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Yellow-Sub.net · Fiche chanson et sessionographie

Ballroom Dancing (1982) : la batterie de Ringo Starr et les versions de Paul McCartney

Sessions 1980–1981, personnel complet, démo, remix de 2015 et réenregistrement de 1984 : une chanson à plusieurs vies.

Une chanson de Paul McCartney, trois contextes de publication

« Ballroom Dancing » est une composition de Paul McCartney publiée sur Tug of War le 26 avril 1982. Sa place dans l’œuvre des anciens Beatles se révèle plus riche qu’il n’y paraît : Ringo Starr participe au master de l’album, la chanson dispose de maquettes antérieures, puis McCartney en prépare une nouvelle version pour le film et la bande originale Give My Regards to Broad Street (1984). L’historien doit donc suivre simultanément l’œuvre écrite, plusieurs sessions et plusieurs supports, sans faire du musicien présent sur une version l’interprète garanti des autres.

Fiche du master de 1982 et personnel documenté

Œuvre et auteur : « Ballroom Dancing », Paul McCartney. Premier album : Tug of War, sixième plage, Parlophone, 26 avril 1982. Producteur : George Martin. Ringo Starr : batterie. Autres musiciens identifiés : Paul McCartney, voix, basse, piano, guitare, batterie et percussions dans les crédits cumulés ; Linda McCartney, piano et chœurs ; Denny Laine, guitare ; Eric Stewart, chœurs ; Chris Spedding, guitare ; Peter Marshall, narration ; John Barclay et Thomas Whittle, cuivres ; Jack Brymer, clarinette ; David Willis et Raymond Swinfield, saxophones, avec David Ogden au violon. Ingénieur : Geoff Emerick, assisté notamment de Jon Jacobs.

Le personnel est composite. Un crédit album qui réunit Paul et Ringo sous « batterie » n’indique pas le nombre de parties distinctes, les overdubs conservés ni la manière dont les pistes se superposent. Pour cette raison, la notice n’attribue à aucun musicien un fill isolé ou une mesure particulière sans documentation de prise. Le nom de Ringo demeure confirmé comme participant au master de 1982.

Des séances en 1980 et 1981 qui demandent à être reconstituées

Le Paul McCartney Project date une séance du 14 décembre 1980, puis la séance commune de « Ballroom Dancing », « Wanderlust » et « Sweetest Little Show » du 2 janvier 1981 au Parkgate Studio, dans le Sussex. Une intervention complémentaire du 17 mars 1981 est également recensée à Londres ; le mixage est indiqué au 1er octobre 1981. Cette suite ne doit pas être présentée comme un parcours de studio entièrement linéaire : les récapitulatifs mêlent enregistrements de bases et opérations signalées à des dates différentes.

La période s’inscrit dans un album dont la production est bouleversée par la mort de John Lennon en décembre 1980. Paul reprend le travail sous la direction de George Martin et emploie de nombreuses formations instrumentales. La participation de Ringo, loin d’une réunion complète des Beatles, appartient à cette organisation souple du studio. Il est essentiel de replacer la chanson dans le contexte général, sans lui attribuer un sens autobiographique précis que Paul n’aurait pas formulé.

Le rôle du batteur dans un arrangement construit par strates

Le morceau combine instruments pop-rock, piano, chœurs, instruments à vent et passages de narration. La basse et les claviers structurent la pulsation pendant que les interventions des cuivres modifient la couleur de l’ensemble. Le crédit de Ringo à la batterie indique sa contribution au matériau sonore, mais les nombreux overdubs rendent risquée toute affirmation sur la prise initiale. Il faudrait les rapports de studio et l’écoute isolée de chaque piste pour décrire précisément son jeu.

Le personnage public de Ringo n’est pas mis en avant comme chanteur sur le disque : Paul est le chanteur principal. La collaboration se situe donc bien dans le domaine instrumental. Cette précision évite le problème récurrent de certaines discographies automatisées, qui rangent indistinctement tous les Beatles présents au générique dans la catégorie « chant » ou « artistes principaux ».

Les versions de 1982, 1993 et 2015

L’enregistrement de référence paraît sur le LP de 1982, puis sur les premiers CD et les rééditions. Le catalogue de 1993 comprend un remaster du master original. La Tug of War Archive Collection de 2015 offre un remix de la chanson, réalisé sous la supervision de McCartney à partir des éléments anciens. La bande conserve le crédit de Ringo, mais un remix n’est pas une séance de batterie de 2015.

La même collection présente une maquette de « Ballroom Dancing » d’environ deux minutes, enregistrée en août 1980 dans le Rude Studio de Campbeltown. Cette démo constitue une performance différente et antérieure à la réunion des musiciens de Tug of War. Elle ne reçoit pas le crédit instrumental de Ringo par simple voisinage avec le remix. Il faut saisir les deux enregistrements séparément, avec leur propre provenance.

« Ballroom Dancing » dans Give My Regards to Broad Street en 1984

McCartney utilise de nouveau la composition pour les besoins du film musical Give My Regards to Broad Street et de sa bande originale, publiée le 22 octobre 1984. Ce second enregistrement apparaît sous un intitulé identique à celui de 1982, mais sa durée et son instrumentation diffèrent. Les listes disponibles font notamment apparaître Dave Edmunds, Chris Spedding et John Paul Jones dans la réinterprétation de la période du film.

Il serait donc faux de transférer sans contrôle le crédit de batterie de Ringo du disque de 1982 à cette nouvelle version. Le fait qu’il figure au casting du long métrage ne signifie pas qu’il a enregistré chaque piste musicale de la bande-son. L’attribution des instruments doit venir du master de 1984 ou d’un document de production qui lui est propre. La nouvelle version relève d’une entrée distincte, même si elle exploite la même composition de Paul McCartney.

Les enjeux pour une discographie de collectionneur

Une fiche idéale doit posséder quatre onglets logiques : composition, enregistrement 1982 avec Ringo, démo antérieure et réinterprétation 1984. Les remasters et les remix de l’enregistrement 1982 se rattachent au deuxième élément. Les variations de durée doivent être mesurées selon le support et non reprises mécaniquement depuis les sites de commerce. Les intitulés d’édition sont plus utiles ici que les noms de fichiers numériques, qui peuvent masquer la nature exacte du contenu.

La pochette d’un LP britannique, la matrice, les numéros de catalogues de 1982 et 1984, les livrets officiels de 2015 et les indications des bandes multipistes constituent les prochains objets à comparer. Les premiers documents établissent la circulation commerciale ; les seconds permettent d’approcher l’histoire effective de l’enregistrement. La voix de Peter Marshall doit en particulier être identifiée comme narration dans le programme, non comme une nouvelle intervention de Ringo.

Sources et limites

Paul McCartney, Tug of War (Parlophone, 1982) et Tug of War Archive Collection (MPL, 2015) ; PaulMcCartney.com, discographie de l’album et de la réédition ; The Paul McCartney Project, notice « Ballroom Dancing », personnel par version et chronologie ; PaulMcCartney.com, Give My Regards to Broad Street, 1984. Les crédits d’une autre performance portant le même titre ne sont jamais transférés sans source.