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Yellow-Sub.net · Ringo Starr · Sessions 1980–1999

Ringo Starr et les autres artistes de 1980 à 1999 : Dylan, Harrison, Lofgren, Petty

Des toms de « Heart of Mine » à la batterie de Tom Petty, vingt ans de collaborations vérifiées et de crédits parfois trompeurs.

1980–1999 : vingt années de collaborations derrière les noms célèbres

Dans la mémoire collective, les années 1980 et 1990 de Ringo Starr sont dominées par sa carrière personnelle, ses apparitions publiques et la naissance du All-Starr Band, dont la première tournée date de 1989. Une autre histoire se déroule pourtant dans les studios : le batteur apparaît sur des enregistrements de Bob Dylan, George Harrison, Paul McCartney, Nils Lofgren et Tom Petty. Les rencontres avec Carl Perkins se prolongent également jusqu’aux années 1990. Cette période oblige à renouveler les méthodes d’inventaire, parce que le disque, le clip vidéo, la bande sonore d’un film et les rééditions d’archives créent parfois des attributions divergentes.

Le présent chapitre ne répétera pas les études déjà consacrées à Harrison et McCartney. Il montrera comment leurs collaborations s’inscrivent dans une chronologie plus large, puis approfondira les crédits précisément vérifiés chez Dylan, Lofgren et Petty. Là où les sources manquent de précision, les questions resteront ouvertes. Une encyclopédie sérieuse ne se mesure pas au nombre d’albums sur lesquels on parvient à ajouter le nom de Ringo, mais à la fiabilité de chaque ligne.

1980 : les séances reprennent avec d’autres formations

Les années qui suivent la deuxième moitié de la décennie 1970 ne constituent pas une rupture complète de ses relations musicales. Harry Nilsson demeure l’une des figures de son entourage artistique, tandis que plusieurs anciens collaborateurs des Beatles travaillent désormais avec des producteurs, des chanteurs et des musiciens américains. Dans les discographies, Flash Harry de Nilsson apparaît parmi les disques auxquels Ringo contribue en 1980. Ce crédit général est une piste de recherche solide, mais il ne permet pas encore de dresser une liste définitive de chansons sur lesquelles il joue.

Le contexte explique le déplacement progressif de l’activité de Ringo. Les studios de Los Angeles deviennent un lieu de rencontre avec des musiciens tels que Jim Keltner, et les albums ne sont plus nécessairement enregistrés en un seul bloc par un groupe stable. Une production peut être montée en plusieurs mois et réunir plusieurs batteurs. Le premier travail consiste donc à identifier la version utilisée sur chaque disque, avant de lui attribuer un musicien précis.

1981 : Bob Dylan et « Heart of Mine », un crédit souvent simplifié

L’un des enregistrements les plus intéressants de cette période figure sur Shot of Love, album de Bob Dylan paru en août 1981. Ringo y est régulièrement annoncé comme batteur invité. Pourtant, le livret reproduit sur le site officiel de Bob Dylan donne une information plus subtile. Pour la chanson « Heart of Mine », il distingue Jim Keltner et Chuck Plotkin à la batterie, tandis que Ringo Starr est crédité aux toms, avec l’indication « Tom Tom ». Ronnie Wood joue de la guitare, Donald « Duck » Dunn de la basse, William « Smitty » Smith de l’orgue et Dylan chante tout en jouant du piano.

Cette précision change le sens du crédit. Il serait erroné de substituer Ringo à Keltner comme batteur principal du titre, ou de présenter « Heart of Mine » comme un duo de deux batteries sans autres indications. Ringo apporte une partie percussive distincte ; les crédits officiels identifient les instruments. La différence peut paraître mince à qui dresse une liste de participations, mais elle est essentielle pour un site qui ambitionne de servir de référence discographique.

Une liste de musiciens qui ne peut pas être copiée sur toutes les pistes

Le même livret distingue les équipes de « Shot of Love », « Property of Jesus », « Dead Man, Dead Man », « In the Summertime » et « Every Grain of Sand ». Jim Keltner assure la batterie sur de nombreux morceaux, mais Ringo n’est pas crédité de manière identique à chaque chanson. Il faut donc éviter de transformer la mention « Ringo Starr — Drums, Tom Tom » imprimée dans la liste générale de l’album en preuve d’une batterie de Ringo sur toutes ses plages.

La place de Dylan dans l’histoire des Beatles donne évidemment de l’intérêt à l’épisode. Les musiciens s’étaient rencontrés bien avant 1981, et le répertoire de Dylan avait influencé leurs compositions. Mais la rencontre culturelle ne constitue pas la preuve instrumentale : seule la documentation de « Heart of Mine » permet de préciser la contribution réellement attestée de Ringo. Notre fiche future reproduira donc le libellé de son crédit original et expliquera la présence parallèle de Keltner et Plotkin.

Les rééditions et les prises alternatives de Dylan

La collection d’archives de Dylan, notamment Springtime in New York, apporte des informations détaillées sur plusieurs séances du début des années 1980. Elle montre l’utilité d’une comparaison entre masters, prises non retenues et versions publiées des décennies plus tard. Une prise de travail datée du printemps 1981 n’a pas nécessairement la même distribution que celle de l’album. Pour établir les participations de Ringo, nous ne réutiliserons pas le personnel de « Heart of Mine » lorsque les notes d’archives désignent une autre équipe.

Cette règle vaut également pour l’apparition ultérieure du titre en concert. Le site de Dylan possède une chronologie de ses interprétations publiques, mais Ringo n’en est pas nécessairement membre à ces dates. Une fiche d’œuvre doit pouvoir relier les différentes performances sans transporter le crédit du disque original sur les versions live.

1981 : « All Those Years Ago », George Harrison réunit trois anciens Beatles

L’enregistrement de « All Those Years Ago » occupe une place particulière dans l’histoire musicale des anciens Beatles. Le morceau commence par être travaillé à Friar Park en novembre 1980, dans un contexte où Ringo est envisagé comme interprète de la chanson. La mort de John Lennon en décembre conduit George Harrison à réécrire les paroles et à enregistrer sa propre voix. Le disque paraît en mai 1981 sur Somewhere in England et en single. La partie de batterie enregistrée par Ringo est conservée, tandis que Paul McCartney, Linda McCartney et Denny Laine ajoutent des chœurs.

Le personnel documenté comprend George Harrison au chant et aux guitares, Herbie Flowers à la basse, Al Kooper au piano électrique, Ray Cooper aux percussions et Ringo Starr à la batterie. Le relevé des séances fourni par The Paul McCartney Project date la prise de base du 19 au 25 novembre 1980, avec des ajouts au printemps 1981. Cette chronologie permet de ne pas confondre les journées de prise de son avec la publication du morceau et l’évolution de son texte.

Une émotion collective, plusieurs étapes techniques

Il serait facile de présenter « All Those Years Ago » comme une réunion spontanée née immédiatement après l’assassinat de Lennon. L’histoire des bandes montre quelque chose de plus intéressant : un morceau existait déjà et a été transformé. La batterie de Ringo appartient à la phase initiale ; les chœurs de Paul, Linda et Denny sont ajoutés dans un second temps. La collaboration des anciens Beatles est donc véritable, mais elle ne signifie pas qu’ils se trouvaient tous ensemble dans la même pièce pour la prise rythmique.

Cette nuance constitue un élément majeur de notre méthode. Les artistes peuvent contribuer au même disque sans partager une séance simultanée. Une sessionographie doit alors garder deux événements distincts, reliés au même master. Elle permet de restituer la fabrication collective d’une œuvre, et non de créer une photographie imaginaire de la réunion.

1982–1983 : Paul McCartney, George Martin et les sessions de Tug of War

Le début des années 1980 voit Ringo retrouver Paul McCartney dans une autre formation de studio. Tug of War, paru en 1982 et produit par George Martin, fait appel à de nombreux interprètes. Le titre « Take It Away » comprend un crédit de batterie associant Ringo Starr et Steve Gadd. Ces deux noms doivent être conservés : la présence de Ringo ne permet pas d’effacer Gadd du morceau, pas plus qu’elle n’autorise à attribuer à l’un ou à l’autre chaque frappe sans consulter les documents de session.

En 1983, le disque Pipes of Peace prolonge certaines de ces collaborations. « So Bad » est régulièrement attribué à Ringo dans les relevés spécialisés, avec une séance documentée à AIR Studios. Les autres chansons de l’album mobilisent différentes équipes et nécessitent une vérification individualisée. Ces enregistrements sont approfondis dans le chapitre consacré à Paul McCartney ; ici, ils replacent les retrouvailles des deux anciens Beatles dans la continuité d’une décennie où Ringo travaille également pour d’autres auteurs.

1985 : les grandes formations et les séances collectives

Au milieu des années 1980, plusieurs projets réunissent de nombreux musiciens célèbres. Ringo apparaît dans certaines discographies liées aux Beach Boys, à des manifestations caritatives ou à des bandes originales. Mais le nombre de noms au générique ne doit pas être utilisé comme mesure de la participation individuelle de chacun. Le morceau « California Calling » de l’album The Beach Boys (1985), notamment, est associé à des crédits de batterie et de timbales pour Ringo dans plusieurs inventaires. Cette indication devra être confrontée aux notes d’édition avant la mise en ligne d’une fiche de session définitive.

Il en va de même pour les grands enregistrements collectifs à visée politique ou humanitaire. La présence d’un artiste à une séance ou dans une vidéo peut correspondre à une voix de chœur, un passage instrumental, une intervention filmée ou une simple apparition promotionnelle. Nous réserverons une branche spécifique aux contributions dont les crédits indiquent clairement le rôle, plutôt que de supposer que Ringo tient la batterie dès qu’il figure parmi les invités.

1987 : Cloud Nine et le retour de George Harrison

En 1987, George Harrison publie Cloud Nine, réalisé avec Jeff Lynne. Le site officiel de Harrison confirme la participation de Ringo Starr parmi les musiciens de cet album, aux côtés d’Eric Clapton, Elton John et Gary Wright. Pour l’ancien Beatle, le disque représente une nouvelle phase de travail après plusieurs années consacrées à d’autres activités. Les arrangements adoptent une production plus contemporaine, tout en rappelant par endroits des sonorités qui avaient marqué les années 1960.

Une information de portée générale ne suffit cependant pas à placer Ringo sur les onze chansons du LP. Le relevé détaillé de MusicBrainz crédite explicitement Ringo à la batterie sur « When We Was Fab », titre cosigné par Harrison et Lynne. Il indique également Jeff Lynne à la basse, Elton John au piano, Ray Cooper aux percussions et George Harrison aux guitares et au sitar. Le titre est enregistré dans la période de janvier à août 1987 au studio personnel de Harrison, Friar Park Studio, Henley-on-Thames.

« When We Was Fab » : souvenir sonore et travail de studio

Le morceau joue ouvertement avec la mémoire de l’époque Beatles. Son titre est une allusion humoristique à la période où les quatre musiciens étaient désignés comme les « Fab Four ». L’arrangement intègre des références à la pop psychédélique, au sitar et à une production superposée. La batterie de Ringo intervient dans un environnement où Lynne et Harrison assument une direction sonore très précise. Il serait donc trompeur d’y entendre la simple reconstitution d’un enregistrement de 1967 : c’est une production de 1987 qui choisit volontairement de citer des couleurs anciennes.

La documentation des instruments mérite également une attention critique. Certains relevés spécialisés discutent la répartition des batteries ou des percussions sur les bandes, tandis que MusicBrainz identifie Ringo sur la prise du titre. L’existence d’autres percussionnistes dans les crédits d’album ne permet pas d’attribuer tel coup ou tel roulement sans preuve. Notre fiche mentionnera la source utilisée pour chaque crédit et conservera les attributions divergentes lorsqu’elles seront suffisamment documentées.

Un clip ne vaut pas une feuille de présence

« When We Was Fab » est accompagné d’un clip dans lequel apparaissent des invités et des références à l’histoire des Beatles. Dans la mémoire des spectateurs, l’image peut sembler confirmer toutes les associations instrumentales. Pourtant, une vidéo musicale possède ses propres choix de mise en scène. L’intervention réelle de Ringo sur l’enregistrement est établie par les crédits discographiques ; sa présence visuelle ne serait pas suffisante pour l’affirmer. Cette distinction deviendra essentielle deux ans plus tard avec Tom Petty.

1989 : « I Won’t Back Down », le contre-exemple indispensable

En 1989, Tom Petty publie Full Moon Fever, produit avec Jeff Lynne et Mike Campbell. Le clip de « I Won’t Back Down » réunit Petty, Campbell, George Harrison, Lynne et Ringo Starr derrière une batterie. L’image a contribué à installer dans les mémoires l’idée d’un enregistrement collectif où le batteur des Beatles aurait accompagné les membres de l’entourage des Traveling Wilburys.

Or une dépêche de l’agence UPI datée du 31 mars 1989 signale explicitement que Ringo a été sollicité pour le tournage du clip parce qu’il manquait un batteur à l’image, tout en précisant qu’il ne joue pas sur le single. Les crédits de l’enregistrement attribuent la percussion à Phil Jones et ne mentionnent pas Ringo comme instrumentiste. Ce cas est suffisamment clair pour figurer dans l’encyclopédie non comme une prestation de batterie, mais comme une apparition dans un clip sans participation instrumentale au master.

Pourquoi conserver une fiche pour une absence ?

Parce qu’une erreur largement répétée risque de contaminer toute la sessionographie. Si nous nous contentions de supprimer « I Won’t Back Down » de la liste, le lecteur ne comprendrait pas pourquoi tant de vidéos montrent Ringo en train de frapper une batterie. La fiche expliquera précisément cette différence entre performance filmée et enregistrement sonore. Elle donnera le crédit réel et renverra à la vidéo comme objet distinct. Une encyclopédie doit parfois documenter une confusion pour empêcher qu’elle ne se reproduise.

1991 : Nils Lofgren et Silver Lining

En 1991, Nils Lofgren publie Silver Lining, disque enregistré notamment à Ocean Way, Los Angeles, avec une équipe de musiciens parmi lesquels figurent Billy Preston, Clarence Clemons, Levon Helm, Bruce Springsteen et Ringo Starr. Le catalogue AllMusic confirme Ringo comme invité à la batterie et au chant. Le détail du personnel par piste, repris dans plusieurs éditions, permet de préciser sa contribution : Ringo joue de la batterie sur « Walkin’ Nerve » et figure au chant sur « Bein’ Angry ».

Cette double fonction est intéressante. L’artiste connu comme batteur participe ici à l’accompagnement d’une chanson, puis à l’expression vocale d’une autre. Une fiche globale « Ringo : batterie sur Silver Lining » manquerait la seconde contribution ; une fiche le présentant comme batteur de « Valentine » confondrait les pistes. Il faut donc préserver l’ordre original des chansons, vérifier leur personnel et enregistrer séparément les fonctions musicales.

« Walkin’ Nerve » : avant les liens avec le All-Starr Band

La chanson occupe la troisième place sur Silver Lining. Les relevés de personnel distinguent Ringo à la batterie de la section rythmique habituellement assurée sur l’album par Andy Newmark. La présence de musiciens aussi différents au fil du programme témoigne d’une production qui ne cherche pas à conserver une formation unique pour tous les titres. La fiche « Walkin’ Nerve » devra préserver cette singularité, et non attribuer à Ringo les chansons voisines.

Le morceau occupe également une place dans la carrière scénique de Lofgren, qui participera plus tard au All-Starr Band. Mais la version de studio de 1991 appartient d’abord au catalogue personnel du guitariste. Les reprises jouées au cours des concerts de Ringo devront renvoyer vers les pages de tournée et leurs setlists déjà en préparation sur Yellow-Sub, sans produire une seconde fiche d’enregistrement fictive.

« Bein’ Angry » : une contribution vocale à reconnaître

Le huitième titre de l’album montre une autre facette du rôle de Ringo. Les crédits lui attribuent une contribution vocale ; la batterie est documentée séparément. L’information rappelle que les collaborations extérieures de Starr ne se limitent pas au nombre de prises où son nom apparaît après la mention « drums ». Sur d’autres disques, il peut assurer des percussions, chanter quelques phrases, tenir une partie parlée ou participer à un chœur. Notre catalogue distinguera systématiquement ces fonctions, afin de ne pas forcer toutes les participations dans la catégorie « batteur invité ».

1994 : Tom Petty l’invite véritablement sur Wildflowers

Cinq ans après le clip de « I Won’t Back Down », Ringo participe cette fois effectivement à l’enregistrement de Tom Petty. Sur Wildflowers, paru en 1994, il est crédité à la batterie sur « To Find a Friend ». Le disque, produit notamment par Rick Rubin, comporte par ailleurs de nombreuses prestations de Steve Ferrone et quelques contributions d’autres batteurs. La présence de Ringo sur une piste particulière doit donc être mise en évidence sans l’étendre aux quinze chansons de l’album original.

La sessionographie est rendue plus complexe par les éditions enrichies publiées après la mort de Petty. Les documents rassemblés sous le titre Wildflowers & All the Rest et les versions alternatives de Finding Wildflowers présentent un corpus plus large que celui commercialisé en 1994. Certaines listes de personnel créditent Ringo également sur des versions ou des prises qui ne figurent pas dans le programme original. Ces enregistrements doivent recevoir leur statut exact : il ne s’agit pas de nouvelles collaborations des années 2020, mais de bandes anciennes rendues accessibles plus tard.

« To Find a Friend » : une interprétation dans un album personnel

La chanson de Petty s’inscrit dans l’esthétique dépouillée et introspective de Wildflowers. L’intervention de Ringo ne cherche pas à transformer la composition en événement nostalgique. Elle vient plutôt soutenir une écriture personnelle, dans un environnement sonore où l’arrangement privilégie la clarté de la voix et la relation entre les instruments. Notre analyse musicale pourra décrire la stabilité de la pulsation, mais elle s’appuiera avant tout sur les crédits de la piste pour identifier le batteur.

La future fiche réunira la version de l’album de 1994, les références aux sessions et les variantes publiées ultérieurement. Elle devra également citer les ingénieurs du son et les producteurs lorsque ceux-ci sont documentés, car l’image sonore du disque dépend autant de la prise de batterie que du montage et du mixage.

1996 : « Hung Up and Overdue » et la bande originale She’s the One

La collaboration avec Petty se prolonge avec « Hung Up and Overdue », publiée sur Songs and Music from She’s the One en 1996. Les crédits de l’album identifient Ringo Starr à la batterie sur ce titre, tandis que Carl Wilson, membre des Beach Boys, participe aux harmonies vocales. Le reste du programme comprend plusieurs autres batteurs, notamment Curt Bisquera et Steve Ferrone. La répartition instrumentale doit donc être maintenue avec précision.

Il faut également distinguer la chanson et le film auquel l’album est associé. Une bande originale peut reprendre des enregistrements préparés pour un autre projet, et « Hung Up and Overdue » se retrouve dans l’histoire éditoriale complexe des bandes de Wildflowers. Les rééditions de 2020 et de 2021 permettent de revoir la chronologie des sessions. Elles ne changent pas la nature du crédit original : Ringo participe à une piste de Tom Petty, indépendamment des différentes façons dont cette piste a été ensuite distribuée.

Les années 1990 de Ringo ne se réduisent pas aux retrouvailles Beatles

L’exemple Petty montre que la carrière du batteur se poursuit au sein d’une musique américaine contemporaine, loin de la seule célébration de son passé avec Lennon ou Harrison. Le lien personnel facilite naturellement certaines invitations, mais la valeur musicale d’une séance ne se mesure pas à la célébrité des convives. Une contribution discrète à une chanson introspective peut être plus instructive que la présence de Ringo dans un clip saturé de clins d’œil aux Beatles.

1996 : Go Cat Go! et Carl Perkins

Le dernier grand album de Carl Perkins publié de son vivant, Go Cat Go!, rassemble de nombreux invités. Le disque contient « Honey Don’t » avec Ringo Starr, mais aussi des interventions de Paul McCartney, George Harrison, John Fogerty, Johnny Cash, Willie Nelson, Bono et Tom Petty. John Lennon et Jimi Hendrix y figurent au travers de documents d’archives plutôt que d’une séance contemporaine. Il s’agit donc d’une compilation de collaborations et de performances de provenances diverses, non d’une grande réunion de tous les artistes dans un même studio.

Les crédits détaillés de « Honey Don’t » associent Carl Perkins et Ringo au chant, avec plusieurs membres du All-Starr Band, dont Joe Walsh, Nils Lofgren, Billy Preston, Rick Danko, Levon Helm et Jim Keltner. Ringo est identifié comme chanteur ; les lignes de batterie sont attribuées à d’autres musiciens pour cette interprétation. Cette différence est importante : le titre constitue bien une collaboration musicale de Ringo avec Perkins, mais elle ne doit pas être enregistrée automatiquement dans la catégorie « batterie ».

La fiche devra aussi établir l’origine exacte de la version retenue sur le CD de 1996. Les différentes sources recensent des performances live et des prises réalisées spécialement pour le projet ; il serait imprudent de leur attribuer une date unique à partir de la seule année de sortie. La branche « country et rockabilly » du dossier fournira le contexte historique, tandis que l’inventaire des sessions détaillera la prise effectivement publiée.

1997 : Flaming Pie, les retrouvailles avec Paul McCartney

La décennie se termine par une contribution essentielle à Flaming Pie. Paul McCartney invite Ringo sur « Beautiful Night » et cosigne avec lui « Really Love You » sous leurs noms d’auteurs. La première chanson possède une histoire d’enregistrement remontant aux années 1980 ; la seconde témoigne d’une collaboration créative qui ne se limite pas à un rôle d’exécutant. Le site officiel de McCartney permet de distinguer ces crédits, tandis que les éditions d’archives apportent des documents de prise supplémentaires.

Les chansons sont déjà analysées dans le chapitre « Ringo Starr et Paul McCartney ». Leur présence ici sert de point de repère chronologique : près de trente ans après les premiers projets extérieurs de Ringo, les retrouvailles avec ses anciens partenaires s’insèrent dans un réseau de sessions beaucoup plus vaste. Un lecteur ne doit pas être conduit à croire que chaque année de la carrière de Starr se résume aux Beatles simplement parce que les noms de Lennon, Harrison et McCartney attirent naturellement l’attention.

Quatre erreurs de méthode à éviter pour cette période

La première consiste à écrire « Ringo à la batterie » sur « Heart of Mine » alors que le relevé détaillé de Dylan l’identifie aux toms et nomme Keltner et Plotkin comme batteurs. La deuxième est de confondre le tournage de « I Won’t Back Down » avec la prise sonore de Full Moon Fever. La troisième serait de placer Ringo à la batterie sur tout Silver Lining, alors que les crédits identifient une prestation instrumentale sur « Walkin’ Nerve » et une contribution vocale sur « Bein’ Angry ». La quatrième consisterait à présenter le disque Go Cat Go! comme une unique séance réunissant tous les anciens Beatles et leurs invités.

Ces erreurs ont une origine commune : le mélange des documents. Les photographies de tournage, les pochettes qui vantent une liste de collaborateurs et les bases de données récapitulatives sont des indices utiles, mais ils ne remplacent pas un relevé de personnel par titre, une date de session et une identification de la version publiée. Le dossier doit maintenir ces distinctions à chaque niveau de navigation.

La suite du travail : vers une sessionographie des années 1980 et 1990

Les fiches prioritaires seront « Heart of Mine », « All Those Years Ago », « Take It Away », « When We Was Fab », « Walkin’ Nerve », « Bein’ Angry », « To Find a Friend », « Hung Up and Overdue », « Honey Don’t » et les deux chansons importantes de Flaming Pie. Nous créerons aussi une fiche documentaire particulière pour « I Won’t Back Down » afin de signaler qu’une apparition filmée ne constitue pas un crédit instrumental sur le disque.

Les autres collaborations présentes dans les discographies générales — Beach Boys, projets caritatifs, certaines bandes originales, prestations collectives — seront ajoutées lorsque les crédits individuels auront été vérifiés. Cette méthode donnera aux lecteurs une vision complète de la période sans sacrifier l’exactitude historique. Le but n’est pas de rendre Ringo omniprésent dans la musique populaire, mais de montrer les endroits précis où il a réellement contribué à son histoire.

Une nouvelle maturité musicale, sans récit artificiel de renaissance

Le parcours de Ringo entre 1980 et 1999 ne suit pas un itinéraire simple allant d’une période difficile à une victoire finale. Il comporte des travaux de studio discrets, des retrouvailles avec d’anciens amis, des participations à des clips, des concerts et des projets personnels très différents. Certains enregistrements attirent aujourd’hui surtout les collectionneurs ; d’autres appartiennent aux grands disques de Dylan ou de Petty. Tous gagnent à être considérés dans leur contexte propre.

La valeur de cette sessionographie tient à la possibilité de retrouver, derrière la silhouette familière du batteur des Beatles, un professionnel de la musique dont les rôles varient. Parfois il tient les toms, parfois la batterie d’une chanson de rock, parfois il chante devant Carl Perkins ; ailleurs il participe seulement à une mise en scène vidéo. C’est cette précision, plutôt qu’une légende simplifiée des retrouvailles, qui permet d’écrire l’histoire complète de ses collaborations.

Ringo Starr — photographie d’ambiance issue de la photothèque Yellow-Sub.net.

Ringo Starr — photographie d'ambiance pour le dossier sur ses collaborations musicales

Sources et méthode de vérification

La liste générale de personnel d’un album ne suffit pas à attribuer la batterie à chaque morceau. Les noms et instruments reproduits dans ce chapitre proviennent prioritairement des crédits détaillés de chanson, et les cas non résolus sont signalés.

  1. Bob Dylan, Shot of Love : livret complet et crédits piste par piste.
  2. Bob Dylan, Springtime in New York : sessions et prises d’archives.
  3. The Paul McCartney Project, All Those Years Ago : personnel et prises.
  4. George Harrison, The Dark Horse Years : Cloud Nine et musiciens invités.
  5. MusicBrainz, Cloud Nine : When We Was Fab, crédits par piste.
  6. UPI, 31 mars 1989 : Ringo participe au clip I Won’t Back Down, pas à la bande.
  7. Nils Lofgren, Silver Lining : crédits AllMusic.
  8. Tom Petty, Wildflowers : liste et crédits de l’album.
  9. Tom Petty, She’s the One : programme et personnel.
  10. Carl Perkins, Go Cat Go! : crédits piste par piste.
  11. Carl Perkins, Go Cat Go! : présentation de l’album et des invités.