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Ringo Starr sur Tug of War : Take It Away, Ballroom Dancing et Wanderlust
Trois chansons documentées chez Paul McCartney, de Montserrat aux rééditions : sessionographie, Steve Gadd, George Martin et versions 1982–2015.
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Take It Away : Ringo et Steve Gadd (1981) · Ballroom Dancing : séances, démo et réenregistrement · Wanderlust : versions de 1982 et 1984. Ces trois notices distinguent les masters, les edits, les remixes et les interprétations ultérieures.
Quand la dissolution des Wings rapproche de nouveau Paul et Ringo
La réalisation de Tug of War, publié le 26 avril 1982, marque un moment de transition : Paul McCartney abandonne progressivement la logique d’un groupe fixe et retrouve George Martin à la production. Plusieurs séances enregistrées avant et après la mort de John Lennon seront finalement réunies sur l’album. Le personnel varie d’un morceau à l’autre : Denny Laine, Eric Stewart, Stevie Wonder, Carl Perkins, Stanley Clarke, Dave Mattacks et Steve Gadd passent ainsi par le projet. Au milieu de ces formations mouvantes, la présence de Ringo Starr ne doit être ni sous-estimée ni étendue artificiellement aux douze plages de l’album.
La chronologie conservée dans les documents de la Archive Collection et dans les fiches de sessions du Paul McCartney Project permet de distinguer les enregistrements de base, les overdubs et les remixages ultérieurs. Le musicien n’est pas « le batteur de Tug of War » au sens d’un groupe résident : son nom est associé à trois morceaux de l’édition originale, « Take It Away », « Ballroom Dancing » et « Wanderlust », tandis que d’autres titres sont attribués à Steve Gadd, Paul McCartney, Dave Mattacks ou à d’autres instrumentistes. Les disques Pipes of Peace (1983) et Give My Regards to Broad Street (1984) obligent ensuite à suivre séparément des chansons issues de la même période, mais publiées sur des albums distincts.
Les trois titres avec Ringo : discographie du master paru en 1982
« Take It Away » : deux batteurs et un single
Le deuxième titre de l’album est enregistré au cours des séances du 16 au 18 février 1981 aux AIR Studios de Montserrat. Ringo Starr et Steve Gadd figurent tous deux au crédit de la batterie : leurs interventions font partie du dispositif rythmique de cette chanson. Paul chante et tient notamment la basse et le piano ; Eric Stewart contribue à la guitare et aux chœurs, Linda McCartney aux harmonies et George Martin à la production et aux claviers. Le 23 mars, des ajouts sont réalisés à Londres. Le générique de 1982 et les documents de 2015 doivent être rapportés au même enregistrement plutôt qu’à deux nouvelles séances.
« Take It Away » devient un single à l’été 1982. Le programme du 45-tours présente une version éditée, plus courte que celle de l’album : une différence de durée qui doit être enregistrée dans une table des versions sans créer une seconde participation de Ringo. Le clip met les batteurs en scène, mais un tournage promotionnel ne prouve pas que chaque passage visible corresponde à la piste audio exacte de l’enregistrement. La session et le clip sont deux objets documentaires à distinguer. Une fiche existante détaille déjà cette chanson : consulter le chapitre Paul McCartney, sans déplacer ses anciennes URL.
« Ballroom Dancing » : la sophistication d’un titre aux nombreuses couches
La chanson paraît en sixième position sur le LP. Un noyau d’enregistrement daté du 2 janvier 1981 est recensé au Parkgate Studio, dans le Sussex ; des opérations complémentaires sont signalées pour décembre 1980 et mars 1981, ce qui appelle une lecture prudente des dates et de l’ordre des travaux. Le personnel comprend Ringo Starr à la batterie et aussi Paul McCartney crédité à une batterie parmi ses multiples instruments. Le chanteur travaille avec Linda McCartney, Denny Laine, Eric Stewart, George Martin et des intervenants de cuivres et de bois.
La chanson ne se réduit donc pas à « Paul et Ringo en duo de batterie ». Les crédits énumèrent des couches enregistrées à différents moments et ne permettent pas de reconstruire les prises une mesure après l’autre sans bandes multipistes. Le 17 mars 1981, de nouveaux overdubs sont recensés ; le mixage est documenté à l’automne. Sur la réédition de 2015, un remix distinct apparaît, ainsi qu’une maquette ancienne, que l’on ne doit pas considérer comme une prestation de Ringo. Une analyse par version est nécessaire pour établir ce qui est audible sur chaque support.
« Wanderlust » : un titre de liberté, des batteries multiples
Le huitième morceau puise son inspiration dans l’aventure des Wings sur un bateau des Caraïbes utilisé lors de la préparation de London Town. Paul a raconté avoir quitté un bateau dont le capitaine lui déplaisait pour un autre nommé Wanderlust, nom devenu symbole d’émancipation. Le master de Tug of War est relié aux séances du 2 janvier 1981, à des travaux supplémentaires de juillet et au mixage du 1er octobre. Ringo Starr est mentionné à la batterie ; Adrian Sheppard apparaît également dans les crédits comme batteur et percussionniste.
La présence de deux noms sous une même rubrique ne permet pas de diviser les mesures ou les prises entre eux. Il faudra comparer les livrets de 1982 et de 2015 et, idéalement, des relevés de pistes, pour préciser leur contribution respective. La chanson bénéficie d’une orchestration comprenant le Philip Jones Brass Ensemble, mais le travail des cuivres ne doit pas être confondu avec une participation des deux anciens Beatles à toutes les étapes de mixage.
La chronologie des séances, plutôt que l’ordre de l’album
Décembre 1980 : essais et prises liés notamment à « Ballroom Dancing » ; la période est interrompue par l’assassinat de John Lennon. 2 janvier 1981 : séance commune de « Ballroom Dancing » et « Wanderlust » au Parkgate Studio, selon les relevés disponibles. 16–18 février 1981 : sessions « Take It Away » et « Average Person » à Montserrat, avec Ringo et Steve Gadd dans l’effectif. 17 mars : overdubs sur « Ballroom Dancing ». 23 mars : overdubs sur « Take It Away ». Juillet 1981 : travaux complémentaires signalés pour « Wanderlust ». 1er octobre : mixage de « Ballroom Dancing » et « Wanderlust ». Décembre 1981 : mixage de « Take It Away ». 26 avril 1982 : publication de l’album.
Le fait que « Average Person » soit travaillé durant la même visite à Montserrat ne le transforme pas en titre de Tug of War : il paraîtra sur Pipes of Peace. De même, le lien entre les enregistrements de 1981 et une nouvelle version de « Wanderlust » en 1983–1984 exige deux notices de masters. L’album paru en 1982 ne suffit pas à représenter toute la production des séances.
Deux batteries, plusieurs studios : ce que révèle la méthode de George Martin
Les retrouvailles de Martin et des anciens Beatles ne réinstallent pas la méthode d’enregistrement du groupe en 1966. Paul compose et arrange les chansons pour des équipes différentes ; Martin structure les orchestrations et les parties de claviers ; Geoff Emerick assure une part majeure des opérations sonores. Ringo est tantôt associé à un autre batteur professionnel, tantôt inclus dans une formation davantage centrée sur les interventions de Paul. Il faut éviter l’image trompeuse de deux anciens Beatles réunis pour enregistrer tout le disque de concert.
La comparaison avec « Take It Away » est éloquente : Steve Gadd rappelle dans les notes de la réédition de 2015 avoir joué aux côtés de Ringo à Montserrat. Ce témoignage de participant est plus probant qu’une simple liste globale de musiciens. Il permet de confirmer le principe de la double batterie, mais pas d’assigner à l’un ou l’autre tous les fills d’une chanson sans étude complémentaire de la bande.
1982, 1984, 1993 et 2015 : comment classer les versions
Pour les collectionneurs, quatre niveaux doivent rester séparés. Premièrement, les masters originaux du LP britannique Parlophone et des autres territoires de 1982. Deuxièmement, les éditions de single et leurs edits, particulièrement pertinentes pour « Take It Away ». Troisièmement, les nouveaux enregistrements réalisés pour Give My Regards to Broad Street, lorsqu’une chanson est reprise en studio en 1983 ou 1984. Enfin, les remasters de 1993 et le remix stéréo de la Archive Collection de 2015.
La réédition de 2015 comprend aussi des maquettes et des présentations alternatives. Une démo de « Ballroom Dancing » ou de « Wanderlust » enregistrée avant les séances collectives ne doit pas hériter automatiquement du crédit de batterie de Ringo. La règle éditoriale est simple : une œuvre peut comporter plusieurs performances, et plusieurs éditions peuvent reproduire la même performance. Un catalogue raisonné doit décrire ces deux rapports sans les confondre.
Une histoire musicale qui dépasse le mythe des retrouvailles
Sur Tug of War, Ringo n’est ni invité par nostalgie pour remplacer tous les batteurs, ni simplement ajouté au générique pour la publicité. Ses participations sont localisées dans trois chansons et s’insèrent dans un processus de studio particulièrement élaboré. La valeur encyclopédique vient de ce relevé précis : première prise, personnel, ajout instrumental, sortie du master, alternative de mixage et réutilisation éventuelle. C’est ainsi que l’amitié entre McCartney et Starr peut être étudiée à travers la musique réellement publiée.
Sources et contrôle des attributions
Paul McCartney, site officiel, fiche de Tug of War, parution 26 avril 1982 ; Tug of War – Archive Collection, Paul McCartney Archive Collection, MPL, 2015, crédits et entretien avec Steve Gadd ; The Paul McCartney Project, fiches de l’album, « Take It Away », « Ballroom Dancing », « Wanderlust » et chronologies des sessions (consultées en octobre 2026). En cas de contradiction entre bases de données, la pochette primaire, la documentation officielle et les témoignages des participants priment sur les listes non attribuées.












