précisément ce qui rend cette période remarquable : on voit apparaître des collaborations qui brisent les frontières habituelles sans effacer les carrières individuelles.

1967–1968 : George Harrison travaille pour le film Wonderwall

Le réalisateur Joe Massot confie à George Harrison la musique de son film Wonderwall. Harrison conçoit un univers principalement instrumental mêlant instruments occidentaux et musique classique indienne. Les enregistrements se déroulent sur plusieurs mois, à Londres et en Inde, avec des formations distinctes. Le site officiel de Harrison présente l’album comme une anthologie miniature de traditions musicales, ce qui permet de mieux comprendre le projet : il ne s’agit ni d’un disque de rock conventionnel, ni d’une session de groupe des Beatles.

L’album publié en novembre 1968 est une étape historique de la carrière de George et du catalogue Apple. Pour Ringo, il signale un premier cas de participation au projet d’un autre membre des Beatles en dehors des disques officiels du groupe. Mais l’album mentionne également Roy Dyke à la batterie, ainsi que des percussionnistes indiens. Une lecture de la distribution générale ne suffit pas à attribuer toutes les plages instrumentales à Ringo.

La multiplicité des formations : Remo Four et musiciens indiens

La documentation de Wonderwall Music cite notamment Tony Ashton, Colin Manley, Philip Rogers et Roy Dyke, associés aux Remo Four, ainsi que le sarodiste Aashish Khan et le joueur de tabla Mahapurush Misra. Les prises indiennes répondent à une conception différente de l’accompagnement et ne doivent pas être assimilées aux sessions rock enregistrées à Londres. Cette pluralité rend l’album passionnant pour l’historien, mais difficile pour le compilateur pressé : tout nom figurant sur la pochette ne peut être associé à toutes les pistes.

Il faut donc distinguer les lieux, les dates, la provenance des instruments et l’édition finale. Certaines pièces ont été assemblées en fonction des séquences du film, ce qui complique encore leur rapprochement avec les bandes originales. Le dossier ne reprendra pas des listes contradictoires sans les commenter ; lorsque le détail d’une prise manque, la mention restera « participation attestée à l’album ».

« Ski-ing » : le crédit de Ringo dans le projet Wonderwall

Les recherches de sessionographie associent Ringo Starr et Eric Clapton à « Ski-ing », enregistré dans le cadre des séances londoniennes de janvier 1968. Certaines éditions créditent les interprètes sous des pseudonymes, dont « Richie Snare » pour Ringo et « Eddie Clayton » pour Clapton. L’orthographe exacte doit être respectée, car ces crédits constituent à la fois un élément de l’histoire du disque et une difficulté pour les bases de données consultables par nom d’artiste.

La particularité de « Ski-ing » est de faire coexister, au sein d’un album de bande originale très éclectique, une formule rock directement liée à l’entourage de Harrison. C’est aussi une bonne leçon de méthode : on peut documenter cette participation sans prétendre que Ringo se trouvait dans les studios indiens, ni que son jeu traverse toutes les pièces du film. La présence d’une contribution ponctuelle est historiquement suffisante pour justifier une fiche.

Un générique plus complexe que le seul titre de l’album

Le catalogue officiel de Harrison rappelle que Wonderwall Music est un album solo dans le sens discographique du terme, bien que sa musique soit largement jouée par des invités. Le rôle de George s’étend à la composition, à l’organisation et à la production. Ringo demeure un interprète. Cette distinction est essentielle : l’artiste crédité, le compositeur, le producteur et le musicien invité ne sont pas des catégories équivalentes.

La version publiée en 1968, le programme musical du film et les bonus des éditions ultérieures doivent être comparés séparément. Selon les titres, l’identification des musiciens repose sur le livret original ou sur des sources de sessionographie postérieures. Cette distinction permet une chronologie vérifiable, sans transformer des variantes éditoriales en nouvelles séances.

Jackie Lomax : un chanteur de Liverpool au cœur de l’aventure Apple

L’histoire de Jackie Lomax rejoint celle des Beatles bien avant le lancement d’Apple Records. Chanteur et musicien des Undertakers, groupe de la scène Merseybeat, Lomax a connu le circuit des clubs de Liverpool et de Hambourg. Son passage par des formations successives le conduit ensuite vers une carrière personnelle. George Harrison lui apporte son soutien lorsqu’Apple se constitue comme label, et le projet d’un disque solo apparaît comme une occasion de mettre en valeur une voix puissante ancrée dans le rhythm and blues.

Le disque Is This What You Want?, publié en mars 1969, résulte de sessions organisées à Londres puis à Los Angeles. Harrison le produit, et la liste de ses contributeurs est exceptionnellement longue : Eric Clapton, Nicky Hopkins, Paul McCartney, Ringo Starr, Klaus Voormann, mais aussi des instrumentistes américains comme Hal Blaine, Joe Osborn et Larry Knechtel. Il serait toutefois trompeur de conclure que tous ces musiciens ont joué ensemble sur toutes les chansons : les équipes de Londres et de Californie sont distinctes.

Fiche approfondie publiée : « Sour Milk Sea » : toutes les séances des 24–26 juin 1968, le personnel de Jackie Lomax, la différence avec la démo d’Esher et les éditions Apple 3 / Is This What You Want?. L’enregistrement commercial documente Ringo à la batterie, tandis que la maquette d’Esher le crédite au tambourin : deux prises distinctes et deux fonctions distinctes.

« Sour Milk Sea » : un morceau de George Harrison offert à Jackie Lomax

« Sour Milk Sea » est écrit par George Harrison pendant le séjour des Beatles en Inde, au début de 1968. Une démonstration enregistrée à Kinfauns, la maison de Harrison à Esher, fait partie de l’histoire préparatoire de la chanson. Les Beatles ne la retiennent pas pour leur album blanc. George la propose alors à Jackie Lomax, qui l’enregistre comme l’un des premiers singles du nouveau label Apple. La chanson devient ainsi un témoignage remarquable de circulation du répertoire : un titre conçu dans l’entourage direct des Beatles acquiert son identité publique par la voix d’un autre chanteur.

Le single « Sour Milk Sea », publié en août 1968, est enregistré dans une formation qui réunit Jackie Lomax au chant, George Harrison à la guitare et à la production, Eric Clapton à la guitare, Nicky Hopkins au piano, Paul McCartney à la basse et Ringo Starr à la batterie. Les sources de sessionographie identifient également Eddie Clayton aux percussions. Trois Beatles contribuent donc à une chanson publiée sous le nom de Lomax, et l’on y retrouve deux des musiciens qui joueront plus tard sur d’autres projets issus de la fin du groupe.

24 juin 1968 : une première séance aux studios EMI

Les sources documentent un début de travail le 24 juin 1968 dans le Studio Three d’EMI, à Abbey Road. George Harrison assure la production. Ce premier jour a son importance parce qu’il permet de distinguer la mise en place initiale du titre des étapes ultérieures. La composition n’est pas immédiatement figée : elle doit trouver un équilibre entre la puissance vocale de Lomax, les riffs de guitare et un accompagnement suffisamment dense pour soutenir le morceau.

Le rôle de Ringo est attesté à la batterie. Il ne suffit pourtant pas de regarder l’équipe finale pour reconstituer les heures de présence de chaque musicien lors de chaque prise. Les recherches mentionnent notamment que McCartney revient d’un déplacement en Californie au cours de cette période. La distribution définitive du single et les événements de la première séance ne sont donc pas deux descriptions identiques.

25 et 26 juin : le passage à Trident

Les travaux se poursuivent les 25 et 26 juin aux studios Trident de Londres, dotés alors d’un équipement huit pistes. Ce passage technique compte dans l’histoire de la chanson. Au moment où les Beatles expérimentent de plus en plus les possibilités du studio, un enregistrement pour un autre artiste du label peut bénéficier de matériel et d’habitudes de production encore nouveaux pour la pop britannique. Le changement de lieu ne transforme pas nécessairement l’interprétation en une nouvelle œuvre, mais il oblige à suivre les différentes étapes de la bande.

La proximité de Clapton, Harrison et McCartney donne au résultat une signature sonore particulière, tandis que la batterie de Ringo conserve la cohérence rythmique de la formation. Une écoute attentive peut révéler l’énergie du morceau ; elle ne permet pas, seule, de savoir si telle guitare a été ajoutée le premier ou le dernier jour. La reconstruction historique doit s’appuyer sur les feuilles et les témoignages disponibles, pas sur les impressions de timbre.

Le rôle d’Eric Clapton, de Nicky Hopkins et de Paul McCartney

La présence de Clapton rappelle que les frontières entre les Beatles et la scène blues-rock britannique deviennent poreuses à la fin des années 1960. Le pianiste Nicky Hopkins est déjà recherché pour sa souplesse d’accompagnement et sa capacité à travailler dans des styles très différents. Paul McCartney assure la basse, tandis que Harrison apporte sa guitare et ses choix de production. Pour Ringo, la chanson est donc une session extérieure où les partenaires traditionnels coexistent avec des musiciens dont le parcours déborde largement le cercle du groupe.

Le récit selon lequel « Sour Milk Sea » serait une chanson des Beatles cachée sous un autre nom confond deux niveaux de réalité. La composition vient de Harrison et la formation rassemble plusieurs Beatles, mais la performance publiée appartient à Jackie Lomax. C’est bien pour lui que le single est préparé et commercialisé. La future fiche détaillera les participants sans effacer son interprète principal.

Le single d’Apple et sa circulation discographique

La première publication de « Sour Milk Sea » a lieu en août 1968. La face associée, « The Eagle Laughs at You », appartient au répertoire de Lomax. Le disque est ensuite repris dans la configuration du LP Is This What You Want?, lequel paraît en 1969. Les éditions mono et stéréo, les compilations Apple et les remasters publiés ultérieurement doivent être distingués. Une même chanson peut en effet circuler sur des supports différents sans correspondre à autant de séances d’enregistrement.

La fiche du single conservera son pays, sa référence et sa date de parution uniquement après vérification des différentes éditions. Le catalogue de Paul McCartney fournit un relevé utile des versions de « Sour Milk Sea » et des musiciens. Les rééditions peuvent ajouter des variantes ou des bonus qui ne figurent pas sur le premier LP. Notre sessionographie suivra la prise originale et les éventuelles autres interprétations, tandis que la discographie des objets physiques décrira les supports.

Pourquoi l’album de Jackie Lomax ne peut pas être crédité entièrement à Ringo

La plus grande partie des séances californiennes de Is This What You Want? intervient à l’automne 1968. George Harrison rejoint Lomax à Los Angeles, où travaillent notamment Hal Blaine à la batterie, Joe Osborn à la basse et Larry Knechtel aux claviers. Le calendrier conservé par The Beatles Bible permet d’identifier plusieurs journées de studio, notamment celles des 25 et 31 octobre et du 1er novembre. Ces sources décrivent une formation différente du groupe londonien de « Sour Milk Sea ».

Il serait donc trompeur d’imaginer que le crédit général de Ringo à la batterie couvre les séances de Californie. Les plages dont le personnel est documenté doivent être rapprochées de leurs enregistrements respectifs. La présence de Hal Blaine sur des titres américains est précisément le genre d’information qui empêche de transformer un crédit de pochette en attribution universelle.

Le piège des crédits cumulés

Sur une réédition, la liste globale des contributeurs peut réunir des musiciens ayant travaillé à des mois d’intervalle et sur deux continents. Cette présentation a un sens éditorial : elle reconnaît toutes les personnes ayant pris part au projet. Mais un inventaire consacré à Ringo doit descendre plus bas. Sur « Sour Milk Sea », son crédit est identifié. Pour les autres chansons, la seule présence de son nom sur l’album est insuffisante tant que la séance n’est pas établie.

La documentation des plages enregistrées à Los Angeles signale d’autres batteurs, notamment Hal Blaine. Ces contributions doivent être maintenues avec la même précision que celle de Ringo. L’objectif n’est pas de maximiser le nombre de chansons attribuées au Beatle, mais de mesurer correctement le travail de chacun.

Photographie d’ambiance issue de la photothèque Yellow-Sub.

Une photographie de studio ne suffit pas

Les sessions des Beatles et de leur entourage ont généré de très nombreuses photographies, dont certaines circulent sans date, sans nom de photographe ou avec des légendes rédigées bien après les événements. Dans le cas de Lomax, la tentation est forte d’illustrer le titre avec une photo montrant George, Paul ou Ringo dans un studio quelconque. Cela peut convenir comme ambiance, à condition de ne pas lui donner une légende trompeuse. Une photographie de Ringo à la batterie en 1968 ne prouve pas qu’elle ait été prise pendant « Sour Milk Sea ».

Les images fournies à Yellow-Sub seront donc utilisées comme illustrations générales, sauf lorsqu’une identification solide permettra de les rattacher à un événement précis. Cette règle vaut également pour les photographies prises à Apple, à Abbey Road ou au cours de séances filmées : le lieu et la personne représentée doivent être séparés de l’enregistrement auquel on souhaite les associer.

1969 : le groupe de Lennon sans les Beatles

Fiche de session publiée : « Don’t Worry Kyoko » (3 octobre 1969), Ringo à la batterie en studio mais absent des versions publiques de Toronto et du Lyceum. Une distinction essentielle pour comprendre les premières formations de la Plastic Ono Band.

La fin de l’année suivante offre un deuxième jalon majeur : « Cold Turkey » réunit John Lennon, Eric Clapton, Klaus Voormann et Ringo Starr. Le titre est enregistré dans un premier état à EMI le 25 septembre 1969, puis retravaillé à Trident. Les documents de session décrivent les différentes prises et la recherche d’une interprétation adaptée. Il ne s’agit plus d’un projet Apple supervisé par George pour Jackie Lomax, mais d’une initiative de Lennon en dehors des Beatles, sous le nom Plastic Ono Band.

Le lien avec « Sour Milk Sea » est instructif : Ringo et Clapton se retrouvent dans deux formations de studio très différentes. Dans l’un des cas, ils accompagnent un chanteur de la scène de Liverpool sur une chanson de Harrison ; dans l’autre, ils soutiennent Lennon dans une composition d’une grande tension. Le même réseau de musiciens continue à travailler ensemble tout en produisant des résultats radicalement distincts.

Ringo et les changements de personnel du Plastic Ono Band

Le Plastic Ono Band ne fonctionne pas comme une formation stable. Pour le concert de Toronto de septembre 1969, Alan White est le batteur. Sur « Cold Turkey », Ringo tient les fûts. Cette différence est souvent négligée, alors qu’elle permet de comprendre la nature fluctuante de l’ensemble. On ne peut pas déduire la distribution d’un concert de celle d’un single enregistré quelques jours plus tard. Les mêmes noms d’artiste et de groupe peuvent recouvrir des formations différentes.

Le dossier consacré à John Lennon examine cette période plus en détail, avec les éditions ultérieures du premier album solo. Ici, l’enjeu est de faire comprendre qu’une collaboration extérieure de Ringo existe déjà avant la séparation officielle des Beatles et qu’elle n’est pas un événement isolé.

Les dernières années Beatles : une activité extérieure encore sélective

Malgré ces exemples, Ringo ne devient pas subitement un batteur de séance parcourant quotidiennement les studios londoniens. Son activité principale demeure celle des Beatles, dont la production entre 1967 et 1969 mobilise de nombreuses journées. Les projets extérieurs attestés ont donc un intérêt particulier : ils montrent les marges de liberté dont disposent les membres du groupe au moment où leurs engagements collectifs deviennent plus difficiles à concilier.

La création d’Apple ouvre des espaces nouveaux. George peut accompagner un chanteur, produire un disque ou composer une bande originale ; John peut réunir des musiciens autour de Yoko Ono ; Ringo peut participer à des projets dans lesquels il n’est ni chanteur principal ni figure centrale de la promotion. La collaboration instrumentale prend une existence propre.

Enregistrement, composition et production : trois crédits à maintenir séparés

« Sour Milk Sea » montre bien la nécessité de ne pas confondre les fonctions. George Harrison écrit et produit la chanson ; Jackie Lomax l’interprète ; Paul McCartney joue de la basse ; Ringo Starr joue de la batterie ; Eric Clapton et Nicky Hopkins interviennent respectivement à la guitare et au piano. La présence d’un même Beatle sur le disque ne signifie pas qu’il a participé à toutes ces opérations. Ringo n’est pas l’auteur de « Sour Milk Sea » parce qu’il enregistre sa batterie ; il n’est pas le producteur parce que la production est dirigée par un autre membre du groupe.

De même, le pseudonyme « Richie Snare » ne transforme pas le batteur en interprète différent. L’identité de crédit et l’identité de la personne doivent être reliées. C’est un détail essentiel lorsque l’on cherche à croiser des bases de données internationales où les noms alternatifs peuvent être traités séparément.

Fiche de séance vérifiée : « Sour Milk Sea », 24–26 juin 1968

Œuvre : « Sour Milk Sea », composition de George Harrison, enregistrée par Jackie Lomax pour Apple Records. Période : du 24 au 26 juin 1968, aux studios EMI de Londres, avec des travaux également documentés à Trident selon certaines chronologies. Production : George Harrison. Instrument de Ringo Starr : batterie. Première publication : single Apple 3, août 1968 ; reprise sur l’album Is This What You Want? en 1969.

Musiciens identifiés sur le titre : Jackie Lomax (chant), George Harrison (guitares), Paul McCartney (basse), Ringo Starr (batterie), Eric Clapton (guitare) et Nicky Hopkins (piano). Une percussion attribuée à Eddie Clayton est indiquée dans une sessionographie, mais toutes les notices ne détaillent pas ce crédit. La date du 26 juin correspond à l’ajout de la basse de McCartney selon les chroniques de studio.

Un point de méthode est décisif : le verso du single, « The Eagle Laughs at You », ne doit pas hériter automatiquement du personnel de « Sour Milk Sea ». Les chronologies indiquent que sa formation est différente. Il serait donc incorrect de créditer Ringo sur les deux faces du 45 tours sans document propre à chacune. De même, la présence de la chanson sur l’album de Jackie Lomax ne démontre aucune participation de Ringo aux autres morceaux de ce LP.

Références consultables : The Beatles Bible, chronique de séance du 26 juin 1968 ; The Paul McCartney Project, session « Sour Milk Sea ». La confrontation de ces sources secondaires avec les documents Apple et les crédits des pressages reste l’étape documentaire suivante.

De Jackie Lomax à Bobby Hatfield : une chanson, deux séances à ne pas confondre

La composition de George Harrison « Sour Milk Sea », enregistrée pour Jackie Lomax en 1968, est reprise en décembre 1971 lors des séances londoniennes de Bobby Hatfield produites par Richard Perry. Ringo apparaît parmi les musiciens du projet Hatfield ; la distribution précise de chaque prise alternative doit être contrôlée dans le livret Omnivore de 2019. Cette reprise constitue une autre session, et non une édition alternative du master Jackie Lomax. Consulter l’enquête Bobby Hatfield et les bandes retrouvées.

Les limites documentaires de la sessionographie des années 1967–1969

Les premières fiches couvriront les séances identifiées de Wonderwall Music, avec une attention particulière à « Ski-ing », puis les journées des 24, 25 et 26 juin 1968 pour « Sour Milk Sea ». Elles intégreront le passage d’EMI à Trident, l’identification du personnel et les versions publiées par Apple. Une deuxième série examinera les autres titres de Jackie Lomax uniquement lorsque des crédits de piste seront disponibles. Enfin, les sessions de septembre 1969 autour de « Cold Turkey » et de « Don’t Worry Kyoko » seront reliées aux chapitres John Lennon et Yoko Ono.

Il serait séduisant de multiplier les titres en quelques lignes, mais ce serait contraire à l’ambition du dossier. Les premières participations de Ringo sont peu nombreuses et méritent justement un examen détaillé. Une seule séance bien reconstituée vaut davantage qu’une longue liste de noms sans date, sans lieu et sans certitude.

Une transition historique, pas une séparation brutale

L’expression « avant les Beatles » ou « après les Beatles » convient mal à la carrière de Ringo à la fin des années 1960. Il est encore membre du groupe lorsqu’il enregistre déjà pour d’autres artistes. Le changement se produit progressivement, à travers des enregistrements indépendants, des productions Apple, des amitiés musicales et des choix individuels. La chronologie ne suit donc pas une frontière nette placée au printemps 1970.

Cette continuité éclairera tous les chapitres suivants. Le Ringo qui joue avec Lennon, Harrison, Nilsson ou B.B. King n’apparaît pas ex nihilo après la rupture du groupe. Il a commencé à fréquenter ces réseaux alors même que les Beatles existaient encore. Le véritable sujet de notre encyclopédie est cette extension de son activité musicale, chanson après chanson, séance après séance.

Sources et documentation

Le chapitre distingue les crédits de chanson des listes générales d’albums. Pour les séances de 1968, les informations provenant des historiens sont identifiées comme telles.

  1. George Harrison, présentation officielle de Wonderwall Music.
  2. The Beatles Bible, album Wonderwall Music : crédits et personnel.
  3. The Beatles Bible, séance du 24 juin 1968 : Sour Milk Sea.
  4. The Paul McCartney Project, séance de Sour Milk Sea, 25–26 juin 1968.
  5. Notes de réédition Is This What You Want? de Jackie Lomax.
  6. The Beatles Bible, séance Cold Turkey, 25 septembre 1969.

Trois manières de travailler hors des Beatles avant 1970

La période 1967–1969 est souvent racontée comme une préhistoire de la carrière solo. Les disques invitent pourtant à une lecture plus fine. Avec Wonderwall Music, George Harrison sollicite des musiciens issus d’horizons très différents pour une musique liée au cinéma ; la participation attribuée à Ringo sur « Ski-ing » doit se comprendre à l’échelle d’un titre et de ses crédits, non comme une présence indifférenciée sur tout l’album. Dans cette configuration, Harrison mène le projet, tandis que le batteur intervient dans un dispositif instrumental plus vaste.

« Sour Milk Sea », enregistré en juin 1968 pour Jackie Lomax, relève d’une autre logique. Harrison fournit une composition à un interprète du catalogue Apple et réunit un entourage instrumental remarquable, notamment Paul McCartney, Eric Clapton, Nicky Hopkins et Ringo Starr. Il serait pourtant trompeur de présenter cette rencontre comme une séance des Beatles : elle appartient au disque de Lomax, avec sa propre histoire de prises, de production et de publication. Le fait que plusieurs personnalités des Beatles s’y croisent n’en change pas l’identité discographique.

Le cas de « Cold Turkey », enregistré pour John Lennon en 1969, révèle enfin l’émergence d’un groupe bâti autour d’un artiste qui s’affranchit de la signature collective des Beatles. Ici, l’intérêt historique tient moins à une réunion symbolique qu’à la reconfiguration concrète des rôles : Ringo joue pour un projet dont Lennon assume la direction et dont la formation n’est pas celle du quatuor de Liverpool. Ces trois exemples montrent pourquoi l’histoire d’une collaboration doit toujours préciser l’œuvre, l’interprète principal, le personnel de la prise et le support publié. C’est à cette condition que les rencontres deviennent une histoire musicale plutôt qu’un simple inventaire de célébrités.

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1968–1969 : les premiers pas hors des Beatles, chanson par chanson

« Sour Milk Sea », enregistré pour Jackie Lomax en juin 1968, permet de voir naître une constellation de collaborations autour d’Apple : George Harrison produit, Ringo Starr tient la batterie, tandis que Paul McCartney, Eric Clapton et Nicky Hopkins font partie des participants à la séance. Pour établir cette distribution, il faut regarder le master du single et ne pas reporter ses crédits mécaniquement sur la face B, enregistrée dans un autre contexte.

La même discipline documentaire s’impose à « Ski-ing », lié à Wonderwall Music, et à « Cold Turkey », enregistré pour John Lennon en 1969. Une signature, un pseudonyme de livret et une attribution reconstruite à partir de documents postérieurs ne constituent pas exactement la même preuve. La collaboration de Ringo avant sa carrière solo n’est donc pas une simple parenthèse dans la Beatlemania : elle annonce déjà son activité de musicien sollicité par d’autres créateurs.

« Sour Milk Sea » : une collaboration plus révélatrice qu’un simple crédit

En juin 1968, George Harrison produit « Sour Milk Sea » pour Jackie Lomax. Ringo Starr y joue de la batterie, Paul McCartney ajoute la basse, Eric Clapton tient une partie de guitare et Nicky Hopkins intervient au piano. La présence de plusieurs Beatles sur un disque destiné à un autre artiste en fait un jalon particulièrement éclairant de la jeune aventure Apple.

Les séances s’étendent du 24 au 26 juin, mais les musiciens ne sont pas nécessairement tous présents aux mêmes heures : McCartney ajoute notamment sa partie de basse le dernier jour. L’histoire de cet enregistrement impose donc de distinguer la date d’une prise initiale, les interventions complémentaires et la fonction de George Harrison en tant que producteur. La notion de « collaboration des Beatles » recouvre ici des gestes très concrets.

Ce premier réseau conduit directement à la notice consacrée à Jackie Lomax, puis aux séances de John Lennon et Yoko Ono : Ringo commence à travailler hors du groupe sans rompre avec les musiciens de son entourage.

De 1967 à 1969 : les collaborations avant la carrière solo

Ringo Starr a-t-il commencé à jouer pour d’autres artistes après la séparation des Beatles ?

Non. Les années 1967–1969 témoignent déjà d’un réseau de travail extérieur au groupe, notamment autour d’Apple. L’enregistrement de « Sour Milk Sea » par Jackie Lomax, chanson de George Harrison, offre un exemple particulièrement éclairant : plusieurs Beatles se retrouvent dans une production destinée à un autre chanteur. La mention du disque ne doit cependant pas conduire à attribuer à Ringo toutes les plages de l’album de Lomax.

Qu’est-ce qui change lorsque John Lennon forme le Plastic Ono Band ?

Le nom de groupe n’est plus réservé aux quatre Beatles : Lennon constitue des formations adaptées à chaque projet, parfois pour une seule chanson ou une prestation. Pour établir les participations de Ringo, il faut alors séparer les singles, les albums, les concerts et leurs participants effectifs. Cette période ouvre une méthode de collaboration qui deviendra centrale pendant les premières années de sa carrière indépendante.