Yellow-Sub.net · Ringo Starr · Ray Wylie Hubbard · 2012
Ringo Starr et Ray Wylie Hubbard : Coochy Coochy, la chanson sans batterie de Ringo (2012)
Le site officiel de Ray Wylie Hubbard publie le personnel complet : une composition de Richard Starkey, avec sa voix, sa guitare, ses shakers et ses cymbales, mais Rick Richards à la batterie.
Une troisième collaboration à ajouter au dossier Hubbard
Avant « Bad Trick » (2020) et « Ride or Die » (2022), Ray Wylie Hubbard avait déjà collaboré avec Ringo Starr sur son disque The Grifter’s Hymnal, paru en 2012. Le titre concerné est « Coochy Coochy », chanson associée au catalogue de Richard Starkey. La date place cette rencontre au début d’une série d’échanges entre un auteur texan profondément attaché à la musique américaine et un ancien Beatle dont le parcours est lui-même nourri de rockabilly et de country.
La particularité est discographique autant que musicale : cette fois, Ringo ne joue pas de batterie, bien que sa présence instrumentalement variée puisse provoquer la confusion. Il chante, joue de la guitare et ajoute plusieurs percussions. La source est exceptionnellement explicite, car le site officiel de Hubbard donne le personnel de chaque chanson de l’album.
Ce cas complète les deux autres enregistrements du même partenaire, qui présentent déjà des fonctions contrastées. L’ensemble forme un véritable petit dossier comparatif : une contribution chantée et percussive en 2012, une batterie en 2020 et un tambourin en 2022.
La source primaire la plus solide : The Grifter’s Hymnal
La rubrique officielle de l’album The Grifter’s Hymnal crédite « Coochy Coochy » à Richard Starkey, sous l’édition Startling Music Ltd.. Elle donne ensuite une distribution précise : Ray Wylie Hubbard au chant, au résonateur et au tambourin ; Ringo Starr au chant, à la guitare, aux shakers, aux cymbales et aux claquements de mains.
Les autres musiciens sont Audley Freed à la mandoline, Rick Richards à la grosse caisse, à la caisse claire, au tambourin et aux claquements de mains, et George Reiff à la basse, au chant et aux claquements de mains. Le personnel de percussion prouve que Ringo n’a pas exécuté le rôle principal de batterie sur la prise.
La mention de Rick Richards à la grosse caisse et à la caisse claire est déterminante : elle décrit le socle percussif du morceau. Les cymbales et les shakers de Ringo sont bien des instruments joués, mais n’en font pas le batteur principal. Une base de données qui résumerait le tout à « drums : Ringo Starr » substituerait sa notoriété aux crédits.
Richard Starkey : le crédit d’auteur ne doit pas disparaître
Le morceau n’est pas une reprise ordinaire de Chuck Berry, de Howlin’ Wolf ou d’un auteur texan. Le site de Hubbard donne son auteur comme Richard Starkey, nom civil de Ringo Starr. Cette information distingue clairement la session de ses activités habituelles d’interprète invité : il apporte ici une œuvre déjà inscrite dans son catalogue de composition.
Il serait toutefois abusif de présenter la prise de Hubbard comme une nouvelle chanson composée spécialement pour l’album en 2012. L’œuvre lui préexiste ; le projet de Hubbard consiste à en proposer une interprétation collaborative. Le champ « date de composition » doit donc rester distinct du champ « publication de cette version ».
Cette précision rappelle combien les crédits de nom sont multiples dans l’histoire des Beatles : le grand public connaît Ringo Starr, les sociétés d’édition mentionnent Richard Starkey. Une encyclopédie qui ne rapproche pas ces deux identités peut manquer des chansons pourtant liées directement à ses droits d’auteur.
Ray Wylie Hubbard raconte pourquoi Ringo n’a pas joué la batterie
Dans une interview de Jambands publiée le 27 avril 2012, Hubbard raconte qu’il avait envoyé « Coochy Coochy » à Ringo et que celui-ci avait décidé d’ajouter une guitare et du chant. Le motif donné par Ringo selon le récit du chanteur est révélateur : la batterie déjà jouée par Rick Richards était si bonne qu’il ne voulait pas la remplacer.
La déclaration est un rare témoignage direct sur la logique d’une séance tardive. Un batteur renommé n’intervient pas nécessairement à son instrument principal lorsqu’il estime que la prestation existante remplit parfaitement sa fonction. Hubbard raconte cet épisode avec humour, regrettant presque que son propre batteur ait été trop excellent pour laisser de la place à Ringo derrière les fûts.
Ce témoignage permet d’interpréter la distribution comme un choix artistique, et non comme une absence accidentelle ou une lacune de crédit. L’important n’est pas de chercher obstinément une batterie de Ringo, mais de comprendre comment il a adapté son rôle au morceau qui lui a été proposé.
Voix, guitare et percussions : une prestation multiple
La partie de Ringo est donc plus variée qu’un accompagnement minimal. Le chanteur participe à la voix, enregistre une guitare et contribue à plusieurs textures percussives : shakers, cymbales, claquements de mains. Ces éléments renforcent une esthétique de studio volontairement directe, typique du blues-country de Hubbard.
La multiplicité des tâches n’autorise pas à lui attribuer sans preuve une guitare solo, une ligne de basse ou la direction musicale du disque. Les crédits officiels nomment Audley Freed à la mandoline et George Reiff à la basse ; la batterie principale reste assurée par Rick Richards.
Le rôle du musicien invité peut se lire comme un ensemble de détails sonores plutôt que comme une intervention monumentale. Cette modestie participe de la richesse des collaborations de Ringo, qui peuvent aller du simple tambourin à la coécriture et au duo vocal.
Le disque, les musiciens et la production
The Grifter’s Hymnal paraît en mars 2012. Hubbard et le bassiste George Reiff sont associés à la production de l’album. Les chansons accueillent une formation habituelle du chanteur et plusieurs guitaristes invités, dont Audley Freed, Billy Cassis, Brad Rice et Lucas Hubbard.
Hubbard explique dans un entretien pour No Depression que le disque a été préparé avec Rick Richards à la batterie et Reiff à la basse. Il cite Ringo parmi les invités qui ont ajouté des voix et des instruments, ce qui recoupe le tableau individuel de son site.
Une séance confiée à un invité peut avoir été enregistrée à distance, mais les sources disponibles ici ne précisent pas le lieu, la date ni le mode exact d’envoi de la partie de Ringo. L’encyclopédie ne doit pas en inventer un studio. Il en va de même pour les éventuelles prises alternatives et les mixages provisoires.
Une comparaison instructive avec Bad Trick et Ride or Die
Le dossier déjà publié sur les contributions des années 2020 démontre que Hubbard emploie Ringo de deux façons très différentes. « Bad Trick » (2020) lui attribue la batterie au côté de Don Was, Joe Walsh et Chris Robinson ; « Ride or Die » (2022) le crédite seulement au tambourin, tandis que Pat Manske joue la batterie.
Avec « Coochy Coochy » (2012), trois chansons ne composent donc pas une suite de performances uniformes de batteur. Elles forment une collaboration étendue sur dix ans, où Ringo joue de la guitare et des percussions, puis de la batterie, puis du tambourin. Les auteurs et les formations sont également différents.
Les titres doivent recevoir trois entrées de sessionographie, chacune avec son instrument et sa source. Une synthèse générale pourra les relier, sans effacer la singularité des chansons.
Fiche de session et degré de confiance
Artiste principal : Ray Wylie Hubbard. Album : The Grifter’s Hymnal, 2012. Chanson : « Coochy Coochy », œuvre créditée à Richard Starkey / Startling Music. Ringo Starr : chant, guitare, shakers, cymbales, claquements de mains. Ray Wylie Hubbard : chant, guitare résonateur, tambourin. Rick Richards : grosse caisse, caisse claire, tambourin, claquements de mains. George Reiff : basse, voix et claquements de mains. Audley Freed : mandoline.
État des preuves : crédits de piste publiés par l’artiste principal et explications directes données par Hubbard dans un entretien de 2012. La batterie de Ringo n’est pas attribuée sur cette prise ; le refus de remplacer Richards explique cette singularité.
Points ouverts : jour exact et lieu de la partie de Ringo, éventuelles prises de travail non publiées, identification des éditions physiques. La prestation est néanmoins parfaitement confirmée et doit figurer dans le dossier parmi les collaborations vocales et multi-instrumentales du musicien.
Illustration d’ambiance issue du dossier Yellow-Sub.net : elle ne constitue pas un document de la séance.












