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Yellow-Sub.net · Archives et discographie critique
Les archives des collaborations de Ringo Starr : démos, inédits et éditions alternatives
À lire dans le dossier : À rapprocher des archives de scène et des variations d’édition : 70 études contrôlant concerts, captations, masters et vidéos.
De Cold Turkey aux bandes de All Things Must Pass, des pressages de Pussy Cats aux disques caritatifs : comment retrouver chaque véritable enregistrement de Ringo.
Dans cette page : accéder aux sections
étude · Ringo, Nilsson et Davy Jones pour la publicité japonaise (1975–1977)
Les chansons « I Love My Suit » et « Simple Life », les tournages pour Renown et les versions audiovisuelles. Lire l’étude des publicités et de leurs musiques →
Annexe critique 2026 : les bandes de Lennon, les trois titres de Rotogravure au statut incertain et les maquettes McCartney–Jellyfish sont examinés dans un dossier de 65 études. Les projets non publiés n’y sont pas présentés comme des masters vérifiés.
Ce que les bandes d’archives révèlent — et ce qu’elles ne prouvent pas
Les archives de Ringo Starr et de ses collaborateurs ont profondément changé notre perception de certaines sessions. La publication de démonstrations, de prises interrompues ou de mixages de travail ouvre une fenêtre sur la fabrication des œuvres. Elle ne dispense pourtant pas de préciser l’origine matérielle de chaque bande. Une démo enregistrée en petit comité, une piste de base retravaillée par la suite et le master commercial ne partagent pas nécessairement les mêmes musiciens, ni le même équilibre instrumental.
Cette distinction prend tout son sens pour les bandes de George Harrison en 1970, les improvisations du cercle Lennon–Ono ou les séances plus tardives dont les rééditions multiplient les variantes. Le nom de Ringo dans les crédits d’un coffret peut renvoyer à une prise précise et non à tous les bonus publiés. Les archives doivent donc enrichir la chronologie existante par la description de l’état de la bande et de son usage final, au lieu de produire artificiellement de nouvelles dates de collaboration. C’est également la meilleure manière de présenter les projets non achevés : les documenter sans leur attribuer le statut d’enregistrements commercialisés à l’époque.
Guide des éditions de Two Sides of the Moon (1975–2006)
Two Sides of the Moon (1975–2006) : les pressages et les bonus de Ringo distingue les dix titres du LP original, les rééditions de 1997 et de 2006, les trois masters de Clover, les dialogues d’archives et les instruments réellement attribués à Ringo. Cette étude complète la chronologie sans créer de nouvelles séances fictives.
Archives 1977 à documenter : Lover Please, Wild Shining Stars, By Your Side, Birmingham, This Party et les bandes privées de Ringo →. Ces mentions de sessions restent séparées de la face B effectivement publiée « Just a Dream » et des dix masters du LP.
1978–2026 — les sources nouvelles des musiciens de Bad Boy : dossier complet Bad Boy → et chronologie des séances et témoignages →. La déclaration publique de Stanley Schwartz sur Morris Lane en 2026 doit être conservée séparément des crédits de pochette de 1978 et vérifiée au moyen des archives de studio.
Archives de Rotogravure (1976) : Where Are You Going, All Right, It’s Hard to Be Lovers et Party, la bande liée à Harry Nilsson →. La notice distingue les titres seulement mentionnés dans les sources de Just a Dream, enregistrée en 1976 et publiée en 1977.
La face cachée des collaborations : les bandes que l’on n’entendait pas
Une collaboration musicale ne se réduit pas à l’enregistrement qui apparaît dans une édition commerciale. Dans le cas de Ringo Starr, les prises préparatoires, les répétitions filmées, les masters abandonnés, les versions live et les disques caritatifs constituent parfois des témoignages plus précis que les albums restés célèbres. La période qui suit la séparation des Beatles, en particulier, laisse une quantité remarquable de bandes dont certaines n’ont été révélées que plusieurs décennies plus tard.
Le présent chapitre est consacré aux œuvres concrètes, à leur circulation et aux variations de leur support : comment un disque enregistré dans un studio de Londres peut reparaître en CD augmenté, pourquoi la mention « version alternative » ne signifie pas nécessairement une nouvelle prestation, et comment les bandes de concerts se retrouvent dans une compilation publiée pour une cause humanitaire. Il ne remplacera ni le catalogue de pressages des Beatles ni la sessionographie, mais reliera les deux.
1969 : « Cold Turkey », les maquettes, le single et Toronto
Deux études de sessions avec Lennon : « Mother » : prises 61, 64, 94 et single « Why » (1970) ; « God » : Ringo Starr, Billy Preston, prises 27 et 42 et archives de 1998–2021. Les deux fiches distinguent les prises, les éditions et les instruments réellement crédités.
Ajout aux éditions Apple : la double attribution d’« Open Your Box » et « Touch Me » sur le 45-tours américain de 1971 montrent pourquoi une sessionographie doit relier les pressages aux enregistrements sans les confondre.
Complément archivistique : L’enregistrement studio de « Don’t Worry Kyoko » et les concerts de 1969 : trois distributions à ne pas confondre. Pour les restaurations de bandes d’Ono en 1970 et leurs versions intégrales, consulter l’étude des sessions de Yoko Ono/Plastic Ono Band et du coffret de 2021.
L’histoire de « Cold Turkey » de John Lennon fournit une première leçon. Des maquettes acoustiques précèdent une version électrique enregistrée à Londres avec Eric Clapton, Klaus Voormann et Ringo Starr. Mais le Plastic Ono Band interprète aussi la chanson en public à Toronto le 13 septembre 1969, avec Alan White à la batterie. Le titre est identique, le nom du groupe également, et pourtant la formation change. Les premières éditions du single, les compilations de Lennon et les albums live doivent donc être distingués.
Une maquette ne devient pas une prise de Ringo parce qu’elle figure à proximité du single dans un coffret. La participation instrumentale appartient à l’enregistrement commercial qu’il a effectivement joué. De la même manière, une restauration du master publiée trente ou quarante ans plus tard n’est pas un nouveau jour de studio. L’historien doit suivre la provenance d’une bande et les opérations dont elle a été l’objet.
Mai 1970 : quinze démonstrations, puis quinze autres
Les séances Dark Horse (1973–1974), enfin détaillées : les neuf titres de l’album et les quatre batteurs ; « So Sad », Ringo avec Jim Keltner chez George, mais Mick Fleetwood sur la version d’Alvin Lee ; « Ding Dong, Ding Dong », double batterie à Friar Park et singles britannique/américain de 1974. Ces analyses distinguent les masters des prises préparatoires et des éditions récentes.
Trois nouvelles recherches à partir des archives Harrison : 1972–1973, les trois chansons de Living in the Material World avec Ringo et Jim Keltner, plus les maracas des essais ; « Don’t Let Me Wait Too Long », les deux batteries et la prise 49 du 11 octobre 1972 ; « Sunshine Life For Me » : Ringo, George Harrison, The Band et le chant-guide découvert en 2024. Les personnels sont vérifiés titre par titre pour distinguer les sessions des rééditions.
Archives et enregistrements : les 22 jams de Lennon et du Plastic Ono Band publiées en 2021, de « Johnny B. Goode » à « Don’t Worry Kyoko ». L’inventaire reproduit l’ordre du programme officiel, mais ne crédite pas automatiquement Ringo sur chaque piste : les personnels individuels restent à établir.
Deux études critiques supplémentaires : « Hold On » : les 32 prises du 30 septembre 1970, le master 32 et les conversations de Ringo avec Lennon ; « Love » : Ringo sur une tentative collective le 9 octobre, mais absent du master Lennon–Spector. Ces enquêtes distinguent chaque bande, ses crédits et son édition.
Enquête ajoutée : « Isolation » : vingt-neuf prises, le master 29, le dialogue de Ringo sur la prise interrompue de l’Anthology (1998) et les mixages bruts de 2021. Une comparaison documentée entre performance, bande alternative et édition commerciale.
Études de séances ajoutées : « Remember » : Lennon et Starr le 9 octobre 1970, la prise 13 et les archives de 2021 ; « Well Well Well » : prise 4, tom-tom écarté, éditions 2021 et concerts de 1972 sans Ringo. Ces dossiers distinguent les interprètes réels de chaque version publiée.
enquête de sessionographie : « I Found Out », la prise 3 de septembre 1970, la batterie de Ringo et ses congas ajoutées le 7 octobre. Ces percussions, presque effacées du mixage d’origine, réapparaissent clairement dans les Elements Mixes de 2021.
Le coffret du cinquantenaire d’All Things Must Pass permet de reconstituer avec une précision remarquable le travail de George Harrison. Le 26 mai 1970, quinze chansons sont enregistrées en démo. Ringo Starr et Klaus Voormann participent à plusieurs morceaux, et l’archive de George signale expressément les prestations de Ringo sur « I Dig Love » et « My Sweet Lord ». Le 27 mai, une seconde série de quinze démonstrations est réalisée dans une formation principalement solitaire. Ces deux ensembles n’ont pas la même distribution instrumentale.
L’édition Super Deluxe de 2021 publie ces trente pièces sur des disques séparés, avec des numéros de prises et les intitulés « Day 1 Demos » et « Day 2 Demos ». Une version abrégée du coffret ne donne pas forcément accès à toutes les bandes. Le collectionneur doit donc préciser le format qu’il possède ; le chercheur doit conserver la date de 1970, sans attribuer la prise à l’année de parution du coffret.
« I Dig Love » et « My Sweet Lord » : deux couleurs de batterie dans les démos
Sur « I Dig Love », la documentation officielle qualifie la prestation de Ringo de vive, au service d’une version plus tournée vers le rhythm and blues que l’enregistrement commercial. Sur « My Sweet Lord », elle décrit au contraire une batterie contenue, avant que la production du morceau prenne une dimension beaucoup plus monumentale. La comparaison repose ici sur deux performances identifiées, et non sur une généralité esthétique concernant le batteur des Beatles.
Ces deux titres doivent recevoir des notices de prise, distinctes des notices d’œuvre. La fiche d’une chanson contient son auteur et sa première publication ; la fiche de session indique le jour de l’enregistrement, son personnel et son statut de démo ; la fiche de pressage précise le support qui la révèle. La même œuvre peut donc renvoyer à plusieurs bandes, mais une bande ne doit pas être multipliée artificiellement à chaque remaster.
« I Live For You » : une archive hybride reconstruite en 2000
L’histoire d’« I Live For You » pousse le raisonnement encore plus loin. En juin 1970, George Harrison et son groupe enregistrent de nombreuses prises ; Ringo Starr passe notamment au shaker sur les tentatives 11 et 12. La prise 32 est désignée comme la meilleure candidate d’une série complexe, mais la chanson n’est pas retenue sur le triple album original. Lorsqu’elle apparaît sur la réédition de 2001, George a repris une partie de l’accompagnement : la voix principale et la pedal steel de Pete Drake font partie des éléments de 1970 conservés, tandis que plusieurs instruments sont reconstruits.
Une fiche simplifiée « Ringo à la batterie sur I Live For You, 2001 » effacerait précisément ce que l’archive permet d’apprendre. Ringo est un participant attesté des recherches de 1970 ; il n’est pas pour autant le batteur automatiquement identifiable sur toutes les couches de la version commercialisée trente ans plus tard. Le disque de 2001 est un objet hybride, où se rencontrent des contributions de périodes différentes.
Howlin’ Wolf et les éditions augmentées des London Sessions
L’album The London Howlin’ Wolf Sessions est enregistré au printemps 1970 avec plusieurs personnalités du rock britannique. Sur « I Ain’t Superstitious », le livret original donne « Richie » à la batterie, crédit identifié à Ringo Starr ; Charlie Watts figure sur d’autres titres. Des éditions enrichies présentent des variantes de la chanson, des prises alternatives et des mixages différents. Ces intitulés ne sont pas interchangeables.
Une prise alternative signifie une exécution distincte enregistrée au cours des sessions. Un mixage alternatif peut, au contraire, employer la même interprétation en modifiant l’équilibre des instruments, la durée ou l’utilisation de certains éléments. Les crédits du master original servent de point de départ, mais le personnel de chaque bonus doit être traité selon sa propre documentation. Rien ne permet d’inventer une seconde rencontre entre Wolf et Ringo à la seule vue de deux versions sur un CD.
B.B. King in London : trois chansons, trois notices instrumentales
L’album de B.B. King publié en 1971 contient trois titres avec Ringo : « Ghetto Woman », « Wet Hayshark » et « Part-Time Love ». Les deux premiers créditent également Jim Gordon à la batterie ; le troisième ne mentionne que Ringo pour cet instrument. Cette variation existe dans le même objet commercial. Elle démontre qu’un crédit d’album, même exact, ne suffit pas à établir la distribution de chacune de ses chansons.
La réédition d’une telle production peut reprendre une liste générale d’invités dans son livret ou ses métadonnées numériques. Si cette liste est copiée dans les sept, huit ou dix plages sans distinction, elle produit une sessionographie trompeuse. La bonne méthode, à terme, consistera à relier chaque manifestation éditoriale à une version de chanson dont le personnel est identifié. Les trois fiches individuelles du dossier conservent déjà cette différence.
1974 : Pussy Cats, les crédits cachés dans les notes du vinyle
Pussy Cats de Harry Nilsson, produit par John Lennon, représente un cas d’école des crédits instrumentaux. Les notes originales de 1974, reproduites en ligne, détaillent la batterie de Ringo sur six chansons : « Many Rivers to Cross », « Subterranean Homesick Blues », « All My Life », « Save the Last Dance for Me », « Loop de Loop » et « Rock Around the Clock ». Elles le créditent également aux maracas, avec Cynthia Webb, sur « Mucho Mungo / Mt. Elga ». Sur ce dernier morceau, la batterie revient à Jim Keltner.
La circulation des éditions a parfois ramené le personnel à une liste générale de musiciens célèbres : John Lennon, Ringo, Keith Moon, Keltner et plusieurs guitaristes américains. Pourtant, la source la plus utile pour l’inventaire est le livret piste par piste, qui différencie les fonctions et même, dans certains cas, les interventions de Keith Moon aux blocs de bois, aux congas ou à la batterie. L’édition de 1974 demeure ainsi une archive instrumentale majeure.
Les chœurs et les percussions non documentées
Les albums riches en invités comportent aussi des interventions très brèves : quelques frappes, des maracas, un refrain, un personnage parlé. Ces contributions ne peuvent pas être déduites d’une simple photographie de musiciens réunis. Sur une même plage, un artiste peut être crédité à une percussion autre que la batterie ou dans une catégorie vocale générale. Il faut conserver la granularité du crédit au lieu de le simplifier pour faciliter les classements.
L’intérêt de la discographie critique est de pouvoir accueillir ces cas sans modifier les faits. La présence de Ringo aux toms sur « Heart of Mine » de Bob Dylan ne devient pas une batterie principale parce qu’une base a seulement une rubrique « drums ». Une partie parlée sur un album d’ami ne devient pas un couplet chanté. Ce vocabulaire précis a une valeur historique propre.
1981 : Heart of Mine, le piège des crédits globaux
Le catalogue officiel de Bob Dylan attribue, sur « Heart of Mine » de Shot of Love, la batterie à Jim Keltner et Chuck Plotkin, tandis que Ringo joue des toms. La liste générale de l’album comprend un crédit plus large qui peut donner une impression différente. Ce contraste souligne la nécessité de privilégier le niveau de la chanson lorsque les sources le permettent.
L’œuvre connaîtra ensuite des versions scéniques avec d’autres musiciens. Une compilation de performances live ne peut pas conserver automatiquement les crédits de la bande de studio. L’archive devient ici un outil de vérification négative autant que positive : elle permet de confirmer la participation de Ringo à un enregistrement précis, mais aussi d’éviter de la reproduire sur des interprétations auxquelles il n’a pas participé.
1981, 2017 et 2021 : les archives Dylan révèlent deux batteries avec Ringo
Le 15 mai 1981, les sessions de Shot of Love associent Ringo Starr et Jim Keltner aux batteries sur « Mystery Train » et sur une prise alternative de « Watered-Down Love ». La première paraît dans Springtime in New York Deluxe (2021), la seconde dans Trouble No More Deluxe (2017). Leur existence ne permet pas d’ajouter Ringo au master original de « Watered-Down Love » paru en 1981, où le site officiel de Dylan n’indique que Jim Keltner. Consulter la enquête discographique détaillée.
1987 : l’album de Memphis avec Bob Dylan, un projet non publié
La sessionographie Olof Björner situe le 14 avril 1987 une prise avec Dylan aux sessions de Ringo produites par Chips Moman à Three Alarm Studio. L’enregistrement n’a jamais été publié officiellement ; les archives de presse établissent les désaccords judiciaires et la présence de Dylan. Étude des séances, titres et décisions de 1989–1990. Il faut distinguer ces bandes des coffrets officiels de Dylan et des disques pirates qui ont circulé.
1989 et 1994 : Tom Petty, entre clip et véritable prestation
Dans le clip de « I Won’t Back Down » (1989), Ringo apparaît derrière une batterie alors qu’il ne joue pas sur le single. Cinq ans plus tard, il participe réellement à « To Find a Friend » sur Wildflowers, puis à « Hung Up and Overdue », publiée sur la bande originale de She’s the One. Ce parcours montre à quel point l’image, le disque et le récit publicitaire peuvent brouiller la chronologie des collaborations.
Les éditions d’archives de Tom Petty publiées après sa disparition reprennent des bandes plus anciennes et présentent des versions qui ne figurent pas sur le programme original de 1994. La date de parution d’un coffret n’est pas une date d’enregistrement. Pour identifier Ringo, il faut revenir aux crédits de la version effectivement publiée et, quand c’est possible, au personnel des prises retrouvées.
1979 : le film promotionnel de Ronnie Wood, une autre batterie que celle du LP
La vidéo promotionnelle « Buried Alive » de Ronnie Wood, enregistrée à Los Angeles en 1979 et diffusée sur NBC en juin, présente Ringo Starr à la batterie. Mais le titre figure également sur Gimme Some Neck, dont le master studio est attribué notamment à Charlie Watts, et sur Buried Alive: Live in Maryland, avec Zigaboo Modeliste. Trois objets sonores ou audiovisuels, trois crédits qui ne doivent pas être fusionnés. Voir l’étude détaillée sur les versions de « Buried Alive » et la contribution de Ringo.
1990 : Nobody’s Child, une même bande sur plusieurs supports
La compilation caritative Nobody’s Child: Romanian Angel Appeal contient, dans certaines éditions, un enregistrement live de « With a Little Help from My Friends » par Ringo et le All-Starr Band. La performance date de la tournée de 1989, mais le disque caritatif paraît en 1990. Les CD, vinyles, cassettes et maxi-singles du projet ne présentent pas forcément le même programme.
Il ne faut donc pas conclure que Ringo est présent sur le single principal des Traveling Wilburys simplement parce qu’une de ses chansons figure sur une édition augmentée liée à la même initiative. Le support commercial est ici le véritable objet à examiner. La sessionographie classe la performance à sa date d’enregistrement ; la discographie des éditions décrit les objets qui la diffusent.
Carl Perkins : les concerts devenus disques et les disques devenus anthologies
Les réunions de Carl Perkins avec Ringo et plusieurs autres musiciens posent un problème proche. Un spectacle filmé au milieu des années 1980, des interventions vocales sur « Honey Don’t » ou « Matchbox », puis la publication de Go Cat Go! dans les années 1990 ne doivent pas être réduits à une seule séance mythique. Certaines pièces proviennent d’enregistrements antérieurs, d’autres sont associées à des séances particulières. Le même artiste peut se retrouver sur différentes publications sans avoir rejoué le morceau.
Une fiche consacrée à Perkins doit donc comporter un onglet de performance et un inventaire des manifestations commerciales. Les formats vidéo, les CD, les compilations et les diffusions télévisées font partie du même réseau de documents, mais ils n’ont pas tous la même valeur pour identifier les participants d’une prise audio. Cette question est abordée dans le chapitre country et rockabilly, dont les performances les plus importantes pourront être détaillées sans créer de doublons.
Le cas Son of Dracula : « Daybreak », interprété par Harry Nilsson, est enregistré lors de séances londoniennes remontant à 1972 avec Ringo Starr à la batterie. Le disque de bande originale de 1974 associe cette chanson à des performances provenant déjà d’albums antérieurs, de la musique incidente et des dialogues. L’étude de « Daybreak » distingue le phonogramme, la bande originale, ses versions singles et la reprise différente de Micky Dolenz en 1973.
Le cas « At My Front Door » illustre également ce principe : l’enregistrement de Harry Nilsson pour Son of Schmilsson (1972), avec Ringo à la batterie, est exploité dans le film et sur l’album Son of Dracula (1974). Il ne faut pas le confondre avec la nouvelle prise de « Daybreak » réalisée pour le projet. Consulter la fiche de « At My Front Door » et de ses éditions.
Les bonus de 2005 du Concert for Bangladesh : une archive distincte
La réédition du film du Concert for Bangladesh publie notamment une séquence de balance intitulée « Come On In My Kitchen », dans le contexte de la rencontre du 1er août 1971. Elle est répertoriée parmi les suppléments officiels du film ; des documents secondaires y identifient Ringo Starr et Jim Keltner aux batteries. Il faut en vérifier le crédit sur les livrets et distinguer le tournage de la balance des deux concerts publics. L’enregistrement publié en supplément vidéo en 2005 ne doit pas être compté comme une nouvelle séance datant de 2005. Consulter l’étude approfondie sur Ringo, Keltner et les archives du Bangladesh.
La bande originale de film n’est pas toujours une session nouvelle
Les films musicaux auxquels Ringo participe peuvent reprendre des chansons déjà enregistrées pour des disques personnels. Son of Dracula avec Harry Nilsson montre cette difficulté : le film et sa bande sonore relèvent de productions liées, mais les chansons peuvent posséder des sessions, des producteurs et des formations distinctes. Produire une œuvre audiovisuelle ne signifie pas nécessairement produire chaque master inséré dans son montage.
Dans le catalogue, un même enregistrement peut donc être relié à un album et à une bande originale. Les crédits du film et ceux du morceau ne doivent pas être confondus. L’encyclopédie de la filmographie étudiera les scènes et les personnages ; celle des collaborations musicales conservera les auteurs, les instruments et les bandes sonores effectivement publiées.
1992 et 1996 : les rééditions de Buck Owens ne sont pas des sessions nouvelles
Le coffret Rhino The Buck Owens Collection (1959–1990) de 1992 contient deux versions différentes d’« Act Naturally » : celle de Buck Owens en 1963 et celle chantée en duo avec Ringo en 1989. La compilation Half a Buck (1996) reprend le duo de 1989. La nouvelle fiche de session à Abbey Road précise les interprètes, dont Jim McCarty à la batterie, et distingue enregistrement, réédition et compilation.
1993 : les enregistrements inédits des New Maroons avec Merle Haggard
Don Was explique dans un entretien de 2018 qu’un projet de groupe né de séances de Ringo avec Benmont Tench et Mark Goldenberg a conduit les musiciens jusqu’au studio de Merle Haggard, où une version de « Born to Lose » a été enregistrée mais non publiée. Les New Maroons se sont ensuite produits à Farm Aid VI, le 24 avril 1993, Ringo à la batterie. La enquête sur les New Maroons distingue le concert public, dont les archives existent, des bandes de studio restées inédites et du rôle de Lyle Lovett.
1994–1995 et 2025 : Free As A Bird et Real Love, nouvelles prises et nouveaux mixages
Deux maquettes domestiques de John Lennon sont complétées avec des batteries et voix de Ringo à Hog Hill Mill en 1994 (« Free As A Bird ») et en 1995 (« Real Love »). Elles paraissent sur les volumes Anthology et en singles en 1995–1996, puis sous forme de nouveaux mixages de Jeff Lynne sur Anthology 4 (2025). L’étude de session sépare les prises d’époque et la restauration ultérieure.
1996–1997 et 2020 : Looking for You, du single aux archives Flaming Pie
Le master de « Looking for You » est enregistré le 14 mai 1996 à Hog Hill Mill, avec Ringo Starr à la batterie et aux congas. Absent du premier album Flaming Pie, il paraît sur les singles « Young Boy » et « The World Tonight » en 1997 puis est repris dans Flaming Pie Archive Collection en 2020. Étude des éditions, des instruments et du crédit d’auteur de Paul McCartney. Cette suite de publications ne correspond qu’à une seule séance musicale d’origine.
2023 : Real World – John and Ringo, l’archive vocale d’une coécriture ancienne
Le coffret An Extraordinary Life de John Wetton (Cherry Red/Spirit of Unicorn, novembre 2023) comprend sur son septième CD la piste 17 « Real World – John and Ringo ». Cette version inédite du morceau coécrit en 2000 diffère du master japonais puis européen : introduction modifiée et voix de Ringo plus audibles, tandis que l’harmonica de Steve Hackett présent sur la sortie d’origine n’y figure pas. Comparer les crédits et le statut des deux prises de Real World. La publication posthume ne prouve aucune séance de Ringo en 2023.
2008–2014 : For Love, l’hypothèse d’une réutilisation de bande chez Mark Hudson
Le morceau « For Love » est coécrit par Richard Starkey et Mark Hudson. Sur Liverpool 8 de Ringo (2008), les crédits établissent sa batterie et son chant. En 2014, la chanson apparaît aussi dans le répertoire de Hudson sur The Hooligan, accompagnée d’une mention de Ringo dans les discographies. Le master de 2008 est répertorié autour de 3 min 48 s ; une entrée de collection donne environ 3 min 57 s en 2014. Cet écart ne prouve pas une nouvelle session : l’édition pourrait reposer sur une bande ancienne, un mixage différent ou un autre fondu. Consulter l’enquête critique sur les deux parutions et l’identité du master. Les versions doivent être reliées sans ajouter automatiquement une seconde batterie enregistrée en 2014.
2000 : Liverpool Sound Collage, une nouvelle œuvre construite avec des bandes anciennes
Le disque expérimental Liverpool Sound Collage de Paul McCartney, paru le 21 août 2000, incorpore des chutes de studio des Beatles entre 1965 et 1969, comprenant Ringo. Les crédits collectifs de ses cinq pièces ne documentent aucune nouvelle prestation de batterie en 2000 : il s’agit d’une nouvelle composition sonore utilisant du matériel historique pour l’exposition de Peter Blake à la Tate Liverpool. Cette distinction est confirmée par le catalogue officiel de McCartney et par Beatles Bible.
2005–2026 : Choose Love, une réinterprétation véritable et attestée
La nouvelle « Choose Love », publiée en 2026 avec St. Vincent aux harmonies vocales, doit être distinguée des rééditions qui ne créent pas de nouvelles séances. Ringo a déclaré dans Variety avoir réenregistré le morceau et rejoué de la batterie. Les deux masters de 2005 et 2026 partagent la même composition, signée Starkey, Mark Hudson et Gary Burr, mais une instrumentation différente. Lire la comparaison documentaire des deux versions.
Le XXIe siècle : éditions numériques et sessions dispersées
Les collaborations du XXIe siècle ne sont plus nécessairement enregistrées au cours de sessions réunissant tous les invités dans le même studio. Une partie de batterie peut être captée séparément, puis transmise au producteur et intégrée à un master composite. Cette possibilité rend encore plus importante la distinction entre présence sur une pochette et présence physique à une séance commune. Les disques de Jeff Lynne, Ben Harper, Joe Walsh, Ian Hunter ou Dolly Parton offrent des exemples de productions où le rôle de chaque invité doit être identifié au niveau de la chanson.
Les fichiers numériques ajoutent une autre complication : les plateformes affichent parfois des crédits simplifiés ou incomplets. Un titre peut changer de métadonnées sans changer de son, et une réédition numérique peut reprendre un remaster ancien sans le signaler clairement. Ces transformations relèvent de l’histoire commerciale des enregistrements ; elles ne prouvent pas une nouvelle intervention de Ringo.
Que faut-il faire d’une prise inédite ?
Lorsqu’une bande non publiée refait surface, trois questions doivent être résolues avant de l’ajouter à la sessionographie : s’agit-il d’une œuvre déjà connue ? Est-ce une autre interprétation ou un autre mixage ? Le crédit de Ringo est-il effectivement rattaché à cette bande ? Le titre commercial seul ne suffit pas. Une prise de démonstration peut contenir une formation différente du master, même lorsque les deux figurent sur le même coffret.
La notice provisoire conservera la provenance archivistique et son niveau de documentation. Le catalogue ne doit pas transformer toute mention de Ringo sur une boîte de bandes d’album en preuve de sa batterie sur tous les inédits du projet. En revanche, lorsque le document identifie clairement sa contribution, comme pour certaines démonstrations de Harrison du 26 mai 1970, la fiche peut être précise et indépendante de la popularité du morceau.
Les pressages japonais, allemands, français, britanniques et américains
Une base destinée aux collectionneurs de Yellow-Sub doit accorder une attention particulière aux différences de marché. Un album peut paraître sous plusieurs labels selon les pays, recevoir un autre numéro de catalogue ou proposer une pochette modifiée. Les éditions japonaises peuvent comporter des livrets ou pistes supplémentaires ; les CD allemands et britanniques peuvent partager certains masters mais diverger par leur conditionnement ; les compilations françaises peuvent présenter un programme propre.
Ces particularités sont des faits discographiques à enregistrer, mais elles ne justifient pas de multiplier les fiches de session. Un numéro de matrice renvoie à un support et à une fabrication ; la performance de Ringo peut rester exactement la même. Les pages de pressages devront donc renvoyer aux fiches de prise plutôt que recopier leur analyse, et signaler les vraies différences de version lorsqu’elles existent.
Un exemple complet de chaîne éditoriale
Prenons une chanson dont George Harrison a enregistré une démonstration avec Ringo en mai 1970. L’œuvre possède d’abord un titre et un auteur. Elle peut être captée en une ou plusieurs prises, réenregistrée avec une formation plus large, publiée sous forme d’album, puis ressortir dans un coffret avec la maquette originale. Chaque stade constitue une information distincte : œuvre, prise, montage, master, support et édition ultérieure.
Le visiteur doit pouvoir passer de la page historique au morceau précis, puis de celui-ci au support qui le contient. Il ne doit pas tomber sur cinq pages racontant exactement la même anecdote sans préciser laquelle décrit la démonstration, le master ou la réédition. L’architecture du dossier repose sur cette navigation, qui sera maintenue à mesure que les nouveaux enregistrements seront publiés.
De l’archive à la consultation : un atlas des enregistrements
La meilleure manière d’utiliser cette branche est de partir de l’artiste et de suivre les versions. Les pages consacrées à John Lennon et George Harrison permettent de retrouver les premières séances ; le chapitre Harry Nilsson identifie les participations au disque Pussy Cats ; les études de Howlin’ Wolf et B.B. King isolent les performances de blues ; la période 1980–1999 distingue les crédits de studio et les apparitions filmées ; le dossier des concerts restitue les formations live.
L’index de sessionographie réunit ces enregistrements dans l’ordre chronologique. Cette nouvelle branche raconte ce que devient chacun de ces documents après sa première prise : publication, remontage, réédition, bonus et circulation entre les supports. Elle donne au lecteur une méthode pour ne pas confondre la date où un musicien a joué avec celle où il est devenu possible d’écouter sa performance.
Une histoire des archives encore ouverte
Trois études consacrées aux bandes de 1980 : « Brandy », la reprise des O’Jays produite par Starr et Ronnie Wood, retirée de l’album puis publiée en 1994 ; « You Can’t Fight Lightning », Paul McCartney à la batterie, Ringo à la guitare et Barbara Bach aux maracas, puis Alberta Cross en 2017 ; « Stop And Take The Time To Smell The Roses », coécriture Nilsson–Starr et version vocale alternative de 1994.
Montages alternatifs et séances de 1980 : « Dead Giveaway », du montage de 5 min 20 au master commercial de 1981 ; « You’ve Got A Nice Way » : Devonshire, Cherokee et crédits instrumentaux à contrôler ; la session Nilsson du 4 novembre et ses deux batteries.
Archives 1980–1981 : le programme abandonné Can’t Fight Lightning, ses trois chansons remplacées et les six documents parus sur CD en 1994 ; la première incarnation de « All Those Years Ago » avec Ringo, ensuite réécrite par Harrison.
L’évolution des fonds d’archives des Beatles et de leurs proches montre que des prises conservées pendant des décennies peuvent être publiées longtemps après la mort de plusieurs participants. Cette richesse constitue une chance pour les historiens, mais elle rend le mot « intégral » provisoire : un catalogue peut être complet au regard des documents accessibles aujourd’hui et accueillir demain une nouvelle bande, un mixage inédit ou une feuille de personnel retrouvée.
Ce constat n’empêche pas de construire un dossier abouti. Il invite à décrire précisément les œuvres, les sessions et les éditions publiées, sans fabriquer d’exhaustivité trompeuse. Une encyclopédie mature peut signaler les limites de son corpus tout en donnant au lecteur un ensemble cohérent, navigable et durable.
Parcourir les archives par artiste
Retrouvez les enregistrements de John Lennon, les sessions de George Harrison, le catalogue des collaborations avec Harry Nilsson, les disques de blues et de soul, les spectacles enregistrés et la chronologie des sessions. Les fiches individuelles accessibles depuis ces études distinguent les prises et leurs premières publications.
Photographie d’ambiance issue de la photothèque Yellow-Sub.net ; elle n’est pas utilisée comme preuve d’une séance.
Archives Harrison : « Whenever », « When Every Song Is Sung » et « I’ll Still Love You »
La composition confiée à Ringo en 1976 a connu plusieurs titres et projets d’interprétation à partir de 1970. Les essais liés à Ronnie Spector et Cilla Black, ainsi que la version finalement enregistrée par Ringo le 24 mai 1976, sont des objets sonores différents ; un intitulé commun ne signifie pas qu’il s’agit d’un même master. L’étude « I’ll Still Love You » : chronologie des versions, personnel du disque et absences à ne pas masquer fixe les points attestés et ceux qui restent ouverts.
Ringo’s Rotogravure : archives et prises écartées de 1976
La synthèse des onze chansons publiées de Ringo’s Rotogravure complète cet index d’archives en distinguant les masters commerciaux des titres mentionnés comme non retenus, notamment « Where Are You Going », « All Right », « It’s Hard to Be Lovers » et « Party ». Une simple mention de titre ne suffit pas à établir une prise complète ou sa diffusion officielle.
Deux dossiers pour les collectionneurs : « Spooky Weirdness » et les mixages de single
La onzième piste « Spooky Weirdness » n’est pas imprimée sur certaines pochettes et étiquettes de Ringo’s Rotogravure, alors que le fragment est effectivement audible. L’étude détaille les graphies et minutages divergents. Sur un autre plan, « You Don’t Know Me at All » soulève un problème de versions : la littérature décrit différemment le mix du single Polydor 2001 695. L’enquête reste explicitement ouverte à une comparaison des exemplaires.
Les archives de Ringo The 4th (1977)
Les séances de Ringo The 4th sont associées dans les chronologies à plusieurs titres non retenus, parmi lesquels « Love Please » ou « Lover Please », « Wild Shining Stars », « By Your Side », « Birmingham » et « This Party ». Il faut distinguer la mention d’une bande de travail de l’existence d’un master fini. Les 45-tours présentent également le cas de « Just A Dream », enregistré en 1976 et publié en 1977. Les enquêtes sur « Drowning In The Sea Of Love » et « Wings » documentent la manière dont cette chanson ancienne figure au verso de deux singles de la période.
Just A Dream : une archive datée du 14 juin 1976, publiée en 1977
Le cas de « Just A Dream » illustre la différence entre une session et sa première publication : enregistré à Cherokee en juin 1976 avec Jim Keltner, Klaus Voormann et Dr. John, le titre est écarté de Ringo’s Rotogravure puis employé en face B de singles de 1977. La fiche détaille les deux programmes commerciaux et les disques promotionnels qui ne comportent pas toujours le même verso.
Enquête sur les pseudonymes imprimés de Bad Boy (1978)
La notice « Morris Lane », « Diesel », « Git-tar » et « Push-a-lone » examine le personnel de Bad Boy et la revendication publiée le 31 mai 2026 par un lecteur signé Stanley Schwartz, qui affirme être le pianiste crédité Morris Lane. Il s’agit d’un témoignage public à vérifier, non d’une identification établie par les contrats ou feuilles de séance. Le chapitre général des dix titres expose les autres crédits et les changements de studios.
Novembre 1980 : deux chansons offertes, mais aucune session commune
John Lennon propose à Ringo « Nobody Told Me » et « Life Begins At 40 » pour son prochain album. Une séance envisagée en janvier 1981 ne se produit jamais. Les maquettes et les prises de studio existantes sont celles de Lennon, et non des enregistrements avec Starr. Le classement les conserve parmi les collaborations projetées et non abouties, distinctes des masters studio vérifiés.
1978–1994 : les bandes de Old Wave et les prises remplacées
Deux enquêtes documentaires abordent la circulation des bandes : « As Far As We Can Go », voix de 1978 reconstruite en 1982 puis version longue publiée en 1994, et « I Keep Forgettin’ », dont la batterie de Zak Starkey fut remplacée par celle de Russell Kunkel avant le master commercial. L’étude générale Old Wave rassemble les dix chansons ; l’inventaire des pressages distingue les nouveaux objets éditoriaux des vrais masters différents.
1991–2002 : six maquettes autour de Time Takes Time
Les archives s’enrichissent de « Angel In Disguise », maquette McCartney et version Ringo conservées sur cassette, et de cinq maquettes de Jellyfish, avec auteurs, durées et commentaires imprimés dans le coffret Fan Club (2002). Une seule proposition Jellyfish, « I Don’t Believe You », a été retenue sur le disque de Ringo. Il faut classer les autres démos comme enregistrements des auteurs, non comme masters de Starr.
1997–1998 : bandes envoyées à Friar Park et voix promotionnelles remplacées
Deux enquêtes prolongent l’histoire des bandes non immédiatement commercialisées : les mixages de travail préparés pour George Harrison, complétés puis revenus de Friar Park en décembre 1997, et « Drift Away », dont un état promotionnel comporte la voix de Steven Tyler avant son remplacement par celle de Tom Petty. Le catalogue des éditions Mercury traite séparément les supports et les montages radio.
1967–1999 : les trois états de Christmas Time (Is Here Again)
Le dossier consacré à « Christmas Time (Is Here Again) » établit la différence entre le flexi-disc de Noël des Beatles de 1967, le montage de 1995 sur « Free As A Bird » et le nouvel enregistrement de Ringo en 1999. L’inventaire des éditions Mercury distingue les variations de pochette et de numérotation des changements réellement documentés de master.
Documents d’archives et livrets de référence
- George Harrison : archives All Things Must Pass, chronologie des bandes.
- George Harrison : contenu des éditions du cinquantenaire.
- Harry Nilsson : notes originales de Pussy Cats.
- Bob Dylan : crédits officiels de Shot of Love.
Les archives ne créent pas automatiquement de nouvelles collaborations
Un coffret peut révéler une prise alternative de 1970, publier un montage inédit ou rendre à nouveau disponible un enregistrement jusqu’alors rare. Ces trois gestes éditoriaux ne prouvent pas l’existence de trois séances. Pour attribuer à Ringo Starr une partie de batterie, il faut autant que possible retrouver l’enregistrement de référence, ses intervenants, sa date de prise et le rapport de cette bande avec le master commercial. Les rééditions constituent des sources, non une licence pour multiplier les participations supposées.
Les archives consacrées à Lennon, Harrison, Nilsson ou Bob Dylan présentent souvent un décalage entre le moment de la collaboration et celui où le public entend le document. La distinction devient cruciale lorsqu’un titre ancien reçoit de nouveaux overdubs ou lorsqu’un producteur assemble plusieurs époques. La bonne notice indique donc séparément l’œuvre, la prise d’origine, les interventions ultérieures, la date de publication et les limites des crédits disponibles. Un musicien ne joue pas de nouveau parce qu’une bande est restaurée.
Une archive inédite ne signifie pas toujours une séance inconnue
Dans les archives musicales de Ringo Starr, quatre cas doivent rester distincts : un enregistrement déjà publié dans une autre version, une prise alternative d’une séance connue, une interprétation filmée et une bande restée longtemps inédite. Ces objets n’apportent pas le même type d’information, même lorsqu’ils portent le même titre. Le changement de support peut rendre une performance plus accessible sans modifier son auteur ni son interprète.
Cette vigilance devient indispensable pour les séances collectives des années 1970. Le travail avec Harry Nilsson, John Lennon ou George Harrison a engendré des versions, des assemblages et des publications postérieures ; leur juxtaposition ne doit pas gonfler la sessionographie. Une réédition peut également révéler un musicien auparavant omis, mais cette découverte éditoriale ne transforme pas l’année de sa prise de son.
Pour suivre une pièce, partez de son titre et de son interprète, identifiez le master original, puis comparez sa première édition avec les variantes décrites dans le dossier. La chronologie générale sert de repère ; les notices d’archives précisent ce qui change réellement d’une version à l’autre.
Archives de Ringo Starr : distinguer découverte et reconfiguration
Une démo publiée cinquante ans plus tard devient-elle une collaboration récente ?
Non. La date de découverte ou d’édition d’une bande ne transforme pas son enregistrement original en séance contemporaine. Les matériaux issus des sessions de Lennon, Harrison, Nilsson ou d’autres partenaires doivent être datés à l’époque où ils ont été joués. Une édition moderne peut cependant apporter de nouvelles informations de personnel ou un mixage permettant de mieux entendre l’interprétation.
Pourquoi certains titres mêlent-ils archives et nouveaux instruments ?
Les producteurs peuvent compléter un ancien enregistrement par des overdubs ou reconstruire un master destiné à une réédition. Le cas de « I Live for You » dans l’histoire des bandes de George Harrison illustre l’importance de distinguer la prise d’origine de ses ajouts tardifs. La présence de Ringo sur l’un de ces états ne dispense pas d’identifier ce qui a été conservé, remplacé ou ajouté.












