Ringo Starr : encyclopédie des collaborations artistiques et musicales sur Yellow-Sub.net

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Yellow-Sub.net · Ringo 1973 · Crédits et éditions

Devil Woman : Ringo, Vini Poncia et la double batterie avec Jim Keltner

Starkey–Poncia, Sunset Sound le 8 mars, les arrangements de cuivres, les chœurs et le verso de You’re Sixteen.

Une coécriture Starkey–Poncia sur la deuxième face

« Devil Woman », neuvième morceau de l’album « Ringo », est une composition de Richard Starkey et Vini Poncia. Le partenariat de ces deux musiciens apparaît également sur « Oh My My », mais les formations et les arrangements des deux chansons diffèrent. Le disque possède une couleur plus mordante sur « Devil Woman », où Starr utilise des allusions aux Beatles tout en affirmant un langage rock et soul plus agressif. Dans une base de données, il faut préserver à la fois le crédit de composition des deux auteurs et celui des interprètes qui façonnent l’enregistrement. Un guitariste ou un producteur de la session ne devient pas coauteur par sa seule présence.

Le 8 mars 1973 à Sunset Sound

La prise initiale est datée du 8 mars 1973, à Sunset Sound Recorders, Los Angeles. Richard Perry produit, Bill Schnee assure les prises. Des overdubs ont lieu le 12 mai, puis des finitions le 11 juillet à Producers Workshop. Ces trois dates représentent des étapes distinctes d’une même fabrication. Il serait imprudent d’y projeter la présence de chaque musicien en permanence : les crédits des participants au master ne détaillent pas nécessairement leur date personnelle d’intervention. Le calendrier doit distinguer la pose de la rythmique, les overdubs de voix ou de cuivres et les ultimes travaux de montage et de mixage.

Ringo et Jim Keltner : deux batteries et une seule œuvre

Les crédits de « Devil Woman » identifient Ringo Starr et Jim Keltner à la batterie. Keltner est à cette époque l’un des partenaires fréquents des anciens Beatles et apporte au disque une approche propre aux studios californiens. Ringo chante et participe à l’écriture. L’indication « deux batteries » ne permet pas de déduire le nombre de micros, l’ordre des overdubs ou la distribution des breaks. Une telle conclusion exigerait des multipistes ou des feuilles de séances. La notice retient donc un master avec deux batteurs clairement identifiés et évite de compter deux collaborations séparées pour une seule performance collective.

Klaus Voormann et les chœurs masculins

Klaus Voormann joue de la basse et contribue aussi aux chœurs. Richard Perry apparaît également parmi les voix d’accompagnement. Il serait trompeur de présenter ce dernier uniquement comme producteur s’il est expressément crédité comme choriste sur ce titre. Les prestations de voix masculines ajoutent une texture supplémentaire à un morceau construit autour du chant de Starr. Cette ventilation illustre la polyvalence des collaborateurs : Voormann peut être à la basse et au chant ; Perry peut produire et chanter ; Ringo peut chanter, jouer et composer. La base doit permettre à une même personne d’occuper plusieurs fonctions sans les fusionner.

Tom Hensley au piano, Jimmy Calvert à la guitare

Les parties de piano reviennent à Tom Hensley, tandis que Jimmy Calvert joue de la guitare. Hensley ne doit pas être remplacé par Billy Preston, pourtant très présent sur la plage voisine « Oh My My ». Cette différence est un bon exemple des erreurs possibles lorsqu’une base de données importe la liste de musiciens d’un album sous tous les morceaux. Les équipes sont proches mais ne sont pas identiques. Il faut donc associer Hensley au piano de « Devil Woman » et Preston aux claviers de « Oh My My », plutôt que de constituer un orchestre fictif regroupant tous les intervenants des deux chansons.

Tom Scott et Chuck Findley aux cuivres

La section de cuivres comprend Tom Scott et Chuck Findley. Scott intervient également dans les arrangements de cuivres. Cette partie contribue au caractère dramatique et énergique de la chanson, en contraste avec le traitement plus souple et orchestral de « Six O’Clock ». Les crédits détaillés de Scott et Findley préservent la contribution des musiciens américains de studio face à l’attrait médiatique des collaborations avec les anciens Beatles. Le dossier doit aussi éviter de transférer automatiquement ces mêmes cuivres aux autres plages de « Ringo » sous prétexte que Scott participe à l’album.

Milt Holland et les percussions

Milt Holland est crédité aux percussions. Cette fonction s’ajoute à la batterie de Starr et de Keltner sans être identique à elle. Dans une sessionographie, « percussion » ne signifie pas automatiquement congas, maracas ou tambourin lorsque le document disponible ne précise pas l’instrument exact. La rigueur consiste à conserver l’appellation publiée et à compléter seulement lorsque des notes de bande ou des témoignages identifient le matériel utilisé. Cette prudence est indispensable pour traiter le répertoire de Ringo, un batteur qui s’entoure régulièrement d’un second batteur et d’instrumentistes de percussions additionnelles.

Martha Reeves et Merry Clayton : une attribution à conserver avec nuance

La notice analytique de The Beatles Bible associe aussi les chœurs de Merry Clayton et Martha Reeves à « Devil Woman », comme à « Oh My My ». Les crédits de plage synthétiques mettent toutefois surtout en avant Klaus Voormann et Richard Perry aux voix. Ce décalage entre sources doit être documenté sans effacer les chanteuses ni transformer une liste abrégée en preuve de leur absence. La priorité de recherche future est d’examiner les livrets complets et les bandes de chœurs. Dans l’état actuel, le dossier signale cette attribution secondaire, tout en distinguant les deux noms plus directement associés aux voix du générique de la piste.

Sexy Sadie, un rappel de la période Beatles

L’écriture de la chanson incorpore une allusion à « Sexy Sadie » de 1968. Cette référence crée un dialogue avec le répertoire passé du groupe, mais ne signifie pas que John Lennon a écrit « Devil Woman » ou participé à son enregistrement. L’auteur est bien le tandem Starkey–Poncia. L’usage d’une allusion textuelle peut être décrit dans l’étude historique sans reproduire de longs extraits de paroles. C’est une autre façon d’étudier les collaborations : la mémoire des œuvres circulant entre artistes ne doit pas être confondue avec une nouvelle séance instrumentale de ces artistes.

Devil Woman au verso de You’re Sixteen

La chanson est publiée au verso du 45 tours « You’re Sixteen », sorti aux États-Unis le 3 décembre 1973 et au Royaume-Uni en février 1974. Ce couplage commercial réunit un succès inspiré du rock des années 1960 et une coécriture plus nerveuse de Starr avec Poncia. Les personnels de studio restent distincts : le single peut porter deux faces d’un même artiste sans avoir été enregistré lors d’une séance unique. En 1991, les rééditions CD de « Ringo » comportent un enchaînement sonore vers « You and Me (Babe) » que certains pressages du LP ne présentent pas de la même manière. L’histoire du montage doit rester liée à l’édition correspondante.

Sources discographiques

Apple Records, livret et pochette du LP « Ringo » (1973), chanson B4 ; The Beatles Bible, « Devil Woman », crédits, prises des 8 mars, 12 mai et 11 juillet 1973 ; MusicBrainz, personnel du master et crédits de composition Starkey–Poncia ; catalogues de singles Apple « You’re Sixteen / Devil Woman » ; documentation des CD Capitol/EMI de 1991. Les variations de crédits vocaux selon les documents restent indiquées comme question de recoupement.