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Yellow-Sub.net · Catalogue des narrations et versions
The Point! : Ringo Starr narrateur, Harry Nilsson compositeur, les quatre versions vocales
1971–2020 : un disque de Nilsson, un téléfilm raconté par Dustin Hoffman et une édition avec la voix de Ringo Starr. La discographie expliquée sans confusion.
Une collaboration survenue après la création de l’œuvre
La participation de Ringo Starr à The Point! constitue un piège chronologique pour toute discographie des Beatles et de leurs amis. Le conte musical de Harry Nilsson paraît à la charnière de 1970 et 1971, et son adaptation animée est diffusée sur ABC le 2 février 1971. Pourtant, à la première diffusion du téléfilm, la voix du père-narrateur n’est pas celle de Ringo Starr, mais celle de Dustin Hoffman. Le musicien britannique intervient sur une version de narration réalisée pour les éditions vidéo ultérieures. Il s’agit d’une collaboration originale et identifiable, sans que sa participation doive être déplacée rétrospectivement en 1971.
Cette différence entre la date de naissance d’une œuvre et celle d’une contribution à sa version définit un cas de catalogue intéressant. L’album, le film télévisé, ses différentes narrations et le Blu-ray de 2020 ne sont pas une seule bande-son à crédits interchangeables. La tâche de l’historien consiste à déterminer ce qui a changé, ce qui n’a pas changé et sur quel support chaque voix peut être effectivement entendue. L’amitié entre Harry Nilsson et Ringo explique l’intérêt de la collaboration, mais ne constitue jamais une preuve d’enregistrement.
Harry Nilsson : un album-concept indépendant du film
Sur le disque original de The Point!, Harry Nilsson interprète ses compositions et assure lui-même la narration. La présentation du site officiel de l’artiste insiste sur ce point : Nilsson est le narrateur de l’album, tandis que la voix de Ringo relève des versions vidéo. La distinction est capitale. Un disque de Nilsson publié avant la version vidéo de Starr ne saurait être réattribué au batteur, même lorsqu’une pochette rééditée ou une annonce de collectionneur utilise son nom pour présenter le film d’animation.
La narration et les chansons forment un récit autour d’Oblio, un jeune garçon à la tête ronde dans un monde où êtres, bâtiments et objets ont une pointe. Accompagné de son chien Arrow, il est envoyé dans la Pointless Forest. L’histoire se présente comme une fable sur la norme, la différence et l’aptitude à donner du sens à ce qui ne ressemble pas aux autres. Chez Nilsson, le dispositif a aussi une valeur musicale : les chansons constituent des épisodes dramatiques, et leurs thèmes se répondent dans un ensemble continu. Ce sont les compositions de Nilsson, non celles de Starr.
Dans les inventaires des chansons apparaissent notamment « Everything’s Got ‘Em », « Me and My Arrow », « Think About Your Troubles », « Life Line », « P.O.V. Waltz » et « Are You Sleeping? ». Citer ces titres sert à situer le répertoire de l’œuvre ; cela ne démontre pas que Ringo ait chanté ou joué un instrument sur leurs enregistrements. La voix narrative de l’édition vidéo accompagne une bande de chansons déjà créée. Dans les bases de données, le crédit narrateur doit donc être lié à une expression audiovisuelle particulière et non au master de chacune des compositions.
2 février 1971 : le téléfilm d’ABC et la voix de Dustin Hoffman
Le dessin animé réalisé par Fred Wolf pour ABC reprend l’histoire, les personnages et les chansons de Nilsson. Il est diffusé pour la première fois le 2 février 1971. Dans la construction dramatique, un père raconte l’histoire à son enfant : le narrateur introduit et relie les aventures d’Oblio et d’Arrow. Cette fonction peut être remplacée par une autre voix sans que l’animation soit entièrement retournée, d’où l’existence de versions divergentes du même film.
Pour la première diffusion, la narration est assurée par Dustin Hoffman. Le générique d’une édition vidéo portant la voix de Starr ne doit pas être projeté sur ce programme initial. La formulation encyclopédique correcte est donc : The Point! (œuvre audiovisuelle, 1971) ; Ringo Starr, narrateur d’une version vidéo ultérieure. Elle paraît moins spectaculaire qu’un crédit « Ringo Starr, 1971 », mais elle a l’avantage de rendre compte de la réalité sonore et historique.
Les quatre narrations à séparer
Dustin Hoffman : l’édition de première diffusion
Hoffman est l’interprète de la voix du père-narrateur entendue dans le téléfilm original d’ABC, le 2 février 1971. Cette attribution concerne la diffusion initiale, pas l’ensemble des copies vendues dans le commerce au cours des décennies suivantes. Une copie vidéo qui ne contient pas cette voix ne documente pas directement l’état de 1971.
Alan Barzman : une autre version de diffusion
Des rediffusions font entendre une narration enregistrée par Alan Barzman. Les catalogues mentionnent son nom parmi les versions alternatives du programme. La date précise des séances et le parcours commercial de cette bande méritent un relevé par source primaire. L’essentiel est de reconnaître qu’il s’agit d’une troisième combinaison possible du même matériau visuel et sonore, et non d’une participation de Starr.
Alan Thicke : la circulation télévisuelle ultérieure
La version narrée par Alan Thicke est associée notamment aux diffusions sur Disney Channel. Là encore, il faut éviter de parler d’une nouvelle animation : le narrateur change à l’intérieur du dispositif audiovisuel. Identifier un extrait trouvé en ligne impose d’écouter la voix et de vérifier son origine avant de reporter un nom dans une filmographie.
Ringo Starr : les éditions destinées à la vidéo familiale
Ringo devient le père-narrateur des éditions commerciales en cassette vidéo et de versions sur vidéodisque et DVD. Son rôle est une performance de comédien vocal : il conduit le récit, assure les transitions et apporte une présence identifiable sans interpréter les chansons de Nilsson comme chanteur principal. Le nombre exact de phrases, le lieu de la séance d’enregistrement et sa date ne sont pas établis ici par une feuille de studio primaire ; il serait donc imprudent de fournir un jour et un mois de séance.
Le site officiel de Harry Nilsson confirme la séparation entre Dustin Hoffman à la télévision, Nilsson sur le disque et Ringo sur les éditions vidéo. C’est la principale clé de lecture de tout le dossier. La réputation de Starr comme batteur risque de provoquer une erreur supplémentaire : il n’existe pas, pour cette narration, de preuve d’une contribution nouvelle de batterie à la bande-son. Le crédit de collaboration est vocal, pas instrumental.
Comparer les versions : les critères d’une authentification
Un catalogue des éditions doit confronter le support, la date de publication, le pays, le distributeur, le narrateur et les caractéristiques de l’audio. L’année 1971 doit désigner la première diffusion de l’œuvre ; l’année du DVD désigne l’objet publié ; la date d’enregistrement de la voix de Ringo ne peut être inférée de l’une ou de l’autre. Les trois champs seront séparés dans le registre.
Une édition annonçant « narration by Ringo Starr » établit la présence de sa voix dans cette version seulement. Elle n’établit ni l’identité du narrateur dans une autre diffusion ni un nouveau master des chansons. Réciproquement, une jaquette qui créditerait simplement Nilsson pour la musique resterait compatible avec la participation de Ringo à la narration. Cette coexistence est précisément ce qui rend le dossier intéressant pour les collectionneurs d’audiovisuel musical.
La restauration et la redécouverte de 2020
En février 2020, MVD Rewind Collection commercialise un Blu-ray Ultimate Edition répertorié sous la référence MVD2668BR, avec code UPC 760137266884. L’éditeur présente la version avec narration de Ringo Starr. La fiche de l’édition indique une durée d’environ 74 minutes et met en avant un nouveau transfert haute définition 2K. Ces spécifications décrivent l’édition de 2020 : elles ne doivent pas être prises pour les caractéristiques d’un enregistrement de 1971.
La restauration s’appuie sur une copie 16 mm parce que les éléments négatifs originaux recherchés n’ont pas été retrouvés. Le film a été numérisé et étalonné plan par plan afin de réduire la décoloration et de retrouver une cohérence visuelle ; une restauration intégrale sans défaut n’était pas possible à partir du matériel conservé. La situation est instructive pour l’archiviste : la présence du nom de Starr sur une édition récente résulte aussi d’une histoire complexe de conservation des supports.
Le Blu-ray comporte plusieurs suppléments documentaires : un entretien avec Mike Lookinland, l’acteur vocal d’Oblio ; une conversation avec le scénariste Norm Lenzer ; un entretien sur l’adaptation musicale avec Kiefo Nilsson et Bobby Halvorson ; ainsi qu’une étude des projets filmés de Nilsson autour du biographe Alyn Shipton. Ils constituent des pistes bibliographiques importantes pour reconstituer les versions. Le catalogue MVD indique une sortie au 18 février 2020, tandis qu’une annonce de 2019 mentionnait le 11 février : l’encyclopédie conserve donc « février 2020 » à ce stade et distingue annonce et commercialisation.
Limites de l’édition Blu-ray et versions absentes
La presse spécialisée rapporte que les éditions narrées par Hoffman, Barzman et Thicke n’ont pas pu être réunies dans la publication MVD, notamment pour des questions d’autorisation. Ce renseignement empêche une erreur commune : supposer qu’une édition intitulée « Ultimate » contient toutes les bandes originales connues. Pour un inventaire physique, le Blu-ray MVD est une référence importante de la version Ringo, non un coffret exhaustif des quatre narrations.
Une future étude des mixages devra contrôler les canaux audio, les génériques, les sous-titres, les plages et les transitions sur des exemplaires identifiés. Les informations publiées par les distributeurs décrivent une piste stéréo et une piste multicanal sur le Blu-ray de 2020 ; rien n’autorise à appeler ces pistes « deux nouvelles interprétations » de Starr. Il s’agit de présentations techniques d’un matériau narratif dont l’histoire doit être retracée indépendamment.
Une passerelle entre musique, cinéma et interprétation
The Point! mérite une place sous Harry Nilsson dans l’encyclopédie des collaborations, mais aussi un renvoi vers la filmographie de Ringo. Il n’entre pas dans la liste de ses enregistrements de batterie hors Beatles et ne relève pas davantage de ses duos vocaux chantés. La catégorie appropriée est celle des narrations, créations audiovisuelles et interprétations vocales invitées. Elle comprend des gestes de studio plus discrets que les concerts géants, mais essentiels pour décrire l’amplitude de la carrière de Starr.
Le rapprochement avec Scouse the Mouse (1977) fait apparaître une différence fondamentale. Dans Scouse, Ringo incarne le protagoniste et chante huit chansons pour un disque collectif. Dans The Point!, il raconte une fable déjà existante à l’image, sur la musique de Nilsson. Les deux œuvres appartiennent au champ de la performance narrative ; leurs contributions ne sont pas du même ordre. Les réunir sans les confondre est l’une des ambitions de ce catalogue.
Pour le détail des scènes, de la distribution et de l’histoire du téléfilm, consulter la fiche complète de The Point! dans la filmographie de Ringo Starr. Pour l’autre grande expérience de narration chantée de la décennie, consulter le dossier Scouse the Mouse et ses huit fiches individuelles.
Tableau des certitudes et questions ouvertes
Établi : première diffusion du téléfilm le 2 février 1971 ; Dustin Hoffman comme narrateur de l’original ; Harry Nilsson narrateur de son album ; Ringo Starr narrateur d’éditions vidéo ultérieures ; référence MVD2668BR pour le Blu-ray 2020. Documenté par des sources secondaires : versions Alan Barzman et Alan Thicke ; limites des droits de reproduction pour les narrations alternatives. Non établi pour l’heure : date exacte de la séance vocale de Ringo, studio, ingénieur du son, durée brute de sa bande de narration, première cassette précise et éventuelles prises alternatives.
L’étape suivante sera une vérification matérielle des VHS, LaserDisc, DVD et Blu-ray connus, avec photographie des jaquettes, numéros d’édition, codes-barres, durée mesurée et crédits tels qu’imprimés. Dans une encyclopédie, le dossier doit pouvoir accueillir ces découvertes sans modifier rétrospectivement l’histoire de 1971.
Sources et documentation de référence
Site officiel de Harry Nilsson, notice « The Point! » (musique, album et narrateurs) ; MVD Rewind Collection, fiche fabricant Harry Nilsson — The Point! Ultimate Edition, MVD2668BR (2020) ; annonce de l’édition chez Blu-ray.com, 1er octobre 2019 ; IMDb, « The Point! », section versions alternatives ; notice Yellow-Sub.net, « The Point! (1971) : Ringo Starr, Harry Nilsson et les narrateurs ». Les éditions matérielles et dates de séance non corroborées ne sont pas présentées comme établies.












