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Yellow-Sub.net · Harry Nilsson · Duit on Mon Dei · RCA 1975
Kojak Columbo : Ringo Starr et Jim Keltner réunis sur l’album de Harry Nilsson (1975)
Une batterie attribuée précisément à Ringo sur la quatrième chanson de Duit on Mon Dei, avec Jim Keltner, Klaus Voormann et Dr. John ; les autres pistes ne doivent pas lui être attribuées sans preuve.
Une autre étape de l’amitié Nilsson–Ringo après Pussy Cats
En 1975, Harry Nilsson publie Duit on Mon Dei chez RCA. Il prolonge une série de disques où son imagination musicale et l’amitié avec les Beatles occupent une place importante. Ringo Starr avait déjà joué sur plusieurs titres de Son of Schmilsson, enregistré « Daybreak » pour le film Son of Dracula, et participé aux sessions complexes de Pussy Cats en 1974.
Dans certaines discographies, Duit on Mon Dei figure simplement comme « album avec Ringo à la batterie ». La formulation est insuffisante, car le programme possède onze morceaux et plusieurs formations de studio.
Une source détaillant le personnel plage par plage permet de localiser la batterie de Ringo sur « Kojak Columbo », quatrième titre de l’album, au côté de Jim Keltner. C’est sur cette chanson précise que repose la contribution instrumentale attestée.
Kojak Columbo, quatrième titre : une chanson autour de la télévision
Le site officiel de Nilsson présente « Kojak Columbo » comme l’un des rares succès mineurs du disque. La chanson s’amuse de l’univers des séries policières américaines et des émissions de télévision que le chanteur regardait pendant cette période.
Sa facture rythmique se distingue des moments plus contemplatifs du LP. Nilsson joue avec les images de culture populaire et la dérision, sans chercher à composer un hommage conventionnel au rock des Beatles.
Il est donc préférable de présenter Ringo comme batteur invité de ce morceau humoristique plutôt que de transformer la chanson en une collaboration d’auteurs Starkey–Nilsson : la composition est attribuée à Nilsson.
Deux batteries sur le même master
Le relevé individualisé de Duit on Mon Dei publié par Sessiondays crédite Ringo Starr et Jim Keltner aux batteries de « Kojak Columbo ». La combinaison n’est pas surprenante : les deux batteurs ont déjà travaillé côte à côte sur plusieurs enregistrements du réseau Harrison–Nilsson, notamment au début des années 1970.
Mais le fait de voir deux noms à la batterie ne suffit pas à décrire la manière dont les prises ont été superposées. Elles peuvent avoir été jouées simultanément, doublées en overdub ou montées à partir de séances distinctes. Aucun journal de bande cité ne précise l’ordre exact de captation de ce morceau.
La formulation sûre est donc « deux batteurs crédités sur la quatrième plage », sans inventer des positions de batterie à gauche et à droite ni prétendre identifier chaque coup sur le mixage.
Le personnel complet de Kojak Columbo
Outre Ringo et Keltner, la formation du morceau rassemble Klaus Voormann à la basse, Jesse Ed Davis et Danny Kortchmar aux guitares, Doug Dillard au banjo, Mac Rebennack, dit Dr. John, au piano, et Bobby Keys aux saxophones avec Gene Cipriano et Trevor Lawrence.
Le personnel détaillé comporte aussi Joe DeAguero au marimba, Emil Kennedy et Milt Holland aux percussions, et Harry Nilsson au chant. Cette richesse instrumentale contribue au caractère exubérant du morceau.
Il serait cependant prudent de ne pas attribuer un solo précis à l’un des saxophonistes sans document de prise ou témoignage. Le tableau de crédits confirme les personnes et fonctions, pas une transcription instrumentale de tous les passages.
Van Dyke Parks et l’esthétique particulière du disque
Nilsson travaille à nouveau avec Van Dyke Parks, musicien et arrangeur qui connaît ses projets depuis les années 1960. Le disque se singularise par l’usage de steel drums, de marimbas, de claviers et d’arrangements parfois proches de la musique de détente tropicale, selon la présentation qu’en donne le site officiel du chanteur.
Ces caractéristiques forment l’identité globale de Duit on Mon Dei, mais n’autorisent pas à attribuer à Van Dyke Parks tous les instruments de « Kojak Columbo ». Sur cette chanson, le relevé crédite plutôt Dr. John au piano et une formation particulière de guitares, percussions et cuivres.
Une discographie méthodique doit faire dialoguer la présentation esthétique de l’album avec ses crédits individualisés, plutôt que substituer une liste générale d’invités au personnel réel.
Les autres chansons ont majoritairement Jim Keltner à la batterie
La distribution de Sessiondays indique Jim Keltner sur les plages 2, 3, 4, 6, 7, 8, 9, 10 et 11. Ringo Starr, lui, apparaît à la batterie de la piste 4. Les titres « It’s a Jungle Out There », « Down by the Sea », « Turn Out the Light », « Salmon Falls », « Puget Sound », « What’s Your Sign », « Home » et « Good for God » ne reçoivent donc pas automatiquement sa batterie.
Un index qui attribue la section rythmique de toutes ces chansons à Ringo confond le générique général du disque avec des prises individuelles. Le danger est particulièrement sensible lorsque les deux amis et Keltner participent à de nombreuses sessions communes.
Pour les morceaux où Ringo ne figure pas au crédit de batterie, l’absence de mention n’est pas une preuve absolue qu’aucune prise abandonnée n’a jamais existé ; elle signifie seulement que la contribution n’est pas établie sur les masters recensés.
Good for God : la pochette originale attribue aussi une voix à Ringo
Une vérification d’édition physique apporte une avancée décisive : la reproduction du LP britannique RCA RS 1008 de 1975, avec sa liste de crédits par chanson, comporte sur « Good for God » la mention explicite « Voice [Good For God] – Harry, Ringo ». Le site de collection Beatles JPGR, qui présente la pochette de l’édition britannique, confirme également que Ringo accompagne vocalement Nilsson sur cette dernière plage, tout en ne jouant de la batterie que sur « Kojak Columbo ».
La divergence provenait de la fiche Sessiondays, dont le personnel normalisé mentionne uniquement Harry Nilsson à la rubrique Vocals de « Good for God ». Cette omission dans une base de crédits ne prévaut pas sur l’indication individualisée reproduite pour un support physique. Le classement doit donc distinguer Ringo à la batterie sur la piste 4 et Ringo à la voix parlée ou vocale sur la piste 11. Le libellé anglais original « Voice », et non « Background Vocals », invite toutefois à ne pas affirmer sans écoute que la contribution consiste nécessairement en des chœurs chantés.
La source matérielle britannique constitue un témoin plus précis que les synthèses d’album. La nature exacte de la voix et le jour de son enregistrement restent à étudier, mais la présence vocale de Ringo sur « Good for God » n’est plus une simple hypothèse de discographie secondaire.
Une production réalisée au Music Center of the World de RCA
Les fiches d’enregistrement situent le disque dans les installations de RCA à Hollywood, avec Harry Nilsson comme producteur et Rich Schmitt comme producteur associé. Les sessions se déroulent pendant la période 1974–1975, avant la commercialisation de l’album.
Aucun des documents exploités ne donne avec assez de précision le jour où Ringo a joué sur « Kojak Columbo ». L’année 1975 correspond à la première publication du disque, et non nécessairement à la date de sa batterie.
La mention du studio général de l’album ne permet pas davantage d’affirmer que les deux batteurs étaient côte à côte dans la même pièce au moment du master final.
Le support commercial et les rééditions
L’album original comprend onze chansons, de « Jesus Christ You’re Tall » à « Good for God ». Il est publié par RCA Victor en 1975 et reparaît ensuite en CD, notamment dans des éditions japonaises et dans des ensembles d’archives Nilsson.
Le site officiel du chanteur rappelle que plusieurs morceaux proviennent de prises plus anciennes écartées d’autres projets, notamment « What’s Your Sign », « Good for God » et « Down by the Sea ». Leur inclusion au LP ne prouve donc pas que toutes les séances instrumentales se sont déroulées à une date unique.
Les éditions CD et numériques reprenant le même enregistrement de « Kojak Columbo » n’ont pas à être dénombrées comme autant de sessions de Ringo. Pour identifier de véritables variantes, il faudrait comparer leurs durées et leurs références de master.
Fiche documentaire de la collaboration
Artiste principal : Harry Nilsson. Album : Duit on Mon Dei, RCA Victor, 1975, onze chansons. Titre : « Kojak Columbo », piste 4. Ringo Starr : batterie. Jim Keltner : batterie. Klaus Voormann : basse. Jesse Ed Davis et Danny Kortchmar : guitares. Doug Dillard : banjo. Dr. John : piano. Bobby Keys, Gene Cipriano et Trevor Lawrence : saxophones.
Enregistrement : associé aux sessions du projet au RCA Music Center of the World, Hollywood, période 1974–1975 ; jour précis de la prise de Ringo non établi. Éventuelle deuxième intervention : voix sur « Good for God » selon certains index, non confirmée par le relevé détaillé de Sessiondays.
Cette étude ajoute une attribution individualisée à la grande histoire des enregistrements Nilsson–Starr et dissipe l’idée trop répandue selon laquelle Ringo jouerait systématiquement sur l’ensemble d’un album dont il est invité.
Illustration d’ambiance du dossier Yellow-Sub.net, et non photographie de cette séance.
Sources et crédits comparés
- Reproduction de la pochette et des crédits de l’édition britannique RCA RS 1008 : Voice [Good For God] – Harry, Ringo.
- JPGR, édition britannique et crédit vocal de Ringo sur Good for God.
- Harry Nilsson, catalogue officiel, histoire du LP et onze titres.
- Sessiondays, personnel détaillé de Kojak Columbo et des onze titres.
- AllMusic, crédits généraux de Duit on Mon Dei.
- Synthèse bibliographique distinguant la batterie de la piste 4 et une attribution vocale sur la piste 11.
- Site officiel Nilsson, coffret RCA et historique des rééditions.












