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Ringo Starr et Joe Walsh : deux batteries sur Analog Man (2012)

Lucky That Way et Band Played On : deux chansons, deux formations, une même amitié musicale retrouvée sur Analog Man.

Fiches individuelles des chansons et sessions

Ces notices détaillent séparément les œuvres, les personnes réellement créditées, les supports et les points restant à vérifier.

Band Played On (2012) : Ringo Starr chez Joe Walsh →

Lucky That Way (2012) : Ringo Starr chez Joe Walsh →

Un ancien Beatle dans l’album de retour de Joe Walsh

2012 : Ringo passe de chanteur accompagné à batteur invité

Dans les années 1980, Joe Walsh produit Old Wave pour Ringo Starr. Trente ans plus tard, la logique de l’invitation s’inverse lorsque Ringo apparaît sur Analog Man, album de Walsh publié en 2012. Cette réciprocité ne doit pas masquer les différences entre les crédits : l’amitié explique la rencontre, mais le master permet seul de préciser l’instrument joué et la chanson concernée. Sur « Band Played On », Ringo apporte son jeu de batterie ; sa présence ne s’étend pas automatiquement à l’ensemble des morceaux du disque.

Les activités du duo se prolongent également autour de Ringo 2012 et de la scène, où Walsh possède son propre répertoire. Produire un album, enregistrer une batterie pour un ami et partager une tournée sont trois fonctions distinctes. Le portrait transversal du partenariat Walsh–Ringo aide à conserver cette chronologie.

Avec Analog Man, paru en 2012, Joe Walsh reprend le fil de sa carrière solo après une longue interruption discographique. La collaboration avec Ringo Starr s’inscrit dans une histoire plus ancienne que leurs liens familiaux : Walsh et Ringo ont joué ensemble, fréquenté les mêmes cercles musicaux et participé, au fil des années, aux disques et aux spectacles l’un de l’autre. Dans les crédits de ce nouvel album, il faut distinguer deux titres précis plutôt que d’attribuer indistinctement à Ringo toutes les parties de batterie.

Les sources concordantes identifient « Lucky That Way » et « Band Played On ». Un entretien avec Walsh, publié en octobre 2012 et conservé sous forme d’archive, cite explicitement les deux morceaux lorsqu’il lui est demandé ce que signifie travailler avec son beau-frère. Les relevés de personnel par plage associent Ringo à la batterie des pistes 3 et 5 de l’édition standard. Le communiqué du label Concord confirme directement « Lucky That Way ». La combinaison de ces matériaux est plus forte que le simple crédit d’album qu’affichent certains catalogues.

Analog Man : un disque produit avec Jeff Lynne

Le disque paraît en juin 2012. Le catalogue du label Concord présente Analog Man comme une production de Joe Walsh et Jeff Lynne, avec dix morceaux dans son programme de base. Cette collaboration réunit plusieurs générations du rock californien et britannique : Walsh conserve son écriture mordante et son jeu de guitare, tandis que Lynne contribue à l’architecture sonore, à l’instrumentation et aux arrangements. Pour situer Ringo, un détail compte : Lynne et Walsh sont les producteurs cités ; aucune source retenue ne donne à Ringo une fonction générale de producteur de l’album.

La participation de Jeff Lynne crée une continuité avec Zoom d’Electric Light Orchestra (2001), sur lequel Ringo joue déjà. Mais cette continuité de personnes ne transforme pas les sessions de 2001 et de 2012 en un seul projet. Ce sont deux productions distinctes, à séparer dans l’inventaire chronologique.

Lucky That Way : un retour ironique sur la vie de Walsh

« Lucky That Way », troisième morceau du programme de base, est signé Joe Walsh et Tommy Lee James. Le communiqué officiel du label le présente comme une réflexion sur les détours de la vie de Walsh et comme une réponse plus mûre à « Life’s Been Good », son succès de 1978. La comparaison appartient à la présentation de l’artiste et de sa maison de disques : elle permet de comprendre le sujet du texte, mais n’implique aucun lien musical direct entre les prises de batterie des deux chansons.

Les crédits détaillés répertorient Ringo à la batterie, Joe Walsh à la guitare et au chant, Rick Rosas à la basse, Bruce Sugar à l’orgue, Greg Leisz et Jay Dee Maness à la pedal steel, Tommy Lee James aux chœurs. Cette distribution apporte une couleur d’americana à la chanson : elle ne relève pas d’une reconstitution des Beatles et ne résume pas non plus la formation des Eagles. Ringo intervient dans une séance construite autour d’un auteur-guitariste et d’accompagnateurs expérimentés.

La contribution de Ringo est d’autant plus intéressante qu’elle soutient une chanson sur l’expérience et le temps. Il ne cherche pas ici à imposer un solo démonstratif : l’objet de l’enregistrement est l’équilibre de la chanson de Walsh. Cette observation stylistique ne doit naturellement pas être confondue avec une indication technique sur la manière dont la batterie a été captée ou retravaillée.

Band Played On : un deuxième titre, un autre personnel

« Band Played On » occupe la cinquième place sur la version standard de Analog Man. L’entretien donné par Walsh en 2012 associe également cette chanson à Ringo, et les crédits détaillés de l’album lui attribuent la batterie sur cette piste. C’est un point historiographique important : une notice qui ne reprendrait que le communiqué de presse de Concord, consacré à « Lucky That Way », manquerait une deuxième participation. À l’inverse, annoncer Ringo sur l’ensemble du disque serait tout aussi trompeur.

Les indications de personnel par titre citent notamment Kenny Passarelli à la basse et Joe Vitale aux claviers et au sitar sur « Band Played On ». La couleur du groupe diffère donc de celle de « Lucky That Way ». Dans une véritable sessionographie, cette différence se retrouve dans deux entrées distinctes, même si les chansons appartiennent au même album et que le même batteur participe aux deux.

Le témoignage de Joe Walsh : de l’amitié à la famille

Interrogé en 2012 sur son travail avec Ringo, Walsh insiste sur leur manière de participer réciproquement aux projets de l’autre. Il décrit un échange entretenu depuis des années, devenu encore plus personnel avec leurs liens familiaux. La plaisanterie qu’il fait sur cette succession de collaborations ne doit pas occulter le cœur du témoignage : il s’agit d’une relation professionnelle durable, pas d’une apparition opportuniste conçue pour promouvoir un disque.

Ringo et Joe Walsh sont beaux-frères parce que les épouses respectives des deux musiciens, Barbara Bach et Marjorie Bach, sont sœurs. Le fait permet de comprendre la proximité qu’évoque Walsh, mais n’explique pas à lui seul le choix de la batterie sur les deux morceaux : c’est la pratique musicale commune qui donne son sens à la présence de Ringo. Une étude rigoureuse garde distincts le lien personnel et le crédit instrumental.

Dimension humaine : la réciprocité entre Ringo Starr et Joe Walsh, des studios à la famille

L’amitié d’abord, les liens familiaux ensuite

La relation entre Ringo Starr et Joe Walsh gagne à être replacée dans sa chronologie. Walsh produit Old Wave au début des années 1980 et participe aux aventures du All-Starr Band avant que les deux musiciens deviennent parents par alliance. Lorsque Walsh épouse Marjorie Bach, sœur de Barbara Bach, l’amitié artistique acquiert une dimension familiale supplémentaire. Il serait donc historiquement inexact de présenter tous leurs enregistrements anciens comme des réunions entre beaux-frères : leur collaboration musicale est bien antérieure à cette situation privée.

Dans plusieurs entretiens donnés en 2012 à l’occasion de l’album Analog Man, Walsh évoque avec humour les échanges de services musicaux qui se sont installés entre eux. L’un joue sur le disque de l’autre, qui intervient à son tour sur un album ultérieur. La formule plaisante révèle une habitude de travail fondée sur la réciprocité, mais ne doit pas être comprise comme une règle comptable obligeant automatiquement chacun à enregistrer un morceau chaque fois que l’autre lui rend service. Les crédits concrets restent la référence pour mesurer ce qui a effectivement été fait.

« Lucky That Way » : le contexte familial ne remplace pas la lecture de la chanson

« Lucky That Way » possède une dimension autobiographique chez Walsh, qui s’est expliqué dans la presse sur sa vie, son parcours musical et les changements intervenus dans sa situation personnelle. La présence de Ringo à la batterie ajoute une réalité sonore à cette proximité, mais elle ne signifie pas que Starr aurait participé à l’écriture du texte ou qu’il faudrait l’interpréter comme son propre récit. La chanson appartient à Walsh et à son partenaire d’écriture Tommy Lee James. La distinction entre le narrateur, l’auteur et le batteur invité est indispensable : l’amitié explique la présence, mais pas à elle seule le contenu littéraire du morceau.

Musicalement, le titre inscrit Starr dans un cadre country-rock différent des enregistrements réalisés sous son propre nom. Sa partie de batterie doit donc être étudiée comme un accompagnement choisi pour une chanson de Walsh, non comme un « son Ringo » séparé artificiellement de la basse et des guitares. L’analyse s’intéressera au soutien de la voix, aux moments où la batterie relance les phrases et à la retenue éventuelle dans les passages plus narratifs. Les crédits sont confirmés ; le détail des accents appartient à une écoute du master.

« Band Played On » : plusieurs collaborateurs, plusieurs histoires

« Band Played On » réunit à nouveau Ringo à la batterie et Joe Vitale dans une formation qui comprend notamment des claviers et du sitar. Cette présence ne doit pas conduire à appeler le morceau une continuation directe des séances d’Old Wave : le contexte, la période, le chanteur principal et les équipes de production sont différents. Elle révèle plutôt la longévité d’un réseau professionnel dont les membres se retrouvent au fil des projets, parfois après de longues interruptions discographiques. Une telle fidélité n’exclut ni les nouveaux collaborateurs ni les changements de méthode.

Le témoignage de Walsh : une source directe, pas un certificat d’explication universelle

Lorsqu’il présente Ringo comme un ami devenu membre de sa famille, Walsh donne accès à la manière dont il perçoit leur relation à cette date. Il ne fournit pas pour autant un compte rendu complet des décisions prises pendant la production des deux chansons. Il faut tenir ensemble les entretiens de 2012, les crédits par master et la chronologie beaucoup plus longue du partenariat. Le premier ensemble décrit une relation humaine ; le deuxième précise la musique enregistrée ; le troisième explique pourquoi ces personnes se retrouvent. L’histoire devient plus significative lorsqu’on maintient ces trois niveaux sans les confondre.

Des éditions différentes, pas des sessions supplémentaires

Le programme original de l’album comprend dix chansons ; certaines éditions ajoutent du contenu. Les références discographiques secondaires peuvent faire varier la numérotation selon les bonus et les supports, mais « Lucky That Way » et « Band Played On » figurent sur l’album de base. Il convient donc de décrire les prestations à partir des titres, plutôt que d’utiliser uniquement un numéro de piste sans mention d’édition.

Le nom de Jeff Lynne apparaît aussi parmi les musiciens crédités à la batterie sur d’autres morceaux. C’est précisément pourquoi l’attribution globale « batterie : Ringo Starr » est insuffisante. Elle efface la répartition des interventions et aboutit à créditer au Beatle des plages pour lesquelles aucune preuve n’a été fournie.

Fiche de session à retenir

Artiste principal : Joe Walsh. Album : Analog Man, 2012. Ringo Starr : batterie sur « Lucky That Way » et « Band Played On ». Auteur de « Lucky That Way » : Joe Walsh et Tommy Lee James. Production de l’album : Joe Walsh et Jeff Lynne. Nature : deux contributions de studio individualisées ; aucune session supplémentaire déduite des éditions avec bonus. Date d’enregistrement précise : non établie par les sources examinées.

Ce que révèle l’épisode

Cette double participation éclaire la place de Ringo dans l’histoire tardive du rock américain. Son jeu est recherché sur des chansons nouvelles plutôt que sur une célébration du répertoire des Beatles. Le projet de Walsh reprend des préoccupations personnelles — le temps qui passe, la reconstruction de soi, le plaisir retrouvé de jouer — auxquelles la présence d’un ami de longue date apporte une continuité presque narrative. Pour la documentation, l’apport essentiel demeure très concret : deux titres, deux crédits de batterie, un seul album, et des sources qui les identifient séparément.

Photographie d’ambiance issue de la photothèque Yellow-Sub.net ; elle ne documente pas cette séance précise.

Ringo Starr : image d'ambiance pour le chapitre coauteur et Ring O' Records

Sources et vérifications documentaires

  1. Concord, présentation officielle de Analog Man et crédit de Lucky That Way.
  2. Archive d’un entretien avec Joe Walsh, octobre 2012, citant les deux titres.
  3. AllMusic, crédits généraux de Analog Man.
  4. Relevé de livret de l’édition CD, personnel par numéro de piste.