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Yellow-Sub.net · Ringo Starr · Chapitre 5 · Paul McCartney
Ringo Starr et Paul McCartney : les retrouvailles musicales après les Beatles
Une relation musicale qui se prolonge après les Beatles, avec une étape particulièrement bien documentée sur Flaming Pie et le single Beautiful Night.
Une complicité rythmique née avec les Beatles
La relation entre la basse de Paul McCartney et la batterie de Ringo Starr appartient à l’identité sonore des Beatles. Après la séparation du groupe, leurs carrières suivent des chemins autonomes. Les rencontres ultérieures sont donc d’autant plus intéressantes qu’elles ne sont plus dictées par les obligations d’une formation commune : elles deviennent des collaborations choisies dans un autre contexte de création.
1997 : Flaming Pie et le retour au travail commun
L’album Flaming Pie paraît en 1997. Dans sa présentation officielle, Paul McCartney explique le contexte d’un disque nourri par l’expérience récente du projet The Beatles Anthology. Les participants comprennent notamment Jeff Lynne et Steve Miller, et Ringo Starr y figure parmi les musiciens invités. Il s’agit d’un jalon idéal pour une analyse des retrouvailles musicales des deux anciens Beatles.
« Beautiful Night » : le crédit indiscutable
Le site officiel de McCartney indique expressément la participation de Ringo Starr à la batterie sur « Beautiful Night ». La chanson, publiée sur Flaming Pie, fait l’objet d’un single sorti le 15 décembre 1997. L’historique présenté par McCartney rappelle que le morceau existait sous une forme antérieure et qu’un arrangement orchestral de George Martin a été ajouté aux studios Abbey Road. La version publiée superpose donc plusieurs étapes de création qu’il sera utile de distinguer.
« Really Love You » : une piste à documenter en détail
« Really Love You » figure également sur Flaming Pie. Ce titre mérite une étude dédiée de la collaboration Paul–Ringo : répartition de l’écriture, conditions de la séance, instruments, versions et commentaires des musiciens devront être examinés à partir des livrets et des éditions d’archives. La fiche définitive évitera de confondre la présence de Ringo sur l’album avec la description de ses gestes instrumentaux sur une prise précise avant vérification des crédits.
Le piège des retrouvailles médiatiques
Une photographie de Paul et Ringo, une apparition à la télévision ou une présence dans un événement consacré aux Beatles ne correspond pas nécessairement à une nouvelle séance d’enregistrement. Notre dossier séparera clairement les performances jouées ensemble, les contributions en studio, les réalisations montées à partir d’archives et les simples rencontres publiques.
Une comparaison musicale à construire
Le dialogue basse–batterie sera analysé dans « L’art du batteur », où il possède déjà sa propre étude. Ici, l’enjeu sera différent : expliquer dans quelles circonstances McCartney invite Ringo, quels morceaux sont effectivement enregistrés, comment les crédits évoluent d’une édition à l’autre et ce que les documents de studio nous apprennent sur la façon dont les deux hommes ont travaillé à nouveau ensemble.
Prochaines étapes de l’inventaire McCartney
Nous confronterons les livrets originaux de Flaming Pie aux publications de l’Archive Collection, en prêtant attention aux démos et aux versions de travail. Les participations ultérieures seront traitées séparément après confirmation des rôles respectifs. Une longue amitié ne constitue pas un crédit discographique : c’est précisément la raison d’être de cette nouvelle encyclopédie.
Deux trajectoires solo qui se croisent sans se confondre
La relation entre Paul McCartney et Ringo Starr a donné l’une des combinaisons rythmiques les plus familières de la musique populaire du XXe siècle. Mais lorsque les Beatles cessent de travailler ensemble, la présence de Ringo sur un disque de Paul n’a plus rien d’automatique. Elle devient l’objet d’une invitation ponctuelle, d’une séance précise ou d’une participation à un titre. C’est cette différence de statut qui donne tout son intérêt historique aux retrouvailles.
Après 1970, McCartney développe ses propres méthodes, parfois en enregistrant lui-même plusieurs instruments, parfois avec Wings, puis avec de nombreux collaborateurs. Ringo, de son côté, mène une carrière solo, retrouve les autres Beatles sur certains de ses albums et travaille avec des musiciens extérieurs au groupe. Dès lors, le terme « réunion » devient délicat : deux anciens Beatles jouant ensemble ne forment pas une nouvelle version des Beatles. Notre dossier distinguera les séances de Paul des chansons de Ringo auxquelles Paul contribue.
Le début des années 1980 : George Martin au centre des séances
L’album Tug Of War paraît le 26 avril 1982, après la séparation de Wings et dans le contexte de la disparition de John Lennon en décembre 1980. Paul retrouve George Martin à la production, et réunit des instrumentistes venus de plusieurs horizons. Parmi eux figurent Steve Gadd, Stanley Clarke, Carl Perkins et Ringo Starr. Le retour de Martin ne doit pas conduire à imaginer une reconstitution des méthodes Beatles : les conditions de travail et les formations utilisées sont différentes, et les crédits officiels détaillent les interventions chanson par chanson.
Le disque est aussi un témoignage de la façon dont McCartney fait coexister plusieurs univers musicaux : un duo avec Stevie Wonder, des instruments classiques sur « Here Today », des accents country avec Carl Perkins et un morceau pop énergique auquel Ringo apporte sa batterie. L’importance du batteur ne tient pas ici au nombre de chansons jouées, mais à la possibilité de documenter une participation très précise.
« Take It Away » : deux batteurs, un single et une réunion vérifiée
La source officielle de McCartney identifie Ringo Starr à la batterie sur « Take It Away », deuxième titre de Tug Of War. La notice générale de l’album crédite également Steve Gadd à la batterie et aux percussions sur les pistes 2 et 3. Pour le morceau « Take It Away », les deux noms apparaissent donc au générique des séances : il ne faut ni effacer Gadd au profit de Ringo, ni réduire ce dernier à une apparition photographique. La présence de George Martin au piano électrique ajoute un troisième personnage lié à l’histoire des Beatles.
Publié en single le 21 juin 1982, « Take It Away » est un exemple précieux pour l’archéologie musicale parce que le titre existe dans plusieurs contextes : une piste d’album, un 45-tours et des éléments visuels de promotion. La fiche détaillée devra examiner séparément le personnel de studio et les participants du clip. Une personne visible à l’écran n’est pas, pour cette seule raison, l’instrumentiste ayant enregistré le master ; dans ce cas précis, nous disposons heureusement des crédits d’enregistrement pour confirmer Ringo.
Quel sens donner à une double batterie ?
Lorsqu’un titre indique deux batteurs, l’enquête doit résister à deux tentations : supposer que tous deux ont nécessairement joué simultanément sur l’intégralité de la bande, ou chercher à identifier l’un des deux uniquement à la couleur sonore de la caisse claire. Il faut plutôt examiner la documentation des prises, les indications de sessions, les souvenirs des producteurs et, lorsqu’elles sont disponibles, les pistes isolées. À ce stade, les crédits officiels certifient deux noms sur « Take It Away » ; ils ne documentent pas à eux seuls toutes les étapes de l’assemblage.
Cette réserve est importante pour un dossier spécialisé. La formule « deux batteurs sur le titre » est une information discographique ; la phrase « Ringo joue tel motif tandis que Gadd exécute tel remplissage » serait une affirmation beaucoup plus exigeante à prouver. La différence entre les deux doit rester perceptible jusque dans nos légendes et nos encadrés.
1983 : Pipes Of Peace prolonge les rencontres de studio
Le disque Pipes Of Peace paraît le 31 octobre 1983 et réutilise une partie des travaux entrepris dans l’entourage de Tug Of War. La présentation officielle de McCartney inclut Ringo parmi les interprètes, mais sa liste globale ne répartit pas les musiciens sur chaque chanson. Il faut donc lui adjoindre les informations des rééditions et les recherches de sessionographie, sans déduire que le batteur figure automatiquement sur « Say Say Say », « The Man » ou les autres morceaux dont la distribution est distincte.
Cette prudence permet de rendre un meilleur service aux lecteurs : l’album associe de nombreuses personnalités — dont Michael Jackson et Steve Gadd — et les fiches généralistes ont tendance à mêler leurs noms. Une ligne de crédits collective n’est pas une feuille de présence pour chaque piste. Elle sert d’index de départ, pas d’inventaire final.
« So Bad » : un autre titre à enregistrer dans la sessionographie
Le musicologue et auteur Luca Perasi, dont les travaux sont repris par The Paul McCartney Project, attribue explicitement à Ringo la batterie sur « So Bad ». L’entrée discographique donne le 16 septembre 1982 comme date de séance aux studios AIR de Londres et cite, aux côtés de Paul et Ringo, Linda McCartney, Eric Stewart et George Martin. Il s’agit d’un relevé secondaire spécialisé, à rapprocher du livret de l’édition correspondante pour établir la notice définitive.
Le parcours discographique du titre demande lui-même de la précision : « So Bad » figure sur Pipes Of Peace et se retrouve également lié à des éditions de singles. Les dates de travail, de sortie d’album et de publication en 45-tours ne sont pas interchangeables. Cette future fiche sera reliée à la fois au chapitre McCartney et à la chronologie des sessions de Ringo, sans refaire une page entière sur l’histoire commerciale de Pipes Of Peace.
1995–1997 : pourquoi Flaming Pie intervient à un moment particulier
Au milieu des années 1990, Paul et Ringo participent au projet The Beatles Anthology, qui remet au premier plan leur histoire commune et l’écoute des bandes anciennes. Peu après, Paul prépare Flaming Pie, publié le 5 mai 1997. Les notes officielles soulignent une méthode d’enregistrement spontanée, avec des séances organisées à différentes occasions. Le disque réunit notamment Jeff Lynne, Steve Miller, James McCartney et Ringo Starr.
La proximité avec Anthology est importante, mais ne doit pas produire une causalité simpliste. Le projet a certainement replacé la musique des Beatles au centre de la réflexion de Paul, comme le souligne son site officiel ; il ne prouve pas, à lui seul, qu’une chanson donnée a été composée pour célébrer une réunion. Nous distinguerons donc les commentaires documentés de Paul, la chronologie de fabrication du disque et la lecture que le public peut en faire.
« Really Love You » : Paul et Richard Starkey signent ensemble
Le morceau « Really Love You », douzième piste de Flaming Pie, présente une singularité essentielle : le catalogue officiel le crédite à Paul McCartney et Richard Starkey pour la composition. Il mentionne aussi le nom de Startling Music parmi les éditeurs de l’œuvre. Ce n’est pas seulement une intervention d’instrumentiste invité, mais une collaboration d’écriture attribuée aux deux musiciens. Il faut le dire clairement, car l’importance d’un crédit d’auteur ne se confond pas avec celle d’un crédit de batterie.
En regardant le catalogue officiel, on voit également que Ringo figure à l’échelle de l’album à la batterie, aux chœurs et aux percussions additionnelles. Pour la répartition précise de ces fonctions sur « Really Love You » et les différentes étapes de la prise, les livrets détaillés de l’Archive Collection seront notre base de contrôle. Le fait central est d’ores et déjà établi : les deux anciens Beatles se retrouvent aussi dans une œuvre cosignée, et pas seulement autour d’un instrumentarium.
« Beautiful Night » : ne pas confondre la version de 1986 et celle de 1997
Selon la notice officielle du single, « Beautiful Night » existait depuis environ une décennie avant sa parution sur Flaming Pie ; un enregistrement effectué à New York en 1986 était resté inédit. La version exploitée dans les années 1990 a ensuite été enrichie d’un arrangement orchestral de George Martin enregistré à Abbey Road. Ringo Starr est crédité à la batterie sur la version publiée. Cela ne signifie pas qu’il a nécessairement joué sur la bande de New York de 1986 : les étapes de la production doivent rester distinctes jusqu’à ce que les dossiers de studio permettent de préciser son intervention.
Le single paraît le 15 décembre 1997. Il s’agit du dernier extrait de Flaming Pie selon le catalogue de McCartney. La fiche consacrée à « Beautiful Night » devra donc présenter une chronologie en plusieurs strates : composition et première version, reprise et production de la version retenue, ajout orchestral, album de mai 1997 puis single de décembre. Cette décomposition mettra en lumière le travail réel plutôt qu’une anecdote sur une « réunion des Beatles » trop vaguement racontée.
Les crédits de Flaming Pie : un enseignement pour tout le dossier
La liste officielle de Flaming Pie détaille les instruments joués par Paul lui-même, les prestations de Jeff Lynne, Steve Miller, Linda et James McCartney, ainsi que les différentes contributions de Ringo. Elle indique aussi les arrangements de George Martin sur « Somedays » et « Beautiful Night » et distingue les chansons coécrites. Un catalogue de ce niveau permet d’établir des lignes de données fiables ; il révèle simultanément que l’attribution fine des instruments aux différentes prises nécessitera parfois de consulter les livrets enrichis des rééditions.
Pour éviter l’ambiguïté, chaque notice comportera un tableau documentaire distinguant les « crédits officiels de l’album » des « crédits de la chanson et de la version ». Lorsqu’un instrument est crédité à Ringo globalement sans correspondance piste par piste, il sera signalé comme tel. Le dossier ne prétendra pas disposer de feuilles de studio qui ne sont pas publiques.
Ringo Starr — photographie d’ambiance provenant de la photothèque Yellow-Sub.
Paul invité chez Ringo, Ringo invité chez Paul : deux sens différents
Une autre difficulté tient à la réciprocité des collaborations. Paul joue et chante sur plusieurs projets de Ringo, mais ces titres sont d’abord publiés sous le nom de ce dernier. Le lecteur les rencontrera déjà dans la discographie solo ; notre encyclopédie les mentionnera comme collaborations réciproques, avec un lien vers leurs fiches principales, au lieu de recopier l’intégralité de leur histoire. À l’inverse, « Take It Away », « So Bad », « Really Love You » et « Beautiful Night » relèvent directement du catalogue McCartney et justifient des fiches de collaborations externes.
La même distinction sera appliquée aux apparitions publiques des deux musiciens. Une performance conjointe à un événement Beatles relève de la chronologie des concerts ; un enregistrement de studio relève de la sessionographie ; une vidéo réalisée pour promouvoir une chanson appartient à l’histoire audiovisuelle de l’œuvre. Ces trois bases pourront se relier, mais leurs critères d’inclusion ne seront pas les mêmes.
La feuille de route discographique McCartney
La priorité est maintenant de construire les fiches « Take It Away » (1982), « So Bad » (1983), « Really Love You » (1997) et « Beautiful Night » (1997), puis de comparer les livrets originaux avec les volumes disponibles de l’Archive Collection. Pour chaque piste, nous conserverons la date de sortie, les éventuelles dates de prise documentées, la présence de Ringo et des autres instrumentistes, la nature de sa contribution, les différences de versions et une bibliographie concise.
Cette méthode permettra aussi de repérer les absences : être crédité sur un album ne revient pas à accompagner tous ses morceaux. Elle rendra justice à la dimension musicale de la relation Paul–Ringo, en laissant à « L’art du batteur » les analyses techniques de leur dialogue rythmique et aux pages de discographie les détails des différents pressages.
Une chronologie de collaborations moins linéaire qu’il n’y paraît
On pourrait croire que Paul McCartney et Ringo Starr se retrouvent régulièrement en studio après 1970. Leur histoire est en réalité moins continue. Paul dispose de ses propres musiciens, joue parfois lui-même de la batterie et privilégie des formations différentes selon les disques. Ringo mène simultanément ses propres projets. Les participations partagées deviennent des rendez-vous particuliers, et c’est précisément cette discontinuité qui mérite d’être racontée. L’existence d’une vieille amitié ne doit jamais combler les années pour lesquelles nous ne possédons pas de crédit d’enregistrement.
À l’inverse, certains albums ne présentent qu’une seule participation de Ringo, mais très bien documentée. Tug Of War est un bon exemple : le catalogue officiel identifie clairement « Take It Away » comme un titre auquel il contribue. Le dossier doit donc mesurer l’importance d’une collaboration par son intérêt historique et la qualité de ses sources, non par la quantité d’albums qui la mentionnent.
« Take It Away » : l’enregistrement et son contexte artistique
Le single paraît le 21 juin 1982, près de deux mois après l’album. Il associe l’aisance mélodique de McCartney à une production élaborée avec George Martin. Les crédits officiels nomment Steve Gadd et Ringo Starr à la batterie sur la piste 2, tandis que George Martin joue du piano électrique. Sur le plan discographique, cela constitue une réunion de deux anciens Beatles et de leur producteur historique. Sur le plan musical, c’est un nouveau projet, avec ses propres instrumentistes et son propre équilibre d’arrangement.
La présence de Steve Gadd mérite d’être soulignée. Avec ses expériences de studio et ses collaborations dans le jazz, la soul et la pop, Gadd représente un univers instrumental différent de celui de Ringo. Le crédit commun invite à rechercher comment les parties ont été conçues : étaient-elles enregistrées dans la même prise, doublées ou organisées en couches ? Ce sont des questions légitimes, auxquelles le simple livret du disque ne répond pas totalement. Nous les laisserons ouvertes tant qu’une documentation technique ne permettra pas de trancher.
La fiche définitive comportera un repère pour la première parution sur Tug Of War, un autre pour le 45-tours, puis les informations sur les éventuelles versions alternatives publiées dans les archives McCartney. Elle évitera de traiter les photographies du clip comme des preuves des enregistrements. La chronologie de la chanson devra rester clairement séparée de celle de sa promotion.
Pipes Of Peace : la difficulté des séances prolongées
Pipes Of Peace n’est pas né d’un bloc de sessions absolument autonome. La présentation officielle rappelle que plusieurs morceaux sont issus de la période de travail de Tug Of War. Une lecture strictement fondée sur les dates de publication de 1982 et 1983 risquerait donc de produire une chronologie erronée. Ce qui importe est de distinguer les débuts d’une prise, les ajouts ultérieurs et le moment où le mixage destiné au commerce est finalisé.
« So Bad » illustre cette difficulté. La notice de Luca Perasi, reprise par The Paul McCartney Project, place sa séance à AIR Studios le 16 septembre 1982 et crédite Ringo à la batterie. La présence de cette date dans un relevé spécialisé doit inciter à aller consulter les archives et les livrets ; elle ne suffit pas à inventer d’autres événements qui auraient eu lieu le même jour. Les notes de ce genre seront indiquées avec leur provenance afin que le visiteur puisse distinguer le témoignage officiel du travail d’un historien discographe.
Le risque de confusion entre disque et image dans les années 1980
Les années 1980 voient se multiplier les clips, les films musicaux et les représentations télévisées. Ringo peut apparaître dans l’histoire visuelle d’un projet de Paul sans que chaque apparition corresponde à la piste audio diffusée. De même, une réinterprétation d’une chanson pour un film peut comporter une distribution différente de celle du premier master. Il faut donc considérer les documents filmés comme des objets autonomes, dotés de leurs crédits, et non comme de simples illustrations que l’on peut utiliser pour prouver une séance.
Notre méthode permettra de distinguer le disque de studio, la chanson telle qu’elle est interprétée à l’écran et la bande sonore effectivement publiée. Une même œuvre peut avoir plusieurs identités discographiques sans qu’aucune d’elles soit une erreur. L’erreur viendrait de les fondre dans une seule attribution globale.
Flaming Pie : une autre génération de participants
Le personnel de Flaming Pie témoigne d’un nouvel environnement. Jeff Lynne, dont le travail est associé au renouveau des sonorités sixties, collabore à plusieurs pistes ; Steve Miller participe également au disque ; James McCartney y fait une apparition instrumentale. Ringo n’arrive donc pas dans un cercle exclusivement constitué d’anciens Beatles. Il intervient dans un album qui assume des filiations anciennes tout en réunissant des personnes de générations et de parcours différents.
La présentation officielle souligne que Paul a enregistré de façon relativement spontanée, au fil des occasions et des vacances. Cette souplesse ne signifie pas que toutes les chansons aient été improvisées ou enregistrées rapidement. Les différents crédits d’instrumentistes et de producteurs montrent plutôt un projet composite, dont l’unité vient de la direction musicale de McCartney. Il faudra identifier les sessions propres à chaque morceau avant de proposer une chronologie définitive des retrouvailles.
« Really Love You » : que signifie une cosignature ?
Le crédit de composition « McCartney / Starkey » apparaît dans le catalogue officiel de l’album. Il mérite d’être conservé exactement sous cette forme, avec une note précisant que Richard Starkey est le nom civil de Ringo. Le crédit juridique distingue donc cette piste des autres chansons écrites par Paul seul. Ce point constitue une information historique certaine, quelle que soit ensuite l’interprétation que l’on fait du processus créatif entre les deux musiciens.
Il faudra cependant éviter de déduire de la cosignature un scénario d’enregistrement que les sources ne confirment pas. Une œuvre peut être cosignée après une improvisation, à la suite d’une contribution musicale plus structurée ou selon d’autres décisions entre auteurs. Les documents de session permettront de préciser ce cas particulier. Dans l’intervalle, l’encyclopédie peut présenter la cosignature, les instrumentistes crédités et la place de « Really Love You » dans le programme de Flaming Pie, sans romancer l’origine du morceau.
« Beautiful Night » : suivre les traces d’un morceau ancien
La trajectoire de « Beautiful Night » illustre presque toutes les difficultés d’une sessionographie de collaborations. Le site de McCartney évoque un enregistrement de 1986 à New York, conservé sans publication, puis la réalisation d’une version destinée à Flaming Pie. L’arrangement orchestral de George Martin est ajouté à Abbey Road, et Ringo Starr est crédité à la batterie de la version commercialisée. Il est donc indispensable de distinguer les étapes du processus au lieu de dater mécaniquement toutes les contributions de 1986 ou de 1997.
Un bon article devra aussi suivre la différence entre l’album sorti en mai 1997 et le single paru en décembre. Le premier présente le morceau dans la construction d’un LP, le second lui donne une existence commerciale autonome et des supports supplémentaires. Les éditions de l’Archive Collection seront consultées pour identifier les alternatives et les documents de travail. Cette approche intéressera autant l’historien de la musique que le collectionneur soucieux des variantes de pressages.
Comparaison : trois types de participation en quinze ans
En confrontant « Take It Away », « So Bad » et « Really Love You », on voit apparaître trois niveaux de documentation. Le premier possède un crédit officiel de titre et une liste de musiciens précise. Le second bénéficie d’une attribution instrumentale reprise dans la littérature discographique spécialisée, à confronter au livret original. Le troisième présente une cosignature d’auteur incontestable et des crédits globaux de l’album, mais appelle encore la reconstitution des prises. « Beautiful Night » apporte un quatrième enjeu : un long parcours depuis une première version jusqu’à l’édition définitive.
Cette comparaison doit servir d’exemple aux futurs chapitres consacrés à Harry Nilsson ou aux autres collaborateurs. L’objectif n’est pas de placer chaque artiste dans une liste de noms prestigieux, mais d’expliquer la nature du travail musical, sa chronologie et les preuves dont nous disposons. Une fiche peut être remarquable avec une seule chanson, si ses sources et son contexte sont présentés avec suffisamment de précision.
Ce que les amateurs avertis pourront retrouver
Le dossier final donnera accès à quatre types de lecture. Le premier suivra les collaborations de Paul et Ringo dans l’ordre des sessions attestées. Le deuxième réunira les chansons coécrites. Le troisième décrira les crédits d’instrumentistes sur les albums de McCartney. Le quatrième s’intéressera aux versions alternatives et aux documents d’archives. Ces quatre parcours renverront vers les mêmes fiches de base, ce qui évitera les doublons et les divergences au fil des enrichissements du site.
Les biographies et souvenirs des deux musiciens apporteront la dimension humaine de ces rencontres, mais les archives garderont le dernier mot pour les attributions techniques. Une histoire sérieuse n’a pas besoin de prétendre que chaque collaboration constitue une « réunion des Beatles » : sa richesse vient précisément du fait que Paul et Ringo retrouvent leurs habitudes musicales tout en évoluant dans des contextes nouveaux.
Sources et vérification
Les indications de personnel sont fondées sur les crédits éditoriaux disponibles. Une participation créditée à l’échelle d’un album ne prouve pas une présence sur chacune de ses pistes. Les dates de publication ne doivent pas être confondues avec les dates de séance.
- Paul McCartney, Flaming Pie : page officielle.
- Paul McCartney, Beautiful Night : histoire et crédit de Ringo.
- Paul McCartney, réédition Flaming Pie Archive Collection.
- Paul McCartney, Tug Of War : crédits piste par piste.
- Paul McCartney, Take It Away : crédits et date du single.
- Paul McCartney, Pipes Of Peace : musiciens de l’album.
- The Paul McCartney Project / Luca Perasi, So Bad : personnel et session.












