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Ringo Starr et Harry Nilsson : l’histoire complète de leurs collaborations musicales

De Son of Schmilsson à Pussy Cats, les chansons, les musiciens, les sessions et les crédits qui racontent une longue complicité artistique.

Harry Nilsson, l’ami américain et le partenaire de studio

La relation entre Harry Nilsson et Ringo Starr raconte une partie singulière de l’histoire du rock après les Beatles. Elle ne se limite pas à l’amitié spectaculaire que la presse a volontiers retenue, ni aux films dans lesquels leurs noms apparaissent côte à côte. Derrière les photographies et les anecdotes se trouvent plusieurs disques, des enregistrements datables, des crédits parfois dissimulés sous un pseudonyme et une série d’expériences collectives faisant intervenir John Lennon, Klaus Voormann, Jim Keltner, Keith Moon, Bobby Keys et d’autres musiciens. Pour retrouver le véritable rôle de Ringo, il faut suivre chacune de ces aventures sans confondre la notoriété des protagonistes et la répartition des instruments.

Nilsson a été l’une des voix les plus personnelles de la pop américaine, capable d’écrire des chansons d’apparence légère et de faire coexister ironie, mélancolie et puissance vocale. Son lien avec les Beatles précède certaines des collaborations instrumentales de Ringo. Il est aussi associé à des productions qui ne comportent aucune contribution prouvée du batteur : cette absence de preuve doit être indiquée plutôt que réparée par l’imagination. Dans le présent chapitre, quatre ensembles retiennent notre attention : Son of Schmilsson, la musique de Son of Dracula, Pussy Cats et les collaborations prolongées des années 1970.

Photographie d’ambiance du dossier encyclopédique Ringo Starr et ses collaborations musicales

Au commencement : une admiration réciproque, mais pas une session automatique

L’univers de Nilsson croise celui des Beatles à la fin des années 1960. Une partie de la littérature biographique s’attarde sur l’intérêt que lui portent Lennon et McCartney, sur ses harmonies vocales et sur sa capacité à concevoir un disque presque entièrement autour de sa propre voix. Ce contexte explique son intégration au cercle musical des anciens Beatles, mais il ne prouve pas que Ringo joue sur tous ses albums. Nilsson Sings Newman, par exemple, se distingue par le piano de Randy Newman accompagnant les multiples voix enregistrées par Harry. La notice du site officiel de Nilsson souligne cette construction volontairement minimale : il n’y a aucune raison de transformer ce disque en collaboration avec Ringo.

L’arrivée de Nilsson dans le réseau des musiciens londoniens et californiens des années 1970 crée ensuite des occasions plus concrètes. Klaus Voormann peut y tenir la basse, des guitaristes venus du rock britannique croisent des professionnels de studio américains, et Richard Perry apporte une conception particulièrement soignée de la production. Un disque de Nilsson peut désormais devenir le point de rencontre entre plusieurs trajectoires autrefois séparées. Ringo ne doit plus seulement être considéré comme un membre du groupe préféré de son ami : il est l’un des interprètes invités qui contribuent à ses enregistrements.

1972 : Son of Schmilsson, le disque des retrouvailles et des pseudonymes

La parution de Son of Schmilsson en 1972 ouvre une étape importante. Harry Nilsson vient de connaître un succès international remarquable avec Nilsson Schmilsson, notamment grâce à « Without You » et « Coconut ». Le nouvel album ne cherche pas à reproduire docilement cette formule. Il associe humour insolent, chansons plus fragiles, morceaux presque burlesques et arrangements où la sophistication du studio se mêle à une spontanéité trompeuse. La distribution instrumental comprend plusieurs personnalités que les Beatles ont fréquentées : Klaus Voormann, Nicky Hopkins, Peter Frampton, ainsi que Ringo.

La documentation discographique crédite Ringo à la batterie, parfois sous l’identité humoristique de Richie Snare. Le pseudonyme renvoie à son prénom Richard et à la caisse claire, « snare drum » en anglais. Il offre un bon exemple de la difficulté des inventaires automatiques : un algorithme qui ne rechercherait que la chaîne « Ringo Starr » manquerait un crédit parfaitement pertinent. Notre future sessionographie conservera le nom tel qu’il figure sur la publication tout en le reliant à une fiche unique de Richard Starkey.

« Spaceman » : un titre à crédit instrumental individualisé

Le single « Spaceman » offre une porte d’entrée solide. Les informations de personnel donnent Harry Nilsson aux voix et au piano électrique, Nicky Hopkins au piano, Peter Frampton et Chris Spedding aux guitares acoustiques, Klaus Voormann à la basse, et Ringo à la batterie sous le nom de Richie Snare. L’orchestration de Paul Buckmaster s’ajoute à ce noyau de studio. Le morceau juxtapose ainsi une instrumentation pop identifiable et une ambition de production plus large : le batteur n’y fonctionne pas comme une vedette invitée que l’on placerait en avant, mais comme la composante rythmique d’un ensemble arrangé.

Il faudra distinguer le single de 1972, sa version d’album et les éditions postérieures. Les crédits généraux de Son of Schmilsson ne donnent pas tous la même précision piste par piste, et l’album comprend aussi Barry Morgan à la batterie. Cette présence supplémentaire invite à éviter de faire jouer Ringo sur la totalité du disque. « Spaceman » dispose d’un personnel détaillé ; les autres titres devront recevoir leur propre vérification, sans report mécanique des mêmes musiciens.

Un album plus difficile à résumer que sa légende

Son of Schmilsson alterne « Take 54 », « Remember (Christmas) », « Joy », « Turn on Your Radio », « You’re Breakin’ My Heart », « Spaceman », « The Lottery Song », « At My Front Door » et d’autres morceaux à la personnalité très différente. Ce contraste explique pourquoi un crédit de batterie de l’album ne peut suffire à une analyse globale du jeu de Ringo. Les passages orchestraux, les chansons dépouillées et les séquences rock réclament des configurations instrumentales variées. La réédition CD contient en outre des bonus qui ne doivent pas être confondus avec les masters du LP original.

Pour constituer les fiches individuelles, nous partirons des notes de réédition et des crédits de prise publiés, puis nous identifierons les éventuelles différences d’une version à l’autre. La présence de George Harrison à la cloche sur certaines sessions illustre également la nécessité de ne pas transformer chaque liste d’invités en séance où tous auraient joué simultanément. L’intérêt du disque tient justement à son caractère composite.

Son of Dracula : film, album et chanson originale

Le projet Son of Dracula, diffusé au cinéma en 1974, appartient à la fois à la filmographie de Ringo et à son histoire musicale. Nilsson y tient le rôle principal, tandis que Ringo y incarne un personnage et exerce une responsabilité dans la fabrication du film. Notre chapitre consacré aux collaborations ne reprendra pas la description scène par scène déjà destinée à la filmographie : il s’intéressera à la bande sonore, aux musiciens et à l’existence discographique de l’album associé.

La bande originale rassemble une majorité de chansons déjà publiées, des extraits de dialogues et des passages de musique incidente signés ou arrangés par Paul Buckmaster. L’une des pièces nouvelles mérite cependant une fiche complète : « Daybreak », dont le personnel comprend Nilsson au chant, Klaus Voormann à la basse, Ringo à la batterie, George Harrison à la cloche, Peter Frampton, Chris Spedding, Bobby Keys et Jim Price. L’enregistrement est associé aux sessions londoniennes de 1972 et à l’univers instrumental de Son of Schmilsson.

« Daybreak » : le disque n’est pas le film

Les apparitions des musiciens à l’écran, les mentions de générique et l’enregistrement de « Daybreak » forment trois objets documentaires différents. Si Nilsson chante la chanson dans le contexte du film, le crédit de Ringo à la batterie concerne la bande enregistrée. Le disque de bande originale publie cette chanson au milieu d’autres éléments qui n’ont pas été réalisés pour les mêmes séances. Il serait donc trompeur de considérer tous les titres de la bande originale comme des collaborations musicales nouvelles de Ringo.

La source officielle de Nilsson précise que la bande originale ne comporte qu’un seul nouveau morceau principal, « Daybreak ». Ce renseignement permet de mieux comprendre la stratégie éditoriale du projet : le disque n’est pas un deuxième album original intégral, mais une sélection restructurée pour accompagner l’univers du film. Pour la future fiche de « Daybreak », nous vérifierons la première apparition sur disque, les éditions en single et la distribution exacte des instruments dans chaque version.

1974 : Pussy Cats, l’album produit par John Lennon

Pussy Cats occupe une place capitale dans cette histoire. Produit par John Lennon, le disque paraît en 1974 au cours de la période couramment appelée « Lost Weekend ». Le site officiel de Nilsson rappelle les problèmes de voix rencontrés pendant sa fabrication et l’importance du vaste groupe de musiciens réunis. Le projet n’est pas seulement un épisode de la vie privée des protagonistes : c’est un album enregistré avec plusieurs sections rythmiques possibles, des reprises réinventées et des compositions originales qui exigent des crédits précis.

Les notes de pochette originales sont particulièrement utiles parce qu’elles donnent le personnel piste par piste. Ringo Starr partage plusieurs crédits de batterie avec Jim Keltner. Keith Moon intervient également à la batterie ou aux percussions sur des morceaux spécifiques. Cela signifie que l’image d’un Ringo « batteur de l’album » reste exacte à un niveau général, mais devient insuffisante dès que l’on s’intéresse à une chanson déterminée.

« Many Rivers to Cross » : un blues de Jimmy Cliff transformé

Le premier titre reprend « Many Rivers to Cross », écrit par Jimmy Cliff. Les notes d’origine indiquent Jim Keltner et Ringo Starr à la batterie, Klaus Voormann à la basse, Ken Ascher au piano, Willie Smith à l’orgue, Bobby Keys au saxophone et plusieurs guitaristes. Le caractère de la chanson repose sur une émotion vocale intense, à laquelle l’arrangement collectif apporte une ampleur nouvelle. La présence de deux batteurs doit être conservée dans le crédit, sans attribuer à l’un ou l’autre un motif précis tant qu’une source plus détaillée ne le permet pas.

Les solos, les cuivres et la manière de faire monter la tension contribuent à éloigner cette version de la simplicité apparente d’une ballade. Ringo n’est pas ici un sujet isolé de l’enregistrement. Il participe à un dispositif conçu pour Nilsson, sous la direction de Lennon. La future fiche confrontera la chanson originale de Jimmy Cliff et cette interprétation, tout en distinguant les informations de contexte des conclusions de l’écoute.

« Subterranean Homesick Blues » : Bob Dylan par Lennon et Nilsson

La reprise de Bob Dylan rassemble à nouveau Jim Keltner et Ringo à la batterie. Les notes originales ajoutent Doug Hoefer à la caisse claire, tandis que Ken Ascher, Klaus Voormann, Jesse Ed Davis, Danny Kortchmar, Bobby Keys, Trevor Lawrence et d’autres instrumentistes forment l’arrangement. La distribution dit déjà quelque chose de l’ambition de Lennon : il ne s’agit pas de reproduire la sécheresse de l’enregistrement de Dylan, mais de lui donner une texture plus chargée et volontairement démonstrative.

Pour un dossier consacré à un batteur, la présence d’un troisième crédit de caisse claire a une importance concrète. On ne peut pas affirmer que tel coup de caisse claire est celui de Ringo, tandis que Jim Keltner en jouerait un autre, simplement parce que les noms figurent sur le même livret. Une identification fine nécessiterait les pistes séparées ou un témoignage explicite. La fiche indiquera donc les trois responsabilités instrumentales avec le libellé originel, sans hiérarchie supposée.

« Don’t Forget Me » : une exception qui rappelle la diversité du disque

« Don’t Forget Me », composition personnelle de Nilsson, s’appuie selon les crédits originaux sur son piano et sa voix, avec l’arrangement qui lui est attribué. Il serait abusif d’ajouter Ringo à cette piste au seul motif que la liste générale des musiciens de Pussy Cats comporte son nom. Ce morceau est intéressant précisément parce qu’il montre l’alternance, au sein d’un même album, entre la grande formation rock et une écriture beaucoup plus intimiste.

Le contraste contribue à la dramaturgie de l’ensemble. Il souligne aussi la limite des présentations qui énumèrent les célébrités ayant participé au projet sans distinguer les sessions où elles interviennent réellement. Une histoire sérieuse des collaborations doit donner la même attention aux exceptions qu’aux grands ensembles de musiciens.

« All My Life » : la batterie et les percussions au service d’une chanson originale

Les notes originales créditent Ringo Starr et Jim Keltner à la batterie sur « All My Life ». Keith Moon apparaît aux blocs de bois, tandis que le personnel comporte Bobby Keys, Ken Ascher, Klaus Voormann et plusieurs guitaristes. La différence entre une batterie et des blocs de bois n’est pas une curiosité lexicale : elle rappelle qu’une production peut distribuer ses accents et ses couleurs rythmiques entre plusieurs instruments, chacun jouant un rôle dans le résultat.

La fiche détaillée distinguera la responsabilité de Ringo sur le titre de celle des autres percussionnistes, ainsi que les opérations d’arrangement imputées à Nilsson et Lennon. Elle devra également identifier le master original avant de comparer les remasters. La simple augmentation de clarté sonore d’une réédition ne signifie pas qu’une nouvelle partie instrumentale a été enregistrée.

« Old Forgotten Soldier » : la nécessité de ne pas créditer par voisinage

Le titre « Old Forgotten Soldier » est un autre exemple de prudence. Les notes de pochette donnent Nilsson au piano, Klaus Voormann à la basse et Jesse Ed Davis à la guitare ; elles ne créditent pas Ringo à la batterie. La proximité de ce morceau avec « All My Life » sur la première face pourrait facilement induire une erreur de compilation. Ce type de vérification négative doit devenir un réflexe : l’ordre des pistes d’un album n’est pas l’ordre d’entrée des musiciens en studio.

« Save the Last Dance for Me » : les crédits à deux batteries se poursuivent

La reprise de la chanson de Doc Pomus et Mort Shuman conserve la formule Jim Keltner–Ringo Starr à la batterie, avec une instrumentation riche : saxophones, pédale steel guitar, guitares, piano et basse. Les notes de Pussy Cats mentionnent aussi le concours de Gene Cipriano et de Jane Getz. Le résultat montre à quel point la collaboration dépasse une photographie de deux amis installés derrière un instrument : elle appartient à une production où chaque pupitre doit trouver sa place autour de la voix.

Une analyse de ce morceau devra comparer le sens de la chanson dans son contexte d’origine et la manière dont Nilsson en réorganise l’émotion. Le dossier privilégiera les sources d’arrangement et les personnels de studio, plutôt qu’une théorie psychologique sur les intentions personnelles de Lennon. La vie privée peut éclairer un moment historique, mais elle ne doit pas remplacer le travail sur les bandes.

« Mucho Mungo / Mt. Elga » : Ringo aux maracas, pas à la batterie

Ce morceau est remarquable pour une raison très simple : les notes originales créditent Jim Keltner à la batterie, Keith Moon aux congas, et Ringo Starr aux maracas aux côtés de Cynthia Webb. Une base de données qui se contenterait de mentionner « Ringo : batterie sur Pussy Cats » manquerait une contribution réelle et attribuerait au musicien une autre fonction que celle documentée sur cette piste.

La composition combine un fragment de Lennon et un développement de Nilsson. La relation de travail entre les auteurs n’est donc pas seulement perceptible dans la production de l’album : elle se trouve au sein même de l’œuvre. Le rôle instrumental de Ringo demeure pourtant distinct de cette collaboration d’écriture. Nous conserverons les crédits de composition et d’interprétation dans des champs séparés.

« Loop de Loop » et « Rock Around the Clock » : trois batteurs

Les deux derniers morceaux qui réintroduisent une grande formation comportent dans les notes d’origine Keith Moon, Jim Keltner et Ringo Starr parmi les batteurs. Pour « Loop de Loop », les auteurs du livret recensent également l’intervention d’un chœur d’enfants, des cuivres et une instrumentation électrique dense. « Rock Around the Clock » fonctionne comme un salut à un répertoire fondamental pour la génération des musiciens réunis.

Ces crédits à trois batteries ne permettent pas, à eux seuls, d’affirmer que les trois interprètes ont tenu une partie continue du début à la fin de chaque prise. Ils établissent leur participation aux enregistrements tels que documentés. Le jeu réel et la répartition des passages devront être examinés avec d’autres sources. C’est l’une des principales raisons pour lesquelles nous conservons la transcription des notes originales comme source de référence.

Photographie d’ambiance issue de la photothèque Yellow-Sub.

Photographie d’ambiance du dossier encyclopédique Ringo Starr et ses collaborations musicales

Les artisans du disque : Roy Cicala, Jimmy Iovine et May Pang

La production de Pussy Cats ne saurait être racontée uniquement à travers les noms de Lennon, Nilsson et Ringo. Le livret cite Roy Cicala comme ingénieur principal, Jimmy Iovine comme assistant, Ken Ascher pour les arrangements orchestraux, May Pang parmi les assistants de production et Mal Evans parmi les collaborateurs du projet. Ces personnages jouent un rôle dans l’organisation, la prise de son et la réalisation matérielle de l’album. Leur présence aide à sortir d’un récit purement mondain du « Lost Weekend ».

Les enregistrements sont associés aux studios californiens et new-yorkais cités dans les notes de l’album. Une fiche session par session devra dater précisément les étapes au lieu de localiser tout le disque dans une seule ville. La publication de 1974 est un résultat éditorial, pas la preuve que chaque musicien se trouvait au même endroit le même jour.

Au-delà de Pussy Cats : Duit on Mon Dei et les crédits tardifs

Les inventaires de la discographie de Ringo recensent également sa participation à l’album Duit on Mon Dei de Harry Nilsson en 1975. La présence de ce crédit ouvre une piste de recherche, mais elle ne suffit pas à assigner une partie de batterie à toutes les chansons. Notre sessionographie devra confronter la pochette originale, les éditions RCA et les détails des rééditions. La proximité de date avec Pussy Cats ne signifie pas que les mêmes équipes ou les mêmes prises ont été réemployées.

Cette distinction est particulièrement importante avec un artiste qui aimait retoucher, réassembler et réinterpréter son propre catalogue. Nilsson ne considérait pas toujours l’album comme un assemblage intangible. Lorsqu’un nouveau mixage ou une autre bande apparaît, le travail du chercheur consiste à retrouver si la contribution de Ringo appartient au master publié ou à un document différent.

Ce que le cinéma ajoute à l’amitié musicale

La rencontre entre Nilsson et Ringo se prolonge au-delà des studios. Le film Son of Dracula symbolise une volonté de mener des projets parallèles mêlant musique, humour et goût de l’absurde. Mais l’encyclopédie des collaborations ne doit pas reprendre la totalité des anecdotes de tournage : elle pointera vers la fiche de film déjà publiée sur Yellow-Sub. Les éléments musicaux comme « Daybreak », les enregistrements de bande originale et les contributions documentées feront l’objet de renvois précis.

Les témoignages personnels rappellent que la vie sociale peut nourrir les collaborations. Ils ne doivent pas nous conduire à attribuer un instrument sur un morceau sans preuve. L’étude de Nilsson offrira donc simultanément un portrait de l’amitié et un relevé technique des séances, chacun ayant son propre régime de sources.

Un dossier de disques, mais aussi une histoire de musiciens

Au fil des années, la même constellation revient sous des formes diverses : Klaus Voormann, dont la basse relie les sessions de Lennon, Harrison, Nilsson et d’autres artistes ; Jim Keltner, autre batteur majeur des années 1970 ; Bobby Keys, dont le saxophone porte de nombreux disques ; Keith Moon, figure de l’énergie rock ; John Lennon, producteur et musicien ; George Harrison, présent ponctuellement sur certains titres. Ringo évolue dans un réseau, non dans un duo permanent avec Nilsson.

L’intérêt de cette histoire est de montrer comment les anciens Beatles ont continué à faire partie d’une communauté musicale, échangeant chansons, idées, services de studio et invitations. La sessionographie rend visible cette circulation sans effacer les différences entre une composition, une performance de batterie, une participation à un film et une relation d’amitié.

Vers la sessionographie Nilsson : les dossiers prioritaires

La première série sera consacrée à « Spaceman » et aux contributions précisément attestées de Son of Schmilsson. Viendront ensuite « Daybreak » et les éléments de la bande originale de Son of Dracula. Enfin, l’examen de Pussy Cats suivra le personnel publié pour « Many Rivers to Cross », « Subterranean Homesick Blues », « All My Life », « Save the Last Dance for Me », « Mucho Mungo / Mt. Elga », « Loop de Loop » et « Rock Around the Clock », en signalant les exceptions « Don’t Forget Me », « Old Forgotten Soldier » et les autres titres dont les crédits ne donnent pas Ringo.

Une seconde étape vérifiera Duit on Mon Dei et les participations éventuelles sur des éditions particulières. Nous n’ouvrirons des fiches individuelles de morceaux supplémentaires qu’avec suffisamment de documentation. Cette méthode permettra d’offrir aux spécialistes un inventaire utilisable et aux amateurs un récit historique vivant, dans lequel chaque précision pourra être vérifiée.

Sources et documentation

Les crédits de Pussy Cats sont confrontés aux notes originales, plus détaillées que les listes promotionnelles. Les rôles attribués à l’échelle d’un album ne valent pas preuve pour toutes ses pistes.

  1. Harry Nilsson, site officiel : Pussy Cats.
  2. John Lennon, catalogue officiel : Pussy Cats (1974).
  3. Pussy Cats, transcription des notes de pochette originales et personnel par piste.
  4. Harry Nilsson, site officiel : bande originale Son of Dracula.
  5. Son of Schmilsson, fiche de crédits du disque.
  6. Harry Nilsson, site officiel : Nilsson Sings Newman.