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Ringo Starr chanteur invité : du rockabilly aux grands albums du rock

Carl Perkins, Keith Moon, Nils Lofgren et les chansons collectives : une histoire des duos, des refrains et des interventions vocales de Ringo en dehors de ses propres disques.

Une voix que l’on a trop souvent séparée de ses collaborations

Les participations de Ringo Starr à des disques extérieurs à sa propre carrière sont généralement répertoriées sous la rubrique « batterie ». Cette habitude laisse dans l’ombre une histoire tout aussi révélatrice : celle du chanteur invité, du compagnon de duo, de l’interprète d’un refrain collectif et du musicien qui accepte parfois un rôle vocal très bref. L’étude de ces apparitions ne doit pas se transformer en liste indistincte de disques « avec Ringo ». Elle doit répondre à une question plus précise : qu’entend-on effectivement de lui sur l’enregistrement attribué à un autre artiste ? Son nom figure-t-il comme chanteur principal d’une plage, comme voix d’ensemble, comme intervenant parlé ou seulement comme invité du spectacle ?

La différence importe parce que le disque rock mélange facilement les fonctions. Un chanteur peut jouer de la batterie sur la piste de base et n’ajouter sa voix que lors d’une séance ultérieure. Une prestation publique peut donner lieu à une bande originale enregistrée et publiée plusieurs années après le concert. Un morceau dont Ringo a chanté l’original avec les Beatles peut être réinterprété par un autre artiste sans qu’il participe à cette nouvelle version. La présente branche complète le chapitre sur ses activités d’auteur et de producteur, mais se consacre exclusivement à la voix, aux rencontres d’interprètes et aux enregistrements vocaux.

La voix de Ringo avant les séances extérieures

Au sein des Beatles, Ringo n’est pas un chanteur sans répertoire. Il interprète « Boys », « I Wanna Be Your Man », « Honey Don’t », « Act Naturally », « What Goes On », « Yellow Submarine » ou encore « With a Little Help from My Friends ». Ces chansons dessinent déjà une préférence pour certains langages musicaux : rock’n’roll, country, chansons de scène à caractère direct, et morceaux dont la force réside dans la personnalité de l’interprète. Cette culture musicale l’accompagne lorsqu’il devient artiste solo et lorsqu’il rejoint d’autres musiciens sur leurs disques.

La singularité de sa voix n’est pas une question de virtuosité au sens traditionnel. Elle tient à sa couleur grave, à un placement immédiatement reconnaissable et à une forme de proximité avec le texte. Les autres musiciens peuvent rechercher cette présence plutôt qu’un chœur techniquement spectaculaire. Il faut cependant se garder d’attribuer chaque voix grave entendue dans un enregistrement collectif à Ringo : seule la distribution réellement mentionnée permet d’identifier sa participation.

1972 : Ringo interprète Uncle Ernie dans le Tommy orchestral

Avant les collaborations vocales avec Keith Moon et Carl Perkins, Ringo interprète deux pièces dans la version du Tommy des Who pour le London Symphony Orchestra, parue chez Ode en 1972 : « Fiddle About » et « Tommy’s Holiday Camp ». Son rôle est vocal et dramatique, non instrumental. Lire la nouvelle étude discographique sur cette double prestation.

1975 : Keith Moon et « Together », entre chant, parole et batterie

Étude spécialisée : Ringo apparaît comme annonceur sur « Solid Gold » et comme batteur et intervenant parlé sur « Together ». Consulter les crédits de l’album original et des bonus.

L’album Two Sides of the Moon, publié sous le nom de Keith Moon, ouvre un terrain particulier. Deux batteurs britanniques célèbres se retrouvent autour d’un disque aux ambitions aussi fantaisistes que musicales. Sur « Together », Ringo figure parmi les participants et intervient dans un environnement mêlant chant, jeu instrumental et prise de parole. La séance appartient cependant au projet personnel de Moon : il faut éviter d’en faire une collaboration de deux groupes, les Beatles et les Who, simplement parce que leurs batteurs respectifs sont présents.

Le morceau montre que le statut de « voix invitée » peut être plus complexe qu’un couplet chanté du début à la fin. Une réplique, une annonce ou une intervention semi-parlée fait partie de la bande enregistrée et peut être documentée comme telle. Si Ringo assure également une partie rythmique sur la chanson, les deux contributions doivent être conservées séparément, de la même façon que l’on distingue le chant et les instruments d’un artiste dans le générique d’un film musical. Notre chapitre sur les musiciens rock des années 1970 situe déjà cette séance dans l’ensemble du disque de Moon.

1976 : des chœurs pour Guthrie Thomas

Ringo est crédité parmi les chœurs de « Band of Steel », chanson dont il est également l’auteur et sur laquelle il joue de la batterie avec Jim Keltner. Consulter les crédits piste par piste de Lies and Alibis. La source distingue un crédit de background vocals d’une prestation principale en duo : cette dernière formulation nécessite des précisions complémentaires.

1976 : Ringo tient une voix de personnage pour Kinky Friedman

Sur « Men’s Room, L.A. » du LP Lasso from El Paso, Ringo intervient comme « voice of Jesus », rôle fictif parlé dans une chanson satirique. Ce n’est ni une prestation de batterie ni un chant principal classique : la nouvelle étude sépare ce rôle dramatique des crédits instrumentaux et des interprétations vocales.

1986 : une voix parlée et une contribution aux chœurs

Ringo intervient sur « You Know It Makes Sense » comme narrateur dans le projet caritatif It’s a Live-In World et participe également à la batterie et aux chœurs de « Naughty Atom Bomb ». Étude des deux crédits EMI et des variantes de support.

1988 : When You Wish Upon a Star, une véritable séance vocale

Ringo est le chanteur de « When You Wish Upon a Star », arrangement du thème de Pinocchio enregistré pour la compilation Disney Stay Awake (1988). Jim Keltner tient la batterie, Herb Alpert la trompette solo et Harry Nilsson apporte un sifflement. Le producteur Hal Willner a raconté l’étonnante rencontre orchestrale autour de cette séance. Lire la fiche complète du personnel et des éditions.

1985 : « Honey Don’t » avec Carl Perkins, un retour aux sources

Carl Perkins tient une place fondatrice dans l’histoire du rockabilly et du répertoire des Beatles. Lorsque Ringo chante « Honey Don’t » lors du spectacle télévisé de Perkins à Londres en 1985, il ne choisit pas une chanson étrangère à son histoire : les Beatles l’avaient enregistrée dans les années 1960, et lui-même l’avait régulièrement abordée sur scène. Mais le contexte change radicalement lorsqu’il se retrouve devant l’auteur de la chanson, au sein d’un concert où se réunissent également George Harrison, Eric Clapton, Dave Edmunds et d’autres musiciens.

Le programme est parfois intitulé Blue Suede Shoes: A Rockabilly Session. La chanson de Perkins y devient un terrain de dialogue entre la génération qui a inventé ce langage et les musiciens britanniques qui l’ont popularisé à l’échelle internationale. La présence de Ringo ne se résume pas à une image souvenir : il chante effectivement une œuvre de Perkins avec ce dernier, dans une performance enregistrée pour la télévision et diffusée ensuite sur différents supports. Le matériel de 1985, les éditions vidéo et les compilations ne sont toutefois pas des séances distinctes à chaque nouvelle parution.

Pour comparer la voix de Ringo dans « Honey Don’t » en 1964, le spectacle filmé du 21 octobre 1985 et la plage de Go Cat Go! parue en 1996, consulter l’enquête critique sur Ringo Starr et Carl Perkins. Elle distingue également le duo de « Matchbox » avec Eric Clapton des interventions simplement associées au personnel général du concert.

« Matchbox » et les changements de formation sur scène

Le même spectacle comprend « Matchbox », autre chanson associée à Perkins et à la mémoire des Beatles. Ringo y apparaît dans les relevés de distribution, selon les versions du programme, et le spectateur découvre un ensemble qui change parfois d’un titre à l’autre. Ce détail est important : même lors d’un concert, la permanence des vedettes ne prouve pas qu’elles jouent chacune de la même manière, avec le même instrument et dans toutes les chansons. Une prestation vocale doit être attribuée à une interprétation déterminée, non au spectacle global.

Le lien entre « Honey Don’t » et « Matchbox » se trouve dans l’hommage au rockabilly, pas dans une identité parfaite de personnel. Dans notre dossier, la chronologie du concert et la fiche de chanson seront conservées séparément. La première reconstituera les séquences de la représentation ; la seconde précisera qui chante et joue dans la version retenue par l’édition commerciale.

1991 : « Bein’ Angry », Ringo chante pour Nils Lofgren

Crédits piste par piste : « Bein’ Angry » attribue à Ringo le chant, non la batterie, cette dernière étant assurée par Andy Newmark. Ringo tient en revanche la batterie de « Walkin’ Nerve ». Consulter la nouvelle étude de Silver Lining et les notes de Rykodisc.

Avec Silver Lining de Nils Lofgren, la collaboration change d’échelle et de contexte. Les crédits de l’album distinguent Ringo à la batterie sur « Walkin’ Nerve » et une contribution vocale sur « Bein’ Angry ». Il serait facile de rassembler les deux sous l’intitulé « Ringo, batteur sur Silver Lining », mais cette formule effacerait justement ce qui fait l’originalité de la seconde intervention. Ringo participe à une chanson d’un autre artiste en qualité de voix, sans que l’on doive automatiquement lui attribuer la batterie.

Le disque réunit plusieurs invités connus, parmi lesquels certains deviendront familiers du public du All-Starr Band. Il ne faut pourtant pas confondre ces trajectoires. La participation de Ringo à l’album de 1991 est une activité de studio ; les concerts des années suivantes forment un autre corpus. La notice devra maintenir deux lignes pour deux morceaux : « Walkin’ Nerve » comme prestation instrumentale et « Bein’ Angry » comme crédit vocal. L’association personnelle avec Lofgren explique le contexte sans se substituer au document musical.

1989 : Buck Owens et Ringo interprètent Act Naturally

« Act Naturally » est réenregistrée le 27 mars 1989 par Buck Owens et Ringo Starr aux studios Abbey Road, avec Jim McCarty à la batterie. La chanson de Johnny Russell et Voni Morrison avait déjà connu deux célèbres enregistrements antérieurs, celui de Buck en 1963 et celui des Beatles en 1965. La nouvelle étude distingue le duo vocal de 1989 des rééditions de 1992 et 1996, ainsi que les crédits du disque et ceux du clip.

1994–1995 : deux duos vocaux, deux histoires différentes

En 1994, Ringo Starr chante avec Leon Redbone « My Little Grass Shack » sur Whistling in the Wind, duo attesté dans les critiques contemporaines du Los Angeles Times et du Washington Post. L’étude consacrée à Leon Redbone distingue cette voix invitée d’une éventuelle partie de batterie, qui n’est pas documentée. Le 17 janvier 1995, Ringo enregistre « Lay Down Your Arms » avec Stevie Nicks en mémoire de Harry Nilsson. Le morceau paraît en mai 1995 sur une compilation MusicMasters : voir le récit de la séance et les crédits vocaux. Les deux collaborations sont des duos, mais ne partagent ni auteur, ni lieu, ni programme discographique.

1996 : Carl Perkins, « Honey Don’t » et Go Cat Go!

Le disque Go Cat Go!, publié en 1996, rassemble de très nombreux invités de Carl Perkins, mais il incorpore des performances d’origines et de périodes différentes. Sa pochette peut donner l’impression d’un gigantesque rassemblement simultané, alors que chaque chanson réclame son propre historique. Ringo apparaît sur « Honey Don’t » aux côtés de Perkins. Les crédits le placent parmi les interprètes vocaux, tandis que plusieurs musiciens de l’entourage du All-Starr Band interviennent dans la formation.

Il faut éviter une double erreur. Premièrement, la présence de Ringo dans le catalogue du disque ne signifie pas qu’il assure la batterie sur toutes ses plages. Deuxièmement, l’année 1996 est la date de publication de l’album et ne prouve pas à elle seule que la performance avec Ringo ait été enregistrée cette année-là. Les bandes d’archives, concerts plus anciens et sessions spécifiques doivent être distingués. Une biographie correcte de la chanson suivra sa performance d’origine et les rééditions dans lesquelles elle réapparaît.

2003–2026 : des voix invitées chez Holland, Jerry Lee Lewis, Hubbard et McCartney

Ringo n’est pas seulement invité comme batteur. Sur « Boys » de Jools Holland (2003), il chante tandis que Gilson Lavis assure la batterie. Sur « Sweet Little Sixteen » de Jerry Lee Lewis (2006), il est encore chanteur invité, avec Jim Keltner à la batterie. Les fiches consacrées à ces deux enregistrements rétablissent les crédits par piste, souvent escamotés par les inventaires généraux.

Dans « Coochy Coochy » de Ray Wylie Hubbard (2012), Ringo ajoute sa voix, sa guitare, ses shakers, ses cymbales et des claquements de mains, mais ne remplace pas Rick Richards à la batterie. En 2026, il retrouve Paul McCartney sur « Home to Us » dans un véritable duo vocal alterné, auquel il ajoute batterie et tambourin. La nouvelle version « Flip Mix » d’octobre remonte les voix existantes et ne doit pas être comptabilisée comme une nouvelle session chantée.

2018 : Ringo interprète Roger Miller pour un hommage collectif

Dans King of the Road: A Tribute to Roger Miller (BMG, 2018), Ringo est l’artiste principal de la reprise « Hey, Would You Hold It Down? », œuvre originale de Miller publiée en 1979. La chanson figure au deuxième disque, piste 14, de l’édition de référence. La compilation mentionne plusieurs fonctions rythmiques de Ringo à son générique général, mais leur affectation complète à ce seul morceau n’est pas confirmée par les sources disponibles. Consulter la fiche de l’enregistrement et du CD hommage à Roger Miller.

Harry Nilsson, « Good for God » (1975) : certains catalogues créditent Ringo au chant sur la dernière piste de Duit on Mon Dei, alors que le relevé de personnel par chanson consulté ne mentionne que Nilsson comme interprète vocal. La reproduction des crédits originaux du LP britannique RCA RS 1008 mentionne pourtant expressément « Voice [Good For God] – Harry, Ringo » : sa présence vocale est ainsi attestée sur la piste 11, sans préciser s’il s’agit de chant ou de parole. En revanche la batterie de Ringo sur « Kojak Columbo » est individualisée dans ce même album.

Les chants collectifs : participation réelle et présence promotionnelle

À côté des duos, la carrière de Ringo traverse de grands projets collectifs : hommages, concerts caritatifs, chansons de soutien et spectacles de rassemblement. La présence d’un artiste sur une photographie de famille, dans un clip promotionnel ou dans un générique final ne prouve pas qu’il chante sur chaque piste. Dans une véritable sessionographie vocale, il faut spécifier si l’on parle d’un solo, de quelques mots, d’un refrain chanté en groupe ou d’une bande de chœurs enregistrée séparément.

La précision est particulièrement nécessaire lorsque le même projet se décline en album et en film. Une caméra peut montrer Ringo pendant un refrain alors que le montage sonore réemploie une autre prise. Inversement, une contribution vocale à une bande peut être absente de la version courte du clip. Notre étude des chansons collectives expose ces difficultés à propos de « Sun City », de la Romanian Angel Appeal et des spectacles de soutien.

La Romanian Angel Appeal : Ringo chante sur un live offert au projet

En 1990, la compilation Nobody’s Child: Romanian Angel Appeal rassemble des œuvres destinées à soutenir l’aide apportée aux enfants roumains. Les Traveling Wilburys interprètent le single principal, mais il serait inexact de transformer Ringo en membre du groupe ou en chanteur de leur version simplement parce qu’il figure sur certains supports du projet. Sa participation provient d’un enregistrement live de « With a Little Help from My Friends » par Ringo et son All-Starr Band, issu des concerts de 1989.

C’est un cas clair de prêt d’enregistrement plutôt que de réunion vocale autour du single. Ringo est réellement chanteur sur la bande offerte à la compilation, mais la prise ne date pas de 1990. De plus, toutes les éditions physiques n’incluent pas nécessairement cette plage. La fiche doit identifier la version CD ou les supports de single qui l’utilisent, sans généraliser sa présence au vinyle et à la cassette. Cette distinction révèle un pan de l’activité du chanteur invité qui tient à la circulation des disques plutôt qu’aux nouvelles séances.

La voix de Ringo, composante de l’identité scénique du All-Starr Band

Depuis 1989, le All-Starr Band repose sur un principe particulier : plusieurs musiciens ayant leur propre répertoire rejoignent Ringo et alternent leurs succès sur scène. Cette organisation fait de lui à la fois l’hôte du spectacle, un batteur, un chanteur et le partenaire vocal d’autres artistes. Les performances des chansons qui lui sont associées deviennent des points de repère d’une soirée dont le programme évolue avec les formations.

Mais le dossier des collaborations musicales n’a pas vocation à reproduire l’ensemble de l’encyclopédie du All-Starr Band. Les setlists et les fiches de concerts disposent de leur propre arborescence. Ici, seules les prestations vocales enregistrées et publiées en tant que collaborations extérieures ou projets collectifs sont examinées en profondeur. Les renvois permettront au lecteur de suivre les différentes versions sans transformer chaque concert en une nouvelle page redondante.

« With a Little Help from My Friends » : une chanson, plusieurs statuts

En 1967, la chanson appartient aux Beatles et porte la voix de Ringo sur l’album Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band. En 1989, elle devient l’une des signatures du spectacle All-Starr Band. En 1990, une performance de cette tournée entre dans un projet humanitaire. Ces trois situations ne relèvent pas d’un seul et même enregistrement. Une œuvre peut être constante alors que ses interprètes secondaires, sa formation, son contexte et son support changent profondément.

Pour cette raison, la base doit distinguer la chanson, la bande des Beatles, les performances du groupe solo de Ringo et la publication caritative. Une seule fiche par œuvre donnerait un panorama général, mais elle ne suffirait pas à attribuer les différents chanteurs et musiciens. L’histoire vocale de Ringo fournit un exemple concret de la manière dont une même chanson traverse les périodes et les projets sans perdre son identité.

Les partenaires de voix à ne pas confondre avec les invités de ses propres albums

Ringo invite régulièrement des chanteuses et des chanteurs sur ses albums personnels. La présence de ces artistes est évidemment une forme de collaboration, mais elle doit être classée dans la discographie solo : Ringo est alors l’artiste principal. Le présent chapitre adopte la direction inverse, celle des disques d’autres artistes sur lesquels Ringo apporte sa voix. Ce découpage évite de reproduire en plusieurs endroits les mêmes séances et d’obtenir des titres concurrents dans la recherche Google.

Les albums country de la période récente illustrent l’intérêt de cette séparation. Le rôle de T Bone Burnett et des interprètes invités est analysé dans les pages de discographie de Ringo. Dans ce chapitre, on s’intéressera à sa présence sur les projets d’autrui et aux concerts réellement publiés. La dimension vocale reste le point commun, mais les responsabilités de production et de publication ne sont pas identiques.

1987 et 1993 : chant de concert ou dialogue sur un disque de Paul Shaffer

Le 5 juin 1987, Ringo et George Harrison participent vocalement à « Stand by Me » de Ben E. King au Prince’s Trust. Ce chant collectif, enregistré en concert, doit être distingué des crédits incertains qui lui attribuent batterie ou tambourin. Dans un tout autre registre, The World’s Most Dangerous Party de Paul Shaffer (1993) contient une apparition parlée de Ringo au passage entre deux reprises de rock. AllMusic l’identifie comme invité sans confirmer de prestation de batterie. Ces deux objets prouvent pourquoi la voix, la parole et l’instrument doivent être catalogués séparément.

Parler dans une chanson : une intervention à part entière

Certains enregistrements ne donnent pas à Ringo un couplet entièrement chanté, mais une annonce, une réplique ou une intervention humoristique. Ces contributions vocales méritent une catégorie distincte. Elles ne deviennent pas pour autant des compositions de Richard Starkey, et elles ne justifient pas de l’inscrire comme chanteur principal lorsqu’il prononce seulement quelques mots. Les génériques des disques de Keith Moon et d’autres projets des années 1970 font apparaître cette zone intermédiaire entre interprétation et présence amicale.

La même prudence vaut pour les films musicaux, où Ringo peut jouer un rôle parlé et apparaître dans une bande originale sans chanter un morceau complet. Une scène enregistrée pour l’image possède son propre réalisateur et peut provenir d’une prise différente de celle de l’album publié. C’est pourquoi les contributions parlées sont rapprochées de la filmographie, mais ne doivent pas être fusionnées avec les chants de studio.

Une discographie des voix, et pas seulement des amis

Pour aboutir à une liste exploitable, les fiches vocales doivent mentionner le titre de la chanson, l’artiste principal, l’année de la prise lorsqu’elle est connue, la première publication, le rôle exact de Ringo et les autres voix créditées. Le terme général « guest » est insuffisant. Il peut signifier un chanteur de passage, un musicien d’accompagnement, un invité filmé ou une personne remerciée dans le livret. La rubrique instrumentale devra donc être conservée même pour les participations vocales.

Les premières entrées clairement identifiées incluent les interventions liées à Keith Moon, les rencontres avec Carl Perkins, « Bein’ Angry » de Nils Lofgren, les chansons chantées lors de spectacles collectifs et l’enregistrement de « With a Little Help from My Friends » confié à la Romanian Angel Appeal. Les cas dans lesquels les crédits ne permettent pas de choisir entre chant et apparition promotionnelle resteront écartés de la catégorie « voix enregistrée » tant qu’ils n’auront pas été précisés.

Ce qu’apportent ces collaborations à l’histoire de Ringo

Ces performances dessinent un portrait plus riche que celui d’un batteur disponible pour ses amis. Ringo est aussi un interprète dont la voix évoque immédiatement un répertoire et une personnalité. Quand il se trouve devant Carl Perkins, il porte la mémoire d’un rock’n’roll appris dès la jeunesse. Quand il chante dans un groupe de scène ou dans une œuvre collective, il apporte une signature familière à un projet dont il n’est pas toujours l’unique centre. Quand il intervient brièvement dans un enregistrement de Keith Moon, il adopte encore un autre rôle, à la frontière de l’humour et de la musique.

La valeur encyclopédique consiste précisément à ne pas confondre ces situations. Une participation à la voix peut être aussi significative qu’une partie de batterie, mais elle doit être décrite pour ce qu’elle est. Cette distinction permettra à Yellow-Sub de construire un catalogue de collaborations où les interprètes et les œuvres se retrouvent sans que les invitations, les concerts et les disques soient traités comme des événements interchangeables.

2002 : deux chansons à la mémoire de George Harrison

Le Concert for George, donné au Royal Albert Hall de Londres, réunit Ringo Starr au chant sur « Photograph » et « Honey Don’t ». Les crédits de l’enregistrement attribuent alors la batterie à Jim Keltner et Henry Spinetti. Ringo passe ensuite à la batterie sur plusieurs titres de l’hommage. Cette distinction entre chanteur invité et instrumentiste est détaillée dans l’étude discographique du concert du 29 novembre 2002.

Explorer les principaux enregistrements vocaux

Les relations avec Carl Perkins et les musiciens du rockabilly, les collaborations des années 1970, les sessions de 1980 à 1999 et les initiatives solidaires développent chacune le contexte historique. La sessionographie rassemble les titres dans un ordre chronologique, avec le détail des fonctions musicales. Le présent chapitre joue le rôle de synthèse transversale consacrée à la voix de Ringo.

Illustration d’ambiance de la photothèque Yellow-Sub.net ; elle n’est pas présentée comme une photographie de session.

Ringo Starr : image d'ambiance pour le chapitre coauteur et Ring O' Records

Repères discographiques

Les programmes des albums, les crédits de chant et les différentes éditions devront être rapprochés des pages de sessions avant l’inventaire final.

  1. Carl Perkins, Go Cat Go! : participants et contributions.
  2. Nils Lofgren, Silver Lining : programme et musiciens.
  3. Nobody’s Child : éditions de l’album caritatif.