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Yellow-Sub.net · Yoko Ono · 10 octobre 1970 · Étude des prises
Yoko Ono/Plastic Ono Band (1970) : les cinq batteries de Ringo Starr et les archives de 2021
Six plages sur le 33-tours original, cinq contributions documentées de Ringo : pourquoi « AOS » fait exception, comment le quatuor improvisait, et ce que révèlent les versions intégrales de la séance du 10 octobre 1970.
Un disque essentiel pour comprendre le musicien derrière la légende
Pour qui étudie la carrière de Ringo Starr après les Beatles, Yoko Ono/Plastic Ono Band constitue un document aussi révélateur qu’inattendu. La pochette et l’intitulé renvoient au même cercle de musiciens que le premier album studio de John Lennon, publié en décembre 1970. Pourtant, les règles du jeu changent radicalement. Là où Lennon s’attache à des chansons dépouillées dont la douleur s’exprime à travers la structure du rock, Ono met la voix au centre d’une expérimentation collective. Ses cris, attaques, vibrations et longues vocalises ne viennent pas seulement se poser sur un accompagnement ; ils en modifient constamment la dynamique.
À la batterie, Ringo n’est pas un simple invité prestigieux. Il appartient avec John Lennon à la guitare et Klaus Voormann à la basse au noyau instrumental qui accompagne cinq des six morceaux du programme original. C’est ce qu’affirment clairement les crédits détaillés publiés par l’équipe de Lennon et d’Ono pour la réédition de 2016. La sixième plage, « AOS », utilise une tout autre formation, celle du saxophoniste et trompettiste Ornette Coleman, avec Edward Blackwell à la batterie. La distinction est décisive : les crédits généraux d’un album ne doivent jamais être transformés en attribution automatique de chaque plage.
Cette fiche confronte trois couches de documentation : l’album Apple de 1970 ; l’édition restaurée et augmentée de 2016 publiée par Secretly Canadian et Chimera Music ; puis les Live Sessions proposées en 2021 dans le coffret John Lennon/Plastic Ono Band – The Ultimate Collection. Ensemble, elles permettent de comprendre non seulement qui joue, mais aussi comment une improvisation initiale devient une œuvre éditée.
10 octobre 1970 : une séance de studio, pas un concert public
Les archives officielles accompagnant le coffret de 2021 donnent un repère temporel précis : le 10 octobre 1970, au lendemain du trentième anniversaire de Lennon, Yoko Ono, Lennon, Voormann et Starr enregistrent une longue improvisation libre. L’album d’Ono sera ensuite construit à partir de cette matière. Le terme « live », utilisé dans le titre The Live Sessions, désigne ici le jeu collectif capté sur le vif dans un environnement d’enregistrement ; il ne faut pas le confondre avec un concert devant un public.
La date de la séance ne doit pas davantage être confondue avec celle des mixages ultérieurs ni avec celle de la sortie du disque. Les opérations d’assemblage, de mixage et d’ajout d’effets appartiennent au travail de production. L’archive de The Beatles Bible documente par exemple une séance de mixage à Abbey Road le 30 octobre, puis l’utilisation d’un montage d’effets d’oiseaux pour « Greenfield Morning » au début de novembre. Ces interventions expliquent pourquoi la durée des pistes achevées ne correspond pas à celle des bandes d’improvisation présentées en 2021.
La proximité des deux albums du couple Lennon-Ono a parfois conduit à les assimiler. Elle tient à un contexte artistique commun, non à une identité d’auteur. John Lennon/Plastic Ono Band est un disque de Lennon ; Yoko Ono/Plastic Ono Band est une œuvre d’Ono. Pour l’historien de la batterie, ce voisinage offre plutôt une comparaison : un même musicien peut rechercher l’économie et la stabilité sur une chanson tout en participant, le lendemain, à une musique fondée sur la déviation, l’écoute et l’instant.
Le programme original : six plages, mais deux formations instrumentales
« Why » : le quatuor en état d’urgence
La face A s’ouvre avec « Why » (environ 5 min 37 selon le minutage éditorial). Ono lance une performance vocale qui ne fonctionne ni comme couplet ni comme refrain. La guitare de Lennon forme une matière répétitive et abrasive, tandis que la basse de Voormann conserve le point d’appui nécessaire à la cohésion du groupe. Ringo est crédité à la batterie. Son rôle est de participer au mouvement collectif, sans tenter de réduire la performance vocale à une chanson conventionnelle.
La version intégrale disponible en 2021 dure environ dix-huit minutes, contre moins de six minutes pour le titre du 33-tours. La comparaison change l’interprétation de la batterie : les accents et relances entendus sur le montage commercial prennent place dans un dialogue beaucoup plus long. Il ne s’agit pas de dix-huit minutes composées après coup ni d’un nouvel enregistrement ; c’est une autre présentation de la séance d’origine. La réédition de 2016 comporte aussi « Why (Extended Version) », d’une durée voisine de 8 min 41, mais qui ne correspond pas à la restitution complète de 2021.
« Why Not » : étirer l’instant sans perdre le groupe
Le deuxième titre, « Why Not », approche les dix minutes sur le vinyle de 1970. Ce développement lent met à l’épreuve une conception trop scolaire du jeu de Starr. Le bon batteur, ici, n’est pas celui qui multiplie les figures virtuoses : c’est celui qui reste disponible lorsque l’intensité vocale et la guitare changent de centre de gravité. L’analyse de ce rôle demeure une interprétation musicale, distincte du fait documentaire incontestable : les crédits officiels désignent Ringo à la batterie avec Ono, Lennon et Voormann.
Dans les Live Sessions de 2021, « Why Not » dépasse vingt et une minutes. La durée n’est pas un détail de collectionneur : elle rappelle que le public de 1970 a d’abord reçu une sélection et une construction sonore, et non la totalité du travail de studio. L’écoute historique doit tenir ensemble l’improvisation et sa mise en forme définitive.
« Greenfield Morning I Pushed an Empty Baby Carriage All Over the City » : l’importance du montage
Le très long titre de « Greenfield Morning I Pushed an Empty Baby Carriage All Over the City » désigne un univers à la fois intime et radicalement expérimental. Ringo est bien l’un des quatre instrumentistes crédités sur la prise principale. Mais l’enregistrement final intègre également des interventions de production : il faut donc éviter de présenter toutes les textures que l’on entend comme des sons effectivement joués simultanément par les quatre musiciens.
Les documents de studio mentionnent notamment des effets sonores d’oiseaux élaborés au mixage. Cette information autorise une conclusion limitée mais importante : le résultat de 1970 ne doit pas être pris pour la copie intégrale et parfaitement transparente d’une improvisation sans transformation. La version des Live Sessions, d’un peu plus de huit minutes, constitue un point de comparaison précieux avec le montage original de quelque cinq minutes quarante.
« AOS » : l’exclusion indispensable de Ringo Starr
« AOS », première plage de la face B, constitue l’exception qui justifie cette enquête. L’enregistrement provient d’une répétition de février 1968 associée à la rencontre d’Ono avec Ornette Coleman autour du Royal Albert Hall de Londres. Le personnel documenté est différent : Ornette Coleman à la trompette, Edward Blackwell à la batterie, David Izenzon et Charlie Haden aux basses, Ono au chant. Les crédits ne comprennent ni John Lennon, ni Klaus Voormann, ni Ringo Starr.
En conséquence, toute discographie attribuant à Ringo la batterie de l’ensemble des six titres du LP commet une erreur. Le simple fait que « AOS » figure sur un album dont la pochette cite Ringo ne suffit pas. Il faut aussi résister à une autre confusion : bien que l’œuvre soit rattachée à une rencontre de scène avec Coleman, le morceau édité est présenté par les notes officielles comme une bande de répétition, non comme l’intégralité d’un concert. Dans notre sessionographie, « AOS » doit donc être signalé comme exclusion explicite, pas comme participation incertaine.
« Touch Me » : une pulsation au service de la matière sonore
Avec « Touch Me », le quatuor Ono-Lennon-Voormann-Starr revient au premier plan. La durée éditoriale est d’environ quatre minutes quarante. Dans cette musique, l’instrumentation s’organise autour des impulsions de la voix, des gestes de guitare et du contraste entre continuité et rupture. La batterie reste l’un des éléments physiques de l’enregistrement. Il serait toutefois excessif de décrire avec certitude chaque frappe ou chaque accessoire de percussion à partir des seuls crédits généraux ; ceux-ci attestent l’interprète, non la disposition exacte du matériel ou les décisions de mixage.
Le document de 2021 livre une improvisation dépassant quinze minutes. Entre cette longue prise et le morceau compact de 1970, l’auditeur peut mesurer le travail de sélection. La part la plus précieuse de l’archive n’est pas nécessairement ce qui « sonne mieux », mais ce qui remet en lumière les interactions du groupe avant le montage.
« Paper Shoes » : la durée comme principe d’écriture
« Paper Shoes » clôt le LP original sur une pièce de plus de sept minutes. Ono poursuit l’exploration des timbres vocaux et des sensations sonores, soutenue par le même ensemble de Lennon, Voormann et Ringo. Il s’agit de la cinquième et dernière contribution de Starr sur le programme de six pistes de 1970. Comme pour les autres morceaux, le fait de disposer d’un crédit officiel de batterie est une preuve de participation ; l’évaluation du style et des intentions reste une lecture critique.
La version de travail intégrale diffusée dans le coffret de 2021 approche douze minutes et quart. Cette différence de durée est une donnée de sessionographie : elle ne doit pas être prise pour une « version de 1970 » commercialisée à l’époque. L’archive est ancienne ; sa publication complète, elle, est contemporaine.
Tableau documentaire sans raccourci : cinq titres crédités et une exception
Why — batterie : Ringo Starr ; album Apple, 1970 ; prise longue publiée en 2021.
Why Not — batterie : Ringo Starr ; album Apple, 1970 ; prise longue publiée en 2021.
Greenfield Morning I Pushed an Empty Baby Carriage All Over the City — batterie : Ringo Starr ; album Apple, 1970 ; composition sonore et effets au mixage à distinguer de la prise instrumentale.
AOS — batterie : Edward Blackwell, pas Ringo Starr ; archive de 1968 associée à Ornette Coleman, insérée dans l’album de 1970.
Touch Me — batterie : Ringo Starr ; album Apple, 1970 ; prise longue publiée en 2021.
Paper Shoes — batterie : Ringo Starr ; album Apple, 1970 ; prise longue publiée en 2021.
Cette distinction fournit une règle robuste pour les catalogues de pressages, fiches de morceaux, plateformes et bases participatives : l’artiste crédité au niveau du disque n’est pas nécessairement présent sur chaque piste. Le cas de « AOS » est suffisamment bien documenté pour être placé dans les notices de contrôle plutôt que noyé dans une note de bas de page.
Les quatre bonus de 2016 : nouvelles plages, pas nouvelles séances à supposer
« Open Your Box » : la batterie de Ringo, une autre localisation
Attention à l’édition : les crédits officiels du 45-tours de 1971, couplé à « Power to the People », attribuent « Open Your Box » à Jim Gordon, tandis que les crédits du bonus de 2016 attribuent la batterie à Ringo Starr. Ces notices concernent des publications distinctes : sans examen de bandes, elles ne doivent pas être fusionnées. Voir aussi l’enquête sur « Don’t Worry Kyoko » (Lansdowne 1969, Toronto, Lyceum et Fly).
Les crédits officiels de la réédition Secretly Canadian de 2016 attribuent « Open Your Box » à Ono au chant, Lennon à la guitare électrique, Voormann à la basse et Starr à la batterie. Ils situent cet enregistrement aux studios Trident. Il ne faut donc pas l’inscrire par automatisme dans la seule séance collective du 10 octobre à Abbey Road. Le crédit atteste la contribution de Ringo ; la date précise, la succession des prises et les éventuels montages demandent une vérification séparée.
« Something More Abstract » : une courte pièce bien créditée
« Something More Abstract » est une vignette de moins d’une minute. Lennon, Ono, Voormann et Starr sont à nouveau mentionnés dans les crédits fournis lors de la remastérisation de 2016, avec un enregistrement indiqué à Abbey Road en 1970. Le format très court n’autorise pas à écarter la piste de la discographie de sessions : une participation musicale n’est pas définie par la durée de la publication.
« Why (Extended Version) » : ne pas multiplier artificiellement les collaborations
La réédition ajoute une version étendue de « Why », toujours créditée au quatuor. Les notes mentionnent un mixage effectué par Paul Hicks en 2014. Ce renseignement est important : une date de nouveau mixage n’est pas une date de nouvelle interprétation. Dans l’inventaire encyclopédique, cette plage mérite une ligne éditoriale spécifique, mais pas une seconde session de batterie supposée en 2014 ou 2016.
« The South Wind » : une seconde absence à respecter
Le dernier bonus, « The South Wind », repose selon les crédits sur Ono au chant et Lennon à la guitare acoustique, pour une bande quart de pouce enregistrée à New York. Ringo Starr n’y est pas crédité. Une discographie qui compterait indistinctement les quatre bonus comme autant de titres avec Ringo fausserait donc son inventaire. La réédition de 2016 présente trois bonus le créditant, puis une pièce sans lui.
2021 : le coffret qui rend audibles les décisions de montage
Le coffret John Lennon/Plastic Ono Band – The Ultimate Collection de 2021 comprend, dans sa configuration super deluxe, six CD et deux Blu-ray audio. La section intitulée Yoko Ono/Plastic Ono Band – The Live Sessions se trouve sur Blu-ray et représente environ une heure cinquante de musique. Elle ne constitue pas un nouvel album studio de 2021 : elle restitue, avec un nouveau mixage de Sam Gannon, des performances de 1970 proposées à leur vitesse originale et sans les coupes des éditions historiques.
Les cinq longs développements qui correspondent aux titres originaux de Ringo sont complétés par des improvisations inédites lors de la publication : « Life », « Omae No Okaa Wa » et « I Lost Myself Somewhere in the Sky ». Leur inclusion dans les mêmes archives de travail éclaire l’étendue de la séance, mais il faut conserver pour chaque document son identité, son titre de publication et son statut éditorial. À ce stade, l’énumération des pièces n’a pas vocation à inventer des feuilles de piste plus détaillées que celles rendues publiques.
Le collectionneur doit également distinguer les différentes formes du coffret. Les éditions abrégées de The Ultimate Collection n’offrent pas nécessairement la même matière documentaire que les deux Blu-ray de la version super deluxe. Indiquer « paru en 2021 » sans préciser le support risque de faire chercher une improvisation de dix-huit minutes sur un CD qui ne la contient pas.
Ce que cette musique révèle — et ce qu’elle ne permet pas d’affirmer
La comparaison avec les enregistrements des Beatles montre surtout l’ampleur du vocabulaire musical de Starr. Le style immédiatement identifiable de « Ticket to Ride », « Come Together » ou « Rain » ne résume pas toutes les formes de jeu auxquelles il peut participer. En octobre 1970, Ono ne lui demande pas de reproduire un moule de single pop de trois minutes ; elle place le quatuor devant des situations ouvertes, où l’écoute collective prend le pas sur la progression harmonique classique.
Il ne faudrait pas pour autant présenter le disque comme une œuvre « composée par Ringo ». Les chansons et le projet artistique sont attribués à Yoko Ono ; les contributions instrumentales sont des performances d’accompagnement et d’interaction, non une preuve automatique de coécriture. De la même façon, les crédits n’établissent ni le choix exact des microphones de batterie, ni la responsabilité des coupes ni le niveau d’intervention de Ringo au mixage. Ce sont des questions de production distinctes, à documenter par des feuilles de séance, témoignages ou archives techniques.
Pour l’histoire du rock, la singularité est ailleurs : l’un des membres les plus connus d’un groupe de musique populaire mondialement célèbre intervient sur un disque expérimental qui refuse délibérément de reprendre les conventions de ce succès. Ce déplacement est une pièce essentielle de sa carrière de musicien de studio. Il permet aussi de restituer à Yoko Ono sa position d’autrice et d’artiste principale, sans réduire son disque à une annexe de celui de Lennon.
Fiche discographique et repères de vérification
Œuvre : Yoko Ono/Plastic Ono Band, album de Yoko Ono publié par Apple Records en décembre 1970. Production : John Lennon et Yoko Ono. Noyau des cinq titres de studio : Yoko Ono, voix ; John Lennon, guitare ; Klaus Voormann, basse ; Ringo Starr, batterie. Exception : « AOS », archive de février 1968, batterie Edward Blackwell.
Réédition 1997 : CD Rykodisc ; programme élargi à comparer avec le LP original. Réédition 2016 : Secretly Canadian / Chimera Music, référence SC281, sortie annoncée le 11 novembre 2016, avec quatre titres supplémentaires. Archives 2021 : John Lennon/Plastic Ono Band – The Ultimate Collection, section Yoko Ono/Plastic Ono Band – The Live Sessions, sur Blu-ray dans l’édition super deluxe.
Dans la sessionographie de Ringo, la séance du 10 octobre 1970 doit être enregistrée comme une activité de 1970, avec plusieurs œuvres et versions liées. Les années 2016 et 2021 sont des jalons de publication et de restauration, non des dates d’intervention instrumentale du batteur. Cette manière de classer évite les faux doublons que favorisent les plateformes numériques lorsqu’elles présentent d’anciennes bandes sous une nouvelle date de copyright.
Sources primaires, archives et éditions consultées
John Lennon Official Website, fiche Yoko Ono/Plastic Ono Band : programme du 33-tours de 1970, crédits et exception « AOS » ; présentation de la réédition de 2016 et crédits piste par piste des bonus.
John Lennon Official Website, « Yoko Ono/Plastic Ono Band Remastered – Out Now » (2016) : studios d’enregistrement, personnel des cinq titres, personnel de « AOS », références de l’édition Secretly Canadian/Chimera Music et piste « The South Wind ».
Secretly Canadian, catalogue SC281, Plastic Ono Band, 11 novembre 2016 : composition de la réédition et liste des bonus ; notice de lancement des rééditions de Yoko Ono.
John Lennon/Plastic Ono Band – The Ultimate Collection, notice officielle de 2021, rubrique « Yoko Ono/Plastic Ono Band – The Live Sessions » : séance du 10 octobre 1970, remixage Sam Gannon, intégrales et improvisations inédites. Universal Music, communiqué du 4 mars 2021 présentant le coffret et le contenu des Blu-ray.
The Beatles Bible, « Recording, mixing: AOS, Why, Why Not, Greenfield Morning… », 30 octobre 1970 : chronologie du mixage et provenance de la bande « AOS ».
Consultation documentaire : crédits officiels du disque ; réédition de 2016 ; archives de 2021 ; catalogue Secretly Canadian ; chronologie de studio.
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