Yellow-Sub.net · 1980 · Coécriture et batterie
Ringo Starr et Harry Nilsson : How Long Can Disco On, sur Flash Harry
Une composition cosignée Nilsson–Starr en 1980, des crédits de batterie à examiner et un album longtemps difficile à trouver.
1980 : Harry Nilsson et Ringo Starr se retrouvent sur un disque peu connu
Flash Harry est un album singulier dans la carrière de Harry Nilsson. Publié en 1980, il circule d’abord de manière limitée sur certains marchés, avant d’être réellement redécouvert grâce à des rééditions ultérieures. Le chanteur y retrouve plusieurs proches de ses années précédentes, dont Klaus Voormann et Ringo Starr. Cette collaboration n’a cependant ni le contexte de Pussy Cats, produit par John Lennon en 1974, ni le retentissement des grands disques de la première moitié de la décennie.
Ringo est crédité parmi les batteurs de l’album, mais il intervient aussi comme coauteur de « How Long Can Disco On », neuvième morceau du programme original. Le crédit d’écriture est nettement plus précis que l’information générale de personnel. Il constitue donc la première donnée à conserver dans une discographie critique.
« How Long Can Disco On » : la cosignature Nilsson–Starr
« How Long Can Disco On » figure dans le programme officiel de Flash Harry avec Harry Nilsson et Ringo Starr comme auteurs. La chanson adopte une pulsation proche du reggae, sous un titre qui détourne le vocabulaire de la vogue disco. Elle ne doit pas être confondue avec un enregistrement solo de Ringo : Nilsson en est l’artiste principal et l’interprète du disque, tandis que Ringo partage le crédit de composition.
AllMusic et Sessiondays convergent sur cette cosignature. Une chronique indépendante du disque indique également que Ringo joue de la batterie sur la chanson. Ce dernier renseignement est plus spécifique que la liste générale du personnel, mais il mérite encore d’être confronté au livret original et aux bandes multipistes pour établir la contribution instrumentale sans hésitation. L’article distingue donc deux niveaux : la composition, solidement attribuée aux deux artistes, et le détail de la prise de batterie, documenté dans des commentaires mais à vérifier sur source de session.
Une chanson à la croisée du reggae et de la satire
Le choix d’un rythme reggae est significatif. Nilsson explore à cette époque diverses couleurs musicales plutôt que de rechercher une reproduction de ses succès orchestraux des années précédentes. Le titre « How Long Can Disco On » repose sur un jeu de mots autour du nom disco et d’une question sur la durée d’une mode populaire. L’humour parfois absurde de l’auteur retrouve celui de son cercle de collaborateurs, auquel Ringo appartient depuis longtemps.
Il serait cependant aventureux de transformer la chanson en manifeste personnel de Ringo contre le disco. Le crédit de composition établit une participation à l’écriture ; il ne permet pas de reconstituer la part exacte des paroles ou de la musique apportée par chacun. Rien ne justifie non plus d’inventer une séance où les deux auraient improvisé l’intégralité de la chanson au même moment. La genèse doit être réservée aux documents qui la décrivent effectivement.
Le disque : dix titres, plusieurs registres
Le programme original comprend « Harry », « Cheek to Cheek », « Best Move », « Old Dirt Road », « I Don’t Need You », « Rain », « I’ve Got It », « It’s So Easy », « How Long Can Disco On » et « Bright Side of Life ». Les auteurs varient : Eric Idle ouvre et ferme symboliquement l’album avec son univers Monty Python, Van Dyke Parks participe aux compositions de « Cheek to Cheek » et « Best Move », et Lennon est crédité avec Nilsson sur « Old Dirt Road ».
Cette liste illustre un disque collectif sans être pour autant l’album d’un groupe stable. Les titres relèvent de périodes et de styles différents, du rock teinté de reggae à la chanson plus orchestrée. Ringo n’est pas crédité comme auteur des neuf autres œuvres, et son rôle de batteur ne doit pas être généralisé à tous les masters.
Cinq batteurs dans les crédits généraux
Les listes de musiciens de Flash Harry incluent Ringo Starr, Jim Keltner, Fred Staehle, Rick Shlosser et Ricky Lawson à la batterie. En l’absence de répartition définitive par plage, ces cinq noms doivent être présentés au niveau de l’album. La simple coexistence de leurs crédits ne prouve pas une séance commune ni le nombre de batteries présentes simultanément sur tel ou tel morceau.
Il serait tout aussi trompeur d’attribuer automatiquement au disque les personnels de Pussy Cats : malgré la présence de plusieurs collaborateurs récurrents, le projet de 1980 dispose de sa propre production, de ses arrangements et de ses enregistrements. Dans l’encyclopédie, « How Long Can Disco On » mérite donc une fiche autonome et non une note ajoutée à une collaboration de 1974.
Steve Cropper, Cherokee Studios et les équipes de studio
Le disque est produit principalement par Steve Cropper, guitariste historique de la soul de Memphis, associé notamment à Booker T. & the M.G.’s. Les données techniques recensent Cherokee Studios à Los Angeles pour l’enregistrement et le mixage, Bruce Robb comme ingénieur et A&M Studios pour le mastering. La chanson d’ouverture « Harry » possède un traitement particulier, avec des crédits de production attribués à Andre Jacquemin, Eric Idle et Trevor Jones.
Les noms des autres musiciens traduisent l’étendue du réseau de Nilsson : Donald « Duck » Dunn, Klaus Voormann, Paul Stallworth et Scott Edwards à la basse ; Bill Payne, Van Dyke Parks et John Jarvis aux claviers ; Lowell George, Danny Kortchmar, Steve Cropper, Keith Allison et Fred Tackett à la guitare ; Bobby Keys et Jim Horn parmi les soufflants. Ces collaborateurs ne jouent pas tous nécessairement sur « How Long Can Disco On ».
La pochette, les éditions et le long retour dans les catalogues
Flash Harry circule en 1980 sous l’étiquette Mercury/Phonogram sur plusieurs marchés. La pochette est illustrée par Klaus Voormann, vieil ami de l’entourage des Beatles, ce qui constitue encore une contribution distincte de ses éventuelles parties de basse. L’album ne bénéficie pas alors d’une grande diffusion aux États-Unis et devient progressivement une curiosité recherchée des collectionneurs.
Une réédition Varèse Sarabande de 2013 contribue à rendre le programme plus accessible et ajoute des morceaux supplémentaires, dont une version alternative d’« Old Dirt Road ». Le catalogue AllMusic signale par ailleurs une édition CD ultérieure. Les bonus ne constituent pas automatiquement de nouvelles prestations de Ringo : toute participation doit être ramenée au master et à la prise concernée.
Pourquoi la collaboration de 1980 doit figurer dans le dossier
L’histoire entre Harry Nilsson et Ringo commence bien avant Flash Harry. Les deux hommes se retrouvent dans plusieurs disques des années 1970, à la batterie ou dans les chœurs, autour de musiciens associés à John Lennon. En 1980, leur collaboration prend une forme différente, celle d’une chanson qu’ils signent conjointement et qui paraît sur le disque de Nilsson. C’est un autre versant de la carrière de Ringo, auteur au service d’un projet extérieur.
Le disque montre aussi que les années autour de 1980 ne sont pas une parenthèse vide entre les expériences des années 1970 et le All-Starr Band. On y trouve des collaborations moins visibles mais documentables, qui nécessitent simplement de travailler sur les éditions originales plutôt que de s’en tenir aux grands albums les plus connus.
Fiche de référence et niveau de preuve
Artiste principal : Harry Nilsson. Album : Flash Harry, 1980. Œuvre : « How Long Can Disco On », neuvième titre, composition créditée Harry Nilsson et Ringo Starr. Ringo : coauteur confirmé ; batterie signalée à l’échelle de l’album, attribuée à cette chanson dans une chronique spécialisée, à rapprocher du livret de session. Producteur : Steve Cropper pour l’essentiel du projet. Enregistrement : Cherokee Studios selon les crédits généraux.
Points encore ouverts : date exacte de prise de la batterie, répartition des cinq batteurs du LP par chanson, identification de chaque instrumentiste de « How Long Can Disco On » sur l’édition originale. Les dates des rééditions ne sont pas les dates d’enregistrement.
Sources et bibliographie
Site officiel Harry Nilsson, Flash Harry, programme et contexte ; AllMusic, revue, coauteurs et distribution ; Sessiondays, personnel de l’album et production ; Analyse discographique française de Flash Harry.
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