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Yellow-Sub.net · EMI · 1986
Ringo Starr et The Anti-Heroin Project : deux interventions sur It’s a Live-In World
Une allocution contre l’héroïne, une batterie sur un titre humoristique et des crédits de 45-tours et de double album à distinguer.
Un projet collectif britannique contre l’héroïne
À l’automne 1986, l’opération britannique The Anti-Heroin Project rassemble chanteurs, instrumentistes, comédiens et groupes issus de plusieurs générations de la pop. Le projet prend forme sous l’impulsion du musicien et producteur Charley Foskett. Il débouche sur un single intitulé « Live-in World » et sur le double album caritatif It’s a Live-In World, distribué par EMI. La cause commune ne doit pourtant pas faire oublier que chaque participant apporte une chanson, une intervention parlée ou une partie instrumentale propre : le personnel du collectif ne constitue pas le personnel de toutes les pistes.
Ringo Starr intervient dans deux enregistrements très différents : « You Know It Makes Sense », une allocution enregistrée dans laquelle il s’adresse directement aux auditeurs, et « Naughty Atom Bomb », morceau humoristique auquel il contribue musicalement. Les deux titres se trouvent sur des faces différentes du double vinyle, et les fiches de session ne doivent pas confondre leurs fonctions.
« You Know It Makes Sense » : une intervention parlée, pas une chanson de batterie
Sur la face B du double LP, en cinquième position, figure « You Know It Makes Sense », explicitement attribué à Ringo Starr. Les crédits étudiés par The Beatles Bible identifient Ringo à la voix parlée, Charley Foskett à l’écriture et à la production, et un accompagnement de clavier dont le musicien n’est pas identifié dans le relevé disponible.
Ringo s’adresse à un public jeune pour mettre en garde contre l’héroïne, en employant une tonalité qui associe le souvenir des Beatles, l’humour et un appel à la prudence. L’enregistrement comporte des allusions à Yellow Submarine et à l’imaginaire populaire du groupe. Il ne faut pas transcrire intégralement son allocution dans une notice encyclopédique : le sens historique peut être restitué par l’analyse, sans reproduire un long passage protégé.
Le titre est recensé avec une durée voisine de deux minutes sur le programme du double album. En revanche, une fiche consacrée au maxi 45-tours fait apparaître une durée différente, autour de quatre minutes cinquante-cinq. Avant d’affirmer l’existence d’une version longue du même texte, il faudrait vérifier le macaron, la matrice et l’audio du maxi. L’encyclopédie conserve cette divergence comme une question de support, et non comme une nouvelle séance prouvée.
« Naughty Atom Bomb » : une seconde contribution, à la batterie et aux chœurs
La deuxième plage de la face C, « Naughty Atom Bomb », est l’autre apparition de Ringo sur It’s a Live-In World. La présentation du double vinyle associe ce titre à John Cleese, Bill Oddie et Ringo Starr. Les crédits reproduits par The Beatles Bible attribuent à Ringo la batterie et les chœurs ; ils citent Bill Oddie, John Cleese et Michael Palin parmi les voix principales. Toutes les listes commerciales ne reprennent pas Palin, ce qui mérite un contrôle de la pochette originale.
Cette distribution contraste avec « You Know It Makes Sense ». Le titre de la face C est une prestation musicale et comique collective, non une allocution soliste. Les interventions d’acteurs et d’humoristes rendent la production singulière dans la discographie de Ringo, mais ne constituent pas une réunion des Monty Python au complet. La notice doit mentionner uniquement les personnalités effectivement identifiées dans les crédits de l’enregistrement.
Le reste du personnel rythmique doit être vérifié morceau par morceau. Les crédits du collectif comportent Tony Beard à la batterie dans l’Anti-Smack Band, sans prouver que cette partie remplace ou double celle de Ringo sur « Naughty Atom Bomb ». Le relevé particulier de cette chanson prime sur la distribution générale du projet.
Le double vinyle : quatre faces à documenter
Le programme original du double LP EMI, identifié sous la référence britannique AHPLP 11 dans les catalogues, distribue les contributions sur quatre faces. « You Know It Makes Sense » figure sur la face B, plage 5 ; « Naughty Atom Bomb » apparaît sur la face C, plage 2. Cette localisation est confirmée par les inventaires de copies physiques et les relevés discographiques spécialisés.
Parmi les autres enregistrements se trouvent « Simple As That » de Paul McCartney, « Candles » de Chris Rea, « Aqua » d’Eurythmics, « The Man’s Too Strong » de Dire Straits, ainsi que des morceaux interprétés par Bananarama, Elvis Costello et d’autres artistes. Il serait erroné de présenter le disque comme une séance commune entre Ringo et Paul : leurs contributions figurent sur le même support, mais elles sont des pistes distinctes, conçues et produites selon des conditions propres.
Les disques vendus sous différentes références européennes, ainsi que les compilations numériques qui reprennent certains morceaux, doivent être rapprochés du même master et non comptés comme une succession de nouveaux enregistrements.
Single, maxi et album : des dates parfois différentes
Le single collectif « Live-in World » paraît à l’automne 1986. Les recherches rétrospectives consacrées au projet situent la sortie du 45-tours au 27 octobre, puis celle du double album vers la mi-novembre, tandis que The Beatles Bible date la publication de la piste de Ringo du 24 novembre 1986. Les dates ne sont donc pas parfaitement harmonisées entre les relevés, et elles peuvent désigner différents formats ou territoires.
Un maxi 45-tours britannique du titre collectif comporte « You Know It Makes Sense » de Ringo parmi ses pistes additionnelles ; ce programme doit être distingué du simple 45-tours standard, qui ne propose pas nécessairement les mêmes titres. La bonne méthode est de relever chaque format, son numéro de catalogue et son programme exact. Une mention globale « sorti en 1986 » convient à la sessionographie, mais une discographie de supports physiques demande davantage.
Charley Foskett et la place de l’ancien Beatle dans le projet
Charley Foskett assure la coordination et la production d’une part importante du projet. Dans un entretien rétrospectif, il raconte avoir travaillé avec Ringo et son fils Zak Starkey, évoquant notamment l’accès au studio de Tittenhurst Park. Ce témoignage situe la participation des Starkey dans un réseau de travail concret, plutôt que dans une simple liste d’invités célèbre.
Il est cependant impossible d’en déduire que les deux chansons de Ringo ont été enregistrées intégralement au même endroit, le même jour ou avec Zak à la batterie. Les souvenirs du producteur sont un point de départ pour la recherche, non une feuille de bande. Une notice de référence doit conserver séparément la présence de Zak parmi les participants d’ensemble, les deux prestations identifiées de Ringo et les dates des supports.
Un volet de l’histoire des collaborations vocales de Ringo
Cette double participation enrichit deux rubriques très différentes du dossier : les interventions parlées, à côté de certaines prestations narratives ou de ses apparitions comme personnage, et les participations instrumentales ponctuelles, lorsque la batterie de Ringo est effectivement créditée. « You Know It Makes Sense » est une œuvre interprétée par Ringo, mais elle n’en fait pas un chanteur au sens traditionnel ; « Naughty Atom Bomb » le retrouve comme batteur et choriste.
Il faut aussi distinguer l’objectif caritatif de la nature des morceaux. Le disque appartient à l’histoire des campagnes de sensibilisation de la fin des années 1980 et non à une discographie de concerts humanitaires : les contributions ont été fabriquées pour un support enregistré. Les archives des concerts du All-Starr Band relèvent d’une autre méthode d’inventaire.
Le risque d’erreur dans les listes générales de collaborations
Certaines discographies ramènent cette apparition à « Ringo Starr — batterie sur You Know It Makes Sense ». Cette formule est doublement fautive : la piste est une intervention parlée, tandis que la batterie de Ringo est documentée sur « Naughty Atom Bomb ». Il est également trompeur de compter le maxi 45-tours et le double album comme deux collaborations différentes si le même master est utilisé.
En l’absence de photographie parfaitement lisible de toutes les matrices, la présente étude conserve les différences de durée et de date comme des éléments ouverts. En revanche, la distinction entre les deux morceaux et les deux rôles de Ringo constitue déjà une correction discographique solide.
Fiches documentaires des deux enregistrements
Premier enregistrement : « You Know It Makes Sense » ; artiste crédité Ringo Starr ; fonction : voix parlée ; auteur et producteur Charley Foskett ; édition It’s a Live-In World, EMI, 1986, face B, plage 5 ; présence également signalée sur un maxi britannique du collectif. Durées à confronter selon le support.
Second enregistrement : « Naughty Atom Bomb » ; prestation collective avec notamment Bill Oddie et John Cleese ; Ringo : batterie et chœurs selon The Beatles Bible ; édition EMI du même double LP, face C, plage 2 ; la liste exhaustive des autres chanteurs, notamment Michael Palin, reste à contrôler sur le macaron et les notes du pressage.
Statut des preuves : œuvres et emplacements de disque attestés par les inventaires physiques ; rôle parlé confirmé par une étude spécialisée ; batterie et chœurs crédités par la même étude ; dates au jour près, variantes de maxi et personnel instrumental additionnel encore à préciser.
Sources et documentation
The Beatles Bible : œuvre, rôle parlé de Ringo et crédit de Naughty Atom Bomb ; Archives du projet 1986 : 45-tours, maxi, producteur et personnel ; Inventaire physique du double vinyle EMI, faces B et C ; The Paul McCartney Project : programmes du double LP ; Relevé discographique du pressage de 1986.
Sessionographie chronologique · Ringo invité au chant et à la voix












