Yellow-Sub.net · Sessions de 1974
Pussy Cats : les sept contributions de Ringo Starr chez Harry Nilsson
Six chansons à la batterie et une aux maracas : le livret original de 1974 révèle la vraie répartition du travail de Ringo, Jim Keltner et Keith Moon.
Les sept contributions attestées, en un coup d’œil
Six chansons créditent Ringo à la batterie et une septième aux maracas. Les autres titres de l’album ne doivent pas être ajoutés automatiquement à sa sessionographie. Chaque ligne conduit à l’analyse et aux crédits détaillés du morceau.
Batterie : Ringo Starr et Jim Keltner
02 · Subterranean Homesick Blues
Batterie : Ringo Starr et Jim Keltner ; caisse claire : Doug Hoefer
Batterie : Ringo Starr et Jim Keltner ; woodblocks : Keith Moon
06 · Save the Last Dance for Me
Batterie : Ringo Starr et Jim Keltner
Maracas : Ringo Starr et Cynthia Webb ; batterie : Jim Keltner
Batterie : Ringo Starr, Jim Keltner et Keith Moon
Batterie : Ringo Starr, Jim Keltner et Keith Moon
Enregistrement analysé séparément : « Many Rivers to Cross » — fiche complète de la collaboration.
Pussy Cats : six chansons à la batterie, une aux maracas
Le disque Pussy Cats, enregistré par Harry Nilsson et produit par John Lennon, paraît en août 1974 chez RCA. Sa réputation demeure liée au « Lost Weekend » de Lennon, aux séances mouvementées et aux problèmes vocaux traversés par Nilsson. Mais sa véritable valeur pour une encyclopédie des collaborations de Ringo Starr se trouve dans un document beaucoup plus précis que les récits de soirées : les notes originales de l’album donnent les instrumentistes chanson par chanson. Elles confirment six participations de Ringo à la batterie et une septième aux maracas.
Ces crédits modifient la lecture habituelle du projet. Jim Keltner partage souvent le rôle de batteur avec Ringo ; Keith Moon tient parfois un autre instrument de percussion, parfois la batterie au sein d’une formation plus vaste. Le nom de Ringo sur la pochette ne prouve donc pas qu’il joue de la batterie sur les dix pistes. Notre fiche documente chaque morceau, la fonction exacte des musiciens, puis les éditions et leurs variantes. L’objectif est de transformer la mention générale « Ringo participe à Pussy Cats » en une sessionographie vérifiable.
Harry Nilsson : un artiste majeur, pas un figurant de l’histoire des Beatles
Nilsson possède déjà une carrière considérable lorsqu’il réalise ce disque. Il est l’auteur de chansons singulières et l’interprète de succès comme « Everybody’s Talkin’ » et « Without You ». Son amitié avec Lennon et Ringo ne doit pas conduire à lui retirer la responsabilité artistique de son album. Il en est le chanteur principal et le compositeur de plusieurs titres, tandis que les reprises appartiennent à des auteurs différents. L’ensemble mêle rock’n’roll, ballade, blues, soul et arrangements orchestraux.
Le disque repose sur un cercle de musiciens qui ont leurs propres carrières : Klaus Voormann, Bobby Keys, Danny Kortchmar, Jesse Ed Davis, Pete Kleinow, Ken Ascher et bien d’autres. Les différences de personnel d’un titre à l’autre révèlent que l’album n’est pas une jam improvisée d’un seul bloc. Certaines chansons possèdent une formation très réduite ; d’autres accumulent batteries et cuivres. Cette diversité rend indispensables les crédits détaillés du livret de 1974.
John Lennon producteur : une fonction distincte de celle de Ringo
Les notes indiquent John Lennon à la production, Roy Cicala à l’ingénierie et à l’assistance de production, Jimmy Iovine comme assistant ingénieur, May Pang à l’assistance et Mal Evans parmi les personnes remerciées. Des arrangements sont attribués à Lennon, à Nilsson ou aux deux. Il serait pourtant incorrect d’en déduire que Lennon joue de la batterie sur les chansons où Ringo apparaît, ou que tous les participants sont coauteurs de leurs prises.
Cette distinction permet de comprendre la nature collective du projet. Lennon organise les enregistrements et participe aux choix de réalisation ; Nilsson porte les chansons ; les instrumentistes apportent des parties propres à chaque titre. Les musiciens peuvent se retrouver autour de plusieurs œuvres dont ils ne possèdent pas les droits d’écriture. Le disque appartient d’abord à la discographie de Nilsson et à l’histoire de son travail avec Lennon.
1. « Many Rivers to Cross » : Ringo et Jim Keltner derrière Jimmy Cliff
La première plage reprend une composition de Jimmy Cliff. Le livret original attribue la batterie à Jim Keltner et Ringo Starr, la basse à Klaus Voormann, le piano à Ken Ascher, l’orgue à Willie Smith, les guitares à Jesse Ed Davis et Danny Kortchmar, la pedal steel à Pete Kleinow et le saxophone à Bobby Keys. Lennon est crédité pour l’arrangement. Cette formation illustre une version éloignée de la première identité reggae de la chanson, confiée à un ensemble rock et soul.
Le double crédit de batterie ne dit pas précisément si Ringo et Keltner enregistrent simultanément ou se partagent des prises. Il faut conserver les deux noms sans prétendre reconnaître chaque geste à l’oreille. L’artiste principal demeure Nilsson, l’auteur de la chanson Jimmy Cliff et le producteur Lennon. Ces fonctions ne sauraient être interverties, même si les liens personnels entre les trois anciens partenaires sont bien connus.
2. « Subterranean Homesick Blues » : une caisse claire supplémentaire
La seconde chanson, écrite par Bob Dylan, porte de nouveau les crédits de Ringo et Jim Keltner à la batterie. Le livret mentionne également Doug Hoefer à la caisse claire, ce qui complique les attributions rythmiques. Nilsson tient le clavinet, Ken Ascher le piano électrique, Bobby Keys et Trevor Lawrence les saxophones, tandis que Davis, Kortchmar et Kleinow constituent le groupe des guitares et de la pedal steel.
La présence de deux batteries et d’une caisse claire additionnelle interdit de présenter toutes les attaques de snare entendues sur le master comme une performance de Ringo. Le crédit doit être lu dans le détail. Le morceau illustre aussi la circulation d’une œuvre de Dylan à travers un nouveau traitement, beaucoup plus chargé que sa version originale. Ringo y est instrumentiste invité, non coauteur de la reprise.
3. « Don’t Forget Me » : une chanson de Nilsson sans batterie de Ringo attestée
Cette ballade fait partie des compositions les plus admirées du disque. Selon la notice d’origine, Nilsson joue lui-même le piano et en signe l’arrangement. Aucun crédit individualisé de batterie de Ringo n’apparaît sur cette piste. La présence de l’ancien Beatle dans la liste générale du personnel de Pussy Cats ne justifie donc pas de le placer sur ce morceau.
Une encyclopédie doit également documenter ces exclusions, car les bases de données généralistes ont tendance à étendre les noms célèbres à toutes les plages d’un album. Cela ne retire rien à l’importance de la chanson ni à l’amitié entre Nilsson et Ringo ; cela préserve simplement la distribution musicale publiée.
4. « All My Life » : Keith Moon aux blocs de bois, pas à la batterie
Sur « All My Life », chanson de Nilsson, le livret confirme encore Ringo et Jim Keltner à la batterie. Le personnel comprend Voormann à la basse, Ken Ascher au piano, Bobby Keys au saxophone, Jesse Ed Davis et Danny Kortchmar aux guitares et Pete Kleinow à la pedal steel. Mais le détail le plus étonnant est le crédit de Keith Moon aux blocs de bois chinois, instrument de percussion distinct d’un kit de batterie.
Il serait donc erroné de présenter le morceau comme une chanson jouée par trois batteurs sur trois batteries. Les notes ne donnent cette fonction à Moon que sur d’autres titres. Pour « All My Life », il apporte un instrument de percussion différent, aux côtés des deux batteries de Ringo et Keltner. Ce type de détail constitue précisément la valeur ajoutée d’un inventaire sérieux.
5. « Old Forgotten Soldier » : autre exclusion documentaire
La cinquième plage indique Nilsson au piano, Klaus Voormann à la basse et Jesse Ed Davis à la guitare. Le livret ne signale aucune contribution de Ringo. Le nom du batteur ne doit pas être ajouté artificiellement sous prétexte qu’il travaille sur l’album. Cette chanson permet de mesurer la diversité des formations utilisées : un projet spectaculaire peut laisser place à des enregistrements presque intimistes.
L’inventaire général contiendra le titre dans la liste du LP, sans le comptabiliser parmi les collaborations instrumentales de Ringo. La différence entre programme d’album et liste des performances du musicien est essentielle pour éviter un gonflement documentaire qui pourrait ensuite se répéter sur des centaines de pressages.
6. « Save the Last Dance for Me » : quatrième contribution à la batterie
La face B commence par la chanson de Doc Pomus et Mort Shuman. Les crédits donnent Ringo Starr et Jim Keltner à la batterie, Jane Getz au piano, Klaus Voormann à la basse, Pete Kleinow à la pedal steel, Jesse Ed Davis et Danny Kortchmar aux guitares. Bobby Keys, Trevor Lawrence et Gene Cipriano tiennent les saxophones. L’arrangement est signé Harry et John.
Derek Taylor évoque dans les notes originales une visite aux séances durant laquelle Lennon et Nilsson travaillaient justement cette chanson. Ce témoignage éclaire les conditions de production, sans établir le détail de chaque geste instrumental. Il ne permet donc pas de décider qui joue tel accent entre Ringo et Keltner. Le crédit collectif doit être conservé dans la notice de la performance publiée.
7. « Mucho Mungo / Mt. Elga » : Ringo aux maracas
Voici la correction la plus instructive de la sessionographie. Sur « Mucho Mungo / Mt. Elga », le livret indique Jim Keltner à la batterie, Keith Moon aux congas et Ringo Starr aux maracas. La première partie est une composition de Lennon, la seconde une adaptation associée à Nilsson. Ringo n’est donc pas le batteur principal de cette version selon les notes originales : il tient un instrument léger de percussion.
La distinction est musicalement réelle. Les maracas donnent une texture de mouvement qui diffère des attaques du kit et des congas. Elle est aussi documentalement indispensable. Transformer la liste en un trio de batteurs serait faux, tout comme ignorer complètement la contribution de Ringo parce qu’il ne joue pas de batterie. L’encyclopédie possède une catégorie de percussion permettant de refléter ce crédit sans l’exagérer.
8. « Loop de Loop » : trois batteries créditées
Le morceau « Loop de Loop », écrit par Teddy Vann, présente cette fois une distribution très différente : Keith Moon, Jim Keltner et Ringo Starr sont tous trois crédités à la batterie. Le personnel inclut Voormann à la basse, les guitares de Davis et Kortchmar, les saxophones de Bobby Keys, Jim Horn et Trevor Lawrence, Jane Getz au piano et Nilsson au piano électrique. Une chorale d’enfants figure également dans les notes du disque.
Le triple crédit n’établit pas la simultanéité permanente des trois batteries, mais il indique clairement que les trois musiciens appartiennent à la même catégorie instrumentale sur cette chanson. La future fiche devra rechercher les prises disponibles et les éventuelles interventions successives. Aucune raison de copier ici le personnel de « All My Life » ou de « Mucho Mungo » : les crédits varient d’un titre à l’autre.
9. « Black Sails » : un autre morceau qui n’atteste pas Ringo
La composition « Black Sails », arrangée par Nilsson, ne présente pas de crédit de batterie de Ringo dans la liste détaillée du livret. Elle fait partie du programme artistique du disque sans appartenir à l’inventaire des prises identifiées du batteur. Ce statut doit être conservé, même lorsque la chanson est reprise sur des éditions CD enrichies.
Une nouvelle version pourrait posséder un autre personnel, mais l’existence de bonus ne constitue pas une preuve de son intervention. Il faudra vérifier chaque prise alternative à partir de ses propres documents, sans transporter les crédits du LP original vers un montage dont la provenance n’est pas établie.
10. « Rock Around the Clock » : le trio Ringo, Moon et Keltner
La dernière plage reprend le standard du rock’n’roll écrit par Jimmy De Knight et Max Freedman. Le livret original confirme de nouveau Keith Moon, Jim Keltner et Ringo Starr à la batterie, avec une formation comprenant plusieurs saxophones, guitare, basse, piano et trombone. Le morceau s’inscrit dans le goût de Lennon et de Nilsson pour les sources du rock’n’roll, mais demeure une reprise distincte des enregistrements classiques de Bill Haley.
La réunion de trois batteurs célèbres a un intérêt évident pour l’histoire de Ringo. Il serait pourtant regrettable d’effacer Keltner pour ne raconter qu’une association de stars britanniques. La force de l’enregistrement vient précisément de la multiplicité de ses contributions, dont la répartition temporelle n’est pas donnée dans le livret. La notice conservera tous les noms et leurs fonctions vérifiées.
Bilan : les sept contributions de Ringo attestées par les notes
Les six titres portant un crédit de batterie de Ringo sont « Many Rivers to Cross », « Subterranean Homesick Blues », « All My Life », « Save the Last Dance for Me », « Loop de Loop » et « Rock Around the Clock ». Le septième, « Mucho Mungo / Mt. Elga », le crédite aux maracas. Les trois autres chansons du LP ne comportent pas de crédit individualisé de Ringo dans les notes reproduites. Le résultat est donc plus précis qu’une simple mention « drums » appliquée à Pussy Cats en entier.
Il faut en outre différencier les crédits de Keltner sur plusieurs morceaux, ceux de Keith Moon aux woodblocks ou aux congas et ceux où Moon joue effectivement de la batterie. Le personnel global du disque, souvent reproduit en quelques lignes, masque ces variantes essentielles. Le travail de Yellow-Sub est de les rendre accessibles à la consultation par chanson.
La voix fragilisée de Nilsson et la réception de l’album
Le site officiel de Nilsson rappelle les difficultés vocales rencontrées pendant les séances de 1974. L’épisode occupe une place importante dans la réception critique de Pussy Cats, parfois au détriment de l’attention portée aux accompagnateurs. Mais il ne faut pas transformer ces circonstances en justification automatique de chaque décision de studio. Les crédits de batterie, les choix d’arrangement et les ajouts techniques doivent être documentés séparément de l’histoire personnelle du chanteur.
La participation de Ringo se comprend comme celle d’un musicien invité parmi plusieurs professionnels, dans un environnement artistique et humain intense. Il ne porte pas seul l’identité sonore du disque ; celle-ci naît du travail combiné de Nilsson, Lennon, des arrangeurs, des ingénieurs et des interprètes.
Le LP original de 1974 et les éditions enrichies
Le disque paraît initialement sur RCA sous la référence américaine CPL1-0570. Les rééditions CD, dont celle de 1999 puis le coffret The RCA Albums Collection de 2013, proposent des titres supplémentaires : prise alternative de « Save the Last Dance for Me », démos de Nilsson et morceaux non retenus dans le programme initial. Ces bonus doivent être traités comme des bandes différentes ou des états éditoriaux, selon leur nature.
Une prise alternative de « Save the Last Dance for Me » ne possède pas automatiquement le même personnel que le master d’album. Les sources devront être examinées avant d’y créditer Ringo. Une simple variation de mastering, à l’inverse, ne constitue pas une nouvelle performance. L’encyclopédie doit éviter d’additionner les pressages pour créer artificiellement de nouvelles collaborations.
Vers sept fiches individuelles de chansons
Les prochaines études détailleront chacun des titres attestés, en commençant par « Many Rivers to Cross » et « Subterranean Homesick Blues ». Le présent dossier sera relié à la grande étude Harry Nilsson, à la discographie des œuvres concernées et à la sessionographie chronologique de Ringo. Cette organisation permettra de retrouver un instrumentiste, une chanson et un support sans confondre les niveaux.
Le disque rappelle enfin que Ringo n’est pas uniquement un batteur de rock. Il apparaît dans des reprises venues de la soul, du folk et du rock’n’roll, avec des formations qui peuvent changer radicalement d’une piste à l’autre. Conserver les crédits d’origine donne au lecteur la possibilité de découvrir cette variété avec exactitude, plutôt que de s’en tenir à l’anecdote d’une réunion de célébrités autour de John Lennon.
Photo d’ambiance Yellow-Sub.net. Elle n’identifie pas les sessions de Pussy Cats.
Fiche détaillée : « Many Rivers to Cross »
Ringo Starr et Jim Keltner sur « Many Rivers to Cross » (1974) — Étude des deux batteries, du personnel du disque produit par John Lennon et des sources originales RCA.
Sources discographiques et livret original
La distribution est fondée sur les crédits imprimés en 1974, classés par chanson. Le livret est distinct des crédits globaux parfois utilisés par les rééditions.












