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Yellow-Sub.net · Fiche de session · 1974

« Many Rivers to Cross » : Ringo Starr, Jim Keltner et Harry Nilsson

L’arrangement de John Lennon et les deux batteries créditées sur la reprise de Jimmy Cliff qui ouvre Pussy Cats en 1974.

« Many Rivers to Cross » : Ringo Starr et Jim Keltner chez Harry Nilsson

La première chanson de Pussy Cats, album publié par Harry Nilsson en août 1974, est une reprise de « Many Rivers to Cross », composition de Jimmy Cliff. Son enregistrement possède un personnel soigneusement détaillé sur la pochette originale de RCA. Deux noms figurent à la batterie : Ringo Starr et Jim Keltner. Autour d’eux jouent Klaus Voormann à la basse, Ken Ascher au piano, Willie Smith à l’orgue, Bobby Keys au saxophone, Danny Kortchmar et Jesse Ed Davis aux guitares, ainsi que Pete Kleinow à la pedal steel. L’arrangement est attribué à John Lennon, également producteur de l’album.

Ces informations suffisent à établir une véritable participation de Ringo, mais pas à décomposer à l’oreille toutes les frappes de batterie. Les crédits ne donnent pas l’ordre des prises ni la répartition des passages entre les deux batteurs. Cette fiche vise à reconstituer la collaboration avec la précision des documents disponibles, sans en faire une performance exclusive de Ringo ni un enregistrement des Beatles déguisé.

Jimmy Cliff : une chanson qui existe avant les séances de Nilsson

« Many Rivers to Cross » est une œuvre du chanteur et compositeur jamaïcain Jimmy Cliff. Avant la version de Nilsson, elle appartient déjà à l’histoire de la musique jamaïcaine et des échanges entre reggae, soul et chanson internationale. La reprise produite par Lennon ne modifie pas les droits d’auteur et ne transforme pas Nilsson, Ringo ou Keltner en compositeurs du morceau. Il faut distinguer la chanson elle-même et ses nombreuses interprétations.

La circulation de ce répertoire illustre une caractéristique importante de la musique populaire : une composition peut être enregistrée par des artistes venus de contextes très éloignés, chacun apportant sa formation instrumentale et sa production. L’intérêt de la version de 1974 tient au choix d’un vaste accompagnement rock et orchestral, avec deux batteries et plusieurs guitares, au service de la voix de Nilsson.

Pussy Cats : un projet dirigé par John Lennon

Le disque est réalisé dans le contexte du « Lost Weekend » de Lennon. Son site officiel confirme son rôle de producteur et présente le personnel de l’album, où figurent notamment Ringo Starr, Keith Moon, Bobby Keys et Pete Kleinow. Nilsson reste cependant l’artiste principal : sa voix, ses choix d’interprétation et plusieurs de ses propres compositions donnent une identité au projet, même si les conditions de réalisation sont parfois racontées à travers les épisodes les plus mouvementés de son amitié avec Lennon.

Pour « Many Rivers to Cross », Lennon est aussi crédité à l’arrangement. Cela ne prouve pas qu’il joue de tous les instruments ou qu’il est présent sur toutes les prises. Le producteur dirige un enregistrement construit avec d’autres professionnels ; la distribution doit être déterminée par les crédits spécifiques du titre. Ringo, pour sa part, ne devient pas coproducteur parce qu’il fait partie de l’entourage du chanteur.

Les batteries de Ringo Starr et Jim Keltner

Le double crédit constitue le fait central de cette fiche. Ringo et Jim Keltner sont des collaborateurs réguliers de plusieurs anciens Beatles, mais ils possèdent leurs propres parcours de studio. Leur présence commune à la batterie indique deux contributions instrumentales à la chanson. Le livret ne dit pas si les musiciens ont joué simultanément sur une prise de base, si l’un a ajouté une partie, ou si des éléments de différentes prises ont été réunis. Une étude historique doit respecter cette limite.

Le résultat musical peut être décrit comme une pulsation soutenant une interprétation vocale exigeante, mais il serait imprudent d’attribuer à Ringo les accents les plus discrets et à Keltner les attaques les plus puissantes sans preuve de session. La répartition du travail peut avoir été plus complexe. L’existence de plusieurs micros et pistes dans un studio permet aussi des opérations de montage et d’overdub. Le crédit collectif demeure donc la donnée certaine.

Un tandem déjà présent dans l’entourage des anciens Beatles

Keltner travaille avec John Lennon et George Harrison, tandis que Ringo se retrouve à plusieurs reprises dans des formations qui comprennent aussi le bassiste Klaus Voormann. Les noms sont familiers, mais leur réunion chez Nilsson ne signifie pas que les mêmes personnes ont occupé les mêmes fonctions sur chaque disque. Une section rythmique peut changer d’instruments ou de configuration selon la chanson. Le présent relevé se limite donc à la prise documentée de « Many Rivers to Cross ».

Cette approche permet de comparer correctement le titre avec les autres chansons de Pussy Cats. « Subterranean Homesick Blues » comporte aussi Ringo et Keltner à la batterie, mais ajoute une caisse claire créditée à Doug Hoefer. « All My Life » associe les deux batteurs à Keith Moon aux blocs de bois chinois. La formation de « Many Rivers to Cross » possède son identité propre, qui ne doit pas être remplacée par une liste générale d’invités.

Klaus Voormann : la basse dans une reprise de Jimmy Cliff

Klaus Voormann est crédité à la basse sur cette version. Son nom traverse plusieurs parties de la discographie des anciens Beatles, depuis John Lennon et George Harrison jusqu’à B.B. King et Harry Nilsson. Cette continuité permet d’établir des liens entre les dossiers, sans transformer la chanson en une réunion des mêmes artistes pour les mêmes raisons. Ici, la basse doit accompagner la voix de Nilsson et participer à l’équilibre d’un arrangement plus large.

Le travail de section rythmique résulte de la relation entre les batteries et la basse. Il serait possible de décrire l’effet général de cette combinaison après une écoute attentive ; il est en revanche impossible d’identifier toutes les intentions des musiciens sans témoignage précis. L’encyclopédie distinguera donc la contribution documentée de Voormann et les hypothèses éventuelles sur la fabrication du groove.

Les guitares de Jesse Ed Davis et Danny Kortchmar

Les deux guitaristes figurent dans les notes originales. Jesse Ed Davis est lié à de nombreuses sessions de rock américain, tandis que Danny Kortchmar, parfois surnommé « Kootch », accompagne plusieurs chanteurs et auteurs importants des années 1970. Leur intervention fournit un environnement instrumental éloigné de la version originelle de Jimmy Cliff, sans en changer la composition.

Un inventaire par chanson conserve leurs noms plutôt que de se limiter à Ringo et Lennon. La reprise de Nilsson se construit grâce à plusieurs contributions, dont les guitares peuvent apporter des textures et des accents différents. La répartition exacte des parties dans le mixage demanderait toutefois une documentation plus détaillée ou une écoute des pistes isolées. Les crédits identifient les instrumentistes, pas nécessairement chaque figure.

Pete Kleinow et les couleurs de la pedal steel

Les notes du disque créditent également Pete Kleinow, surnommé « Sneaky Pete », à la pedal steel guitar. Son instrument introduit une couleur liée à la country et au rock américain, avec des glissements de hauteur qui se distinguent des guitares traditionnelles. Sa présence rappelle que le projet de Nilsson et Lennon n’est pas fondé sur un unique genre, mais sur des arrangements hybrides qui mélangent plusieurs traditions.

Pour l’historien de Ringo, ce crédit offre un nouveau rapprochement avec les sessions de George Harrison et Pete Drake : la pedal steel figure dans plusieurs projets de l’entourage des Beatles. Il ne faut pourtant pas confondre Kleinow et Drake, deux musiciens différents, ni transférer le personnel d’une chanson à l’autre. Le rôle de chacun doit être enregistré au niveau de la performance documentée.

Le piano de Ken Ascher et l’orgue de Willie Smith

Ken Ascher et Willie Smith complètent la formation aux claviers. Le piano et l’orgue peuvent remplir des fonctions distinctes : le premier ajoute des attaques, le second peut soutenir des accords de manière prolongée. Leurs contributions participent à la densité sonore de la reprise, qui s’écarte de la formule d’un petit trio de rock. Il serait trompeur d’attribuer toutes les nappes instrumentales au seul producteur Lennon au détriment des musiciens crédités.

Ascher assure également un rôle important dans la direction des arrangements et des orchestrations sur l’album. Un crédit de musicien sur une piste et une responsabilité orchestrale sur le projet entier sont deux fonctions qu’une base complète doit distinguer. Elles participent toutes les deux à la fabrication de l’enregistrement, mais ne sont pas synonymes.

Bobby Keys : le saxophone dans l’ensemble

Le saxophoniste Bobby Keys est lui aussi crédité sur « Many Rivers to Cross ». Déjà associé à plusieurs disques des anciens Beatles et des Rolling Stones, il appartient au réseau de musiciens mobilisés par les séances de Nilsson. Sa présence contribue au traitement de la chanson en une production de rock et de soul, avec une instrumentation plus large que celle d’un simple accompagnement de guitare.

Une lecture trop rapide de la pochette pourrait réunir tous les saxophonistes cités sur Pussy Cats et les placer sur ce titre. Or la liste originale donne ici Bobby Keys, tandis que d’autres chansons font appel à Trevor Lawrence ou Gene Cipriano. Ces différences doivent être conservées, parce qu’elles renseignent sur le travail réel des instrumentistes.

Une voix au centre de l’enregistrement

Harry Nilsson traverse pendant la réalisation du disque une période difficile pour sa voix, ce que rappelle son site officiel. L’épisode a profondément marqué la réception de Pussy Cats. Sur « Many Rivers to Cross », la chanson demande une interprétation chargée d’émotion ; l’ampleur de l’accompagnement en constitue le cadre, pas une substitution à la personnalité vocale du chanteur.

Il serait excessif de rattacher chaque effet de timbre à un incident particulier de studio, faute de documents identifiant les prises. L’intérêt de la sessionographie est de conserver les personnes effectivement créditées et l’année de la production, sans transformer les difficultés personnelles de Nilsson en explication automatique de chaque choix artistique.

Le programme de l’album et les auteurs à ne pas confondre

« Many Rivers to Cross » ouvre un disque qui comprend ensuite une reprise de Bob Dylan, plusieurs compositions de Nilsson et des titres de rock’n’roll. La variété des auteurs impose de conserver les crédits distincts. La première chanson est écrite par Jimmy Cliff ; « Subterranean Homesick Blues » appartient à Dylan ; « Save the Last Dance for Me » à Doc Pomus et Mort Shuman. Les musiciens de studio interviennent sur des œuvres qui possèdent déjà leur histoire.

Ringo ne figure pas parmi les coauteurs de « Many Rivers to Cross ». Sa contribution est instrumentale et appartient à une performance précise. Le fait qu’il joue auprès du producteur Lennon ne lui attribue pas automatiquement une responsabilité d’écriture. Cette règle est importante dans un dossier qui étudie également les œuvres réellement cosignées par Ringo pour Doris Troy ou Ben Harper.

1974 : première publication chez RCA

L’enregistrement paraît sur le LP Pussy Cats sous la référence américaine RCA CPL1-0570. La présence de la chanson en ouverture du disque lui donne une place forte dans le programme, mais ne renseigne pas sur l’ordre des séances. Le catalogue officiel de Nilsson confirme l’année et la liste des titres. Des formats et pressages ultérieurs peuvent reprendre le même master avec des modifications de transfert sonore.

Les futurs relevés discographiques indiqueront les éditions physiques et leurs minutages. Une durée légèrement différente sur un CD ne constitue pas à elle seule une nouvelle prise de batterie. Seule une version alternative réellement identifiée pourra recevoir une notice d’enregistrement distincte. Cette nuance est nécessaire pour éviter que les multiples rééditions de Pussy Cats ne gonflent artificiellement le nombre de collaborations de Ringo.

Les rééditions et la collection RCA

Les éditions CD enrichies, puis le coffret The RCA Albums Collection, publié en 2013, rendent disponibles plusieurs bonus du projet Nilsson. Certaines sont des prises alternatives, d’autres des démos ou des morceaux absents du programme original. Elles doivent être comparées au personnel de référence du LP sans présumer que tous les interprètes ont participé aux bandes inédites.

Une nouvelle publication ne change pas la date de l’enregistrement ancien. Si une prise alternative de « Many Rivers to Cross » venait à être documentée, sa distribution devrait être vérifiée avant d’y créditer Ringo et Keltner. Les données d’archives seront ajoutées progressivement, avec mention de leur source et du support de publication.

Ce que la fiche permet d’établir

Les faits certains sont le titre de Jimmy Cliff, l’interprétation de Harry Nilsson, la production et l’arrangement de Lennon, le personnel détaillé du livret RCA et le crédit commun de Ringo Starr et Jim Keltner à la batterie. Il reste à préciser le jour exact de la prise, le détail des éventuels overdubs et la répartition instrumentale des deux batteurs. Un relevé de session spécialisé fournit des informations complémentaires, mais les notes originales demeurent la référence principale.

La présente fiche est reliée à l’étude générale de Pussy Cats et ses sept contributions de Ringo ainsi qu’à la biographie de la collaboration avec Nilsson. Elle doit permettre d’ouvrir une chanson pour retrouver ses instruments et son histoire, sans devoir reprendre tout le récit du disque à chaque consultation. C’est une étape supplémentaire vers une sessionographie précise des travaux extérieurs de Richard Starkey.

Photo d’ambiance Yellow-Sub.net, sans identification de la séance de Nilsson.

Sources documentaires

Les crédits de batterie et les instruments sont repris du livret d’origine de l’album RCA.

  1. Pussy Cats, notes originales RCA 1974, personnel piste par piste.
  2. Harry Nilsson, site officiel : Pussy Cats.
  3. Catalogue John Lennon, Pussy Cats et la production de Lennon.
  4. NilssonSchmilsson, relevé spécialisé de Many Rivers to Cross.