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Yellow-Sub.net · Richie Snare · RCA · 1972

Richie Snare : les cinq chansons de Son of Schmilsson enregistrées par Ringo Starr

L’album de Harry Nilsson en 1972 réserve cinq pistes à Ringo : Take 54, Spaceman, At My Front Door, Ambush et The Most Beautiful World in the World. Analyse du personnel par titre et des pressages RCA.

Un pseudonyme, un album, cinq pistes attestées

En juillet 1972, Harry Nilsson publie son album Son of Schmilsson, produit par Richard Perry. Le disque succède à Nilsson Schmilsson sans chercher à reproduire fidèlement sa formule commerciale. L’album alterne chanson rock, satire country, relecture de rhythm and blues, pièce orchestrée et fantaisie collective.

Parmi les musiciens invités, le crédit Richie Snare désigne Ringo Starr, enregistré à la batterie. Les répartitions individuelles du programme original donnent son nom sur les titres 1, 6, 8, 9 et 11. Il s’agit de « Take 54 », « Spaceman », « At My Front Door », « Ambush » et « The Most Beautiful World in the World ». Cette identification permet de corriger les notices qui le déclarent batteur de la totalité des onze plages.

La source essentielle : une distribution piste par piste

Les reproductions de la pochette américaine RCA et de son programme sont conservées dans plusieurs catalogues de pressages. Elles mettent en correspondance le nom d’emprunt, les instruments et les titres du disque, tandis que les inventaires spécialisés reproduisent ces crédits chanson par chanson.

L’approche est plus robuste que la présence générale de Ringo dans la liste des musiciens. Son of Schmilsson fait également appel à Barry Morgan sur « Joy » et « You’re Breakin’ My Heart ». La batterie d’un titre ne peut donc pas être attribuée automatiquement au musicien le plus célèbre de l’album.

Take 54 : une ouverture énergique avec Lowell George

« Take 54 », première chanson, place le batteur dans une formation emmenée par Nilsson au chant et au piano électrique, avec Lowell George à la guitare et Klaus Voormann à la basse. Bobby Keys tient le saxophone et Jim Price intervient aux cuivres ; Milt Holland est crédité aux percussions.

Le personnel indique explicitement Richie Snare à la batterie. La partie de Ringo constitue donc l’assise rythmique d’une chanson à la fois vive et volontiers irrévérencieuse. Les paroles et les accents rythmiques donnent une impression de prise de studio débridée, mais aucun document consulté ne permet de dire combien de prises ont été nécessaires avant le master définitif.

Take 54 : l’archive alternative n’est pas automatiquement une nouvelle séance

En 2006, une réédition américaine RCA/Legacy ajoute « Take 54 » en prise alternative, différente du master original. Le site officiel de Nilsson répertorie également cette version dans le coffret The RCA Albums Collection de 2013, sur le huitième CD.

L’existence d’une prise alternative ne prouve pas d’emblée que Ringo en joue la batterie ; l’attribution doit être vérifiée dans le livret de cette version précise. Même si c’était le cas, elle appartiendrait à la même période d’enregistrement et non à une séance organisée en 2006 ou 2013.

Spaceman : l’orchestration de Paul Buckmaster

« Spaceman », sixième piste et chanson déjà traitée dans une étude individuelle du dossier, met en évidence une autre fonction de la batterie de Ringo. La formation comprend Peter Frampton, Chris Spedding et John Uribe aux guitares acoustiques, Klaus Voormann à la basse, Nicky Hopkins au piano et Nilsson au piano électrique.

L’arrangement orchestral est signé Paul Buckmaster, tandis que Richard Perry ajoute des percussions. Le crédit de Richie Snare sur la batterie est distinct du travail d’orchestration et des percussions complémentaires. La présence d’un arrangement ample ne justifie pas de confondre tous les éléments rythmiques.

At My Front Door : une chanson des El Dorados, pas une œuvre de Nilsson

La huitième piste reprend « At My Front Door », également connue sous le titre « Crazy Little Mama », popularisée en 1955 par le groupe de doo-wop The El Dorados sur le label Vee-Jay. L’œuvre est signée Ewart Abner et John Moore. Les crédits du LP de 1972 maintiennent cette paternité, contrairement à la majeure partie des chansons originales de Nilsson.

La nouvelle version fait intervenir Ringo à la batterie, Ray Cooper aux congas, Peter Frampton et Chris Spedding aux guitares électriques, Nicky Hopkins au piano, Klaus Voormann à la basse et Bobby Keys au saxophone ténor. Elle recompose ainsi un succès des années 1950 au moyen d’une équipe issue de la scène rock londonienne des années 1970.

L’enregistrement bénéficie désormais d’une étude individualisée de « Ambush », fondée sur les crédits piste par piste des pressages RCA et sur une critique de l’album publiée en octobre 1972. L’article distingue le jeu de batterie de Ringo, le tambourin de Ray Cooper et le travail d’arrangement des cuivres de Jim Price.

Ambush : une neuvième piste plus sombre

Sur « Ambush », chanson de Nilsson, le personnel comprend Richie Snare à la batterie, Ray Cooper au tambourin, Jim Price à la trompette, au trombone et aux arrangements de cuivres, Bobby Keys au saxophone, Peter Frampton et Chris Spedding aux guitares, ainsi que John Uribe à la guitare solo.

Le compte rendu publié dans High Fidelity en octobre 1972 présente « Ambush » comme l’un des morceaux les plus sérieux du disque, portant une dimension antiguerre. Cette appréciation contemporaine éclaire son contexte de réception, sans fournir un déroulé technique des séances ni un crédit d’auteur supplémentaire à Ringo.

The Most Beautiful World in the World : un final orchestré

La onzième et dernière piste associe Ringo à la batterie, Klaus Voormann à la basse, Paul Keough et Les Thatcher aux guitares et Nicky Hopkins au piano. Ray Cooper et Richard Perry interviennent aux percussions. Les arrangements et la direction de l’orchestre et du chœur sont crédités à Kirby Johnson et à Richard Perry, avec des apports orchestraux de Del Newman.

La chanson évolue vers une conclusion musicale spectaculaire, différente de l’ouverture rock de « Take 54 ». Le même batteur participe donc à plusieurs styles au sein d’un disque volontairement hétérogène. La distribution instrumentale n’établit cependant ni un solo particulier de Ringo, ni un travail de composition de sa part.

Ce que Barry Morgan joue, et ce qu’il ne faut pas créditer à Ringo

Barry Morgan est identifié à la batterie de « Joy », troisième plage, et de « You’re Breakin’ My Heart », cinquième plage. Les deux titres ne figurent pas dans les cinq batteries de Richie Snare. Sur « You’re Breakin’ My Heart », George Harrison joue de la guitare slide sous un pseudonyme proche, George Harrysong.

L’emploi de noms fantaisistes par plusieurs musiciens est une caractéristique de l’environnement Nilsson, mais il ne permet pas de transférer les crédits d’un titre à l’autre. La présence de Harrison à la guitare sur la cinquième chanson n’y place pas Ringo à la batterie, et la présence de Ringo à la batterie sur la neuvième ne suffit pas pour y entendre Harrison.

Les chansons sans batterie de Richie Snare recensée

Les crédits individualisés ne placent pas Ringo derrière les fûts de « Remember (Christmas) », « Turn on Your Radio », « The Lottery Song » ni « I’d Rather Be Dead ». Le dernier titre met notamment en scène un chœur de retraités britanniques, des arrangements insolites et une section rythmique qui doit être identifiée par sa propre documentation.

L’absence du nom de Ringo sur le personnel publié d’une plage ne prouve pas qu’aucune prise de travail abandonnée n’ait jamais existé. Elle signifie simplement que le master commercial de ce titre ne permet pas de lui attribuer un crédit instrumental confirmé.

Une production répartie entre Trident et Apple

Les historiques situent les prises de Son of Schmilsson dans les studios Trident et Apple, à Londres, principalement au printemps 1972. Le disque est produit par Richard Perry. Les crédits d’ingénierie mentionnent Ken Scott, Robin Cable et Phillip McDonald, selon leurs fonctions au cours de l’enregistrement et du mixage.

Ces informations décrivent le cadre général du disque ; elles ne constituent pas une feuille de séance par jour. La date exacte de la batterie de chaque chanson reste donc à établir si l’on souhaite publier un agenda complet des prises de Ringo.

Les pressages originaux et les compléments

L’édition américaine paraît sur RCA Victor LSP-4717, l’édition britannique sur RCA SF-8297 et le pressage japonais est répertorié sous RCA-6041. Leur programme original compte onze titres.

Les éditions augmentées de 2000, 2006 et 2013 ajoutent plusieurs archives, dont des démonstrations de « Joy », la prise alternative de « Take 54 », « What’s Your Sign? », « Campo de Encino » et la version single de « Daybreak ». La présence de ces pièces dans une réédition ne transforme ni les démonstrations ni « Daybreak » en sessions nouvelles à la date de parution du CD.

Fiche de synthèse pour le catalogue de Ringo

Artiste principal : Harry Nilsson. Album : Son of Schmilsson, RCA, juillet 1972. Producteur : Richard Perry. Crédit de Ringo : Richie Snare, batterie sur les pistes 1 « Take 54 », 6 « Spaceman », 8 « At My Front Door », 9 « Ambush » et 11 « The Most Beautiful World in the World ».

Autre batteur : Barry Morgan, pistes 3 et 5. Écriture : la plupart des morceaux sont de Nilsson ; « At My Front Door » est signé Ewart Abner et John Moore, et « I’d Rather Be Dead » par Nilsson et Perry. Chronologie : enregistrements réalisés avant la publication de 1972 ; jour et distribution des prises alternatives à vérifier.

Une notice d’album peut conserver ces cinq prestations comme cinq masters identifiés, sans les convertir arbitrairement en cinq journées de studio. La distinction permet enfin de passer d’un nom au générique à une sessionographie véritablement exploitable.

Image d’ambiance du dossier ; ne constitue pas une photographie de la séance.

Ringo Starr : image d'ambiance pour le chapitre coauteur et Ring O' Records

Sources, pressages et vérification des crédits

  1. Harry Nilsson, programme officiel du LP Son of Schmilsson
  2. Nilsson Vinyl, photographies de l’édition originale RCA LSP-4717
  3. Relevé par piste du pressage original avec Richie Snare et Barry Morgan
  4. Chartsurfer, transcription du personnel individuel et des éditions
  5. Site officiel Nilsson, détail du CD 8 dans The RCA Albums Collection (2013)
  6. High Fidelity, octobre 1972, critique contemporaine de Son of Schmilsson
  7. The Originals, attribution et histoire du titre des El Dorados repris par Nilsson