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Ringo Starr, coauteur et producteur : de Doris Troy à Ring O’ Records
Les chansons écrites pour d’autres artistes, les crédits de composition et l’histoire du label Ring O’ Records : une dimension méconnue de la carrière de Richard Starkey.
Ringo Starr au-delà de sa batterie : écrire, éditer, produire
La plupart des inventaires des collaborations musicales de Ringo Starr sont construits autour d’un mot : « batterie ». Ce critère est nécessaire, mais il est beaucoup trop étroit pour décrire sa participation à la musique des autres. Richard Starkey a signé des œuvres avec plusieurs artistes, soutenu des enregistrements auxquels il n’a pas forcément joué, fondé un label destiné à publier d’autres musiciens et pris part à la production d’un film musical. Ces activités possèdent des logiques très différentes. Les réunir sous la formule vague « Ringo producteur » reviendrait à perdre les distinctions qui rendent l’histoire intéressante.
Le présent chapitre propose donc une enquête sur quatre statuts : le coauteur crédité sur une chanson ; le musicien qui contribue à l’écriture mais dont le crédit ne reflète pas nécessairement toutes les étapes du travail ; le fondateur d’une structure de production ou de distribution ; et le producteur d’une œuvre audiovisuelle dans laquelle la musique joue un rôle important. Nous séparerons systématiquement ces fonctions du rôle d’interprète. Une signature de composition ne prouve pas une présence à la batterie ; la propriété d’un label ne signifie pas que son fondateur a enregistré ou produit tous ses disques.
Avant 1970 : ce que signifient les premiers crédits de composition de Ringo
Chez les Beatles, Ringo est principalement connu comme interprète et chanteur occasionnel. Le répertoire collectif comporte cependant des œuvres dont les crédits mentionnent Richard Starkey. « What Goes On » est signé Lennon–McCartney–Starkey ; « Flying », « Dig It » et certaines pièces improvisées portent des attributions collectives. « Don’t Pass Me By » et « Octopus’s Garden » illustrent son travail personnel de compositeur. Ces crédits montrent qu’il ne faut jamais réduire le musicien à un rôle d’exécutant, mais ils appartiennent d’abord au catalogue des Beatles.
Le dossier consacré aux collaborations extérieures ne reproduira donc pas une analyse complète de ces chansons. Elles servent de contexte pour comprendre ce qui change lorsqu’un artiste tiers publie une composition cosignée par Ringo. La différence n’est pas seulement commerciale. Sur un disque des Beatles, l’écriture peut se développer au sein d’un environnement collectif stable ; sur une séance extérieure, elle s’inscrit dans un projet dont l’auteur principal et les interprètes ne sont pas les mêmes.
1970 : Doris Troy, George Harrison, Stephen Stills et Richard Starkey
L’une des collaborations d’écriture les plus instructives date de l’album Doris Troy, publié par Apple Records en 1970. La chanteuse américaine travaille avec George Harrison dans un environnement où passent également Stephen Stills, Billy Preston, Klaus Voormann, Eric Clapton et d’autres musiciens. Les crédits de composition de deux chansons identifient explicitement Doris Troy, George Harrison, Stephen Stills et Richard Starkey. Il s’agit de « Gonna Get My Baby Back » et de « You Give Me Joy Joy ».
L’importance de cette cosignature est souvent négligée. Ringo ne se contente pas d’être un nom prestigieux dans une liste d’instrumentistes associés au catalogue Apple. Il figure parmi les auteurs de deux œuvres attribuées à une autre interprète. Les relevés de MusicBrainz et les métadonnées commerciales de « Gonna Get My Baby Back » donnent clairement son nom civil, Richard Starkey. Le crédit d’auteur constitue ici une preuve distincte du détail instrumental de chaque session.
« Gonna Get My Baby Back » : quatre coauteurs pour une chanson de soul
La composition s’inscrit dans une esthétique de soul et de rhythm and blues, avec Doris Troy comme interprète principale. La présence de George Harrison et de Stephen Stills témoigne de l’étendue des collaborations artistiques organisées autour d’Apple. L’apport de Richard Starkey ne doit cependant pas être inventé rétrospectivement : les métadonnées d’auteur attestent sa participation à la création, mais elles ne détaillent pas le nombre de vers, d’accords ou d’idées rythmiques proposés par chacun des quatre signataires.
C’est ici qu’une encyclopédie doit se montrer rigoureuse. Un crédit peut être juridiquement partagé pour des raisons liées à une écriture collective ; il ne permet pas de raconter, sans témoignage, que Ringo aurait trouvé un refrain tandis que Harrison aurait composé la mélodie. De même, les relevés de session suggèrent que Ringo intervient à la batterie dans l’environnement de l’album, mais la participation à chaque prise doit être vérifiée indépendamment de la composition. Notre fiche future conservera donc deux rubriques : auteurs et interprètes du master.
Étude complémentaire : la fiche de « Gonna Get My Baby Back » isole les quatre coauteurs et distingue le crédit d’écriture de l’attribution instrumentale.
« You Give Me Joy Joy » : une deuxième cosignature, pas un titre interchangeable
La chanson « You Give Me Joy Joy » possède les mêmes quatre noms d’auteurs, mais elle est une œuvre différente. Le fait que deux titres aient été écrits par une équipe commune ne prouve pas qu’ils ont été enregistrés le même jour, ni que leurs arrangements possèdent exactement les mêmes musiciens. L’histoire des albums Apple regorge d’équipes variables et de prises réalisées sur plusieurs semaines. Pour retrouver le travail de Ringo, il faut distinguer les informations d’édition des données de studio.
Le cas est d’autant plus précieux que les archives discographiques utilisent parfois des intitulés abrégés ou légèrement modifiés. Nous conserverons le titre tel qu’il figure sur l’édition consultée, puis les variantes comme points d’accès secondaires. Ainsi, « You Give Me Joy Joy » ne deviendra pas une œuvre différente simplement parce qu’une base l’enregistre sous la forme « You Give Me Joy ».
Un petit réseau d’auteurs qui dépasse les Beatles
Ces deux chansons rassemblent autour de Doris Troy un ancien Beatle, un autre membre du groupe et un musicien américain lié à Buffalo Springfield et à Crosby, Stills, Nash & Young. L’écriture ne circule donc plus dans le seul cadre Beatles. Elle relève d’un laboratoire artistique, situé au moment où Apple cherchait à devenir un espace de création pour des personnalités variées. L’histoire de la collaboration est aussi celle d’une chanteuse dont la voix et le répertoire demeurent au cœur du projet, malgré la célébrité ultérieure de certains coauteurs.
Le chapitre consacré au blues et à la soul approfondit déjà le contexte de l’album. La nouvelle branche apportera les crédits d’écriture et les questions de production. Ce partage éditorial évitera de produire deux articles quasi identiques pour une même chanson.
1971–1973 : le travail d’auteur de Ringo dans sa propre carrière
Les titres « It Don’t Come Easy », « Back Off Boogaloo » et « Photograph » appartiennent à une autre catégorie. Ils sont publiés sous le nom de Ringo ; le dernier est cosigné avec George Harrison. Les témoignages du batteur indiquent que Harrison l’a aidé à finaliser plusieurs compositions, parfois sans apparaître officiellement dans le crédit d’auteur. Cette différence entre aide créative rapportée et signature légale doit être conservée. On ne peut pas réécrire les droits d’une chanson uniquement à partir d’un souvenir, pas plus qu’on ne peut ignorer ce témoignage lorsqu’on raconte son élaboration.
Dans Photograph, publié en 1973, la mention Starkey–Harrison constitue un véritable crédit partagé, tandis que la première attribution d’« It Don’t Come Easy » demeure au nom de Richard Starkey. Les deux situations racontent une collaboration entre amis, mais pas exactement la même configuration juridique. Elles seront documentées dans la discographie de Ringo et reliées au présent chapitre, car ce dossier s’intéresse d’abord aux œuvres publiées par d’autres artistes.
1997 : « Really Love You », une chanson de Paul McCartney cosignée Starkey
Lorsque Paul McCartney publie Flaming Pie en 1997, la chanson « Really Love You » porte les noms de Paul McCartney et Richard Starkey. Le catalogue officiel de McCartney confirme cette cosignature. La collaboration ne se limite donc pas à une invitation de batterie : Ringo participe aussi à la création de l’œuvre. Les deux musiciens se retrouvent dans un cadre différent de celui des Beatles, puisque Paul est l’artiste principal et le maître d’œuvre de l’album.
Les faits de session doivent être distingués des données d’édition. Une œuvre cosignée ne prouve pas à elle seule la méthode exacte de composition, le moment où chaque idée est née ni le nombre de prises nécessaires. Les éditions d’archives de Flaming Pie permettent d’approfondir cette histoire, mais une reconstitution détaillée exige les crédits des versions concernées.
2005 : la chanson réapparaît dans un contexte de remix
La reprise de « Really Love You » dans le projet Twin Freaks de McCartney, publié en 2005 avec le producteur et DJ Freelance Hellraiser, illustre parfaitement la distinction entre œuvre, master et nouvelle version. Le site officiel de McCartney précise qu’il s’agit d’un remix du titre de Flaming Pie et conserve la cosignature McCartney–Starkey. Cela ne prouve pas que Ringo a enregistré une nouvelle partie de batterie en 2004 ou en 2005.
La participation de Ringo existe à l’origine de l’œuvre et de la bande utilisée, mais le nouveau travail de production doit être attribué à ceux qui ont réalisé le remix. On peut donc trouver son nom dans des crédits d’auteur d’une sortie contemporaine sans que cette date corresponde à une nouvelle séance de Ringo. C’est un cas d’école pour une base de données destinée aux collectionneurs.
2011 : Ben Harper et une nouvelle équipe de coauteurs
Avec Give Till It’s Gone, Ben Harper offre un exemple de collaboration qui dépasse largement le cadre nostalgique des anciens Beatles. Sur « Spilling Faith », son site officiel identifie les auteurs Harper, Starkey, Ingalls, Mozersky et Richardson. Il s’agit donc d’une composition née de la collaboration entre Ringo et plusieurs musiciens liés à l’univers de Harper. Les crédits officiels de l’album font aussi apparaître l’éditeur Startling Music Ltd. sur « Spilling Faith » et « Get There From Here ».
Ce double indice est précieux : la mention du nom Starkey et celle de la société d’édition permettent de documenter une contribution créative, indépendamment de la reconnaissance immédiate du son de la batterie. Ringo rejoint une équipe plus jeune qui travaille dans un langage rock très différent de l’orchestre des Beatles ou des productions Phil Spector des années 1970. La signature de l’œuvre montre que la collaboration se produit au niveau de la composition autant qu’à celui de l’interprétation.
« Spilling Faith » : plusieurs auteurs, un seul morceau
Le catalogue officiel de Ben Harper donne les noms de cinq coauteurs. Notre fiche conservera ces cinq identités sans faire de Richard Starkey un auteur principal supérieur aux autres. Elle expliquera la provenance de son crédit et distinguera l’enregistrement de studio des performances en concert ultérieures, dont certaines figurent dans les archives de tournées publiées sur le site de Harper. Une répétition live de 2012 constitue un enregistrement différent de la version d’album, même si la chanson est la même.
La place de Ringo sur le disque, à la batterie, relève d’une autre ligne documentaire. Il faut enregistrer la formation effective, les dates de la prise lorsqu’elles seront confirmées et le mixage de référence. L’écriture et la prestation s’éclairent mutuellement, mais l’une ne vaut pas preuve automatique de l’autre.
« Get There From Here » : la question des crédits d’édition
Le second titre est associé dans les notes officielles à EMI/Three Chord Symphony Music et Startling Music Ltd. L’édition musicale confirme un lien entre le catalogue de Ringo et l’œuvre enregistrée pour Harper. Pour identifier précisément les auteurs dans l’ordre original, la référence de droits devra être confrontée aux crédits du disque et des registres d’édition. La publication de 2011 est établie ; les détails de la contribution créative ne doivent pas être enrichis de dialogues de studio imaginaires.
Le travail de Danny Kalb à l’enregistrement et au mixage, mentionné dans le livret officiel, rappelle que les décisions de réalisation restent celles de l’équipe de Ben Harper. Ringo ne devient pas producteur de l’album parce qu’il signe deux morceaux ou apporte une prestation instrumentale. Ce partage des fonctions est le cœur de notre méthode.
Ring O’ Records : le fondateur d’un label n’est pas le producteur de tous ses artistes
En 1974, Ringo fonde Ring O’ Records, dont les premières sorties arrivent en 1975. L’entreprise naît à une période où l’organisation d’Apple Records se transforme et où les anciens Beatles cherchent chacun leur manière de soutenir des projets extérieurs. Son objectif est de permettre à des artistes de publier de la musique sous une marque associée à Ringo. Mais le soutien d’un fondateur, l’action d’un directeur artistique, la production du master et la distribution commerciale sont quatre responsabilités différentes.
Les recherches sur le label indiquent que Barry Anthony assure une part importante de son fonctionnement quotidien. Les contrats de distribution passent notamment par Polydor et, selon les territoires et les périodes, par Capitol ou Mercury. Il serait donc trompeur d’imprimer « produit par Ringo Starr » sur toute la discographie Ring O’. Les pochettes individuelles doivent préciser qui a réellement produit, arrangé et enregistré chaque album ou single.
David Hentschel et « Sta*rtling Music » : un disque presque conceptuel
L’un des premiers projets du label est Sta*rtling Music, publié en 1975 par David Hentschel. L’album reprend instrumentalement les chansons du LP Ringo de 1973, en les réinventant avec des synthétiseurs et des arrangements de rock progressif. Le projet est d’autant plus amusant qu’il prend un disque solo de Ringo pour le transformer en terrain d’expérimentation instrumentale. Les titres « Devil Woman », « Oh My My », « Photograph » et « I’m the Greatest » peuvent y être reconnus, mais leur environnement musical change profondément.
La fiche AllMusic attribue la production à David Hentschel et à John Gilbert et recense notamment Phil Collins à la batterie ainsi que Ronnie Caryl aux guitares. Ringo apparaît comme auteur de certaines compositions et comme fondateur du label, non comme producteur exécutant automatiquement toutes les pistes. La confusion serait facile à commettre puisque son prénom figure indirectement dans la marque et dans le répertoire repris.
Pour une encyclopédie des collaborations, ce disque est intéressant à deux titres : il témoigne de la circulation des œuvres composées par Ringo et de son activité d’éditeur phonographique. Il ne doit pourtant pas être ajouté à sa sessionographie instrumentale tant qu’une participation effectivement enregistrée n’est pas identifiée par des crédits individuels fiables.
Bobby Keys, Graham Bonnet et les autres artistes de Ring O’
Le label publie ou annonce des projets associés au saxophoniste Bobby Keys, au chanteur Graham Bonnet, à Rab Noakes, Carl Groszmann, Colonel Doug Bogie, Johnny Warman et d’autres interprètes. Le catalogue n’est pas homogène : singles, albums, reprises, productions très modestes et projets expérimentaux coexistent. Une étude détaillée devra relever les références et les variantes des pressages, avec une attention particulière aux pays de distribution.
La présence du saxophoniste Bobby Keys offre une passerelle vers l’univers des collaborations de Ringo, puisque Keys a joué sur de nombreux disques de son entourage. Mais on ne peut pas attribuer à Ringo la batterie d’un single de Keys simplement parce que l’artiste a signé chez Ring O’. Les deux hommes ont pu collaborer sur des séances distinctes ; le label et la séance doivent demeurer deux catégories séparées.
Pourquoi cette histoire mérite presque un dossier autonome
Ring O’ Records existe pendant quelques années et ne rencontre pas le succès commercial espéré. Les bilans discographiques évoquent environ une quinzaine de singles et plusieurs albums. Les chiffres précis dépendant de la manière de compter les éditions et les références, nous les vérifierons sur les disques originaux avant d’en faire un total définitif. La première priorité est de reconstituer le catalogue par numéro de référence, artiste, titre et pays.
Ce travail pourra devenir une branche patrimoniale de Yellow-Sub distincte de la sessionographie. Elle fera apparaître Ringo comme soutien d’artistes, entrepreneur et propriétaire de label, tout en évitant l’affirmation abusive qu’il aurait produit musicalement l’ensemble des disques de son entreprise.
Startling Studios : du patrimoine Lennon à un outil d’enregistrement
L’histoire de Ring O’ Records se croise avec celle de Startling Studios, la structure installée à Tittenhurst Park, propriété de John Lennon rachetée par Ringo en 1973. Le studio, auparavant associé à l’activité de Lennon et de Yoko Ono, change de gestion et de nom. Il devient un lieu où d’autres artistes peuvent enregistrer, indépendamment de la présence personnelle du nouveau propriétaire.
Cette situation ressemble à celle du label : posséder un studio n’est pas équivalent à jouer sur les bandes qui y sont produites. Une discographie ne doit donc pas transformer « recorded at Startling Studios » en crédit instrumental de Ringo Starr. L’étude historique du site et des installations techniques apportera au contraire une perspective nouvelle sur son activité entrepreneuriale, sans brouiller le relevé de ses prestations.
« Son of Dracula » : producteur de film, pas automatiquement producteur de chaque chanson
Le film musical Son of Dracula, tourné au début des années 1970 et sorti en 1974, réunit Ringo et son ami Harry Nilsson. Ringo y apparaît comme acteur et fait partie de l’équipe de production. Le film est réalisé par Freddie Francis ; Nilsson y tient le rôle principal, tandis que Ringo apparaît sous les traits de Merlin l’Enchanteur. Le projet relie cinéma, humour, chanson pop et réseau de musiciens déjà associés à leurs albums personnels.
Mais les crédits de la bande sonore indiquent que les morceaux repris d’albums précédents possèdent leurs propres producteurs, dont Richard Perry ; « Daybreak » est lié à une réalisation de Harry Nilsson. Il faut donc éviter de conclure que Ringo aurait produit toutes les chansons parce qu’il a produit le film. Une œuvre audiovisuelle peut contenir plusieurs enregistrements plus anciens et des morceaux conçus spécialement, chacun avec sa propre histoire de studio.
« Daybreak » : un crédit de batterie distinct du travail de production
Sur « Daybreak », le personnel disponible comprend Harry Nilsson au chant, Klaus Voormann à la basse, Peter Frampton et Chris Spedding à différents instruments, Bobby Keys au saxophone, George Harrison à la cloche et Ringo Starr à la batterie. La session appartient au catalogue de Nilsson ; elle doit recevoir une fiche de participation instrumentale, distincte du rôle de Ringo dans la production du film.
Cette différence entre deux formes de collaboration apparaît rarement dans les textes consacrés aux Beatles. Elle est pourtant essentielle pour comprendre le cinéma musical des années 1970 : un producteur de film choisit des artistes et un dispositif de fabrication, mais n’a pas nécessairement enregistré ou produit les masters de chacune des chansons utilisées.
Pourquoi les crédits de « producteur » sont si souvent confondus
Dans le langage courant, « produire » peut signifier financer, organiser, réserver un studio, choisir un réalisateur, décider d’un label ou superviser des prises. Dans une discographie, le mot correspond généralement à une fonction de réalisation sonore créditée sur un master ou un album. Pour Ringo, il faut donc enregistrer séparément son rôle de coproducteur de ses propres disques, sa responsabilité dans une société discographique, sa fonction dans un film et une éventuelle production réellement attestée pour un autre artiste.
La distinction importe aussi pour les ingénieurs. Le travail de David Hentschel, d’Andy Johns ou d’autres réalisateurs sonores ne doit pas disparaître derrière la célébrité du fondateur d’un label. L’histoire des enregistrements est collective jusque dans sa fabrication technique ; respecter les crédits, c’est aussi restituer les métiers que les biographies de vedettes laissent dans l’ombre.
Les premières fiches d’auteurs et de productions à développer
La branche consacrée aux œuvres cosignées commencera par « Gonna Get My Baby Back » et « You Give Me Joy Joy » de Doris Troy, « Really Love You » de Paul McCartney et les collaborations de 2011 avec Ben Harper. Chaque fiche comportera les coauteurs, le nom de l’éditeur lorsqu’il est connu, l’artiste principal, les enregistrements publiés et les éventuelles variantes de titre. Les œuvres personnelles de Ringo seront reliées à sa discographie sans être présentées comme des productions pour autrui.
La branche des productions et des labels ouvrira un catalogue autonome de Ring O’ Records et de Startling Studios. Nous y distinguerons la propriété des infrastructures, les artistes du catalogue et les crédits de production des disques. Son of Dracula recevra un traitement partagé entre la filmographie et les notices des chansons de Nilsson. Ainsi, chaque domaine pourra approfondir son objet sans produire plusieurs fiches contradictoires.
Un musicien qui participe aussi à la circulation des œuvres
Ringo Starr apparaît alors sous un jour moins visible que celui de l’ancien Beatle souriant derrière sa batterie. Il écrit avec Doris Troy et Stephen Stills, cosigne une chanson avec Paul McCartney, contribue aux œuvres de Ben Harper et soutient la publication de disques d’autres artistes. Ces formes de collaboration ne se mesurent ni au nombre de coups de caisse claire ni aux photographies de sessions. Elles concernent la création, l’édition, la mise à disposition de studios et la fabrication des œuvres.
L’enjeu pour Yellow-Sub est de bâtir un inventaire capable de dire, pour chaque projet, ce qui est réellement établi. C’est en refusant de confondre coauteur, batteur, fondateur de label et producteur phonographique que l’on pourra découvrir la véritable ampleur du travail de Richard Starkey auprès des autres musiciens.
Photographie d’ambiance de la photothèque Yellow-Sub.net. Illustration générale, sans identification d’une séance précise.
Les fiches détaillées de cette collaboration
Les études suivantes complètent ce chapitre général avec les crédits, les sessions, les éditions et les informations vérifiées pour chaque enregistrement.
You Give Me Joy Joy (Doris Troy, 1970) — La cosignature de Richard Starkey, George Harrison, Stephen Stills et Doris Troy.
Gonna Get My Baby Back (Doris Troy, 1970) — Les crédits d’écriture et les limites des attributions de batterie.
Sources et vérification des fonctions
Les signatures des œuvres, les crédits des enregistrements et les responsabilités de sociétés ou de films sont séparés. Un album publié par un label fondé par Ringo ne vaut pas preuve d’une production musicale signée par lui.
- Doris Troy, Gonna Get My Baby Back : coauteurs dans les crédits éditoriaux.
- MusicBrainz, Doris Troy : crédits d’écriture de Gonna Get My Baby Back et You Give Me Joy Joy.
- Ben Harper, Spilling Faith : auteurs officiels.
- Ben Harper, Give Till It’s Gone : crédits d’édition et de production.
- Paul McCartney, Flaming Pie : informations sur Really Love You.
- Paul McCartney, Twin Freaks : remix et attribution à Starkey.
- Beatles Bible, Photograph : Ringo et George Harrison au travail.
- AllMusic, Sta*rtling Music de David Hentschel : personnel et production.
- Ring O’ Records : histoire du catalogue et de la distribution.
- Ring O’ Records, relevé de labels et références britanniques.
- Son of Dracula : film, crédits de production et historique.
- Son of Dracula : crédits des chansons de la bande sonore.












