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Yellow-Sub.net · Octobre–décembre 1997 · Friar Park · George Harrison
George Harrison sur Vertical Man : deux guitares envoyées à Ringo Starr depuis Friar Park
De « King Of Broken Hearts » à « I’ll Be Fine Anywhere » : bandes préparatoires, overdubs de 1997, musiciens de studio, cordes londoniennes et CD promotionnel de 1998.
Deux chansons et un travail à distance, pas une séance de retrouvailles
Les interventions de George Harrison sur « King Of Broken Hearts » et « I’ll Be Fine Anywhere » forment un des ensembles les plus intéressants de Vertical Man, publié par Ringo Starr en 1998. Les deux chansons ont été écrites par Richard Starkey avec Mark Hudson, Steve Dudas et Dean Grakal. Harrison n’est pas cosignataire de ces œuvres : il les accompagne à la guitare, principalement au slide, plusieurs mois après le démarrage des séances de l’album. Son instrument est ajouté à des enregistrements de travail préparés par l’équipe de Starr et expédiés à Friar Park, la résidence de Harrison dans l’Oxfordshire.
La distinction est importante pour la sessionographie : les bandes de base et les voix sont réalisées par Ringo et les Roundheads, alors que Harrison enregistre ses guitares sur un autre site. Ni le crédit d’instrument ni les souvenirs liés à la découverte du résultat ne prouvent que George et Ringo aient été physiquement réunis pendant l’overdub. C’est pourtant une collaboration musicale authentique, attestée par les crédits de deux masters commercialisés.
L’équipe qui prépare les bandes avant l’intervention de George
La production de l’album est attribuée à Ringo Starr et Mark Hudson. Leur entourage comprend Steve Dudas aux guitares et à la basse suivant les titres, Jim Cox aux claviers, Scott Gordon et Eric Greedy pour des travaux techniques et instrumentaux, ainsi que plusieurs collaborateurs associés aux Roundheads. La place de Harrison doit être étudiée dans cette organisation, et non substituée au rôle des musiciens qui ont préparé les chansons.
Le groupe de composition Starkey–Hudson–Dudas–Grakal signe les deux morceaux étudiés. Il existe par ailleurs d’autres coauteurs sur l’album, notamment Mark Nevin pour « I’m Yours ». Il serait donc erroné d’attribuer à George une fonction générale d’auteur du disque, ou de tirer de sa participation à deux solos l’idée qu’il aurait supervisé tout l’album.
« King Of Broken Hearts » : composition, musiciens et structure du master
La quatrième plage associe Ringo au chant, à la batterie et aux percussions ; Steve Dudas intervient aux guitares, Mark Hudson aux guitares, à la basse, aux claviers et aux chœurs, et Jim Cox au Wurlitzer. George Harrison ajoute un solo de guitare slide. L’emploi de cette technique n’est pas surprenant dans sa discographie tardive, mais le crédit de source est plus robuste qu’une reconnaissance subjective de son timbre.
Cette pièce rassemble donc une base rythmique et harmonique américaine, une orchestration additionnelle réalisée en Angleterre et une guitare de Harrison enregistrée à Friar Park. Une analyse qui résumerait le morceau à un « duo Beatles » effacerait le travail des auteurs, des musiciens de studio et de l’arrangeur des cordes. La voix principale demeure celle de Ringo.
15 octobre 1997 : les cordes de Graham Preskett chez AIR
The Beatles Bible signale une séance de cordes le 15 octobre 1997 aux studios AIR de Londres, sur un arrangement signé Graham Preskett. Ringo se trouve ce jour-là à Paris pour un défilé de Stella McCartney. Ce détail confirme que des parties du disque peuvent être enregistrées sans la présence de l’artiste principal dans la salle de prise.
Le rôle de Preskett est celui d’arrangeur des cordes ; cette fonction ne doit être attribuée ni à Harrison ni automatiquement à George Martin, bien que la réputation des studios AIR demeure liée à celui-ci. Le nom précis des instrumentistes de l’orchestre et le numéro de chacune des prises restent à vérifier sur les documents originaux.
Deux versions de référence préparées par Eric Greedy
La chronologie spécialisée indique qu’Eric Greedy prépare deux mixages de travail de chacune des chansons destinées à Harrison : une version orientée vers les voix, une autre vers l’accompagnement instrumental. Les deux jeux de bandes sont expédiés à Friar Park. Ils ont une fonction pratique : fournir des repères au guitariste pour enregistrer ses interventions et faciliter leur réintégration dans le projet.
Il ne faut pas transformer ces mixes de travail en quatre éditions promotionnelles commercialement connues. La documentation citée décrit des supports techniques privés, sans numéro de catalogue publié. Leurs formats matériels, durées et éventuels numéros d’identification de bobines devront être établis à partir des archives, non déduits du titre des chansons.
Décembre 1997 : Friar Park et le retour des guitares
Harrison réalise ses prises à son domicile-studio FPSHOT/Friar Park. Selon la chronologie de l’album, les bandes complétées arrivent à Los Angeles le 22 décembre 1997. Cette date est celle du retour des bandes, non une preuve que les deux performances de guitare ont été enregistrées ce jour précis. La sessionographie responsable emploiera donc une période antérieure au 22 décembre pour les overdubs, en laissant le jour de prise ouvert.
Ringo entend les contributions à Village Recorder Studios, en Californie. Les récits rapportent une réaction émue de sa part, qu’il faut présenter comme souvenir transmis et non comme transcription intégrale de la séance. Le déroulement reste celui d’une collaboration à distance : les guitares sont enregistrées séparément, mais intégrées au master de Starr.
« I’ll Be Fine Anywhere » : une deuxième contribution bien attestée
La onzième chanson reçoit elle aussi une guitare de George Harrison. Les discographies spécialisées signalent une intervention de slide et de guitare électrique ; les crédits de synthèse de l’album citent au moins le slide sur les deux titres. Il convient de garder les catégories instrumentales selon les sources, sans faire d’une mention générale de « guitare » la preuve de toutes les parties individuelles.
Cette deuxième apparition est importante parce que Harrison ne s’est pas borné à embellir le titre mis en avant par les radios. Sa contribution concerne deux plages, à des positions éloignées dans le programme du CD original. Elle doit donner lieu à deux notices d’enregistrement distinctes, reliées à un même événement d’envoi et de retour de bandes.
Un enregistrement de Harrison, mais deux équipes à créditer
Pour « King Of Broken Hearts », l’ensemble de cordes est documenté par le nom de Preskett ; pour « I’ll Be Fine Anywhere », la documentation grand public ne présente pas exactement le même arrangement orchestral. Il serait donc inexact de copier les cordes de la piste 4 vers la piste 11. De même, tous les claviers ou guitares du personnel cumulé de Vertical Man ne sont pas automatiquement audibles sur les deux morceaux.
La méthode d’archivage doit séparer œuvres, sessions d’accompagnement, overdubs de guitare, mixages et publications. C’est le seul moyen de restituer le rôle de Harrison sans effacer celui de Dudas et de Hudson. L’importance historique des anciens Beatles s’en trouve même renforcée : leur collaboration survit à la disparition du groupe, mais sous une forme adulte et indépendante.
L’édition de 1998 et le montage radio de King Of Broken Hearts
Les deux chansons figurent sur l’édition standard de Vertical Man publiée en juin 1998 aux États-Unis chez Mercury. « King Of Broken Hearts » bénéficie également d’un disque compact promotionnel américain, référencé Mercury MECP 443 dans une discographie annotée. Celui-ci contient un montage court d’environ 4 min 15 s et la version d’album d’environ 4 min 44 s. Ces durées sont des données de catalogue à confronter au chronométrage de l’exemplaire.
Il existe donc un motif précis de créer deux enregistrements édités pour cette chanson : version album et montage radio. Cette différence ne prouve pas que Harrison ait rejoué sa guitare pour le single. Pour le savoir, il faudrait comparer les deux fichiers audio et leurs fondus. La référence MECP 443 désigne un support promotionnel, non un album solo ou un pressage commercial britannique.
Ne pas confondre la mise en vente de l’album avec les séances
Les notices de référence donnent le 16 juin 1998 pour la sortie américaine et le 3 août pour le Royaume-Uni. Les guitaristes ont cependant travaillé fin 1997. Les versions ultérieures de l’album, les promotions radio et les compilations peuvent reprendre les mêmes enregistrements sans ajouter de nouvelle collaboration de Harrison.
Le calendrier exige au moins quatre dates distinctes : octobre 1997 pour les cordes de « King Of Broken Hearts », avant le 22 décembre pour les guitares de George, décembre pour leur réception et juin 1998 pour la publication commerciale. Une édition physique plus tardive ne doit pas faire apparaître Harrison comme ayant enregistré de nouveau à cette date.
Le contexte de la collaboration entre Ringo et George
De « Photograph » aux séances de « Wrack My Brain » et « All Those Years Ago », les collaborations entre Starr et Harrison ont pris différentes formes : écriture, production, guitare, participation de batterie. Les envois à Friar Park en 1997 constituent une étape tardive de cette continuité, avant la disparition de George en 2001. L’intérêt de l’épisode ne tient pas seulement à sa valeur sentimentale, mais à sa preuve matérielle : deux bandes renvoyées aux producteurs avec de nouvelles parties de guitare.
Il serait toutefois imprudent de parler de « dernières séances communes » au sens physique. Les sources consultées n’attestent pas une session réunissant les deux hommes dans le même studio en décembre. Elles documentent une collaboration instrumentale distribuée entre la Californie et l’Angleterre.
Fiche de référence et bibliographie
Œuvres : « King Of Broken Hearts » (plage 4) et « I’ll Be Fine Anywhere » (plage 11) ; auteurs : Richard Starkey, Mark Hudson, Steve Dudas et Dean Grakal ; producteur du disque : Ringo Starr et Mark Hudson ; George Harrison : guitare slide sur les deux pièces, avec guitare électrique également signalée sur la seconde ; lieu de ses interventions : Friar Park/FPSHOT, Oxfordshire ; date des prises : avant le 22 décembre 1997 ; réception des bandes à Los Angeles : 22 décembre 1997 ; « King Of Broken Hearts », cordes de Graham Preskett aux studios AIR de Londres le 15 octobre 1997 ; support promotionnel Mercury MECP 443, montage radio et version album.
Sources documentaires : The Beatles Bible, Vertical Man et « King Of Broken Hearts » ; Progrography, crédits instrumentaux ; Ringo Starr, an Annotated Discography (friktech), fiche promotionnelle MECP 443 ; relations discographiques George Harrison. URLs de contrôle : https://www.beatlesbible.com/people/ringo-starr/albums/vertical-man/ ; https://www.beatlesbible.com/people/ringo-starr/songs/king-of-broken-hearts/ ; https://progrography.com/ringo-starr/ringo-starr-vertical-man-1998/ ; https://www.friktech.com/ringo/ringo.pdf . Les horaires exacts des overdubs, les numéros de bandes de travail et les différences audio des deux versions promotionnelles restent ouverts à vérification matérielle.












