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Vertical Man (1998) : les treize chansons et toutes les collaborations de Ringo Starr

Paul McCartney, George Harrison, Brian Wilson, Tom Petty, Ozzy Osbourne, Alanis Morissette et Joe Walsh : sessions, parties instrumentales, bandes remplacées et éditions Mercury.

1997–1998 : un album collectif dirigé par Ringo et Mark Hudson

Vertical Man (1998), onzième album solo studio de Ringo Starr, renouvelle sa discographie grâce à une équipe de composition et de production beaucoup plus stable que celle de Time Takes Time. Le noyau est constitué de Richard Starkey, Mark Hudson, Steve Dudas et Dean Grakal, qui signent la majorité des créations originales. Le groupe d’accompagnement, bientôt connu sous le nom des Roundheads, fournit de nombreuses bandes de base, ensuite enrichies par des invités prestigieux.

La production est attribuée à Ringo Starr et Mark Hudson. Geoff Emerick, ancien ingénieur des Beatles, participe au mixage. Cet assemblage de compétences ne signifie pas que tous les artistes mentionnés sur la pochette enregistrent simultanément : certaines voix sont ajoutées à distance, d’autres guitares sont expédiées par George Harrison depuis Friar Park, et des voix initialement retenues sont retirées du master final.

Une sessionographie en trois périodes : mars, juillet–décembre 1997 et janvier–mai 1998

Les premières séances ont lieu en mars 1997 au studio Whatinthewhatthe? de Los Angeles, autour de « One » et des premières compositions. Le travail reprend intensivement à partir du 20 juillet, avec notamment « La De Da », « Mindfield » et « What In The… World ». Les voix de Ringo, les solos de Joe Walsh et plusieurs arrangements sont ajoutés les jours suivants. À l’automne, les travaux passent par le studio de Paul McCartney à Hog Hill Mill, puis par les studios londoniens et américains.

En novembre 1997, plusieurs invités complètent les chants : Alanis Morissette, Brian Wilson et d’autres. George Harrison reçoit des bandes préparatoires avant Noël et retourne ses guitares aux États-Unis en décembre. Les corrections de mixage se poursuivent en janvier et février 1998. Le cas « Drift Away » reste ouvert jusqu’en mai, quand Tom Petty participe à la révision finale.

1 — One : l’ouverture et la pedal steel de Jeff Baxter

Le titre d’ouverture est crédité à Starkey, Hudson, Grakal et Dudas. La notice de The Beatles Bible signale une composition d’abord travaillée sous le titre « All It Takes Is One », avec des sessions de mars 1997. Ringo est au chant, à la batterie, aux bongos et aux percussions. Hudson joue guitares et claviers, Dudas basse et guitare électrique ; Jim Cox intervient à l’orgue Hammond et Scott Gordon à l’harmonica et aux percussions.

Jeff « Skunk » Baxter ajoute une partie de pedal steel le 7 novembre. Sa contribution doit rester associée à la première chanson : l’instrument n’est pas une preuve qu’il accompagne tous les titres de l’album. Cette particularité reflète l’ouverture du projet à des couleurs américaines de country-rock.

2 — What In The… World : Paul McCartney entre au studio

Ringo chante et joue de la batterie. Paul McCartney apporte de la basse et des chœurs, Joe Walsh une guitare électrique, Steve Dudas des guitares acoustiques et électriques, Mark Hudson des guitares et des voix. La bande de base est associée au 20 juillet 1997 à Los Angeles, le chant de Ringo au 28 juillet et la guitare de Walsh au 29 juillet. L’ensemble relève de la coécriture Starkey–Hudson–Grakal–Dudas.

McCartney complète le morceau pendant le passage de l’équipe à Hog Hill Mill le 29 septembre 1997, date également associée à des travaux sur « La De Da ». Certains résumés ont imprimé par erreur l’année 1992 pour cette session ; cette date serait incompatible avec les bandes de juillet 1997 et la publication de 1998. L’étude retient l’année 1997 confirmée par la chronologie générale de l’album.

3 — Mindfield : Alanis Morissette, Steven Tyler, Scott Weiland et Joe Walsh

Les crédits individuels donnent Ringo au chant, à la batterie et aux percussions ; Joe Walsh à la guitare électrique ; Steve Dudas aux guitares ; Hudson à la basse, aux guitares et au synthétiseur ; Jim Cox à l’orgue et John Bergamo au tabla. Les invités vocaux sont Alanis Morissette, Steven Tyler et Scott Weiland. Il s’agit donc d’une rencontre de rockeurs de générations différentes, sur un master de Ringo.

La prise de base est datée du 20 juillet 1997, la guitare de Walsh du 31 juillet et les voix de Morissette du 25 novembre. Une liste de noms en fin de livret ne permet pas d’affirmer que les trois invités vocaux se trouvent ensemble dans le studio à la même heure. Chaque intervention est un événement de production à documenter.

4 — King Of Broken Hearts : George Harrison reçoit une bande et répond avec sa guitare

Cette composition de l’équipe Starkey–Hudson–Dudas–Grakal contient un solo de guitare slide de George Harrison. Ringo chante, joue de la batterie et des percussions ; Dudas ajoute des guitares, Hudson de la basse, des claviers et des voix, Jim Cox joue du Wurlitzer. Un arrangement de cordes conçu par Graham Preskett est enregistré au studio AIR de Londres le 15 octobre 1997.

Les bandes préparatoires sont envoyées à George Harrison à Friar Park, où il enregistre ses parties. Les envois retournent à l’équipe américaine et arrivent le 22 décembre 1997. Ce n’est donc pas nécessairement une séance collective de Ringo et George dans la même pièce. Un CD promotionnel présentant l’album version et un montage radio est également signalé, ce qui intéresse les collectionneurs de versions.

5 — Love Me Do : Ringo reprend un titre fondateur des Beatles

La cinquième piste reprend « Love Me Do », composition Lennon–McCartney enregistrée initialement par les Beatles en 1962. La nouvelle version de Ringo est un enregistrement autonome réalisé pour le disque de 1998. Les crédits de la formation de studio comprennent Ringo et ses compagnons des Roundheads, avec une partie d’harmonica attribuée à Steven Tyler dans certains relevés, ce qui donne au morceau une saveur différente de l’original.

Il ne faut ni attribuer aux Beatles de 1962 les instruments de 1998 ni transformer la reprise en une chanson écrite par la formation Starkey–Hudson. Le master de 1998 s’insère aussi dans les supports promotionnels de « La De Da ». Pour cette piste, les rôles instrumentaux exacts doivent être contrôlés sur le livret de l’édition considérée.

6 — Vertical Man : Ozzy Osbourne, la secrétaire violoncelliste et les chœurs

Le titre éponyme réunit Ringo au chant, batterie, percussions et Mellotron ; Steve Dudas à la guitare ; Mark Hudson à la basse, aux claviers et aux voix. Il comporte une partie de violoncelle de Nina Piaseckyj, recrutée après une rencontre fortuite au studio le 12 décembre 1997, selon les notes historiques. Son intervention mérite une fiche individuelle, car elle illustre une histoire de studio très différente de l’arrivée planifiée des chanteurs vedettes.

Ozzy Osbourne ajoute des chœurs le 16 janvier 1998. Parmi les autres voix figurent Sarah Hudson, Barbara Vander Linde, John Goodwin et Scott Gordon. L’identité d’Osbourne ne doit pas être transposée au générique de la composition : il n’est ni auteur du titre ni producteur de l’album, mais choriste invité sur une bande précise.

7 — Drift Away : Tom Petty remplace une contribution vocale de Steven Tyler

« Drift Away », chanson de Mentor Williams devenue célèbre par Dobie Gray en 1973, figure sur l’album de Ringo dans un nouvel arrangement. Les crédits de la version commercialisée donnent notamment Steve Cropper à la guitare, Steve Dudas à la basse, Jim Cox à l’orgue et Steven Tyler à la batterie. Ringo chante et intervient aux percussions et à la guitare rythmique. Alanis Morissette, Tom Petty, Rose Stone et d’autres chanteurs figurent aux voix.

La chronologie est singulière : Tyler avait également enregistré une prestation vocale, finalement retirée pour des raisons contractuelles. Une copie promotionnelle antérieure avait circulé avec cette voix. Tom Petty ajoute son chant le 6 mai 1998 ; le titre est remixé et remastérisé le 12 mai. La version promotionnelle avec Tyler doit être distinguée du master définitif, sans prétendre que ses autres parties instrumentales ont toutes été remplacées.

8 — I Was Walkin’ : trois invités aux chœurs, dont Paul McCartney

Le morceau est attribué à Richard Starkey, Mark Hudson et Dean Grakal. La formation comprend Ringo au chant, à la batterie et aux claviers, Mark Hudson à la basse et à la guitare, Steve Dudas et Steve Cropper aux guitares, Scott Gordon aux percussions. Paul McCartney, Steven Tyler et Alanis Morissette sont crédités aux voix additionnelles sur les notices détaillées.

Cette distribution doit être distinguée des titres 2 et 9, sur lesquels McCartney joue également de la basse. Une participation aux chœurs sur « I Was Walkin’ » n’autorise pas à lui attribuer une partie de basse absente du relevé individuel. L’album est un ensemble de masters distincts, même lorsqu’ils partagent un coproducteur.

9 — La De Da : McCartney et quarante-cinq invités pour un refrain

« La De Da » constitue la grande chanson collective de l’album. Ringo y chante, joue de la batterie, des bongos et des percussions ; Dudas, Hudson et Joe Walsh contribuent aux guitares ; Paul McCartney joue de la basse et chante, Jim Cox intervient à l’orgue Hammond. Le 13 novembre 1997, un groupe d’environ quarante-cinq amis et proches est réuni à Village Recorder pour enregistrer un refrain collectif.

Le générique comprend des figures très variées, dont Daniel Lanois, Nils Lofgren, Van Dyke Parks, Doug Fieger, Timothy B. Schmit, Barbara Bach, Lee Starkey et d’autres. La vidéo du morceau reprend des images du travail à Hog Hill Mill. Le single du 2 juin 1998 propose un montage radio de 4:14 et la version album de 5:41 ; celle du CD ne possède pas exactement le même enchaînement vers « Without Understanding » que le LP ou l’album.

10 — Without Understanding : Brian Wilson parmi les chœurs

Le titre associe la composition de Starr, Hudson et Dudas, avec des voix invitées de Brian Wilson, des McCrary Sisters et de Christian Philippe-Quillici selon les crédits. Le 25 novembre 1997, les chronologies situent l’ajout de Brian Wilson et du chanteur lyrique Christian Philippe-Quillici. Les arrangements mêlent instruments rock, claviers de studio et harmonies vocales étoffées.

Il faut distinguer le rôle de Wilson ici et sa participation à « In A Heartbeat » de 1992 : il s’agit de deux masters, de deux années et de deux équipes de production. Le seul fait que Wilson chante chez Ringo à différentes périodes ne permet pas de regrouper ces travaux en une séance commune.

11 — I’ll Be Fine Anywhere : une deuxième guitare de George Harrison

Ce titre de l’équipe Starkey–Hudson–Dudas–Grakal réunit une nouvelle contribution de George Harrison, associant guitare slide et guitare électrique dans les catalogues. Comme pour « King Of Broken Hearts », la documentation rapporte que des pistes de travail lui sont envoyées à Friar Park puis retournées à l’équipe de Los Angeles en décembre 1997.

La présence de George sur deux chansons ne doit pas être étendue à l’intégralité du disque. Il faut conserver deux fiches de participation, une pour chaque master, avec leurs propres interventions. La correspondance des bandes envoyées et reçues constitue une source d’information sur les méthodes de travail à distance à la fin des années 1990.

12 — Puppet : banjo, saxophone et un overdub de janvier 1998

« Puppet » fait appel à l’équipe des Roundheads, avec notamment Ringo au chant et aux percussions, Mark Hudson au banjo et à plusieurs instruments, Steve Dudas à la guitare, Jim Cox aux claviers et Joel Peskin au saxophone. Le relevé chronologique situe l’overdub de saxophone au 17 janvier 1998, suivi d’un travail de mixage.

La chanson doit rester distincte des grandes plages à invités vocaux. La présence d’instruments acoustiques ou du banjo sur « Puppet » ne permet pas de généraliser ces crédits à l’ensemble de Vertical Man. La liste des contributions sera complétée en confrontant le livret original aux relations par piste.

13 — I’m Yours : George Martin et la dernière chanson du programme

Le dernier morceau est cosigné Richard Starkey, Mark Hudson et Mark Nevin, ce dernier intervenant à la guitare acoustique. Les crédits de Progrography attribuent un arrangement de cordes à George Martin. Celui-ci doit donc être répertorié dans sa fonction d’arrangeur, et non comme guitariste ou chanteur.

Cette intervention relie la fin de l’album à l’histoire des Beatles sans faire de la piste une production Beatles. George Martin ne remplace pas Hudson et Starr comme producteurs de Vertical Man. Les diverses éditions doivent conserver les crédits de la chanson et le caractère orchestral de sa conclusion.

Éditions originales et bonus : la nécessité d’identifier les supports

L’album standard compte treize chansons, publié le 16 juin 1998 aux États-Unis chez Mercury et au Royaume-Uni le 3 août. La famille de références Mercury comprend 558 598, avec variantes américaines. Le CD japonais 59483 ajoute deux titres supplémentaires, « Mr. Double-It-Up » et « Everyday » selon Progrography. Un CD single américain de « La De Da » rassemble notamment un montage radio, la reprise « Love Me Do », « Everyday » et la version longue du titre.

Ces configurations ne sont pas interchangeables. Une édition augmentée ne crée pas une nouvelle session pour chacune de ses pistes et une différence de couplage peut avoir une signification matérielle majeure. L’étude des variantes promotionnelles de « Drift Away » et « King Of Broken Hearts » réclame des identifiants de master distincts uniquement lorsque le mix et les voix diffèrent réellement.

Sources et questions archivistiques ouvertes

Sources : The Beatles Bible, album Vertical Man et notices des titres « One », « What In The… World », « Mindfield », « King Of Broken Hearts », « Vertical Man », « Drift Away », « La De Da » ; Progrography, album et crédits de personnel ; The Paul McCartney Project, sessions et participations de McCartney ; AllMusic, éditions Mercury et invités.

Références : https://www.beatlesbible.com/people/ringo-starr/albums/vertical-man/ ; https://www.beatlesbible.com/people/ringo-starr/songs/what-in-the-world/ ; https://www.beatlesbible.com/people/ringo-starr/songs/king-of-broken-hearts/ ; https://www.beatlesbible.com/people/ringo-starr/songs/drift-away/ ; https://www.beatlesbible.com/people/ringo-starr/songs/la-de-da/ ; https://www.beatlesbible.com/people/ringo-starr/songs/vertical-man/ ; https://progrography.com/ringo-starr/ringo-starr-vertical-man-1998/ ; https://www.the-paulmccartney-project.com/album/vertical-man/ . Les durées réelles, matrices, allocations exactes de chœurs et parties supprimées restent à comparer support par support.